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Nouveau blog: Trucs de bobos

Hello People,

Pendant que PasDesChiffons se repose après une saison intense, et alors même que Soup Story représente une charge de travail trop importante pour pouvoir être menée à bien en 2008, j’ai récemment repris l’écriture sur un blog plus léger qui vous plaira sûrement si vous avez suivi PasDeschiffons.

Il s’agit de Trucs de Bobos. Soit plein de textes sur ce que sont ou font les bobos, pour mieux les comprendre, tout en restant dans l’humour… les analyses étant réservées pour la saison 2 de PasDesChiffons ;)

Stay tuned
Le Parasite

Fin de la saison 1

Après l’arrêt (programmé) du blog, nous avons eu le plaisir de recevoir un grand nombre de mails de soutien, et nous vous en remercions. Beaucoup d’entre vous ont partagé leur frustration de ne pas avoir eu l’occasion de lire l’intégralité du blog, ou simplement de ne plus pouvoir relire nos textes à l’occasion. C’est donc pourvous remercier et pour que nos textes conservent leur impact que nous avons décidé de les mettre à disposition en archives, jusqu’à la sortie de la saison 2.

Restez branchés sur nos blogs respectifs, Lashoz Humaine et The Soup Story, qui sauront nous en sommes convaincus, vous faire patienter efficacement jusqu’à la publication de nouveaux textes analytiques sur nos thèmes de prédilection.

Lashoz et le Parasite

Le monde est à nous

D’un côté, les élites, leur bon goût supposé et leurs grands principes. Pour eux, la terre est petite, libre, et ils sont de petits citoyens du monde. Ils iront ainsi acheter des quotas de pollution au Bengladesh pour y implanter leur usine pétrochimique, puisque l’Union Européenne le leur interdit désormais. Une usine au Pakistan leur permettra quant à elle de faire travailler des enfants pour deux fois moins cher qu’ailleurs. Sur le plan personnel enfin, la Thaïlande représentera un vivier conséquent de femmes jeunes et vierges à baiser pour quelques Bat, sous le soleil et sur le sable fin.

De l’autre côté, le peuple de France, la masse des gens qui travaillent pour ces élites propriétaires des moyens de production. Ils sont la chair à canon de leur modèle, ces rouages mécaniques qu’on peut retirer et remplacer, sans que le système n’en souffre. La seule condition à la perpétuation de la bonne marche de ce dernier est que la masse de la chair à canon soit à peu près constante (ce qui rend impossible un exode massif). Les petites gens ayant également des aspirations à un train de vie meilleur, là où ils pourront aller à la mer après le travail, où il fait beau toute l’année, et où, comble du bonheur, ils ne passeront pas 6 mois sur 12 à travailler pour l’Etat ; le pouvoir doit alors user d’astuces pour les maintenir dans le rang. On use alors de critique acerbe du manque de civisme des « vedettes »[1] qui partent [2][3], et on valorise encore et toujours les crédits à la consommation, les emprunts de long terme, l’accession à la propriété comme finalité, tout en exagérant allégrement les conditions de vie dans les pays sous développés (essentiellement en dénonçant le manque d’assurances sociales[4]) Des stratagèmes bien pensés, comme autant de chaînes qui nous relient à ce quotidien qu’on voudrait fuir mais dont on est dépendant pour des futilités et des petites possessions minables.

Bizarrement, si on voit un nombre croissant de français renoncer chaque année à la retraite, à l’assurance maladie, à l’assurance chômage, au RMI et au SMIC pour de meilleures conditions de vies et une population moins pathétique, on en voit extrêmement peu faire le chemin inverse, et revenir vers la Mère Patrie. Et si la Vérité était ailleurs ?

 

Notes

[1] vedettes que ces mêmes critiques au sens si républicain ont eux-mêmes montés de toutes pièces

[2] et qu’en terme de civisme, ceux qui parlent sont les ¾ du temps loin d’être irréprochables

[3] le concept de citoyenneté est d’ailleurs réduit ici à une notion purement économique, ce qui est une belle preuve de ce qu’est devenue l’homme de l’idéologie libérale post-68

[4] ce qui nous renvoie au système des stock-options, où un système uniquement dédié à faire rester un employé qui présente un bon ratio de productivité est déguisé en cadeau généralisé qui permet de gagner de l’argent–ou ici d’en économiser sans rien faire.)…

