octobre, 2007


29
oct 07

Qui tient la société française?

Explication du « on » et du « ils »

S’il y a une chose que les classes dirigeantes ont réussie, c’est d’ éliminer toutes les critiques constructives du système par la dénonciation systématique et hystérique de « la théorie du complot ». Au premier rang de ses critiques revient cette fameuse critique du « ils » et du « on ». Précisons donc un peu les choses…

Quand je dis ils, je parle de ceux qui ont développé une société du désir qui vise à nous rendre seuls et frustrés, pour qu’on jette notre dévolu dans la consommation déraisonnée et décorrellée des besoins réels. Quand je dis « ils », je parle de ceux qui décident à notre place, et font de nous les moutons que nous sommes devenus avec notre plus grand consentement.

Ce « ils », ce sont les tenanciers du capitalisme du désir, du capitalisme post-68, ceux qui tiennent par les couilles les deux piliers de la république actuelle, la politique et les medias, ceux qui ont le pouvoir de créer des élites de pacotilles chargées de prêcher la bonne parole, ou chargées de dire ce qui est subversif et rebelle et ce qui ne l’est pas. Ce « ils », ce sont ceux qui nous séparent en segments et en types d’acheteurs et créent des medias sur mesure en fonction de ces cibles, ceux qui ont tellement financé et corrompu la politique qu’ils ont réussi à cantonner le rôle des élus à un simple travail d’attaché de presse chargé de ne valider que des lois en faveur de la propagation du désir et de la frustration sexuelle, du développement de la déresponsabilisation, de la montée de l’individualisme et de la montée en puissance de la consommation, pétrole du moteur capitaliste. Ce « ils », ce sont ces élites qui verrouillent tous les postes clés en France, pays des élites et de la technocratie, où il est strictement impossible de prendre le pouvoir à moins d’être un produit de cette caste. Dans ce pays tenu par les polytechniciens, énarques, francs maçons et normaliens, les quelques « élites » élevées d’une de ces minorités qui font la majorité du peuple ne sont que des pions placés pour masquer un peu plus la réalité des choses. Des idiots utiles, imbéciles heureux à la Jamel Debbouze ou à la Diam’s, tout content d’être acceptés par ce milieu « pas si cruel » qu’est le monde du spectacle, alors qu’ils ne servent que la cause supérieure. Ce « ils », ce sont les propriétaires des 10 plus grosses entreprises françaises, cœur de toutes les décisions. Ce « ils » là n’a pour but que d’alimenter le système qu’il a mis en place, un système de vente permanente de biens de consommation inutiles, une production d’objets qu’il finance par le marché, lui-même très sensible à la progression constante et permanente des chiffres de vente. Un contresens interne, puisque chaque besoin créé est de fait comblé par l’acte d’achat, donc un système qui ne peut survivre qu’en renouvelant de façon indéfinie les besoins, et en en créant de nouveaux. Des besoins à renouveler constamment d’où nait la haute couture et les collections biannuelles, l’exportation du concept œnologique de « Millésime » pour les voitures[1], les modes vestimentaires, les événements commerciaux (soldes, fêtes de mères, fêtes des grands mère, bientôt fête du toutou ou fête du beau frère de la meilleure amie), et tous ces cycles artificiels qui rythment faussement la vie des français, mais qui assure définitivement des rentes régulières par toute saison pour les industriels. Des cycles auxquels viennent s’ajouter les tendances, dictées et édictées sous la houlette des marketeux des grandes sociétés qui décident de recréer une mode dès que le marché s’essouffle et la répandent sur leur cible préférée, les jeunes[2], avec l’aide de leur bras armé, les media, et des idiots utiles que sont les sportifs et les chanteurs. C’est de là que naît toute récupération d’un art à des fins marketings. Inutile de dire que la tendance actuelle décrétée « norme transgressive » par le pouvoir est le rap / hiphop depuis 1997 environ, et le virage surprise de Skyrock d’une programmation 100% rock à une programmation 100% rap du jour au lendemain.

« On envie l’Amérique et sa victoire, mais à force de copier on ne ressemble qu’à sa province » (Rocé)

Aujourd’hui ces idiots utiles sont souvent des arabes[3] . Parce que, malgré la haine organisée des arabes à travers les media (pour des raisons géopolitiques et économiques que je prendrai le risque d’aborder plus tard), il faut dire qu’ils représentent quand même 6 millions de personnes, dont une part importante à moins de 30 ans. Ceux qui retournent souvent au « bled » savent aussi que dans cette région du monde, on aime bien se montrer et se comparer aux autres. Jeunes et flambeurs, les arabes sont des cibles idéales pour notre marionnettiste. Si on rajoute à cela le côté rebelle, cette fameuse rébellion qui fait que tant de jeunes français, italiens et portugais s’identifient depuis 15 ans aux arabes (Akhenaton l’italien, Kool Shen le portugais, Diam’s la maltaise en tête de groupe), on comprend mieux pourquoi on nous place ces pions là à cet endroit là. L’élève égale le maître. Parce qu’il faut dire que les inventeurs du concept sont quand mêmes les américains. Ce sont eux les professionnels du placement stratégique pour faire rentrer dans le rang de la consommation une communauté potentiellement influente et dangereuse. Et on a bien vu qu’il n’y a rien de mieux pour une société en crise que de rendre les éléments qui peuvent la faire imploser dépendants de petites appartenances matérielles (voir la meilleure des polices). La consommation, c’est le sédatif le plus puissant, le plus contagieux et le plus généralisé qui soit. Les ricains l’ont bien compris, et ils ont aussi compris qu’en instituant une élite noire, ils pouvaient donner l’illusion au reste du peuple qu’il est possible de grimper dans ce pays pour évacuer tout sentiment d’injustice, engrais de la rage. Ils ont alors promu cette élite, complètement acquise à la cause de l’intérêt supérieur (sinon elle n’existerait même pas), et a fait croire à tous les dommages collatéraux de la politique ultra libérale (99% des autres noirs) que le pays est tolérant et que seule la compétence permet de monter les échelons. Ce n’était pas si longtemps avant que Jordan devienne le deuxième logo de la société Nike, pas très longtemps après Watts. En France, j’entends de plus en plus souvent des intellectuels objectifs et doués réclamer la création d’une élite arabe pour désamorcer la haine qui monte. C’est aussi inquiétant que redoutable d’efficacité. Sarkozy l’a bien compris d’ailleurs, à voir l’habile composition du gouvernement et la baudruche Rachida Dati.

