mai, 2007


29
mai 07

Décryptage d’une soirée – Le miel et les abeilles part. 1

Girls Girls Girls...

Large décolleté noir, couvert de la fameuse robe-pull grise H&M, idéale pour moûler l’arrière-train et faire deviner le string.. Coupe à frange nette, cheveux ondulés et volumineux, gel, rouge à lèvres rose « super shiny », strass sur le haut du visage… Le même modèle en trois versions différentes. Un « set de trois ». Multiplié par tant. La nuit atténue les écarts de beauté et les lumières de ce bar font passer ces trois filles en quête de mâles pour trois soeurs.

Derrière, deux stéréotypes d’allumeuses. De ce genre d’allumeuse sur lequel 90% des mecs en soirée jettent leur dévolu. Contemplant ce met si appétissant mais tellement inaccessible, comme un clochard qui regarde en vitrine le gâteau qu’il ne peut s’offrir. L’effort vestimentaire est le même, à quelques profondeurs de décolletés près, à quelques bretelles de soutien-gorge laissées à l’air, à quelques strings visibles ou pas. La seule vraie différence, c’est le comportement, l’attitude ouvertement agguicheuse qui fait basculer l’espoir masculin de l’impossible au peut-être, et leur confère rapidement le rôle de reine de la soirée. Les plus courageux (qui sont en fait les plus bourrés en soirée, donc finalement les plus lâches) iront tenter leurs chances. On voit alors le visage ravi des deux pouf’, complètement revigorrées par l’intérêt du mec, puisqu’incapables d’avoir un semblant de self-esteem par elles-mêmes. Le type pensera faire ce qu’il faut, quand il les verra activement participer à la discussion, se prendra pour le roi du pétrole et s’imaginera certainement déjà dans le lit d’une de ces starlettes du samedi soir, puis déchantera comme tous les mecs qui ont tenté avant, quand elles iront agguicher un autre bolos de la piste de danse, avec le cérémonial collégien du « ma copine elle veut te parler! elle te trouve mignon! tu me suis ou pas? ».

Nos filles du début lorgnent à mesure que la soirée passe, on entend alors un mot se propager comme une rumeur assourdissante, un virus qui se passe de la bouche à l’oreille, on entend mûgir le mot « pétasse », « pouffiasse », et la rancoeur collective de la gente féminine monte à mesure que l’intérêt des mâles augmente.

Le mâle, prisonnier de la dictature de son sexe. Une nature tellement lisible en soirée, puisque son intérêt pour une pétasse agguicheuse peut s’effondrer à la seconde même ou une fille encore plus pétasse, encore plus agguicheuse arrive dans son champs de vision. Son aveu d’impuissance aussi, puisqu’il voue son intérêt aux filles les plus « faciles » en apparence, rongé par sa peur de l’échec et par la sacralisation inconsciente des « filles bien »[1]. Des filles bien qui passent totalement inapercues quand elles sont mises à côté de ces pouffiasses, qui du reste ne sont qu’une illusion, puisque « ceux qui savent » savent bien qu’elles ne sont pas là pour coucher ou rencontrer quelqu’un, mais seulement pour avoir un peu d’attention (vous ne les verrez jamais rentrer accompagnées). Une illusion qui a le don d’enrager ces filles bien, rage qui prend sa source dans l’âpre rivalité féminine, puisqu’une part de son égo vient de la perception qu’elle génère comparée à ses rivales. Rivalité qui fait sourire quand on regarde la situation objectivement, puisqu’une pute à mêche du samedi soir ose traiter une autre pute à mêche du samedi soir de « pétasse »[2], alors qu’elle a à peu-près la même tenue, qu’elle aimerait sans doute pouvoir avoir le même comportement, ce qui lui garantirait un taux maximum d’approche et donc une sélection potentielle plus stricte. Elle se contentera de deux mecs complètement bourrés qui lui diront à quel point elle est somptueuse tout en leur touchant les hanches, ce qui aura le mérite de la dégoûter doublement.

Esclavagisme masculin à sa bite, dépendance des femmes à l’attention pour leur self-esteem, rivalité féminine et mysogynie dissymétrique, quel que soit le pays, la soirée, le public, l’ambiance et la culture, ces constantes restent les mêmes. Et de la même manière qu’on qualifie de « miracle » la fille qui n’utilise pas l’homme pour des fins de confiance en elle, mais pour une relation sexuelle et/ou amoureuse; le « miracle » masculin -le vrai séducteur-, est celui qui ne se laisse pas dépasser par ses hormones, par la beauté féminine, par l’intérêt grégaire pour une paire de seins, et qui saura au contraire discerner la bonniche du samedi soir qui a trouvé une autre compagne bonniche pour la sortir de la soirée M6 qui l’attendait, de la fille qui ne fait pas de frasques mais qui gagne à être connue, en plus d’aller jusqu’au bout de ce pourquoi elle est venue.

Parasite

Notes

[1] Plus une fille est une « fille bien », plus elle aura tendance à envoyer chier le mec si elle n’est pas intéressée, car elle ne vient pas pour gratter de l’intérêt. Cela donne des « crash and burn » que les mecs redoutent plus que tout.. ils éviteront donc rapidement de les accoster

[2] de l’extérieur du moins, la réalité étant perception


25
mai 07

Kesty, L’homme paradoxal(Part 2)

Lendemain de soirée

Assis sur les quais de seine, il observait les mouettes voler et flirter avec les vents ascendants. Kesty planait lui aussi à sa manière en imaginant tout ce qu’elles voyaient du haut de leurs plumes. Il imaginait tout ce qu’elles voyaient, mais avec en plus un radar incorporé dans la rétine de la mouette. Ce radar lui permettait de larguer des bombes de fientes acides et dégoulinantes sur les crânes chevelus et les sièges en cuir des voitures décapotables. Dans la jungle urbaine, il en faut peu pour être heureux.

Deux asiatiques étaient postés à quelques mètres de Kesty. Ils pêchaient tranquillement les poissons mutants de la seine, plus précisément des anguilles radioactives, sortes de « vers solidaires » qui s’épanouissent dans l’immense fosse sceptique de « Paris Miami Seine Beach ». Le succulent restaurant japonais de la veille lui laissait soudainement une impression de nausée des goûts. Une nausée d’égouts, c’était le cas de le dire. Il comprit alors, dans un de ses éclairs de lucidité inutile, que les poissons qui survivent dans l’eau contaminée de la seine sont surement les êtres élus. Une des rares espèces qui survivra au prochain cataclysme météorologique ou même à la prochaine guerre mondiale bactérialo-atomico-chimico shimy shimmy yo.

Hier c’était la pendaison de crémaillère d’une amie de l’ex du meilleur ami du cousin de Kesty. C’était le plan B salvateur de la soirée[1], le plan A s’étant heurté à un vigile mongolien, une espèce d’agrégation de morceaux de viandes musclés et compressés dans un tissu qui ressemble vaguement à une chemise des années 60. Bien evidement, ce tas de viande était incapable de communiquer dans une langue qui compte plus de 2 mots. Pas de verbe, pas de complément et encore moins d’adjectif : « Pas possible ».

La soirée de pendaison de crémaillère était potable… mais surtout alcoolisée. Kesty et son groupe était arrivé à ce moment décisif où la drogue déclenche l’euphorie et rend la fête moins ennuyeuse même pour ceux qui ne boivent pas. Avant ce moment les petits clans se toisent, personne ne se s’amuse vraiment de peur de s’afficher, les filles font les « belles distantes » et les mecs bombent leurs torses poilus. Bilan de la soirée: 3 Rhums, deux fous rires, un pillage de frigo, un baiser volé dans les toilettes, puis un râteau dans la chambre, et finalement une nuit toride avec la copine de la cible initiale. Merci le vigile, merci l’allumeuse, merci l’alcool.