Le manège des faux-semblants

Le monde est si faux… A chaque fois que j’ai évalué l’étendue de la supercherie, je montais dans les sphères. Et plus je suis monté dans ces sphères, plus j’ai voulu rapidement en redescendre. Un peu comme si on était conditionné, une sorte de détermination sociale. La mienne serait la médiocrité volontaire, où fuir les égards et le succès pour ne pas perdre mon âme. L’argent me tend les bras, la gloire aussi. Mais tout ce qui m’intéresse, tout ce qui nous intéresse, puissé-je parler également au nom de Lashoz, est de faire l’ascenseur. Être heureux dans notre égout et prendre de temps en temps et sur commande l’ascenseur social, histoire de voir quel temps il fait dehors, comment se comportent les gens histoire de voir qui fait notre pluie et notre beau temps, puis on replonge, sans cordée et sans apnée, dans le brouillard de la modestie. A chacune de nos sorties, on enfile notre scaphandrier, on rentre dans la peau de notre personnage. Notre moi social. Schizophrènie, surement, mais schizophrénie volontaire. Il s’agit de prendre la peau, le rire, les réflexes du rupin, pour mieux l’étudier, et de mieux l’étudier, pour mieux le mépriser. Feindre l’inverse serait autrement plus dur, puisqu’à l’école de la médiocrité, l’épreuve de sincérité compte double. A la surface, chez nos élites ou nos mondains, très facile de feindre si tu maîtrises tes apparences. Tout n’est que facade. Monter professionnellement, c’est voir qu’à chaque palier franchi dans le niveau hiérarchique, on nous sépare de la base. La base, c’est la création de richesse, le fondement numéro 1 de toute entité économique. Une séparation franche, taillée au scalpel, pour nous faire perdre le sens des réalités pour mieux servir leur cause. Plus un homme a de contact avec ses semblables moins bien lotis, plus sa morale le garde. Donc plus un homme est éloigné de la base, plus il pense que sa bulle constitue la réalité, et plus il trouvera normal de faire des choses ignobles, un peu commes celles qui se vantent de se voir offrir de la coke en soirée sans chercher à savoir le pourquoi du comment, avant de cracher sur l’accent du chauffeur de taxi qui les ramène. Anesthésie sociale. Je n’ai pour l’instant jamais vu un sédatif aussi puissant que l’ascension sociale. Monter socialement, c’est n’avoir progressivement plus que des obligations d’apparence. Au début, c’est difficile. On ne sait pas trop où se mettre, comment se comporter, et surtout, chaque mot rabaissant plus ou moins le milieu social d’où l’on vient nous blesse, nous gêne, ce qui se voit dans nos apparences, puisque les modestes sont des sensibles, élévés dans la réalité et l’expression, qui contrôlent mal leurs émotions. Au fur et à mesure, on développe une sorte de détachement comateux où l’on n’écoute plus rien si ce n’est le mot sur lequel on rebondira, avec lequel on se valorisera et surtout grace auquel on montrera à notre interlocuteur qu’il ne s’est pas trompé, et qu’on est bien un des leurs. Car s’élever c’est ne plus valoir que ce qu’on dégage, la représentation du moi devient le moi. Je lis peu. J’aimerais mais je n’ai pas le temps, puisque dans les moments où je ne travaille pas je préfere vivre en plein air et voir des humains. Je n’avais donc pas besoin de savoir ce qu’était le marxisme pour constater qu’il y avait les exploités et les exploiteurs. En l’occurrence, à chaque élévation sociale (à chaque niveau hiérarchique frachi), cette perte d’obligation de proximité au terrain s’accompagne d’une moindre obligation de compétence opérationnelle (savoir visser un boulon, savoir dessiner un concept-car, savoir encadrer une équipe, etc…), à laquelle vient se substituer progressivement une obligation de savoir manier les apparences. Ainsi, à la tête de la plupart des entreprises, des hommes et des femmes chargés de récupérer l’information ultra-synthétisée que leur envoient leur subordonnées pour être en mesure de la ressortir dans des discussions avec des gens comme eux. A la vraie production de richesse se substitue alors une vaste fanfaronnade d’hommes et femmes, qui visent à étaler leur pouvoir à coûts de belles paroles et de soirées mondaines, pour obtenir les deux éléments qui régissent le monde, le cul et l’argent. Et comme le second est directement connecté à la notion de pouvoir, et que le pouvoir est le parfait harpon de la femme, les deux se pêchent en une prise. Le sexe étant une activité de loisir, on observe donc que plus on monte en niveau social, plus le temps d’oisiveté augmente, plus les rapports à l’entreprise sont décorrélés de savoir faire réel, plus la superficialité se substitue aux compétences, et plus l’emploi du temps se charge de relations politiques visant simplement à asseoir son pouvoir et baiser plus de femmes. Une énorme comédie quotidienne dans laquelle des centaines de stagiaires et de sous-fifre de photocopieuses aspirant executive women ou « femme de » tombent sous le flanc d’aspirants super managers, tandis que les aspirantes super managers femmes sont occupées à user de leur charme sur les vrais super managers. Une sorte de col de 2ème catégorie en escalier, chaise musicale malsaine qui coulisse sous la mouille et le sperme. Alors on me tire, on me lance des cordes pour me récupérer à la surface, puisque j’ai cette qualité hautement managériale de savoir parler et savoir feindre, mais je me débats pour rester dans la vase. Une vase dans laquelle nagent tous ceux qui ont des compétences, qui pourraient monter mais que l’ennui d’une vie basée sur les soirées coke, les poignées de mains hypocrites, la sodomie dans les escaliers et la gastronomie francaise use. Une vase qui nous désaltère, nous qui atteignons notre summum existentiel par l’émulation intellectuelle, prisonniers du réel, et qui sommes condamnés à se faire récupérer la substantifique moelle par des gens qu’on méprise. Une merde aux yeux des autres, un or pour les notres, dans laquelle on se sent si bien. Mais certains veulent la fuir, si fort qu’ils courbent échine et estime d’eux même, car les paillettes ca brille, et le champagne pétille. Tout le monde veut tendre vers le manège des faux-semblants, car on nous l’a fait passer pour le meilleur des modèles, où les tromperies généralisées et les soirées « eyes-wide-shut » sont toujours plus respectables que le principe de réalité assumé par les gens dépeins dans « l’esquive ». Le tour de magie de ce manège, est de réussir à frustrer les 99% qui restent dans la vase, tout simplement par image interposée, parce qu’ils n’ont pas la chance de savoir à quel point ce monde dont ils rêvent est froid, austère, aride, faux et sordide. Tant pis, les ignorants sont maudits.