Résumons. Pour régler le problème des banlieues, nos chères élites dirigeantes (ceux qui sont au dessus des politiques et qui les contrôlent) ont décidé de mettre de la poudre aux yeux des banlieusards cultivés ayant un minimum de conscience politique en leur faisant croire, comme aux Etats-Unis, qu’ils peuvent accéder à des postes clés par le simple fruit de leur compétence. Et pour les plus jeunes, ils s’attaquent à la source en les dépolitisant complètement quitte à frôler la lobotomie généralisée qu’a réussit à créer Difool, MSN, le rap, le programme d’histoire lacunaire, le culte de l’apparence de la zoulette de banlieue à la bourgeoise du 16ème, Diam’s, et comparses, qui fait que les jeunes immigrés soient si peu soucieux de tout ce qui ne concerne pas la bonniche de 15 ans qu’ils veulent sauter ou leur crête Vivelle Dop. (voir la mode des cailleras)… Et quand bien même ces jeunes voudraient étudier, ils sont instrumentalisés une fois par an par les démagos gauchistes, meilleurs alliés du pouvoir (le vrai, pas celui qu’on élit), et les font descendre dans la rue pour leur faire rater un trimestre d’éducation.

Alors je fais partie de ceux qui, essayant d’avoir un brin de conscience politique pour protéger mon derrière (et pour le bien de ce pays, malgré mon absence totale d’attachement à lui), auraient tant voulu que les émeutes de 2005 soient d’une autre ampleur, d’un niveau quasi-révolutionnaire. Car ce pétard mouillé n’aura finalement servi qu’à faire prendre conscience nos fameuses élites dirigeantes, les « marionettistes » de la France, que ces gens sont effectivement potentiellement dangereux pour leurs intérêts, et qu’il faut donc passer à la phase 2 du plan.

Aussi ne devrait-on pas s’étonner dans les années qui viennent de voir de plus en plus de « banlieusards » promus « miracle social » par les médias, et coqueluche des français[4]. Cela commencera (et ca a déjà commencé) par le milieu du spectacle, avant de se répartir dans les affaires (dirigeants d’entreprises du CAC40) puis dans la politique. Car quand la politique d’un grand pays s’apparente en fait à être le cheval du grand Jockey Capitalisme, il n’y a plus aucune barrière à ce qu’un noir, ou un arabe, ou une femme au service de la « Cause » ne devienne président en France en 2017. Encore une fois, regardez les Etats-Unis…

Description du « on »

Le « On » c’est le reste aussi hétéroclite qu’il soit, c’est le peuple, moteur de la force productrice, créateur opérationnel de la valeur. Ce sont les anciens exploités qui le sont aujourd’hui avec plaisir et consentement. Le « on » c’est tous ces moutons humains que nous sommes, victimes de notre conscience limitée, de notre individualisme, de notre besoin de sécurité, et de nos dépendances matérielles si jouissives. Nous sommes la pièce s’emboitant parfaitement avec le « ils », la pièce qui n’attend rien, et qui est bien heureuse que les détenteurs du pouvoir fassent de nous ce dont ils ont besoin pour rester au pouvoir et toujours s’enrichir sur notre dos. L’illusion du confort minimal dans laquelle nous baignons masque les différences odieuses de richesses qui ne peuvent être justifiée par le travail et le mérite, elles sont justifiées par la naissance et son injustice. Cette illusion est garante de la paix civile. Il en faut peu pour nous calmer: un toit, un crédit, un salaire minable, deux jours sur sept pour pouvoir apprécier la vie, un gentil toutou, sans oublier les vacances tellement attendues que ça en devient stressant. La vie est belle hein?

D’ailleurs les « ils » sont comme nous, la seule chose qui les différencie de nous est la détention du pouvoir, et aux vues de l’histoire je serais tenté de dire que si on changeait les rôles, rien ne changerait, les « ils » sont tout aussi victimes de leur condition de leur subjectivité, et de leur intelligence. Ils sont seulement nés du bon coté la barrière, celui des privilégiés matériels et décisionnels, celui qui les place dans la vie quotidienne au dessus de leurs semblables. Les « ils » sont tout aussi faibles face à leurs vulgaires désirs et leur cupidité, mais à une échelle différente. Leur action doit être jugée plus durement car elle pèse lourd, tant au niveau humain qu’au niveau écologique et capitaliste, voila pourquoi Pasdeschiffons s’attaque à eux, même si à leur place nous ferions peut être la même chose. L’avenir nous le dira… Si oui alors nous sommes tous les mêmes, le vécu ne nous différencie pas, et l’organisation humaine en société ne peut se faire sans exploitation de l’autre, sans inégalités utilisées, et sans injustice inhérente et nécessaire. On pourra donc affirmer que la société dans laquelle on vit est la forme ultime et optimale de ce que peuvent faire les hommes. Quel gachis.

Le « on » représente donc les moutons que nous sommes, qui ne demandent qu’à être guidés, et ce même vers le précipice. La seule condition que l’on exige, c’est de garder nos illusions et de satisfaire nos pathétiques désirs. Il en faut peu pour nous asservir. ‘Ils’ l’ont bien compris.