Au réveil, Eva l’avait gratifié d’un petit bisou timide puis d’un « non j’ai pas envie ».

-Pourquoi?

- Je ne suis pas du matin, ca t’as pas suffit hier, gros cochon? On peut parler, non?

-Euh ouais d’accord, mais après manger, parce que là tu as une haleine…euh comment dire… particulière.

-T’es vraiment con, ça t’empêche pas de vouloir me baiser!

- bah non… (Sourire mi-beau gosse, mi- »petit garçon endormi »)

-T’es bête!!

Elle accompagna cette cruelle insulte avec la fameuse tape féminine sur l’épaule masculine qui veut dire dans leur langage codé :  » t’es bête, mais j’adore ça ».

Il était de bonne humeur ce matin mais pas au point de passer la journée avec une fille qui se prendrait immédiatement pour sa petite amie. Kesty a toujours préféré les grandes amies aux petites, même s’il aimerait bien que sa grande amie préférée devienne sa petite amie adorée. L’amitié c’est bien, mais quand on peut, l’amour c’est mieux…

Dans ce cas précis, il valait mieux en rester là, c’était cool, mais déjà trop rapide pour Kesty. Il ne pouvait pas tomber amoureux d’une fille conquise trop facilement et qui accepte tout le premier soir sous prétexte d’une envie orgasmique. C’était totalement con et pathologique, il en avait pleinement conscience, mais rien à faire c’était incontrôlable. Pire que ça, il reproduisait toujours le même schéma: des filles faciles, entreprenantes, qui n’attendent rien ou presque, et qui ne sont pas là pour jouer au Monopoly ou pour débattre sur les différents mouvements de la pensée mésopotamienne.

On ne peut poursuivre que ce qui nous fuit.

Kesty fuyait pour être poursuivit et s’interdisait de poursuivre par instinct de protection sentimentale, mais aussi par besoin d’indépendance et de domination. Il ne voulait plus jamais être ce pathétique marathonien essoufflé qui cours après une rose qui le pique, fait saigner ses sentiments pour s’arroser de compliments, se fane quand enfin il la cueille, brule son amour meurtri, réduit son égo en fumée et ne laisse que des cendres de haine pour les prochaines. Cela faisait longtemps que Kesty n’avait plus connu l’amour passionné, la dépression sentimentale, et la frustration sexuelle. Il en était plutôt satisfait. Son cœur de velours et les rapports de domination homme-femme ne lui laissait malheureusement pas d’autre choix.

Le cousin de Kesty, était quelqu’un de bien, un « pur » gars, mais un dangereux alcolo. Il avait le cœur sur la main, le bras valeureux et serviable, une parole de fer, et l’amitié fraternelle. Par contre, s’il buvait un peu trop, il devenait lourd, violent, et encore plus paranoïaque qu’un repenti de la mafia perdu en Sicile. Une fois passé un certain degré élevé d’alcoolémie, le cousin se battait avec n’importe qui, pour n’importe quoi. Ce changement de personnalité était rapide comme un coup de feu, seul Kesty et quelques potes le voyait venir. La veille, alors que Kesty était en pleine tentative de drague, il avait remarqué la mutation schizophrénique juste à temps. Un coup de tête, la spécialité du cousin, allait partir d’un moment à l’autre pour s’écraser sur le nez du premier venu :

-Putain mais t’as craqué?? Calme-toi et arrête de l’insulter! Il veut juste t’offrir un bière!

-Non non, c’est chelou Kesty, je suis sur que cet enculé est pédé et qu’il a mis dans mon verre la drogue du violeur. Lâche-moi ! Je vais lui cassé la gueule avant qu’il essaye de t’offrir une cigarette roulée avec de la poudre de verre ».

-Mais merde… t’es complètement malade, va boire de l’eau, vazy vite! OH! Regarde moi dans les yeux, t’as entendu? Je t’ai dis : « VA BOIRE DE L’EAU »

« Va boire de l’eau » était le code secret entre les cousins qui signifiait grosso modo : »Là t’abuse! Arrêtes toi maintenant, sinon demain tu va t’en vouloir à mort et peut être même que je te pardonnerais pas ». Ils avaient décidé de cette technique discrète après une soirée qui s’était encore terminée en garde à vue pour trouble de l’ordre publique. Les deux cousins avaient déclenché une baston générale dans une petite boite de nuit provinciale après avoir tapé le DJ. Une fois dehors ils s’étaient battus comme des chiens enragés l’un contre l’autre jusqu’à se trainer dans le caniveau. Et tout ça pour une meuf qui n’existait même pas[2]. Hier soir le code secret avait fait son effet, heureusement pour Kesty et son envie animale de se vider les corones.

La pêche à été bonne, deux anguilles et un poisson vert fluo à deux têtes. Les deux asiatiques à vélo (excusez le pléonasme) quittent les quais et laissent Kesty seul avec son imagination. Après avoir pensé à la détermination indiscutable du vécu, au terrorisme du rire, au gobage de Flambi, au championnat du monde de curling, au clip « drop » de Pharcyde, aux tomates farcies à la mozzarella fumées au four qu’il allait se faire ce soir, à l’hermaphrodisme, et à la musique Gnawa et ses similitude avec la techno et l’électro, Kesty en était à se demander pourquoi l’amitié homme-femme est elle si difficile à gérer. Dommage pour lui, il ne connait pas pasdechiffons.com, il n’est pas prêt de trouver une réponse à sa question.

Pourquoi c’est toujours aussi compliqué bordel de merde? Pourquoi il y a toujours trop d’huile dans les boîtes de thons? Pourquoi ? Pourquoi le feu ça mouille ? Pourquoi on est toujours insatisfait de son bonheur ? Pourquoi on veut toujours ce qu’on ne peut pas avoir? Eva était pas mal, même jolie, sympathique, elle savait se servir de son corps, elle n’était pas farouche, et elle avait même une lueur d’humour. Que demande le peuple!… Lui, ce gros con blasé, il ne lui avait même pas laissé son numéro et était partit ce matin sans l’embrasser en étant franc et honnête. Toute la journée il n’avait pas eu une seule pensée pour elle, et maintenant qu’il se faisait un peu chier et qu’il envisageait sa soirée de célibataire (branlette ou Playstation? les deux!), elle apparaissait à son esprit sous son meilleur jour comme par magie ironique…. quel bouffon!

Notes

[1] nom de code : « incrustation ».

[2] l’histoire est bien trop longue à raconter, peut être une autre fois… si vous êtes sages


23
mai 07

Le monde du spectacle et ses pantins, ou la Misère Morale

« Le quotidien de ceux qui rêvent du quotidien de ceux qui sont payés pour faire oublier le quotidien de ceux qui payent pour les voir simuler ce quotidien idéal. Un quotidien idéal qu’eux meme ne vivent pas, en dehors des scènes qu’ils tournent et des soirées mondaines où ils sont vus et aimés pour ce qu’ils ne sont pas. Misère morale. » (Fabe)

La société de consommation, comme la nature, ne fait rien au hasard. Le rôle de cette caste d’acteurs pathétiques, tous beaux et tous riches parce qu’au sommet de leur âge et dégagés dès les premières rides, est précisément déterminé. Faire rêver les autres, ces 98% de gens qui n’ont aucun accès aux media, donc qui n’y figurent pas, mais qui en sont les uniques consommateurs. Des gens pauvres, sans rêve et sans strass, dont la société veut nourrir l’espérance par le rêve, le rêve d’un jour peut etre pouvoir s’extraire de sa misère et vivre sans bosser. D’où Loft Story, d’où la Star Academy, d’où Capital, d’où l’invention de la Jet Set, qui n’est pas là par hasard dans un système économique complexe. Historiquement, c’est la religion qui était chargée de donner aux âmes suicidaires une raison artificielle de vivre.Ca s’appelle l’espérance ; et je vous renvoie à cet article (edit: il n’est pas fini et paraitra en Juillet). Il faut 20 secondes de recherche pour voir que les plus forts foyers d’implantation de la religion (hors religion juive) sont les régions qui concentrent le plus de gens pauvres. La télé, c’est la nouvelle religion. Celle qui s’invite directement chez les gens déprimés pour leur donner ce faux espoir que quelque chose de magnifique peut leur arriver. Sinon, ca ferait longtemps que Omar Harfouch serait incarcéré et que Paris Hilton serait déshéritée, reniée et surtout boycottée par les média. La télé vend du rêve, puis entrecoupe ce rêve de morceaux de rêve achetable. C’est la publicité, soit l’art de faire passer un produit de merde pour un morceau de bonheur. Alors lassés d’attendre le miracle du Dieu télévision (d’être recu à Qui veut Gagner des Millions, d’avoir les 3 télés etc…), on se réfugie sur le rêve atteignable, celui qui se paye cash. Lui, au moins, on est sûr de l’avoir.

