C’est incroyable combien je peux détester les hommes. Ils me font vomir tous ces pitoyables phallocrates, ces connards de mecs toujours prévisibles et lamentables. Moi le premier. Je suis une espèce de pourriture qui ne peut pas s’empêcher de réduire la femme à un vagin. La femme est un trou. Il faut que je rentre dedans. Par tous les moyens possibles et nécessaires. Il faut que je m’emboite avec elle, et il faut que tout son corps m’appartienne à moi et rien qu’à moi. Ce magnétisme sensoriel passe avant n’importe qu’elle réflexion logique et sensée, avant n’importe quel impératif primordial, avant n’importe quel sentiment honorable. Nous devons produire du sperme et le faire sortir. L’élément qui a été conçu pour le recevoir, c’est la femme, et accessoirement la main, car une femme ça ne baise pas sur commande. Et c’est bien dommage.
Cette donnée humaine, inscrite dans nos gènes et permettant la survie de l’espèce, fait des hommes des handicapés sexuels, des esclaves de la masturbation, des pantins manipulables, des salauds tendres jusqu’a l’orgasme. Des lâches détestables, orgueilleux séducteurs de mes couilles, des conquérants écœurants, des machines à désespoir, des bites sans sentiments.
« Suce, écarte, tourne toi, casse-toi, et reste dispo pour moi ». Voila à quoi peut se résumer une relation épanouie avec la femme pour un homme comme moi. Evidement nous sommes des humains avant d’être des hommes, donc nous aimons la femme pour d’autres raisons, et nous avons besoin d’elle pour d’autres raisons. Mais physiquement et globalement ça se résume à ça. Ni plus, ni moins, n’en déplaise aux romantiques, aux poètes, et aux féministes. Ici je parle de moi et d’un bon paquet d’hommes que j’ai observé. Espérons que je ne détienne pas la vérité.
L’homme est une saloperie, une agglomération de faiblesses et de manipulation régie par le sexe. Un être pathétiquement mécanique, perdant tout contrôle à la vue d’un téton, ou d’une courbe graisseuse. Incapables d’assumer notre insatiable besoin de butiner. Butiner un maximum de fleurs sans cesse, sans arrêt, chaque jour et pour toujours, jusqu’à la fin de la tuyauterie. Nous sommes incapables de l’assumer, rares sont les hommes qui assume leur infidélité. Rares sont les femmes qui comprennent qu’aller voir les putes c’est en quelque sorte rester fidèle. Rares sont les hommes qui accepteraient de leurs femmes le 1/100ième de leur infidélité masculine. En plus d’être salauds, et lâches, nous sommes intolérants, injustes, partiaux et nous n’avons aucune notion de réciprocité. Dominés et enchainés dans la prison de la chair, les furtives évasions se font au prix de théorisation et de frustration colossales.
Pour l’homme, la première et la plus déterminante des relations avec la gente féminine, c’est notre mère. On l’idéalise pour la majorité[1]. Notre mère est idéalisée, posée sur l’autel du respect et de l’amour. Voila pour la base. Mais très vite, vient cet horrible besoin sexuel que l’on ne s’explique pas à l’adolescence. Ce besoin est si moche, tyrannique et dégoutant qu’on ne peut pas l’associer logiquement à la femme qui nous a paru tellement pure, belle et digne de respect et de tendresse. La première fois que j’ai vu un film de cul, j’étais coincé entre un sentiment d’excitation démentiel et un affreux dégoût nauséeux. Et toujours ce besoin de cracher quoi qu’il arrive, encore et toujours.
D’un coté l’homme a une vision de la femme maternelle, douce et pure, et de l’autre coté l’homme a ce besoin de la baiser violement en ne respectant que son envie de mâle dominant. Petit à petit on accepte la fatalité, et on vit avec, car c’est une partie de nous, et puis ce n’est pas l’enfer non plus, soyons sérieux. Mais on reste tiraillé entre ce besoin tyrannique de baiser toutes les femmes, l’amour profond et le respect encrée de la femme, et enfin l’étonnement qu’elle puisse aimer se faire baiser comme une chienne[2]. La cerise sur le gâteau c’est ce sentiment masculin de jalousie et de possession exclusive. On ne veut pas partager une femme et elle doit être entièrement à nous, mais on veut les baiser toutes. L’homme est une saloperie. Un concentré de contradictions inassumées.
L’homme est conscient du mal qu’il peut faire à la femme amoureuse, mais ça ne l’empêche pas de le faire sous pulsions de possession sexuelle. Il ne l’assume pas, et face à ses actes il préfère fuir, disparaître, ou invoquer des raisons alambiquées que seules les pigeonnes acceptent. Tout comme l’attention-sucker victime de sa condition, qui torture l’homme dépendant par ses sentiments, ces deux types de souffrances pour la pigeonne et le canard[3], sont incompressibles et inhérentes aux différences de nature entre la femme et l’homme.
Il existe beaucoup d’autres contradictions entre la condition sexuelle masculine, et les ambitions, les peurs, les envies de l’homme. Par exemple le besoin masculin de fonder une famille, de se poser avec une femme[4], est en complète contradiction avec les pulsions sexuelles masculines et les règles du couple traditionnel. C’est un travail quotidien que de résister à la tentation et à sa nature. L’infidélité est génétique chez l’homme. Pourtant les humains sont faits pour vivre en couple.
La fidélité, franchement c’est beau. Quand un homme est fidèle c’est soit par défaut[5] soit par amour fou, par peur de perdre la femme qui lui fait aimer la vie, par travail intellectuel sur le concept de réciprocité [6], et par privation physique. Un homme fidèle (qui a eu l’occasion de tromper, mais n’a pas céder à la tentation) n’est pas un homme, c’est un surhomme capable de dépasser ses déterminations biologiques et de se retenir par amour et réciprocité. La femme doit le comprendre et lui donner assez pour qu’il soit satisfait sexuellement, car croyez moi, la fidélité chez un homme est une preuve d’amour émouvante, qui vaut bien plus qu’un champ de rose ou qu’une session shopping à budget illimitée.
Dans le fond, nous cherchons tous la même chose, hommes et femmes, nous sommes tous pareil, le problème c’est que l’obligation de survie et donc la nature de nos corps, ajoutée à la formation de l’Oedipe, nous place sur des ondes différentes, et crée des incompréhensions, et des tragédies sentimentales. Maintenant je sais, je connais ma saloperie et celle des femmes en général, il ne me reste qu’à les gérer et en faire une combinaison magique, un 2en1 indestructible aux capacités illimitées et au bonheur multiplié.
Bon courage.
Lashoz