Le parasite et Lashoz

Notes

[1] sans parler des « séries spéciales », comble de la connerie… je me rappelle même d’une Peugeot série spéciale Wanadoo…

[2] qui ont la plus forte propension à se copier les uns les autres

[3] désolé si je parle d’« arabes » et pas de « beurs », j’ai prêté serment de haine à l’égard de « Salamalekh Bounty » et comparses

[4] note : si les media voulaient faire passer Emile Louis pour le personnage préféré des français, je crois que par une série d’entourloupes dont ils ont l’habitude, ils le pourraient


25
oct 07

Mes potes

Parce qu’ils sont toujours prêts à lancer la corde avant que le trou ne se referme. Parce qu’au moment de ma vie où tout le monde m’hurlait de m’assimiler, ils m’ont conforté dans mes choix, d’être ouvertement déclassé et inclassable, ne pas rentrer dans les cases pour ne pas me réduire et me corrompre. Parce qu’ils ont su me montrer que leur intérêt est de nous séparer en petits groupes pour en extraire quelques uns, les afficher comme des betes de foires, pour dire aux autres, à tout ceux qui n’ont pas eu cette chance, combien ils sont merdiques et combien ils méritent le traitement qui leur est infligé. Parce qu’ils m’ont fait lire Iceberg Slim, et écouter Fabe. Parce qu’avec eux, on a développé l’humour comme bouclier et comme mode de vie, l’humour comme dernier rempart avant le cynisme. Parce qu’ils ont décroché le téléphone à 3h45 du matin et qu’ils ont donné un sens au proverbe de Goethe « parler est un besoin, écouter est un art ». Parce qu’ils ont été là pour déménager des meubles à 650 km de chez eux un jour de canicule. Parce que quand tu perds un proche et que tu les sens te soutenir à l’enterrement, ca te rend la douleur plus acceptable. Parce qu’ils sont devenus des hommes et des femmes, adultes magnifiques pleins de vie et d’énergie. Parce que leurs projets nous font vibrer et que leurs enfants seront forcément équilibrés et aimés, vu l’amour qu’ils ont donné à leurs proches. Parce qu’ils m’ont toujours soutenu dans mes choix, et le feront encore. Parce qu’ils m’inspirent, me donnent envie de parcourir la planète et de créer 15 boites par jour. Pour tout ca, et bien d’autres choses encore, je pourrais leur donner ma vie, et les ferai toujours passer devant les femmes. Bref, parce que je suis un homme je ne vous le dis pas, mais je ne fais plus de différence entre vous et ma famille. Je vous aime, bande de bâtards.


22
oct 07

La vérité sur les hommes

ou « L’amour est mort ».

Etre un homme m’épuise. Elles avaient toutes raison. On ne s’en sortira jamais. On restera à jamais de pauvres esclaves de notre détermination biologique, de cette sempiternelle obligation de butiner. Cette interminable excitation à la vue de bouts de viande, où de rappels d’imageries publicitaires. La femme-objet fait acheter la femme, puisque la femme est la plus grande jalouse des femmes, mais elle pénètre aussi le cerveau masculin, en lui donnant l’envie de pénétrer l’inaccessible. On a tous nos fantasmes, les blondes suédoises, les asiats, les arabes pétasses teintes en blondes et la manucure américaine, moi c’est un peu tout ça, plus beaucoup d’autres choses, et en bourgeoise si possible. Ouais, on a tous nos complexes, certains même sont sociaux. On ne guérit jamais de son enfance. Ce que les femmes ignorent, c’est qu’elles y sont pour beaucoup dans tout ça… Leur faiblesse de résistance aux impératifs de consommation, leur assouvissement au diktat de l’apparence, etc… Du coup, la tentation est partout, notre sonar phallique en alerte permanente, même si la plus douce des jolies filles nous attend à la maison. Ce sonar sonne tout le temps, et son écho fait vriller mon cerveau. Entre la généralisation des vêtements moulants, des décolletés, des push-ups, des strings, des régimes amincissants (qui amincissent tout sauf les seins et le cul, à mon grand dam), du fond de teint, des lentilles de couleurs, des cils volumineux, de la bouche pulpeuse et brillante, je me demande s’il reste des filles moches à Paris, et avec leurs regards de princesse, je me demande si elles n’auraient pas mieux fait de commencer par un stage d’amabilité. Parce qu’être un homme à Paris, célibataire ou pas, c’est être en alerte constante pour pas grand-chose au final. Je connais des tonnes de filles célibataires complètement en manque de sexe qui ne se laissent même pas aborder dans la rue. Ca ne les empêche pas de s’habiller en pouffiasse aguicheuse (de leurs propres mots), comme autant de signaux de détresses lancés pour pas grand-chose. La parisienne est une conne, comme le serait une guenon en chaleur qui se laisserait chercher les poux avant de minauder trois heures pour finalement sortir un « non ».

Je ne veux même plus m’évertuer à savoir pourquoi. Je sais simplement par expérience qu’il y a des méthodes pour désamorcer ces boucliers, que c’est de la manipulation souvent outrancière, qu’en tant que mec « gentil » à la base, il faut se faire violence pour penser de manière aussi tordue, que cela se retourne souvent contre elle, mais qu’il ne faut pas qu’elles s’étonnent de ne rencontrer que des bâtards. En ayant excité toute la masse des mecs qui les respectent un minimum, pour finalement les renvoyer dans leur but lors de l’approche, ou, pire encore, juste avant le coït en ayant profité de tous les égards dont elles se nourrissent pendant la phase de séduction, elles créent des générations de castrés. Des castrés qui n’ont alors plus d’autres choix que de devenir pédé par confort ou de devenir un bâtard qui l’arrosera d’espérance avant de la tromper dès la première occasion.

Parce que tromper pour un homme, ce n’est pas que baiser. Si notre copine est un minimum attirante, on n’est pas tordu au point de vouloir systématiquement sauter vingt fille différentes par jour. 99,8% du temps, ça s’arrête au flash sexuel, fantasme express, puis plus rien. Non, tromper c’est aussi et surtout avoir le sentiment d’avoir une issue de secours, prendre du recul sur son couple puisque la parisienne du 21ème siècle, joliment engrainée par ces putes de féministes, ne supporte pas qu’un homme s’attache à elle. Ce serait ça, être efféminé. On a fustigé le macho de A à Z. Avant, laisser sa femme s’occuper de la gestion opérationnelle du foyer en lui ramenant de quoi bouffer et en l’aimant était suffisant. Aujourd’hui, sous la pression de ce mouvement socialement cancérigène, on n’a ni le droit de la protéger, ni le droit d’être jaloux, et plus vraiment le droit d’aimer. Il ne nous reste plus grand-chose, à part à faire plaisir à Clémentine Autain en faisant la vaisselle et en passant la shampouineuse. Combien d’amies m’ont dit qu’elles allaient ou avaient largué leur mec parce qu’il était « trop à fond dedans » ? C’est quoi l’amour du 21ème siècle ? Des fuck friends dans toutes la région, tchattées sur Meetic quelques heures avant, et des couples qui durent parce que le mec est constamment à deux doigts de tabasser la femme, qui elle, du coup, s’accroche comme une conne malgré ses complaintes permanentes au téléphone avec sa meilleure amie[1] ?