Le plus triste dans tous ca, c’est que cette caste de branleurs se complait dans son rôle. Se complait à « être vus et aimés pour ce qu’ils ne sont pas ». Ils pensent dominer le monde par leur « succès » (le succès c’est comme le visage, « on le voit par les yeux des autres mais sans eux on ne l’a pas, on ne l’a plus » comme dirait Rocé) et l’arrogance de certains de ces pantins (visibles dans certains blogs) est à vomir ou à mourir de rire, selon l’humeur. Un monde dans lequel évoluent tant de femmes, heureuses gagnantes du concours biologique, et décidées à compenser leur évidente lenteur intellectuelle par une utilisation absolue de leurs charmes (pas seulement pour se faire baiser mais surtout pour baiser le peuple). C’est le pic de carrière dont je parlais dans « les différents stades d’évolution de la femme ». C’est l’état qui trahit -à qui en doutait- l’ampleur de la réduction psycholigiste féminine. On ressent alors un sentiment de grand vide, vide de l’écriture et vide des idées, totalement égo-centrées, autisme intellectuel sans la moindre prise de recul sur ce qui les a amenées là, sur le rôle qu’elles jouent dans ce Sim City réel, et sur leur fin de carrière à venir, aussi brutale que leur ascension.

Elles (les femmes et les homos qui travaillent dans les métiers de la représentation) se complaisent à executer ce qu’on leur demande, et à relater le tout avec un faux détachement et un dégoût surfait qui ne sert à rien à part à montrer à quel point elles ne sont pas conscientes du niveau de manipulations dans lequel elles se sont embarquées. Alors elles se présentent à ces soirées mondaines d’inauguration d’une collection ou d’une nouvelle marque, d’un lancement de CD ou de DVD, en clamant être dégoûtées par tous ces rails de coke enfilés, tout cet alcool qui coule à flot, toute cette hypocrisie et toute cette superficialité. Une soirée mondaine qui vise avant tout celui qui est de l’autre côté de la vitrine, dans le froid, buvant son verre de rêve comme devant sa télé, et inconsciemment castré par cette barrière invisible. Une castration qu’il voudra rétablir le lendemain, quand l’entrée sera permise et le choix facturé.

Débauche morale faite de drogue, d’alcool, de danse et de sexe, un cocktail détonnant prêt à faire bander les intérimaires, les bonniches et les bouseux, coktail toujours présenté avantageusement par les Ardisson, les Castaldi et les Fogiel, et bien sûr, jamais dans ses côtés puants (partouzes d’industriels francais et de politiques avec des adolescent(e)s arabes de 15 ans, mise au rebus de dizaines de milliers de femmes à 30 ans chômeuses qui deviendront gogo-danceuses ou prostituées, payées désormais pour se prendre les coups des bites qu’elle aura savamment castré durant sa précédente carrière).

Cocktail pathétique toujours présenté avantageusement par les media, à l’instar de toutes ces caissières, ces chercheuses, ces institutrices, ces boulangères, ces puéricultrices, ces médecins qui permettent au pays de tenir debout, bien loin des frasques de la poudre blanche dans le nez et des bites dans le cul.

Une mise en avant des media responsable des principaux maux de la société ; les femmes s’identifiant à ces putes, elles ont une forte tendance à monétiser leurs ébats d’une facon ou d’une autre, laissant choir ces millions de mecs pauvres qui jetteront leur dévolu dans une prostituée ou dans les films de cul, pendant que certains autres iront violer une innocente dans une cave pour enfin connaître ce qu’on voit partout mais qu’on n’arrive pas à avoir. Et ainsi de suite. Des medias responsables pour la cause supérieure, celle du profit, qui fera encore sortir gagnant le riche, qui pourra se barder d’artifices (montre, voiture de luxe, etc…), puisque la femme ne veut plus de rêve par l’esprit, mais du rêve par l’avoir, et qui fera languir le pauvre ou la bonniche de banlieue, dans sa frustration et son complexe, indispensables ingrédients des achats d’impulsions… par pur mimétisme de ces pantins malsains.

Parasite


20
mai 07

Je préfère encore la franchise du Front National…

Quelle différence?

Ca ne fait que quelques années que j’ai compris que Le Pen est loin d’être con. Bien au contraire, c’est un des meilleurs orateurs parmi la médiocrité politique, en plus d’être un des plus fins analystes. De mon appartement familial plein de cafards, de cet immeuble pourri et ce quartier de junkies, au royaume des arabes et des noirs, j’ai passé toute mon enfance à le haïr, pensant qu’il était à la cause des pires maux de la planète. Au collège, on se demandait pourquoi personne ne le tuait, pour sauver la face du monde, comme dans les films américains.

C’est en 2002, après les manifestations aussi gigantesques que ridicules, présentées comme un rassemblement « populaire, et républicain, pour sauver la démocratie » derrière cet pure ordure de Chirac que j’ai réalisé qu’il y avait quelque chose d’anormal. Si c’est Chirac qui doit sauver la démocratie, je préférais qu’elle crève. Et puis il y a eu cette phrase :

« Quant à nos chances d’insertion sociale, je préfère encore la franchise du Front National. Une évidence que je pense partager avec tous les sauvageons de France, prêts à tout saccager. » (Ekoué, La Rumeur)

J’avais aussi lu quatre ou cinq fois l’interview de la Rumeur entre les deux tours de 2002, où ils étaient le seul groupe de rap français à ne pas appeler à voter Chirac. Ce qui me choquait, c’est que ça me choquait. C’était un électrochoc, j’ai vu que j’étais embrigadé, conditionné à avoir un avis sur un homme politique sans même avoir étudié en profondeur sa personne, son programme, et sans même avoir réellement pesé ce qu’il vaut face aux autres.

Et c’est là que le bat blesse, et c’est là qu’Ekoué a raison. Le FN est le seul parti politique à ne pas avoir pris la jeunesse des banlieues par derrière. La gauche a commencé sa chute après la marche des beurs, quand Mitterrand a décidé de créer en guise de réponse une association satellitaire du PS, appelée SOS Racisme, et dirigé par un bounty baudruche, Harlem Désir. D’un coup, les arabes de ce pays allaient se transformer grâce à cette indispensable association parasitaire en « beurs », « petits beurres », ou « rebeus ». Les noirs allaient eux devenir les blacks, parce qu’appeler un chat un chat n’est pas assez démagogue pour les gens du PS. Après cette mesure de langage, après les autocollants « touche pas à mon pote » et quelques émissions de télévision, la question des banlieues allait être éludée, comme par tous les gouvernements successifs depuis, cantonnant le rôle de cette association malsaine à travailler pour réduire la discrimination à l’entrée des boîtes de nuit. Parce que oui, pour l’arabe de 25 ans sans boulot et sans argent, prisonnier du modèle paternel fait d’exclusion et de chômage depuis son enfance d’un côté, et la tentation de s’en sortir par la vente de drogue de l’autre (à défaut d’avoir d’autres opportunités), la question de l’entrée en boite de nuit dans laquelle il ne pourra de toute façon pas se payer de verre (déjà s’il peut se payer l’entrée), mais où il ne pourra surtout pas danser sans qu’on se méfie de lui, et encore moins aborder une fille sans qu’elle ne prenne peur, la question de l’entrée en boite de nuit est réellement déterminante.