L’ombre sur la mesure

Un groupe, un texte, une plume, un phrasé, un flow, une mélodie dont nous sommes si proches…

Nous n’avons à perdre, que nos pensées ternes…

Le rebelle sans cause et la révolution moderne

Dans notre société où règne la rébellion Bisounours, l’insolence inoffensive, la critique politiquement correcte, le blabla chevaleresque, ou encore la prise de position profitable, j’observe et je constate que l’image du rebelle est exploitée, galvaudée et devient un argument mercantile quand ce n’est pas une ridicule tactique de drague.

Nous avons la chance de vivre dans l’époque dorée et dégoutante du RSC[1] « Rebelle Sans Cause ». Ils sont contre le système, ils critiquent notre génial capitalisme, ils parlent beaucoup de l’injustice, mais au fond pourquoi se battent-ils ? Quelle est leur cause ? Je crois deviner que la seule cause de leur combat-gagné-d’avance, c’est d’être un rebelle ou du moins le paraître aux yeux de tous. Quel noble combat ! Quel combat dangereux, et courageux! Le combat des grands gestes pour faire du vent, du crachat de poudre aux yeux du bout de la langue. Symbolique et paraboles, apparences et représentation, sophisme et comédies, je les fouetterais bien avec leur chaines invisibles qui les décrédibilisent à jamais. Ils sont prisonniers de leur rôles, esclaves du système comme nous tous, mais ce sont des trompeurs. Ils devraient être bâillonnés et avoir une obligation de résultat ou au moins de moyens. Vous l’aurez compris, je les porte dans mon coeur, et c’est avec une tendresse particulière que je crache à la gueule du super-héros qui dit combattre l’ordre établi, et se dorlote dans sont confort dés que les caméras sont éteintes. On veut tous de l’action, mais à quel prix ?

Quand le danger attaque ses valeurs et menace sa position dorée, le lâche demande aux autres le courage de ses opinions.

J’en ai finis avec eux, passons aux choses sérieuses…

L’argent et le confort nous ont volé toutes raisons de se révolter. L’immobilité de notre démocratie, les progrès en matière de justice sociale[2] et la reproduction sociale nous ont enlevé toutes causes qui mériteraient le sacrifice de nos vies. Nos vies ont trop de valeur, trop d’importance. Mon petit plaisir, mon train-train sécurisé vaut 100 fois plus que la mort d’enfants à 2000 kilomètres de chez moi, ou l’exploitation de ton grand-père sur les chemins de fers[3]. L’individualisme coupe à la racine les révoltes collectives. La soumission par l’oppression et les coups de bâtons ne sera jamais aussi efficace que la soumission par le plaisir. Nous en sommes la preuve, nous sommes les cobayes validant l’expérience.

Le meilleur moyen de changer les choses ce n’est surement pas de se révolter en criant fort et de s’afficher bêtement. Au contraire, c’est de pénétrer et d’utiliser les forces du système vainqueur pour le rendre meilleur. Vaste mission qui ne prend pas forcément la forme d’un combat et d’un sacrifice. Vaste mission qui ne se fait surement pas avec les mots, mais avec la hargne, la persévérance, la stratégie, et la discrétion. L’espoir fait vivre comme on dit, mais en attendant, on se fait tous chier, l’ennui c’est la vie. L’action réfléchie et redoutable au moins ça occupe. On ne peut pas combattre seul une armée en frontal. Il faut s’allier avec d’autres forces, ou se fondre en elle pour créer le dysfonctionnement interne.

Regardez les derniers mouvements sociaux et autre descente dans la rue du peuple français : Aujourd’hui, les révolutionnaires manifestent contre le changement ! Ils manifestent donc pour le maintien de la merde actuelle[4]. Moi je dis Bravo ! Notre cause ultime est de ne surtout pas évoluer et de garder nos petits privilèges minables: satisfaction de désirs quotidiens et personnels, vie relativement stable et sécurisée, sans oublier notre appétissant seuil de pauvreté.

La rébellion, la révolution c’est dans les films et les fantasmes. Nous sommes une génération qui ne peut pas se rebeller car rien n’est assez grave pour ça. L’Homme risque sa vie en dernier recours. Sinon ce n’est pas un homme, c’est un héros… ou un con. Les exceptions, les vrais révolutionnaires de notre époque sont des fous, des empathiques névrosés, des naïfs utopistes dont la seule faiblesse est d’être minoritaire et esseulés, ce sont des modèles qu’il faut intégrer et réadapter. Il n’y aura pas de changement sans ralliement sincère, donc il n’y aura pas de changement tant que nos conditions de vie seront « satisfaisantes ». Dans les pays développés nous avons trop de chose à perdre pour se rebeller, trop de confort, trop d’instruments d’oubli, trop de pilules gratuites faisant passer la souffrance de nos vies. Et quand on va vivre dans les pays sous-développés, on se rend vite compte que l’homme peut accepter beaucoup de brimades et d’injustices avant de s’organiser de se révolter. Il y a certes des avantages à vivre dans ces pays, avantages qui ne sont pas mesurables en PIB par tête, mais je constate que l’homme ne se regroupe qu’en dernier recours. Par nécessité ou pour l’appât du gain.