On peut me parler politique, institutions, ou hausse de la délinquance… je vois d’abord que la France va mal parce que l’amour est mort. L’amour charnel, celui qui nous est destiné biologiquement, celui qui est simple parce que le fait de deux êtres humains qui se complètent pour ne former qu’un. Celui que je retrouve quand je vais loin de la France, que les filles se baladent en pyjama et disent aux mecs qu’ils sont beaux en pleine rue s’ils leur plaisent. Celui où on a le droit de faire des projets ensemble avant la deuxième année, où on n’est pas obligé d’attendre le sixième mois pour dire « je t’aime », ou le dixième mois pour parler sans chercher à savoir si on perd ou non le rapport de force… Le désir nous a eu sans drague, et on était de dos quand il nous passait la bague. La social-démocratie nous a bien eu, en nous faisant passer des concepts sous le manteau qui n’ont servi à rien ni personne à part à renforcer notre solitude, notre individualisme, notre consommation… de LCD et d’LSD.

Je suis un homme, à part ma famille et mes amis proches, je ne suis heureux qu’avec des femmes. Et si les femmes sont comme ça, c’est qu’elles sont aussi détraquées que nous. Peut être un peu moins sur le sexe (avant de les avoir dans le lit du moins…) détraquées par leur besoin de plaire. Leur test permanent de leur capacité de séduction. Alors je suis de ceux qui savent que l’homme est une sale race, dirigée par un sexe qui peut obliger un Balkany a mettre un 357 sur la tempe de sa secrétaire pour une fellation, qui pousse un Emile Louis à violer des petites, un Jules César a faire tomber son Empire pour une cruche égyptienne de 21 ans, et qui fait globalement tourner le monde, mais si les femmes ne faisaient pas tout pour activer ce connecteur maudit chez l’homme, en vue d’en tirer un bénéfice immédiat ou futur (poste haut placé, un peu d’attention ou de validation, resto, voiture, etc…), si la séduction par les vêtements et l’attitude étaient simplement le fait de femmes désireuses de rencontrer un homme, si toutes celles qui se laissent draguer sont uniquement celles qui sont effectivement attirées, alors l’homme serait simplement un excellent copain ou mari, il assurerait au lit car il a beaucoup besoin de baiser, la respecterait beaucoup plus car elle n’irait pas arpenter les rues de Paris à moitié nue, et n’aurais pas besoin de la maltraiter pour qu’elle l’aime, etc… Bref, il faut de l’air et de l’eau pour que la vie se fasse. Il faut un ovule et un spermatozoïde pour qu’un bébé se fasse. Et il faut un obsédé sexuel et une attention sucker pour que la France de l’amour crève.

la parasite

Notes

[1] dont elle volerait bien le mec, au passage


18
oct 07

La giclée

On écrit tous notre livre, en fait, on le vit. Mais pour en faire un beau livre et ne pas répéter les fautes de frappes et d’orthographe, il faut se relire, et donc il faut s’écrire, ou du moins y réfléchir.

L’écriture et la drogue sont mes seuls médicaments, des médicaments à double tranchant. La drogue, tout le monde sait que c’est pas bon pour la santé, donc il va falloir arrêter. L’écriture c’est dangereux car la lucidité introspective ça fait mal, très mal, et c’est définitif, presque autant qu’un coup de feu dans la tempe. Je me suis guéris grâce à elle, mais elle a aussi brisé des parties de moi à jamais, il est désormais impossible de recoller les morceaux, je ne peux plus me mentir, pourtant parfois j’aimerais bien.

Pour ne pas être déçu, j’ai fait de la déception mon idéal. L’espérance n’est plus qu’un outil chirurgical. Et je veux inonder le monde entier de ma gerbe, il faut que tout le monde se noie dedans et l’avale jusqu’à se bruler les poumons. Ca ne changera pas grand-chose, mais ça fait toujours plaisir…

Ouais j’ai la haine, et je t’emmerde, je t’emmerde, toi aussi je t’emmerde et toute ta putain de famille avec et tes potes de merde aussi, Je vous emmerde tous et j’aime ça.

Quand cessera-t-on de fermer les yeux en croyant les ouvrir? Quand le meilleur sera à venir ou quand le pire sera là?

Pour moi le pire est déjà là et c’est la meilleure chose qui pouvait arriver, et en ce qui concerne cette carotte qu’est l’avenir, je citerais simplement Ekoué: « l’avenir ne me dit rien, et c’est réciproque ». Il flippe, l’avenir je vais le foutre sur le trottoir, et il va tapiner bien fort pour moi jusqu’à épuisement, il va frotter son cul sur le bitume et me ramener des gros sous à chacune de mes respirations.

Il n’y a rien à comprendre, ce n’est pas pour vous que j’écris, vous n’êtes pas le centre du monde. JE SUIS le centre du monde. JE suis le centre de MON monde, et personne ne prendra mon trône, ni un salaud d’ami, ni une pute de femme, et encore moins ces sous-merdes que sont les enfants.

Il y a un alligator dans mes chiottes, une abeille dans mon thé, des échardes dans mes pieds et de la lave dans mon nez… j’adore vivre… et je compte bien en profiter.