Chirac de son côté, a toujours été prisonnier de son inaction. Soucieux de passer pour ce qu’il n’est pas, un humaniste, il n’a jamais voulu prendre parti trop clairement, ni toucher à la moindre mesure qui risque d’être mal vue par les pantins anti-FN qui l’ont élu. Alors l’américain Sarkozy est arrivé, prenant les conséquences pour les causes, et faisant la misère à ces mecs qui n’ont rien demandé à part un peu d’espérance. En bref, comme Mitterrand l’avait fait avant lui, et comme Chirac l’avait fait en plaçant le débat sur le terrain de l’insécurité pour éliminer Jospin en 2002 (avec la première grosse connivence des media à l’époque), Sarkozy s’est servi de la misère des banlieue et des medias pour construire son image. Organisant des shows télévisés à chaque déplacement, allant jusqu’à choquer les ¾ de la France en parlant de racaille et de Kärcher pour passer pour le super shérif qu’on attendait tous. Une provocation qui mettait la France à feu et à sang dès le lendemain, au grand bonheur de Monsieur Sarko, conscient qu’il créait là le terreau nécessaire à la légitimité de son discours ultra sécuritaire. D’où ses 15 jours à se tourner les pouces en regardant les voitures cramer et les habitants terrorisés. Légitimité d’un discours, légitimité d’une politique de répression qui ne résout rien et qui continue de faire grossir la haine collective. Parce que, pendant ce temps là, qui c’est qui s’est fait contrôler 40 fois par jour, qui s’est fait cramer sa voiture par des gens eux-mêmes exaspérés de subir autant de contrôles, d’être autant manipulés et autant délaissés à la fois? Ce ne sont ni les bobos, ni la bourgeoisie établie, ce sont les plus pauvres, donc les plus vulnérables. Et la pauvreté ne fait pas de distinction entre une « racaille » et une famille pauvre qui ne fait rien de mal. La police non plus d’ailleurs. Le problème des banlieue a été traité dans les medias, jamais traité économiquement (trouver un travail aux gens, les former à un métier ou à la création d’entreprise) ou socialement (aménagement des cités dortoirs où il fait moins bon vivre qu’en prison). Non, les banlieues c’est juste pour son image. Sarkozy l’américain, et sa vision manichéenne du bien contre le mal. En France, ce serait dur de nous sortir la sauce « terroriste contre libérateurs du monde », donc on nous sort « la racaille contre les gentils français ». Faire peur aux gens, ça les fait rester à leur place. Tous les gosses comprennent ça dès la maternelle. La formule est la même, et vous savez quoi ? 54%. Le pire, c’est que ça marche.

La France est un pays de moutons, un pays d’abrutis anesthésiés par les medias et le système, comme je l’étais dans ma cours de récréation de mon collège à penser que Chirac mangeait des pommes, marrant et inoffensif comme dans les Guignols de Canal+, et que Le Pen avait des cornes de diables et des dents de vampires comme au Bebet’ Show. J’étais aussi con que ceux qui n’enragent pas quand cet incompétent de Chirac se fout ouvertement de la gueule de 65 millions de personnes quand il dit qu’il part « avec la fierté du travail accompli ». Et on l’applaudi. Putain d’pays d’loosers.

Les ouvriers ont historiquement toujours eu la conscience politique la plus fine. Les communistes étaient, à l’époque, loin d’être des démagogues et des rigolos. La gauche, à un moment de l’histoire, a eu un vrai sens, une vraie utilité. Et bien,

  • au moment où le PS nous sort Ni Putes Ni Soumise en faisant encore le jeu de Sarkozy en créant un mythe malsain sur les banlieues ;
  • au moment où le PC suit le PS en se démenant pour plaire aux bobos, ce qui consiste en fait à faire un programme de droite avec 3 volets supplémentaires démagogiques,
    • 1/ la régularisation des sans papiers (enfin, quand il s’agit de défiler sur un char et taper dans un tambour, parce qu’une fois au gouvernement, les sans papiers ca n’existe pas),
    • 2/ le volet altermondialiste (l’altermondialisme saucisse merguez à la Bové),
    • 3/ une écologie de façade (l’écologie à la Denis Baupin quoi, mettre des pistes cyclables pour augmenter les embouteillages, donc la pollution, exaspérer les citadins, mais ravir les habitants du marais et les snobs à vélo),

les ouvriers, eux, étaient les plus nombreux à voter pour Le Pen en 2007.

Alors quand je vois Le Pen déclarer qu’il est drôle que Sarkozy prenne Kouchner comme ministre, puisqu’il est l’égérie de Mai 68 et de l’immobilisme réactionnaire bobo que l’ex candidat a fustigé pendant toute sa campagne, je ne peux que reconnaître la véracité du propos. Quand il dénonce l’américanisation de la politique de Sarkozy, je ne peux qu’être d’accord. Sarkozy a créé un grand parti de droite, équivalent au parti Républicain américain, dans lequel il a les pleins pouvoirs. Grand parti en connexion étroite avec les grands industriels, et les apporteurs de capitaux les plus obscurs. Il se dit dans tous les milieux bien renseignés que ce sont les mêmes fonds qui ont financé les campagnes de Bush qui ont financés celle de Sarkozy. Un financement de multinationales qui fera prendre à notre pays un tournant libéral inéluctable. Un tournant ultra-libéral économiquement, où les pauvres seront toujours plus pauvres, les riches toujours plus riches (grâce aux facilitateurs d’injustices OMC et Europe), où les entreprises continueront de délocaliser, où les financiers américains investiront dans nos entreprises, puis s’en iront du jour au lendemain, profitant des vides juridiques, et un tournant où on nous bassinera de considérations ultra-sécuritaires grâce à l’épouvantail de la racaille, pour nous empêcher de nous plaindre, formule vieille comme le monde, variante social-démocrate des extrêmes de l’Algérie du GIA et de la Russie de Poutine. Ca n’a jamais empêché Chirac de lui serrer la main, de même que celle de Boutflikha. Ca n’empêchera pas la France de devenir un autre pays américain en Europe, après l’Italie.

Tous les groupes de medias sont soutenus par des grands groupes industriels. Quand on voit que Sarkozy part à Malte le jour de son élection sur le bateau du milliardaire Vincent Bolloré, un des plus gros actionnaires du groupe Bouygues, que Bouygues est la maison-mère de TF1, ou qu’il fait la fête le soir de son succès Place de la Concorde avec Arthur, lui-même Vice-Président d’Endemol, société de production qui nous sert toute cette télé poubelle depuis 2000 pour nous abrutir et nous faire consommer, on comprend mieux pourquoi, à programme équivalent (Sarkozy ayant pompé 90% de son programme sur celui de Le Pen), à excès de langages équivalent (le gêne du pédophile, la racaille, le kärcher, etc…) Sarkozy est adoubé par les medias, et Le Pen y est présenté comme le Diable.

Qu’il nous lâche donc avec son changement, son footing à l’américaine, son « ouverture » et sa Rachida Dati… Le vrai changement ne concernera que les 10% les plus pauvres[1], et pour eux, la situation va s’empirer. En mettant une militaire à la tête de la police, on se doute bien que Kouchner est un pantin stupide qui permet à Sarkozy de passer pour le rassembleur tout en serrant la vis sur les ministères clés.