Je n’ai pourtant pas l’impression que l’on vit dans le meilleur des mondes. Je ne pense pas que nous avons atteint les limites de notre évolution, ni même les limites de l’amélioration sociétale et encore moins mondiale. Apparemment nous ne sommes pas faits pour atteindre nos limites et améliorer les choses. Nous sommes plutôt conditionnés pour s’assurer une vie paisible propice à la perpétuation de l’espèce même si celle-ci est loin de l’idéal et du sommet atteignable. Alors, notre monde moderne est ce qu’il se fait de mieux dans ce cas ! Félicitation, nous avons réussi, on peut dormir tranquille…

“Mourir pour des idées, l’idée est excellente, moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eu…” (Georges Brassens)

Lashoz

Notes

[1] Rebel Sans Cause copyright Soral

[2] évidement on a encore une bonne marge de progression, mais on est plus au moyen âge

[3] chiffres tirés de l’institut supérieur de statistique Pasdeschiffons

[4] ce texte à été écrit en juin 2007, cependant je confirme aujourd’hui qu’il s’applique à la merde actuelle

Les media et la société de consommation

Les media sont souvent le bras armé de la société de consommation. Leur influence est proportionnelle à l’ennui qu’ils viennent combler. Un ennui généralisé à travers les populations de nos sociétés post-indutrielles, souvent même sans qu’on en ait vraiment conscience. Par le délitement progressif du lien social, l’individualisme s’est progressivement installé, un phénomène amplifié par le travail des femmes (et l’indépendance matérielle qui s’en est suivie), et par la tertiarisation (le travail de bureau n’étant, contrairement à l’industrie, pas pointé laissant la porte ouverte à l’empiètement du travail sur la vie privée). Un individualisme montant qu’on comble depuis les « 30 glorieuses » par tout un artifice de lien social factice et d’éradicateur d’ennui. Les journaux hier, puis la télé et aujourd’hui Internet viennent donc remplir et égayer nos quotidiens. Dans une société tournée à 100% vers la consommation, puisqu’elle est la clé de l’idéologie des « élites » (puisque leur intérêt direct, en tant que propriétaires des entreprises influentes), comme le pendant économique de chaque mesure gouvernementale (une politique elle-même contrôlé par les élites), les medias ont basculé dans les années 70 d’un rôle de serviteur du pouvoir à celui de serviteur de la motivation du pouvoir, donc le serviteur de la consommation. On peut d’ailleurs clairement situer l’officialisation de cette tendance à la « libération » des médias par Mitterand en 81. Dès lors, les journaux et les diverses émissions de télé ont progressivement abandonné l’aspect culturel et éducatif qui les rendait si populaires, pour finalement servir du divertissement bon marché à des cadres qui s’emmerdent, un divertissement comme pendant d’un bien de consommation qu’ils souhaitent refourguer[1]. En plein âge d’or de cette tendance, on voit désormais fleurir chez nos marchands de journaux un tas de nouveaux magazines qui ne prennent même plus la peine de dissimuler leur raison d’exister derrière un éventuel communautarisme trendy (genre la gay-titude à la Têtu), mais qui se consacrent directement et ouvertement à un bien de consommation. Le dernier en date, S’Toys Magazine, vise une fois encore à faire passer une pratique de consommation sponsorisée par des groupes industriels puissants pour un mode de consommation subversive, la subversion faisant toujours autant vendre, tout en étant morte avec la fraternité dans le train du capitalisme.

Symbole de ces comportements consuméristes insidieusement présentés comme la norme subversive du moment, les métrosexuels. Symbole glauque et pathétique, qui vise à tuer ce dernier brin de virilité qui reste à l’employé du tertiaire, et qui engloutit avec une partie fondamentale de notre nature qu’est la complémentarité (anthropologique et sociale) entre un homme et une femme. C’est désormais dans chaque wagon de métro dans cette ville comateuse qu’est Paris qu’on voit ces hommes en costard se limer les ongles où se remettre une couche de Blush en épiant leur teint dans un miroir de poche. La subversion en tant qu’escroquerie à l’amour, puisque encore une fois, en faisant de l’homme tout sauf ce qui attire la femme, le pouvoir (commandé et géré par les magnats de la presse, qui sont les mêmes industriels pour qui créer des besoins factices est une question de survie économique) plonge un peu plus la femme dans le trouble vis-à-vis d’elle-même, elle qui se sent aimer les hommes, les vrais, mais qui est pointée du doigt à travers tous les magazines féminins qui lui vérole l’esprit[2] pour la convaincre bêtement que la femme moderne doit être avec un homme moderne, donc une pédale hétérosexuelle. Un trouble qui ne bénéficie à personne, et c’est bien le but, puisque ces rangs de femmes célibataires iront à leur tour couver leur besoin d’être valorisées et de se sentir bien dans la consommation massive de produits de beauté et de bien être, de parfum Lolita Lempicka et de coffret Weekendesk spécial hydromassage, avant de finir la journée en dépensant 300 euros dans une robe moche Paul&Joe, une robe qui figurait en bonne place dans le dernier Closer.