Comme vous tous, humains de merde, je joue un rôle et à force de le jouer j’en suis prisonnier. Le syndrome de Lorenzaccio, quelle magnifique preuve de la complexité et de la faiblesse humaine… Dans la vie il y a les premiers rôles et les rôles de séries B. Mais il y a aussi le rôle qu’on veut se donner que l’on aimerait bien incarner, et celui qu’on nous impose… Après l’avoir combattu je l’ai trouvé, puis je l’ai choisi, et je suis heureux de m’y perdre et d’en souffrir pour le plus grand bonheur de moi, de je, et de ma propre personne.

« Tu veux une corde? » m’a demandé La Mort.
Le visage fendu par un sourire vicieux, j’ai répondu:
« Avec plaisir, j’attrapperais ton malheur au lasso, et j’en ferais mon bonheur vieille pute! »

Lashoz


15
oct 07

Touche pas à mon ADN, L’opposition du 21ème siècle

Sarko peut dormir tranquille. La gauche est morte, et continue de creuser son trou. La gauche d’aujourd’hui, c’est la gauche bobo, cette gauche show-biz qui ne joue pas son rôle d’opposition. Et pour cause, comment s’opposer quand on est d’accord sur tout ? La gauche du 21ème siècle ne peut pas s’opposer à la droite, puisqu’elle suit une ligne politique parfaitement similaire : entre renforcement du rôle régalien de l’état, hyper-libéralisation des échanges de marchandises et de capitaux, valorisation des communautarismes et de l’Union Européenne, rien ne différencie plus la gauche de la droite. Rien, à part que la gauche bobo, c’est la droite sans les valeurs historiques de la bourgeoisie conservatrice française[1]. Cette gauche qui se focalise donc sur les petits problèmes sociétaux pour garder une présence médiatique sans pour autant risquer de froisser le gouvernement qui lui donne à boire et à manger.

Dernière mascarade en date, Touche pas à mon ADN, sans doute une des plus grosses foutaises de l’histoire politique française, à l’heure où le scandale des délits d’initiés de Lagardère dans l’affaire EADS prouve à qui l’ignorait encore que Sarkozy, ami intime de Lagardère, trempe de façon évidente dans des malversations financières tout en continuant de tabasser au sol Villepin le mourant. Une initiative risible sur un sujet parfaitement inutile, mais qui présente l’avantage d’être totalement inoffensif pour le gouvernement en place, une fausse révolte de plus dans laquelle les marionnettes sont toujours les mêmes : les jeunes et le show-biz, des marionnettes qui mettent tout ça en musique.

Car, comme à chaque fois dans ces cas là, la gauche nous sert sa recette habituelle : un concert géant facon kermesse saucisse-merguez-moutarde, des interventions d’acteurs de seconde zone la larme à l’œil, saupoudrées de bonnes paroles issus des chiottes de la culture, facon BHL, le caméléon permanent dont le but est de maximiser ses apparitions télévisuelles à chaque sorti d’une nouvelle fiente écrite par un de ses nègres sous-payés. Et comme il faut toujours un enculeur et un enculé, ces rebelles sans cause se produisent devant un public symbole de la dépolitisation absolue des classes moyennes françaises : les jeunes et les bobos, dont les seules préoccupations d’ensemble concernent les choses très concrètes, ce qui constitue un prolongement politique logique de la réduction psychologiste qui a envahit toute la société du tertiaire, elle même conséquence de la féminisation globale des esprit (largement renforcée par les media). Dans cette orgie malsaine, on utilise les associations satellitaires du PS en guise de vaseline, puisqu’il y a encore des gens assez stupides pour penser que Touche pas à mon Pote ou Mi pute Mi soumise sont des mouvements qui représentent les intérêt d’une quelconque classe défavorisée[2].

Pour être tout à fait clair, la gauche n’a aujourd’hui plus aucun intérêt idéologique ni stratégique à s’opposer à la droite dans les mesures qui font de la France ce qu’elle sera demain, et ce, d’autant moins que ‘grâce’ à Machiavel-Sarkozy, ils sont eux-mêmes les responsables directs de cette politique, puisque eux-mêmes au gouvernement. Coincés de tous les côtés, ils se retrouvent comme deux bandes rivales qui n’ont plus de points réels de discorde mais qui doivent tenir leur réputation et trouver des excuses pour se taper dessus : ils se rebellent faussement contre des mesures de pacotille médiatiquement symboliques[3]. Et pour donner une ampleur médiatique maximale à cette supercherie, ces rebelles du Dimanche jouent avec l’allié typique de celui qui n’a plus d’idées : le show biz, toute cette vase puante culturo-mondaine qui pollue l’intégralité des plateaux de télévision et radio sous couvert de débat afin de vendre du sous-produit bâclé. Et, chance pour eux, les culturo-mondains en galère, il y en a un paquet. De quoi ravir des jeunes désespérés de trouver une cause avec laquelle parfumer leur vie de bourgeois nanti à l’assiette pleine.

Nous arrivons donc à une démocratie de façade sans aucun garde fou, sans régulateur, où tout le monde copule avec tout le monde, ne conteste plus rien, s’engouffre tous dans le trou du cul du capitalisme, pour faire jouir ses tenanciers, ses propriétaires fonciers qui lui font la pluie et le beau temps, un système permissif et laxiste que les bobos incultes et les jeunes dépolitisés trouvent ‘super cool’, arrivant même à citer un salopard comme Pasqua en modèle moral, bien loin de se rappeler les trafics d’armes vers l’Angola et la carrière de ce bandit psychopathe qui a tenu si longtemps le RPR par les couilles. Bref, une amnésie généralisée permise par la lobotomie de la politique-showbiz, qui correspond parfaitement à la soupe que sont prête à recevoir chaque jour les français, bien préparés en cela par les media décadents. Des centaines de milliers de personnes qui s’emmerdent suffisamment dans cette vie sans morale et sans but pour passer leur Dimanche à croire que d’aller voir un concert en mangeant un sandwich constitue une véritable action de résistance. Une génération dans le coma.