Une chose est sûre, je n’ai jamais voté Le Pen, j’ai toujours voulu penser qu’il y avait mieux pour représenter mon idéal de jeune fils d’immigré déclassé. Le Pen, c’est une conception hermétique de la France, et violente, qui me dégoûte tout autant que la violence de Sarkozy. Pas la violence du comportement, la violence de l’opinion, vouloir à tout prix monter l’un contre l’autre, prendre une partie de la population à part et la fustiger, lui cracher dessus, lui parler comme un enfant attardé alors qu’elle a permis au pays de se sortir de l’impasse nazie, et de se reconstruire industriellement après. Le Pen fait la même erreur que Sarkozy en prenant la conséquence qu’est la misère des banlieues pour la cause. La cause est 100% française, entre les atrocités de la colonisation, les guerres inutiles qui ont été infligées à des peuples qui n’ont jamais demandé qu’on les envahisse, la cause à ce pays qui a accueilli cette immigration quand il y avait des boulons à visser aux usines Renault de Boulogne, et qui pensait pouvoir s’en débarrasser à la première crise économique, comme on renvoie un intérimaire chez lui. La faute est française, son aménagement du territoire foireux, ses rassemblements de pauvres entre eux, sa mixité sociale foirée, ses promesses de réduction de la fracture sociale qui se transforme en amputation sociale, tellement la blessure est gangrenée. Et la pire maladie des politiques, la pire maladie des Français en général, c’est l’amnésie. Des trous béants dans nos livres d’histoire, qui ne sert à rien à part créer un sentiment d’injustice dès l’enfance, une esquive du problème dans la classe politique, or on sait que pour réparer une erreur et améliorer une situation, il faut au préalable la reconnaître. Démolir ces tours, redessiner la carte scolaire, mettre les plus pauvres au contact des plus riches dès la maternelle, pour qu’une émulation se forme, pour éviter une haine de l’autre liée à son manque de connaissance, pour éviter le fantasme malsain des riches bobo pour la misère sociale, pour éviter la ghettoïsation et le communautarisme à deux balles, pour éviter la complaisance dans la misère… Pour avoir fréquenté les deux abondamment, je peux vous dire que les mecs de banlieue sont très majoritairement aussi intelligents que les riches des grandes écoles, voire plus. Alors pourquoi un tel gâchis ? Non, Le Pen n’est définitivement pas une solution pour moi. J’ai peine à voir que les ouvriers votent pour lui, mais c’est un vrai révélateur de la situation du paysage politique à l’américaine que Sarkozy a construit. D’ailleurs j’ai officiellement arrêté de croire qu’il y avait une solution pour nous. Mais de deux ennemis, je préfère celui qui me regarde droit dans les yeux, et accessoirement, je préfère celui qui a le moins de connivence possible avec le système capitalistico-médiatique. C’est pourquoi, au terme de plusieurs années de réflexion intenses, une chose est certaine : le Diable auquel on veut nous faire croire est ailleurs.

Bonus: Lisez l’analyse politique d’Hamé de la Rumeur pendant l’entre deux-tours en 2002

« Ici rien ne change, si ce n’est l’ennui qui augmente, comme le prix de la carte orange » (Ekoué)

« Pas de confiance en la France, pays des droits de l’homme riche, où prospèrent en affaires celui qui ment et celui qui triche » (Koma)

Notes

[1] et évidemment les 10% les plus riches, allez chercher pourquoi Johnny Halliday revient en France…


16
mai 07

La réduction psychologiste

La réduction psychologiste est une notion développée par Alain Soral que nous avons déjà abordée, mais qui servira de référence d’analyse dans nos prochains articles.

Elle est étroitement liée à la notion de la dissymétrie de l’oedipe. Ainsi, l’homme nait de la femme, l’être aimé. Il naît donc dans l’amour pur et absolu, à l’heure où rien ni personne n’existe encore dans sa réalité. Un amour aussi vif qu’éphémère, puisque très vite anéanti par l’arrivée du premier autre, le père. Un amour acquis dès la naissance donc, qu’il ne sera plus la peine de chercher par la suite.

Chez la femme, l’amour absolu de la mère n’a pas le même effet, puisqu’elle est elle-même destinée à donner naissance. L’arrivée du premier autre a donc un effet radicalement différent. Le père deviendra pour la fille un être à séduire. Son amour n’est pas acquis, il est à conquérir, ce que la fille s’efforcera de faire consciemment et inconsciemment durant sa jeunesse. (voir les différents stades d’évolution de la femme, voir ce qu’on a dit sur La Séductrice).

La conséquence pour la femme est donc d’évoluer très tôt dans un univers de séduction, et de développer une forte disposition à comprendre les interactions émotives et sentimentales des êtres humains. A l’intérieur de cette bulle sentimentaliste, une absence de meurtre du père, élément indispensable à l’élévation vers l’autre, vers le monde, vers les interactions plus globales.

La réduction psychologiste sera donc définie comme le phénomène amenant les femmes à interpréter les choses de la vie à un niveau purement psychologico-affectif, sans prendre (autant) en considération les éléments sociaux, économiques, et politiques. C’est ce phénomène qui enferme les femmes dans une ultra-conscience d’elles-même, de leur plénitude (voire « leurs problèmes de remplissage »), leur sentiments, leur bien être, etc… C’est encore ce même phénomène qui confère aux femmes cet intérêt incompréhensible d’un être rationnel pour l’astrologie, les magazines féminins, les régimes, la psychanalyse, la mode, la comédie, la décoration d’intérieur (une fois passée la quarantaine), etc…

C’est ce qui explique que votre copine puisse dépenser son argent dans Closer et Glamour, le premier étant une suite de ragots la confortant dans son monde où seuls l’apprence et les sentiments jouent un rôle, le deuxieme étant une suite de publicités, déguisées ou non, ayant trait à l’apparence et à l’écoute de ses besoins. C’est ce qui explique, selon Soral, l’interêt croissant de la bourgeoisie (et de la « social démocratie ») pour la femme. Utilisation en publicité, puisque son psychologisme la fait se sentir concernée par la simple présentation d’autres femmes, pendant que l’homme est (comme d’habitude) titillé sexuellement, une nouvelle fois prisonnier de sa condition biologique[1]. Utilisation dans le monde du travail, via le travail de la femme, soit cette substitution de l’esclavage du foyer par l’esclavage salarial. Là, les capitalistes exploitent le caractère purement féminin qui consiste à consacrer une énergie et une dévotion folle à une tâche assez simple, qu’elles tiennent de leur conditonnement psychologique à materner. Leur psychologisme les faisant plus difficilement prendre conscience du jeu de rôle dans lequel elles sont utilisées, cela donne une part grandissante d’ »exective women ». Un article intitulé « pourquoi les RH sont-elles des femmes? » paraîtra très bientôt pour illustrer ce concept.

Evidemment, il n’y a pas de règles sans exception. L’oedipe est une vérité universelle qui peut évidemment varier selon le vécu. Cela s’appelle un « accident oedipien ». Mère abusive, père absent, l’inverse ou la combinaison des deux peuvent fondamentalement changer le destin d’une personne. C’est ainsi que Marie Curie ou Jeannie Longo peuvent tant différer d’une Victoria Silvstedt ou d’une Paris Hilton.