Des enfants du divorce devenus hommes assez perturbés pour désormais avoir la même sensibilité que les femmes aux dictats de consommation (cela restait jusqu’alors un monopole féminin qu’on leur laissait volontiers), des femmes de plus en plus frustrées qui deviennent encore plus sensibles à ces ordres inconscients, sous le regard et le sourire de ces stratèges qui commandent nos vies une par une, qui ont tout fait pour séparer les hommes et les femmes pour vendre deux fois plus qu’à un couple, et qui ont le cynisme répugnant de créer le besoin sextoys (via Elle, l’ensemble des magazines et des émissions pour femmes au service de la Cause, puis dans ce fameux S’toys Magazine) qui vise à normaliser et rendre transgressive une pratique qui devrait au contraire être prise comme un signal détresse de l’agonie sociale. Car si les hommes se sont toujours vus proposer des objets de plaisirs individuels (dans les magazines porno essentiellement, des magazines quasi-exclusivement masculins), vendre de tels objets à la femme signifie qu’elle non plus ne baise plus, ce qui est grave, car elle a globalement l’embarras du choix. Mais à force de l’avoir perturbé et d’avoir construit un prototype d’homme tellement féminisé qu’il semble programmé pour décourager les plus cochonnes d’entre elles, les femmes abandonnent, et jettent leur dévolu dans le travail, où elles restent moins payées alors qu’elles sont souvent les forces vives qui exécutent les tâches les plus rébarbatives, et dans la consommation, où leurs achats sont directement guidés par ces media méprisables qu’elles lisent en grande masse pour combler leur ennui réel et leur manque d’homme, de vrais. Voila donc comment nos chers médias, qui jadis se contentaient de nous faire découvrir la planète ou de nous faire un résumé du dernier Conseil des Ministres, jouent avec nous comme avec des pantins, pour nous rendre toujours plus seuls et (donc) nous faire consommer toujours plus.

Le Parasite

Notes

[1] qu’on avait d’ailleurs commencé à voir avec les émissions de déco

[2] en plus de développer ses complexes pour lui faire acheter des produits de beauté

Internet, le royaume des schizophrènes

No Life

Internet part en vrille. Une bulle inutile se créé depuis 2004, où tout semblant de service communautaire basé sur du vide technique et sans création de valeur parvient à se faire financer en quelques mois, et racheter dans la foulée, sans même encore avoir eu le temps d’être rentable. L’exemple de Youtube est criant, puisque racheté 1 milliard de dollar sans en avoir jamais gagné un. Une lecture de The Alarm Clock ou de TechCrunch vous fera prendre conscience de l’ampleur du phénomène.

Cette bulle est celle du 2.0, comme l’appellent les guignols du milieu dont nous avons déjà dressé le portrait, celle du communautaire… Ces sites sont tous basés sur une constante humaine : l’envie éperdue de raconter sa vie pour lui donner un sens. Alors les repères sont perdus, on confond sa vie privée et sa vie publique, on a un rapport social biaisé, on fréquente 20 réseaux « sociaux » différents, mais aucun dans la vie réelle, on passe pour la salope de service sur son Skyblog mais est célibataire depuis 15 mois, on se targue d’avoir 300 amis sur FaceBook mais se pavane seul avec son ordinateur portable dans sa chambre en sautant des repas et en déprimant… On va en soirée non plus pour rencontrer des gens ou s’amuser mais pour faire des photos et crédibiliser le rôle qu’on s’est donné sur son profil MySpace, et on créé son blog pour embellir les choses normales qu’on vit, et inventer le reste pour masquer la misère de notre réalité.

Alors les blogs pullulent, où chacun se donne un rôle, s’invente un personnage et s’efforce de lui donner vie, comme un dessinateur qui met en mouvement un dessin animé, scène par scène, action par action. Progressivement, on se glisse dans la peau du personnage, jongle avec les identités, multiplie les profils différents sur les réseaux différents, histoire d’aller au fond de chacun de ses moi qu’on aimerait être.

Puisqu’on a que ca à faire, on connaît les derniers services à la mode, et en bon « early-adopter » (traduisez « microbe oisif cobaye de la société de consommation »), on a son profil sur Twitter, le degré ultime de la connerie dans lequel le web s’est fourré. Sur Twitter, les gens écrivent ce qu’ils sont en train de faire. Il semble intéressant pour les investisseurs (puisqu’intéressant pour les annonceurs, puisqu’intéressant pour les internautes) de savoir que X est en train de chier, pendant que Y le bourgeois est en vacances en Thaïlande et Z en train d’essayer le nouvel iPhone qu’il s’est empressé d’acheter à New York car il ne pouvait rater une telle occasion d’augmenter son bien être par l’achat d’un objet inutile.