Parasite

ps: la liste des culturo-mondains décadents sur le site de la mascarade

Notes

[1] une droite des valeurs qui elle-même n’existe plus depuis la perte de morale déguisée sous le nom de « droite décomplexée », soit le droit de jouir du libéralisme capitaliste sans en assumer les inconvénients

[2] il n’y a qu’un bobo pour croire que l’entrée en boite de nuit est une préoccupation importante pour un jeune de cité qui n’a de toute facon pas 15 euros à mettre pour se prendre des vents méprisants par une pouffiasse bourgeoise

[3] les contrôles ADN sont en place dans un nombre incalculable de pays, et la disposition française prévoit qu’elle ne s’applique que pour les volontaires. En bref, ne croyez-vous pas que l’opposition devrait avoir d’autres priorités ?


13
oct 07

La vie cachée d’Isabelle Alonso

Martine

récupéré aux universités d’été des chiennes de garde…


11
oct 07

La meilleure des polices

Pour maintenir des aspirations révolutionnaires, rebelles ou contestataires, les gouvernements d’avant Mai 81 réprimaient férocement les dissidents, les faisaient tabasser ou abattre, essayaient d’éteindre les foyers de rébellion, souvent en s’attaquant aux communistes d’ailleurs. Mais après 1981, une fois la société de consommation de masse bien en place, les ménages ont commencé à s’équiper, à progressivement vivre pour avoir accès à cette reconnaissance sociale qu’est la capacité de consommer.

C’est ainsi qu’on est passé de répressions outrancière à l’inverse, une apparente liberté essentiellement véhiculée par la pseudo liberté de ton des médias. Une liberté de ton qui se limite en fait au droit de parler de sodomie et de fellation 29 fois par jour. Le discours dangereux car argumenté et subversif, sera alors abandonné aux bons soldats du système que sont les Karl Zéro et autre Ardisson. Magnifique stratégie que de distribuer sous forme de divertissement ce fameux sentiment de subversion qui permet aux gens de se croire dans une démocratie toujours remise en question et qui annihile par là même tout besoin humain de se battre pour ses idées. Mais la plus efficace des répressions est devenue plus subtile. C’est celle des petites appartenances matérielles, qui, grâce à l’individualisme et la conclusion de 3 mariages sur 4 en divorce dans les 7 ans, représentent aujourd’hui à peu près toute l’existence de la plupart des individus. Une vie individualisée qui nous incite pour garder le moral à meubler notre vie d’activités et de possessions pas toujours utiles. Plein de petites dépendances auxquelles on tient, puisqu’elles nous rendent plus heureux (concept même de l’espérance). Et plus on tient à ces petits rien, plus on a peur du changement et de bousculer ce fragile équilibre confortable et idéalisé à tort sous l’influence des média. Alors l’attachement à sa télévision et à ses séries du vendredi soir, l’attachement à ce travail merdique qui permet de se payer un cours de gym suédoise le mardi soir, et de jouer au PMU le Jeudi nous empêche de trop vouloir contester, de la même manière qu’ils nous empêche de quitter sa ville même quand elle nous excède, par peur de perte de confort, crainte du risque excessive.

Or la crainte, c’est précisément ce que cherchent à générer ceux qui tiennent le pouvoir. Hier par des coups de bâtons et des exécutions sommaires (comme aujourd’hui en Chine, qu’on se permet en bons moralisateurs de critiquer), aujourd’hui sans rien faire, en faisant croire à la liberté alors qu’il ne s’agit que d’une liberté de consommer. En attendant, cela créé des économies puisque l’armée n’a plus à réprimer quoique ce soit, que la police n’est désormais occupée qu’à mettre des PV pour excès de vitesse, des économies qui ne se voient pas au bilan du budget de l’Etat, mais qui bénéficient sans doute à ceux là mêmes qui ont créé ce tour de passe-passe admirable. Ces petites appartenances, c’est la meilleure des polices. Quand un rappeur réalise cela, et le met en forme avec une maîtrise du verbe et du phrasé inouïe, ca n’inspire que respect et éloges. La rumeur (et ce texte d’Hamé) est de ces groupes survivant du vrai rap, celui qui met la forme au service du fond. Ce rap qu’on croyait mort avec le départ de Fabe.

  • La meilleure des polices, Hamé, La Rumeur « Du coeur à l’outrage », 2007, La Rumeur Records
  • La meilleure des polices, c’est tout ce que tu bectes pour garder le goût de moisir à crédit dans un putain de trou. (Hamé)


    8
    oct 07

    Police par ci, justice par là… et ailleurs ?

    S’il est une institution parmi les plus polémiques de nos jours, il pourrait bien s’agir de la Police. Décriée pour son obéissance au pouvoir en place, engluée dans le maintien de l’ordre, coupable de bavures abusives et protégée face à la justice. Mais aussi garante de l’ordre public, aide et appui pour les victimes. À des degrés divers, avec une répartition des rôles jugée bien inégale, tendant vers le « tout répression » quand certains attendent la prévention. Déjà me rit-on au nez quand je parle de police aide et appui, mais ne serait-ce pas son labeur initial ? Envers qui ? La question se pose peut-être en ce point.

    La police, instrument du pouvoir

    La société est en attente d’une police citoyenne, qui défende, au sens allégorique, la veuve et l’orphelin, qui protège les faibles contre les dangers. Mais la police est inévitablement un instrument de pouvoir, car elle se vautre aux mains de dirigeants à qui elle assure protection. Elle en dépend au niveau humain, et financier. Elle gravit les échelons des plans de carrière, appâtée par les avancements. Elle n’est pas défense citoyenne car elle carbure au productivisme, à la pression du chiffre pour les élections, à l’huile de palmes du mérite quand ce n’est pas la loi du silence qui fissure rapidement la volonté de ceux qui veulent la changer de l’intérieur. Passée au travers d’un tel prisme, la fonction policière est biaisée, elle devient protectrice des « faibles dirigeants » contre le « peuple par nature émeutier ». Elle défend le défendable et opprime l’indésirable tels qu’on les lui décrit. Tout dépend donc de qui les décrit. Vous l’aurez compris c’est bien souvent le Pouvoir (dont le but principal est de garder le pouvoir) qui dicte ces actions, et qui peut en abuser tant que les médias ne le dénoncent pas trop fort, et que l’opinion sociale ne se brusque pas[1].