Notes

[1] une série de textes sur les hommes est en préparation, pour équilibrer la balance


14
mai 07

Le progrès écologiquement correct

Hier soir, après un festin diététique au Macdonald, je file aux toilettes pour soulager ma vessie gonflée comme une baudruche par les cannettes que j’ai absorbé pendant cette journée caniculaire. J’ouvre ma braguette, dégaine le molosse, et dès la première goutte contre l’urinoir, j’ai eu l’honneur d’être le témoin d’un phénomène lumineux assez étrange. En effet, j’ai été un des cobayes privilégiés de l’urinoir du futur. Il s’agit d’un urinoir doté d’un mini écran plasma incorporé qui s’allume automatiquement après l’averse pour informer l’usager que l’urinoir qu’il est en train d’utiliser économise l’eau de la chasse d’eau afin de sauver la planète. Wouaaaou!

A vrai dire j’étais plutôt content de pisser sur cette entreprise de déculpabilisation sordide, sur ce nouveau marketing de l’écologie lucrative écœurant et sur ce progrès trisomique s’annulant lui même.

Ah ça oui j’ai pissé dessus de bon cœur. C’est désormais certain et officiel: ils nous prennent pour des cons et ils ont bien raison… Chaque urinoir doit coûter une petite fortune subventionnée, et en toute humilité, je crois pouvoir affirmer qu’il aurait été plus simple, moins couteux, et plus écologique de poser une affiche relayant l’information, plutôt que de consommer de l’électricité à la place de l’eau économisée. Applaudissons tous en chœur cette magnifique tentative de progrès écologique destiné à convaincre nos cerveaux d’ânes bâtés que le « monde bouge » même dans les fosses sceptiques…euh surtout dans les fosses sceptiques.

Après cette aventure aux reflets apocalyptiques, je prends le métro 1. Que de chance et de coïncidence, je tombe sur le nouveau prototype de wagon qui n’a de nouveau que ses écrans plasma diffusant de la pub et quelques minis documentaires économico-écologiques.

Je crois à une hallucination, provoquée par le choc post-traumatique de l’urinoir spatial. Je touche, observe, et remarque que mes compagnons de voyage (vous savez ces gens qui font toujours la gueule, un peu comme nous) trouvent ça parfaitement normal. J’aimerais bien voir les mêmes écrans designs dans les métros pourris que sont les lignes 5,2 ou 4, là où une simple rénovation serait vivement appréciée. Ah mais non, suis-je bête, les passagers de ses lignes n’ont pas le pouvoir d’achat réglementaire pour bénéficier de cette superbe avancée capitaliste, ils n’ont même pas de quoi se payer une boisson aux distributeurs ces cafards! Toujours est-il que ces écrans coûtent plus cher que mon salaire, sans compter le prix de l’incorporation au métro et le coût énergétique constant qu’ils engendrent. J’aimerais bien avoir le nez dans les finances de la RATP, pour analyser la gestion de leur trésorerie, leurs recettes en publicité, et plus précisément le process de détermination du prix du ticket.

C’est quand même assez triste de pouvoir admirer la beauté pixélisée de paysages bucoliques et printaniers dans les souterrains mécaniques, crasseux, monotones, et désormais marchands de mon quotidien morne. Avec en bonus à la fin du documentaire écologique, la jolie phrase de circonstance « avec l’entreprise X, préparons le monde demain ». Non merci le monde d’aujourd’hui me fait déjà regretter celui d’hier!

Tiens, voici une question bête, qui j’en suis sûr, fera plaisir à tous nos commerçants écolos :

Pourquoi les vitrines des magasins sont elles totalement éclairées 24heures sur 24?

On me répond que c’est pour le marketing. C’est évident ! Il faut être aveugle pour n’avoir jamais remarqué ces foules sauvages aux poches remplies de liasses de billets qui affluent la nuit et léchent les vitrines qu’elles voient très bien le jour. Plus sérieusement, je trouve ça scandaleux, et aucun argument de visibilité ne peut justifier un tel gaspillage.

Je dois être une espèce de « vieux jeune réactionnaire ».Vous voulez encore un exemple ? Des exemples?

Je trouve ça sidérant que l’on trouve de la publicité sur les tickets de caisse… C’est le comble du marketing! Et pourquoi pas la publicité sur la carte bleue et sur le PQ pendant qu’on y est…

Apres l’homme grenouille, l’homme orchestre, et l’homme spatial, on a fait un pas énorme en inventant l’homme sandwich qui compile toute ces fonctions en une seule. C’est un panneau publicitaire vivant qui distribue dans un espace des tracts pleins d’étoiles pour faire rêver et chanter en choeur la masse consommatrice qui vit en immersion dans l’océan de la connerie humaine en respirant des bouteilles d’oxygène aromatisées aux pétrodollars…

Que pensez-vous de cette mesure recommandée par un de mes amis cowboys au coin d’un bon feu (de voiture) dans le far ouest de la banlieue nord :

« Tu sais Lashoz, je pense qu’il serait plus efficace de revenir aux bonnes vieilles méthodes pour éduquer cette saloperie qu’est l’homme moderne. Il faudrait réinstaurer le bain de goudron obligatoire suivi du recouvrement de plumes à chaque plein d’essence. Puis ensuite il faudrait les obliger à battre des ailes avec conviction , et faire « coin coin » en attendant la marée haute assis sur un galet».

Intelligent non ?

Vous trouvez ça normal qu’un produit chimique « anti-mauvaise herbe » puisse se targuer d’être écologique? Un écrivain célèbre disait que les mauvaises herbes sont des herbes dont on n’a pas encore compris l’utilité. Enfin peu importe, on peut quand même se marrer devant la publicité de ce produit humainement bizarroïde car anti-écologique par nature. Après avoir été un grand débat de façade pour la campagne électorale, l’écologie c’est maintenant l’argument capitaliste par excellence. Un véritable business dans lequel on investit massivement dans la communication et trés peu dans les actes.

Bon aller, un petit contre exemple de l’utilisation positive du marketing par la WWF.

blackcloud

Un énorme ballon de baudruche noir accroché à un pot d’échappement du matin au soir, nous montrant la quantité journalière de gaz produit par nos indispensables voitures.

Multipliez-le mentalement par le nombre de voitures que compte notre petite planète, puis par le nombre de jours déja passés depuis l’utilisation massive de l’auto. Vous obtiendrez une prise de conscience assez violente ! Avant de vous quitter je vous laisse imaginer la même expèrience avec une cheminée d’usine chimique.

Lashoz


9
mai 07

Les stades d’évolution de la Femme

La femme

Note : Cet article est volontairement plein de généralisation. Prenez celles qui vous intéressent, jetez les autres.

L’adolescente

Prise dans les tribulations de la séduction dès son plus jeune age, la jeune fille désormais assez mûre pour séduire (physiquement du moins) va dans les premières années rechercher une relation capable de la faire sentir plus vieille, plus mature qu’elle n’est vraiment. La séduction du père ayant échoué à cause de la concurrence de sa mère (voir « le séducteur, la séductrice »), la jeune fille concentre toute son énergie à « vieillir » le plus vite possible. C’est la raison psychologique qui détermine certainement la disposition du corps féminin, en âge de se reproduire plus vite que les garcons. De là vient le cliché de la maturité féminine plus précoce que les garcons, argument toujours drôle pour qui a enseigné à des collégiennes. La jeune fille va donc chercher à rattraper sa mère par deux moyens essentiels :

  • Sortir avec des hommes plus vieux. Le marché de la séduction étant profondément déséquilibré, l’offre d’hommes sans femme de 20 à 30 ans est assez important, des hommes qui vont alors se déverser dans la classe inférieure, comme un boxeur qui passerait en poids mouche parce que lassé de se faire tabasser en poids plume.
  • Sortir avec des garcons du même age, mais mentalement pas très stables. Enfin, l’instabilité masculine typique, à savoir l’instabilité régressive. Nostalgique de la période d’amour fusionnel avec sa mère, l’adolescent mâle a tendance à chercher chez la jeune fille un amour irraisonné, passionnel et incontrolé, seule solution pour lui pour retrouver l’Amour (avec un grand A) perdu. Avec chance pour lui, cela va correspondre à une partie des attentes de la jeune fille. En effet, cette relation complètement déséquilibrée (communément appelée « passion« ) permet à l’adolescente de se sentir mère. Devant protéger, materner, chouchouter, et ne faire qu’un avec son petit copain, la jeune fille se sent de plus en plus légitime et de plus en plus mûre pour prétendre à la séduction du père (c’est jouer à la poupée mais avec un vrai mec si vous préférez). Ceci montre un peu pourquoi la plupart des couples d’adultes qui sortent ensemble depuis qu’ils ont 15 ans sont si pathétiques.