Le web est un magnifique miroir de la misère existentielle des pays développés. Des populations tellement nanties que le temps s’allonge, un temps qu’il faut combler de sentiment d’exister dans une société qui méprise le oisif. Alors on le comble… certains dévouent leur vie au travail et ont l’impression d’exister quand ils font 8h 23h, d’autres achètent toutes sortes d’objets inutiles pour se créer un statut social par le mode de consommation, leurs voisins s’inventent obsédés sexuels alors qu’ils se masturbent sous la couette, on s’invente des soirées, des amis, des exploits sportifs, des albums, des concerts, alors qu’au final, une fois le PC éteint, c’est la soupe de légumes surgelée dans l’assiette et la déprime dans la tête.

Certains imbéciles acteurs de cette tendance de merde comme Loïc Le Meur prévoient même que les communautés virtuelles remplaceront un jour les pays. Quand je vois ce merdier, je me dis que la fin du monde, c’est peut-être simplement le moment où les gens ne sauront plus qui ils sont, identité perdue, schizophrénie généralisée, pour le plus grand bonheur du business de la psychanalyse.

Le Parasite

La Saloperie Masculine

C’est incroyable combien je peux détester les hommes. Ils me font vomir tous ces pitoyables phallocrates, ces connards de mecs toujours prévisibles et lamentables. Moi le premier. Je suis une espèce de pourriture qui ne peut pas s’empêcher de réduire la femme à un vagin. La femme est un trou. Il faut que je rentre dedans. Par tous les moyens possibles et nécessaires. Il faut que je m’emboite avec elle, et il faut que tout son corps m’appartienne à moi et rien qu’à moi. Ce magnétisme sensoriel passe avant n’importe qu’elle réflexion logique et sensée, avant n’importe quel impératif primordial, avant n’importe quel sentiment honorable. Nous devons produire du sperme et le faire sortir. L’élément qui a été conçu pour le recevoir, c’est la femme, et accessoirement la main, car une femme ça ne baise pas sur commande. Et c’est bien dommage.

Cette donnée humaine, inscrite dans nos gènes et permettant la survie de l’espèce, fait des hommes des handicapés sexuels, des esclaves de la masturbation, des pantins manipulables, des salauds tendres jusqu’a l’orgasme. Des lâches détestables, orgueilleux séducteurs de mes couilles, des conquérants écœurants, des machines à désespoir, des bites sans sentiments.

“Suce, écarte, tourne toi, casse-toi, et reste dispo pour moi”. Voila à quoi peut se résumer une relation épanouie avec la femme pour un homme comme moi. Evidement nous sommes des humains avant d’être des hommes, donc nous aimons la femme pour d’autres raisons, et nous avons besoin d’elle pour d’autres raisons. Mais physiquement et globalement ça se résume à ça. Ni plus, ni moins, n’en déplaise aux romantiques, aux poètes, et aux féministes. Ici je parle de moi et d’un bon paquet d’hommes que j’ai observé. Espérons que je ne détienne pas la vérité.

L’homme est une saloperie, une agglomération de faiblesses et de manipulation régie par le sexe. Un être pathétiquement mécanique, perdant tout contrôle à la vue d’un téton, ou d’une courbe graisseuse. Incapables d’assumer notre insatiable besoin de butiner. Butiner un maximum de fleurs sans cesse, sans arrêt, chaque jour et pour toujours, jusqu’à la fin de la tuyauterie. Nous sommes incapables de l’assumer, rares sont les hommes qui assume leur infidélité. Rares sont les femmes qui comprennent qu’aller voir les putes c’est en quelque sorte rester fidèle. Rares sont les hommes qui accepteraient de leurs femmes le 1/100ième de leur infidélité masculine. En plus d’être salauds, et lâches, nous sommes intolérants, injustes, partiaux et nous n’avons aucune notion de réciprocité. Dominés et enchainés dans la prison de la chair, les furtives évasions se font au prix de théorisation et de frustration colossales.

Pour l’homme, la première et la plus déterminante des relations avec la gente féminine, c’est notre mère. On l’idéalise pour la majorité[1]. Notre mère est idéalisée, posée sur l’autel du respect et de l’amour. Voila pour la base. Mais très vite, vient cet horrible besoin sexuel que l’on ne s’explique pas à l’adolescence. Ce besoin est si moche, tyrannique et dégoutant qu’on ne peut pas l’associer logiquement à la femme qui nous a paru tellement pure, belle et digne de respect et de tendresse. La première fois que j’ai vu un film de cul, j’étais coincé entre un sentiment d’excitation démentiel et un affreux dégoût nauséeux. Et toujours ce besoin de cracher quoi qu’il arrive, encore et toujours.

D’un coté l’homme a une vision de la femme maternelle, douce et pure, et de l’autre coté l’homme a ce besoin de la baiser violement en ne respectant que son envie de mâle dominant. Petit à petit on accepte la fatalité, et on vit avec, car c’est une partie de nous, et puis ce n’est pas l’enfer non plus, soyons sérieux. Mais on reste tiraillé entre ce besoin tyrannique de baiser toutes les femmes, l’amour profond et le respect encrée de la femme, et enfin l’étonnement qu’elle puisse aimer se faire baiser comme une chienne[2]. La cerise sur le gâteau c’est ce sentiment masculin de jalousie et de possession exclusive. On ne veut pas partager une femme et elle doit être entièrement à nous, mais on veut les baiser toutes. L’homme est une saloperie. Un concentré de contradictions inassumées.