    Un moindre mal encore trop éloigné du bien

    Si on me cambriole, que je tape le 17 ou que je retrouve moi-même les coupables, j’aurai au final choisi la même solution: faire appel à une forme de police, qu’elle soit officielle ou non. Et ma police personnelle aura-t-elle suffisamment de déontologie et de justice pour faire mieux que la police institutionnelle ? Tantôt oui, tantôt non probablement. La subjectivité personnelle et la réaction face à l’injustice mène directement à la guerre sociale, être juste et impartial c’est exactement ce que l’homme par nature ne pourra jamais être, il ne pourra que « tendre vers la justice ». Trop de paramètres en compte, sûrement. Dans un cadre étatique, faire la police n’est à mon sens pas un plaisir, car elle se confond avec une conception unilatérale et figée de ce qui est bon pour la société, une conception idéalement juste et objective, mais qui en réalité défend des intérêts bien trop distants du bonheur d’une société dans son ensemble. La société est un être vivant tellement complexe et hétéroclite que face à elle, la police n’a pas d’autre choix que d’être figée et d’essayer d’être la même pour tous. Tout système humain ne peut qu’être limité et imparfait, la police en est un bel exemple. Pour l’avoir côtoyé de prés, je peux vous assurer que c’est un des systèmes humains les plus gerbant et nécessaire qui existe dans notre société.

    Par conséquent, on ne peut nier que l’injuste n’est pas uniquement logé dans la police mais aussi dans nos actes. Parce que nous vivons en communauté mais ne sommes pas capables d’y parvenir sans heurts, sans comprendre que tous n’ont pas la même possibilité de défense face aux attaques. J’envisage le terme d’ attaques au sens large : coup, meurtre, vol et viol sont ainsi des classiques dans notre vision formatée de la violence, mais le racisme sous toutes ces formes mêmes déguisées, l’oppression économique, l’exploitation par le travail, l’appropriation des richesses naturelles, le sexisme familial, le maintien volontaire de l’inégalité des chances sont d’autres exemples d’attaques et de violences, pas toujours considérées comme telles, du moins d’un point de vue judiciaire. Il est plus facile et naturel de trouver son bonheur en pillant (même involontairement) le bonheur du voisin. Comme il est plus facile de faire le mal que le bien. La police n’est que le piètre moyen que la société a trouvé pour réguler ces tendances inhérentes à l’espèce vivante, ces tendances qui nous conduirait à l’anarchie,[2], à la loi du plus fort et du plus méchant, et finalement à la destruction ou au recommencement des société humaine[3].

    Au delà de l’inévitable police politique, la police quotidienne est-elle un corps impopulaire ou bien n’est-elle pas à sa façon le fruit de l’inconstance populaire, du fait que nos sociétés ne protègent pas toutes d’elles-mêmes les veuves et orphelins ? Parce que nos sociétés ne sont pas idéales, et que les travers de l’un accaparent l’esprit de l’autre qui en vient à convoiter les richesses de l’un. Parce que tout fait que nous avons besoin de régulateurs, et qu’incapables de nous réguler nous-mêmes nous en appelons aux autorités. Et plus les sociétés deviennent individualistes plus le fossé entre la police idéale et la police réelles se creusent car la police n’est pas une fée à la baguette magique [4], ses capacités restent limitées et ne peuvent combler le manque de protection et de sécurité crée par l’absence de lien social. Et pour finir, plus la caste au pouvoir reste la même, plus la police sera partiale et figée. Là où la police pourrait combattre avec égal intérêt toute gêne à la vie commune, elle n’est en fait que partiale autant que partielle: telle qu’elle est conçue idéologiquement, telle qu’elle se perpétue dans les esprits, la police arrête le voleur, qu’il vole par faim ou par convoitise. Qu’il soit sans espoir ou crapuleux: un vol est un vol. La police est ancrée dans le réel, le proche, le quasi tactile. A mille lieues des vols d’argent public, des exploitations odieuses du travail humain, des inégalités sociales qu’aucune ne police ne vient autant criminaliser.

    On s’en prend à la police, car on ne veut pas envisager la demi-mesure quand il s’agit de la sécurité de tous, quand il s’agit de la vie de tous; et l’on s’en prend à la police car la bavure n’est pas acceptable (et avec elle toutes les formes d’action policière nuisibles). Celles-ci descendent d’un système (légitimité supposée de la police) que l’on critique parfois vivement, mais qu’en rêvant meilleur et idéal l’on se borne souvent à ne dénoncer qu’à moitié : car le système idéal ne profite pas de l’absence de police, comme certains pourraient le laisser croire. Il jouit de l’absence de besoin de police, dans tout domaine.

    L’Ego(se)ïsme et Lashoz

    « Un flic est un sale flic car il fait un boulot de salaud, salauds sont les hommes d’avoir besoin de flics de maîtres et de guides… » Rocé

    Notes

    [1] on connaît les liaisons entre le pouvoir et les médias, pourquoi ai-je l’impression de nager dans un jeu de dupe ?

    [2] dans le sens cliché du terme, car la philosophie anarchiste est une des seules à avoir essayé de penser des systèmes de société et de police alternatifs

    [3] cf« l’incessant cycle humain », texte a venir…

    [4] c’est plutôt un ogre à la matraque rapide


    4
    oct 07

    Le miel et les abeilles, part 2

    Karaoke

    Note: Pour les nouveaux, relire la part 1 ici.

    La soirée commence à 20h30. Il fait déjà nuit. Pourtant, on est déjà fin Juin. Sur la route, le spectacle habituel : des petits lavent une voiture pour 25 cents, les femmes transportent des caisses de Durian sur des motos, simplement vêtues de leur pyjama, et je me régale de ces détails qui font que je me sens bien. Ce soir, S à décidé de nous « éclater ». Et être éclaté par un des mecs les plus influants du Cambodge, c’est simple, il suffit juste de rester à sa proximité immédiate.