La très jeune fille se caractérise en outre par une immaturité totale : hystérie, exagération, hystrionie, fascination absolue pour les choses ayant trait à l’amour, elles contrôlent mal leurs sentiments et se donnent un faux air de détachement totalement paradoxal. Une attitude qui résume bien la situation de la jeune fille : plus un bébé, mais pas encore femme, elle voit la maturité comme salvatrice dans sa quête du père et de tout ce qu’il représente (accession à la vraie maturité, à l’age adulte lui permettant d’arriver au maternage), mais découvre son rythme biologique (règles) et vit une période d’instabilité profonde qui aboutit à une hystérie bien immature. La jeune adolescente est donc un entier paradoxe.

La jeune femme (jusqu’à 30 ans)

Si il y avait une courbe pour représenter l’évolution physique de la femme, ce serait une courbe de Gauss dont le sommet serait certainement entre 20 et 30 ans (35 avec les cosmétiques). C’est la période de tous les succès, la période où tout est facile et où elle a l’impression de dominer le monde uniquement par l’utilisation appopriée de ces charmes (ce qui est vrai). C’est donc la période où elle est la plus chiante, puisqu’en position de pleine-puissance sur le marché de la séduction. Grâce à la technique accumulée pendant l’enfance et l’adolescence (les règles de base de la séduction assimilées pour plaire au père), améliorées par la (vraie) maturité et donc un meilleur contrôle de ses émotions (bonne comédienne), la jeune femme s’en va à la quête d’un homme qui sera le modèle de virilité qui lui rappelle son père. Ayant vu chez l’adolescent la propension des hommes à se comporter comme des petites filles (besoin de tendresse, d’affection), elle va rechercher l’exact opposé, motivée par sa recherche inconsciente et biologique d’un fort taux d’androgène (comme on l’a vu dans cet article), indispensable pour l’emmener sur la voie de son bonheur, le maternage. C’est donc à cette période où elle fuira tout homme aux traits de gentillesse trop affirmés, et avec, la simplicité. Elle évolue dès lors dans un monde du non-dit, de l’énigme, de l’indicible, du sous-entendu. Univers pathétique où les hommes les plus cyniques et manipulateurs sortiront vainqueurs (voir Le Séducteur), et où les autres seront castrés et placés arbitrairement dans le purgatoire des sentiments, la friend zone (voir l’article sur L’amitié Homme-Femme). Dans la majorité des cas cependant, la femme de 20 à 30 ans connaît différentes expériences (la plupart du temps avec un homme pas aussi viril qu’elle aurait espéré, un peu trop gentil quoi), allant de l’amour fusionnel à la vie en couple, avant de se lasser de la « routine » (soit cette situation où le rapport de force laisse sa place au naturel, inacceptable pour la jeune femme), et de s’écarter de son compagnon pour se laisser tenter par un autre homme en représentation (plus viril, + d’androgènes), profitant là de son immense succès physique. (et subissant l’énorme pression sociétale au changement, au laisser aller, et à la perte de valeurs d’engagement, propédeutique au développement de la société de consommation). La jeune femme a une position tellement favorable sur le marché de la séduction, que certaines refusent même de céder à toutes ces avances, se placant définitivement sur un piédestal, dont il leur faudrait tomber pour se faire baiser, et jettent leur dévolu dans cette formidable invention : le travail de femmes (j’ai bien dit « de »). Soit le détournement d’une propriété biologique de la femme : éduquer un enfant avec beaucoup d’implication et d’investissement, pour une tache à moyenne valeur ajoutée ne nécessitant aucune créativité mais simplement de la rigueur, genre rentrer des chiffres dans Excel, commander des fournitures dans un bureau, communiquer, organiser les agendas, les interviews, etc… Bref tous les postes du tertiaire qui auraient un turnover colossal s’ils étaient occupés par des hommes, en plus de coûter plus cher. Cette jeune femme précieuse et hautaine devient donc executive woman, pensant que son succès est décuplé, elle qui refuse les hommes tellement elle a de propositions, et qui en plus connaît une gloire immense dans son travail, même si elle retrouve son pot de Nutella et ses séries quand elle rentre chez elle.

C’est également l’âge où la fille doit construire sa vie, quitter le domicile de ses parents, aller « en ville », faire une carrière, même si elle n’a pas fait beaucoup d’études. Bref, c’est l’âge où la femme commence à penser à son avenir matériel. C’est l’âge pour beaucoup de filles de la semi-prostitution. Soit cette capacité pour une fille bien disposée physiquement de s’échapper de sa condition sociale pour s’élever, en mettant son corps et sa capacité de séduction à disposition (vieux, mondains, businessmen)[1].

Mental note pour mon prochain article: contribuant ainsi à la misère sexuelle et sociale des hommes les bien moins lotis financièrement…

Et puis chez les bourgeoises et les bonniches, la vingtaine (surtout avant 25piges) c’est l’âge où on se marie, pétrit de certitudes, où l’on croit qu’on peut développer une vie à deux équilibrée et jouissive alors qu’on ne se connaît meme pas… en bref, c’est à cet age là que nombre de mariages foirés vont naître.

La femme (30 – 40 ans)

La trentenaire est fatiguée. Blasée d’avoir jeté la plupart des mecs bien qu’elle a rencontré, de les avoir castré et placé en friend zone, et d’avoir préféré se faire troncher par des mecs genre « Eric » de Paris, fidèle du Man-Ray, carte gold et poils sur le torse à la place. Elle est blasée car ce con la trompe, ne veut pas lui faire de gosse, et se fout royalement de sa gueule (surtout depuis qu’il baise avec Corinne, une de ses meilleurs amies). Elle l’a quitté un peu avant ses trente ans, car ca y’est ; la femme est sous pression biologique forte. Plus le temps de débattre, plus le temps de rigoler, elle doit maintenant trouver le père de ses enfants, et, après toutes ces expériences ratées, autant prendre quelqu’un de bien (d’autant qu’elle se sait dépassée par la femme de 20 ans… déjà). C’est la période où la séduction est la plus naturelle, la plus franche, la plus aisée. Les deux sexes agissant enfin naturellement, donc comme deux êtres qui recherchent la même chose. C’est la période où, une fois en couple, tout va très vite. Mise en couple, fiancailles, un gosse, deux gosses, nouvelle Laguna, tout est rôdé… Elle apprécie alors pleinement son travail, et vivra ses plus belles années de mère et de femme (de vrai femme, pas de pouff séductrice).

Quarante ans et plus…

Déjà hors-circuit physiquement, elle tombe de son piédestal lorsqu’elle est mise au rebus des métiers de représentation (communication, etc…), remplacée par la chair fraiche (celle qui fait rêver les consommateurs, facon Victoria Silvstedt). Ses enfants arrivant à l’adloescence (donc à l’age ou le mimétisme social remplace progressivement l’éducation parentale), elle a du temps pour faire un bilan de sa vie, ce qui coïncide généralement avec ses premières psychanalyses (elle y a toujours été sensible, en bonne lectrice de Elle et de Femme actuelle). C’est le temps des regrets, surtout pour l’executive woman qui se rend compte qu’elle a sacrifié les plus belles années de sa vie pour un 3 pièces à République et un écran plasma. La semi prosituée, elle, est désormais hors course, vivant sa solitude dans un studio proche du périphérique. Dans l’alcool et/ou la drogue, elle se dit que le monde est injuste et que les hommes sont des porcs, qui crachent sur une femme dès qu’elle commence à vieillir. Elle se dit aussi qu’elle a été bête de dépenser tout son argent dans de la chirurgie esthétique qui n’a finalement servi qu’à retarder sa fin de carrière de 5 ans.