L’homme est conscient du mal qu’il peut faire à la femme amoureuse, mais ça ne l’empêche pas de le faire sous pulsions de possession sexuelle. Il ne l’assume pas, et face à ses actes il préfère fuir, disparaître, ou invoquer des raisons alambiquées que seules les pigeonnes acceptent. Tout comme l’attention-sucker victime de sa condition, qui torture l’homme dépendant par ses sentiments, ces deux types de souffrances pour la pigeonne et le canard[3], sont incompressibles et inhérentes aux différences de nature entre la femme et l’homme.

Il existe beaucoup d’autres contradictions entre la condition sexuelle masculine, et les ambitions, les peurs, les envies de l’homme. Par exemple le besoin masculin de fonder une famille, de se poser avec une femme[4], est en complète contradiction avec les pulsions sexuelles masculines et les règles du couple traditionnel. C’est un travail quotidien que de résister à la tentation et à sa nature. L’infidélité est génétique chez l’homme. Pourtant les humains sont faits pour vivre en couple.

La fidélité, franchement c’est beau. Quand un homme est fidèle c’est soit par défaut[5] soit par amour fou, par peur de perdre la femme qui lui fait aimer la vie, par travail intellectuel sur le concept de réciprocité [6], et par privation physique. Un homme fidèle (qui a eu l’occasion de tromper, mais n’a pas céder à la tentation) n’est pas un homme, c’est un surhomme capable de dépasser ses déterminations biologiques et de se retenir par amour et réciprocité. La femme doit le comprendre et lui donner assez pour qu’il soit satisfait sexuellement, car croyez moi, la fidélité chez un homme est une preuve d’amour émouvante, qui vaut bien plus qu’un champ de rose ou qu’une session shopping à budget illimitée.

Dans le fond, nous cherchons tous la même chose, hommes et femmes, nous sommes tous pareil, le problème c’est que l’obligation de survie et donc la nature de nos corps, ajoutée à la formation de l’Oedipe, nous place sur des ondes différentes, et crée des incompréhensions, et des tragédies sentimentales. Maintenant je sais, je connais ma saloperie et celle des femmes en général, il ne me reste qu’à les gérer et en faire une combinaison magique, un 2en1 indestructible aux capacités illimitées et au bonheur multiplié.

Bon courage.

Lashoz

Notes

[1] le cas inverse découle d’un accident œdipien

[2] l’homme est aveugle et avant de se rendre compte qu’il est pire qu’un chien, il insulte d’abord la femme de chienne

[3] comprenez la femme amoureuse et l’homme amoureux…

[4] qui lui offre une stabilité et un cadre de vie plus doux et favorable à l’évolution

[5] parce qu’il est pauvre, moche ou timide, et qu’aucune femme ne lui laisse le choix

[6] Ne fait pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse… et surtout si c’est la personne que tu aimes! »

Si j’étais riche..

Ciel et Mer

S’il était riche, le monde de Parasite serait plus petit. Les deux heures qu’il mettait pour aller au marché de Garges-Sarcelles à l’adolescence se sont déjà muées en Paris Lyon, et il sait très bien qu’avec de l’argent il en ferait un Paris-Stockholm. Mais la Suède n’intéresse pas le Parasite. En quelques années de percée sociale, le Parasite a déjà fait parler sa boulimie de mouvement, lui qui a passé ses 15 premiers étés dans un F2 de l’est parisien avec son frère et sa sœur, à regarder[1] le tour de France et des VHS poussiéreuses. Il peut maintenant se targuer de connaître la plupart des régions de France, peut parler sur la pureté de la plage de Rondinara, des restaurants étoilés à Paris, de la vue panoramique en haut de la paroisse du haut de la colline Saint-Clair de Sètes[2], des bouchons lyonnais, du charme d’Uzès, de la charcuterie de Bayonne, de la forêt d’Antibes, de l’air du Puy de Dôme ou des Pyrénnées, du Lac d’Annecy ou de Genève, des principales stations des Alpes, des pièges du GR 10 ou 20, mais aussi du moindre recoin de Stockholm, de New York, Hanoï, Phnom Penh, Rome, Barcelone, Bangkok ou Berlin, et parait de suite plus crédible qu’avant devant sa hantise, les bourgeois, et leur fameux « mépris d’avance ». Désormais, il se délecte du classique « ah bon tu connais, toi ? ».