Plus la femme arrivera près de la mort, plus elle réalisera que sa vie est désormais finie, dans le sens où la folie n’existe plus, où tous les moments de bonheur sont ceux vécus pas procuration par sa descendance ou ses proches. Elle rêvera alors de s’envoler une dernière fois. Une dernière fois aller au septième ciel, rappel final d’une danse envoûtante dont elle aurait dû mieux profiter. Alors elle scrute, désormais directe et honnête quand elle séduit, comme un jeune mec en confiance, et elle cherche à s’inviter dans une dernière imprudence et oublier, l’espace d’un instant, que sa gloire aura duré 15 ans.

Notes

[1] Un article sur le sujet est en cours d’écriture à l’heure où ces lignes sont postées


4
mai 07

Kesty L’homme Paradoxal(Part 1)

Sortie de Noël

Samedi 16 décembre 2006, 20 degrés à Paris, les patinoires prennent la poussière.

Kesty attendait l’hiver, le vrai, celui qui transforme les gens en boules de tissus frileuses, qui recouvre la ville avec son ambiance glacée, calme, féerique. Bien évidement il y a ces capricieux de sdf qui cassent l‘ambiance, prêts à râler à la première occasion. Mais bon , tout le monde fait avec, et kesty aussi. Et puis c’est sur qu’à Aubervilliers il faut avoir une sacrée imagination pour trouver un semblant de féerie…

Il attendait la buée qui sort de la bouche quand on parle, le chocolat chaud qui réchauffe les mains et les entrailles. La couette épaisse et douce qui lance des appels irrésistibles chaque matin. Appels irrésistibles capables de déclencher des directs du gauche dans le cadran de cette machine maudite qu’est le réveil. Kesty attendait l’hiver depuis le 15 Août, date charnière où l’été commence à l‘énerver. Comme il aime à le dire « quand on a chaud on ne peut pas enlever sa peau, alors que quand on a froid, on est bien content de l’avoir ». Il avait conscience de son grand talent à formuler des vérités universelles capables de renverser la face du globe.

Avant que ces semblables mammifères éternels insatisfaits ne commencent à perturber la météo, c’était généralement vers le 10 janvier qu’il commençait à en avoir marre de l’hiver et s’impatientait de la venue du soleil. Il attendait l’odeur de la rosée des premiers jours du printemps, quand la nature s’excite et que le lever est facile. L’air parfumé, le pollen qui vole, et les allergiques qui font chier avec leurs éternuements baveux. Il est comme ça Kesty, il aime les saisons, enfin pas trop quand même, faut pas exagérer.

C’est bientôt noël et toute sa magie envahit la ville. Une crotte de nez le démange, il prend l’escalator, et se rend compte que la grande partouze consommatrice qui règne à châtelet lui donne envie d’habiter dans une grotte, loin de tous. Une grotte munie de l’adsl et avec si possible, une femme pas trop relou avec des gros seins qui aime bien faire des massages. Si possible.

Boom! Bousculade de transport en commun…

-Mais faites attention où vous marchez jeune homme!! mal élevé va !!

Une vieille bourgeoise des Trente Glorieuses qui n’a pas compris qu’à son âge le maquillage ne peut que l’enlaidir, le fusille du regard avec cette posture typique des gens peureux qui se croient supérieurs. Mettre en doute l’éducation de Kesty n’est pas la meilleure stratégie pour obtenir des excuses.

-Vous savez madame, ça m’amuse particulièrement de marcher sur le troisième doigt de pieds des résidus de plus de 80 ans. C’est un de mes hobbies favoris. J’aime aussi mettre des coups de genoux à la face des marmots de moins de trois ans. Ca dépend des jours…

-Goujat!

-Pfff je sais même pas ce que ça veut dire, vieille peau boutonneuse et purulente..euh je voulais dire puante, veuillez excuser mon articulation.

La méchanceté est un art qui demande un entraînement quotidien et une discipline stricte. Il est plus difficile d’être méchant intelligement que de s’engluer dans une gentillesse mièvreuse et dégoulinante de niaiseries rhétoriques et de mépris hypocrite. La gentillesse des sans-avis. Kesty pratique la méchanceté depuis l’école primaire, mais attention, il maitrise aussi la gentilesse de l’animal bien dréssé. Ce qu’il aime, c’est cette fraction de seconde durant laquelle le visage de la victime passe de l’étonnement, à l’indignation puis à la soumission ou la colère. Dans ses situations on peut juger d’un coup d’œil si la personne se respecte, si elle est intelligente, si elle a de l’humour, si elle sait se contrôler, ou si c’est un espèce de loque malléable et soumise. C’est une méthode de jugement courageuse et efficace, même si elle est à double tranchant.

Arrivé au forum des halles, un grand coton tige sur pattes, habillé comme un balai à chiotte brillant, tendance fashion-attitude-forever « je suis un Rebel qui ne vit que pour mon miroir », parle dans son téléphone à deux mètre de Kesty:

-Bon alors tu viens ce soir?

Kesty ne peut s’empêcher de lui répondre intérieurement :

-Non, désolé je peux pas, je dois aller désosser ta famille.

-Mais c’est génial!

-Ah bon tu trouves ? Bon bah dans ce cas si tu n’y vois pas d’inconvénient, je vais aussi t’emprunter la carcasse de ta sœur pour en faire un superbe xylophone que j’installerais dans mon salon.

-Trop cool! Donc en plus Sabrina sera là ! Ramène de la musique, ça va être trop mortel !

-Exactement…

Le forum des halles est bondé de fourmis pré-pubères. Toute la banlieue débarque et se mêle aux putes à frange parisiennes et aux pantalons slim et crête sur la tête. Impossible de faire un pas sans avoir cette envie tyranique de taper sur un connard innocent. Ils ne font que piailler pour se faire remarquer comme si leur T-shirt provoc et leur lunettes « œil de mouche » ne suffisait pas. Non, il faut qu’ils gâchent aussi l’environnement sonore en plus de l’environement visuel. Sans parler de la déferlante d’effluves de parfums vulgaires que l’on est obligé de subir le samedi à chatelêt, jour de Beaugosserie nationale.

Finalement Kesty ira acheter le DVD des épisodes de Candy et le troisième roman de Iceberg Slim, [1] « Black Mama Widow » quand il y aura moins de monde et qu’il sera d’une humeur un peu moins massacrante. Pour l’instant, il préfère retourner dans le RER, rentrer chez lui, manger des céréales et rencontrer des gens sur internet. La vrai vie quoi.

Notes

[1] célèbre proxénète qui s’est converti en écrivain à la fin de sa carrière, « Black mama widow » raconte la vie violente et hardcore d’un homosexuel noir, le genre de bouquin qui fout la gerbe tellement il prend au tripes… bref un bouquin qui s’enchaine trés bien apres plusieurs épisodes de Candy…


3
mai 07

Ma saleté d’espérance

Un parfait introductif à un texte à venir sur la notion d’espérance. Chaque mot y est pesé, chaque phrase à son sens, chaque once de variation de voix est adaptée à l’instru et réglée au millimètre pour mettre en valeur le texte. Du très grand Rocé, et un album qu’on ne saurait trop recommander.

« On croit qu’on décroche la lune, avec nos ailes de mésanges. » (Rocé)