Décidemment, l’argent raccourcit les distances et chamboule le continuum espace-temps. Alors il se plait, quand il se retrouve à travailler au bord d’une piscine avec la mer en contrebas -grâce à sa chance provoquée-, à se dire que s’il était riche, loin des Maseratti de stars –incultes- du foot, il investirait dans un pied-à-terre au pays de Brassens, près du cimetière blanc où il aimerait être enterré, et n’achèterait l’ensemble que si sa chambre donne sur la grande Bleue. Le matin, il se lèverait avec le sourire, revigorré par les couleurs du bonheur (marron pour la roche et la terre, bleu pour le ciel et la mer) et sentirait les cheveux de la beauté qui l’accompagne. Son sourire éclairé par un rayon de soleil matinal le remplirait de joie. Il irait alors choisir ses légumes et son poisson frais un par un au marché, car il sait que le goût pour la bonne cuisine se développe à mesure qu’on s’enrichit, et que le souci de manger sainement et fraîchement est un luxe réservé aux nantis. Il passerait 3 heures à cuisiner pour lui et son amour, car prendre le temps de (se) faire plaisir est un luxe permis par l’argent. Il serait libre, car si l’argent raccourcit les distances, il permet également le don d’ubiquité. Etre à Paris trois jours pour remplir les caisses, et décompresser en bord de mer les 4 suivants deviendrait alors possible, l’amenant à l’équilibre parfait entre son hyperactivité et son besoin de silence et de nature. Il sait depuis quelques années déjà que l’équilibre est un sport de riche.

Comme il a toujours « niqué la France », que l’argent ne peut le changer, et qu’en échange on lui a fait comprendre qu’il doit dégager, Le Parasite s’entêterait à aller vers son deuxième amour, l’Asie du Sud-Est. Il y accomplirait son rêve, créer une université, car il sait que l’éducation des jeunes est le seul moyen sûr et pérenne de sortir une population de la misère, bien loin du misérabilisme des ONG (organisations de proxénètes et trafiquant utilisant le besoin de rachat de conscience des nantis des pays occidentaux par le biais de quelques bobos). Parallèlement, il favoriserait les créations d’entreprises (deuxième solution de sortir un peuple de sa misère: lui donner les moyens de ses ambitions), ferait travailler des dizaines d’employés en les payant comme il l’a toujours fait dans ses affaires, bien au dessus de la moyenne du marché, et investirait dans une maison de bord de mer. En été, il ferait livrer en main propre une convocation à l’aéroport pour ses meilleurs amis, ses anges gardiens qui lui ont permis tant de fois de renaître de ses cendres. Ils voyageraient alors en première classe, champagne et petits-fours à volonté et seraient conviés dans cette dernière demeure au bord de l’eau bleu turquoise transparente, le bateau de pêche à portée de tongs, entre deux îles paradisiaques, sans le moindre bâtiment à l’horizon. De là, c’est en Nissan Pajero (le seul 4×4 qui ne soit pas fait pour la flambe) qu’il les amènerait visiter les pays qu’il aime dans leurs coins les plus reculés, entre montagne, mer, lacs poissonneux, jungle, nature, végétation, habitants authentiquement hospitaliers et soleil. Car là aussi, dire à ses amis combien on les aime est beaucoup plus facile quand on a beaucoup d’argent.

Et puis plus les années passent, plus il se contenterait, entre lecture de l’Equipe et du Midi Libre à la terrasse du café du Soleil, oranges pressées et croissants pour petit dejeuner, de placer sa fortune dans la pierre ou dans des sociétés dont il connaît le potentiel, fort bien conseillé par son entourage, entourage lui-même toujours plus nombreux et toujours mieux disposé à aider quand on est riche. Il a bien compris à son jeune âge que faire de l’argent est beaucoup plus facile et demande beaucoup moins d’effort à mesure que tu en as. Il a toujours aimé faire le parallèle avec les femmes. Il se dit d’ailleurs qu’il ne fera pas au lecteur l’affront de connecter ces dernières au sujet principal de cet article, car tout le monde sait déjà ce qu’il en pense.

Et puis ce qu’il aimerait par-dessus tout, c’est de faire le tour du monde avec sa mère. Voir dans ses yeux l’émerveillement de celle qui n’a jamais voyagé, la propulser dans une vie qu’elle n’aurait jamais crû pouvoir mener autrement qu’en rêve. Lui faire comprendre l’essentiel par des choses simples, des attentions : son immense amour, respect, admiration et gratitude pour avoir fait de lui et de sa fratrie des gens simples et honnêtes, qui ont beaucoup souffert mais qui s’en sont sorti grâce à l’amour qu’elle et son mari leur ont donné pendant leur prime jeunesse, premières et déterminantes années… à défaut de pouvoir leur donner autre chose.

Alors le Parasite sait bien qu’on dit que l’argent ne fait pas le bonheur…. mais il pense que cette phrase a été inventée par un riche qui voulait rassurer le pauvre dont il venait de spolier les biens. Il se dit ca parce que curieusement, il n’a entendu cette phrase que de la bouche de pauvres qui avaient renoncé à tout et se rassuraient comme ils le pouvaient. Les riches que Le Parasite fréquente, envie et jalouse, ayant eux compris depuis longtemps que seul l’argent a le pouvoir de transformer une vie agréable et heureuse en une vie phénoménale. Un argent utilisé pour le véritable but de la vie, la découverte, loin de l’assouvissement aux désirs matériels ponctuels dictés par les media. Là encore, l’accès à la connaissance venant avec l’argent, il est plus facile de refuser d’être un esclave de la société de consommation quand on est riche. La liberté a un prix.

« Bénie soit celle qui me porta, Neuf mois, fit de moi ce que je suis, un monsieur, un roi… un demi-Dieu » (Oxmo Puccino)

Notes

[1] comprenez « dormir devant »

[2] colline d’où ces lignes sont écrites, mûries au soleil du mois de Juillet, au bonheur, et nourries à l’huile d’olive