    Pour nous chauffer, nous allons dans un karaoke, culture locale oblige. Intégralement peuplées de khmers, ces soirées sont celles ou l’on trouve les filles les plus jolies du pays. Il faut dire qu’ici c’est assez simple : vu le niveau de vie moyen qu’une fille peut espérer en travaillant, la beauté est un avantage comparatif systématiquement utilisé. La belle gosse devient soit modele, soit chanteuse de karaoke, soit danseuse, soit semi-prosituée, et le plus souvent les quatre à la fois.

    Les abeilles arrivent. Cinq bombes, agées de 19 à 22 ans. En France, j’aurais distribué les 8 et les 9. Ici, plus rien ne m’étonne, vu que le miel c’est nous et les abeilles c’est elles. Notre table est le piège parfait : des bouteilles de whisky (elles aiment moins le goût que le niveau social que ca représente), de la bouffe (les cambodgiennes sont de véritables morfales), un très beau gosse franco khmer, un occidental, et un des mecs les plus riches du pays. Très vite, on se retrouve chacun avec deux chanteuses à nos bras. J’en éjecte une, ne gardant qu’un 9,5. Je n’ai rien a lui dire, elle ne parle pas anglais, et la seule phrase khmer que je connais ressemble à ca « moi vouloir un jus de fruit mixés ». Alors j’utilise mon ami, interprète d’un soir, ou de chaque soir, puisque chaque soir est un soir de drague de elles vers nous. Elle se vente d’être Miss TV 9, une obscure chaine locale que les locaux eux-mêmes ne situent pas très bien. Elle était en compétition féroce avec d’autres filles, mais elle a gagné. J’interprète ca comme une tentative de qualification, je feins l’admiration en guise de validation. Elle tente de me dire que je suis grand, je m’en étonne étant assis depuis 20 mn, je la complimente sur ses cheveux pour la remercier de cet indicateur d’intérêt, en gardant à l’esprit que si je l’avais complimenté sur son petit orteil du pied gauche, ca marchait aussi. Et puis je me tais, comme les deux autres comparses à la table. L’espace d’un instant, je ferme les yeux et savoure mon bonheur. Mon mois asiatique touche à sa fin, et je profite de cette soirée où la drague n’est pas une comédie, simplement un rituel ultra simple précédent l’accouplement, de la même manière que les singes se cherchent les poux avant de se chercher le sexe. Je réalise aussi que le vrai bonheur, c’est pouvoir se taire avec une fille qu’on a envie de baiser et ne pas se sentir mal à l’aise. Toujours briller, toujours parler, toujours flamber, et serrer une fois sur 10…. putain, on court tous après les bus. Une rapide pensée pour la France, pour le genre de commentaire que les tenants de la bonne morale peuvent sortir sur le pouvoir de l’argent dans les PMA, j’en rigole… s’ils connaissaient la drague, ils sauraient que la francaise est identique en tout point à l’asiatique, et que la recherche du pouvoir, comme représentation sociale du mâle dominant, est une constante anthropologique qui reste vraie quelque soit la partie du globe.

    On bounce deux fois, nous retrouvons dans la boite la plus cotée du pays après être passé par un obscur bordel, rapidement chassés par la présence d’occidentaux, que je fuis soigneusement et comme la peste depuis mon arrivée. Je conclus donc pour la forme. Pas par un bisou, pas par un enlacement, pas en prenant sa main. Que nenni. En lui proposant l’ultime, le fameux, le pré-requis à tout contact sexuel sans échange monétaire, à cette mini preuve d’amour d’un soir : je lui propose de lui offrir un potage de riz. Les cambodgiennes sont des morfales, et ce rituel leur fera plus plaisir qu’une chaine en or dans l’instant. Ca tombe bien, j’ai 2000 reels sur moi, donc 25 dollarcents, et on prend position dans un de ces millions de bouibouis au bord de la route, qui propose de manger comme un prince pour quelques centimes. C’est glauque, c’est sale, les moustiques se ruent autour de l’ampoule nue, accrochée à la va-vite. Le riz voltige sous les mouvements brusques du chef cuistot improvisé, dont le wok crache des flammes sous la chaleur du butagaz. Ce soir, il fait bon. Elle est belle, elle a ce que je veux, et moi je sais assez ce qu’elle veut pour pouvoir lui faire croire qu’elle l’aura. J’ai développé une technique de séduction redoutable basée sur l’espérance qui doit faire de moi un des rares occidentaux à baiser tous les soirs sans débourser un dollar. Je me fais une note mentale : développer une variante pour la France. Elle bouffe sans respirer, malgré les 2 plats de frites et de pattes de poules qu’elle s’est enfilée plus tôt. Elle finit, ravie, et me suit dans une guest house à 2$ la nuit.

    Je la revois deux jours plus tard, à l’autre bout du pays, dans une chambre d’hotel… sur TV9. Elle est belle, putain.


    1
    oct 07

    Préjugés, et pathologie d’un déclassé

    Durant ma courte vie j’ai trop été placé dans des cases. Les gens décident de qui je suis, à ma place. Les gens ont un besoin maladif et répugnant de catégoriser les gens. Pour ma part on m’a catalogué, soldé à moitié prix, avec code barre et antivol, pourtant dieu sait que je ne suis pas un vendu et encore moins un voleur. Les préjugés, c’est Le fléau. Des putains de raccourcis cognitifs automatiques qui confortent notre ignorance, et cajolent notre ridicule et minuscule intelligence.

    Quand j’essaye d’imaginer le nombre de conflits, d’injustices et d’asservissements sociaux que l’ont peut mettre sur le dos du préjugé, j’en mourais presque de jalousie la bave aux lèvres! C’est le plus puissant des influenceur-engraineur, c’est le Maître du Monde, et nous sommes tous ses disciples. On se met tous à genoux et on lèche les verrues purulentes de ses pieds puants à chaque nouvelle aurore.

    Le préjugé est une vérité particulière constatée et élargie par manque de connaissance, ce n’est ni un mensonge, ni une vérité assez grande pour être digne de ce nom. L’habit ne fait pas le moine, le string ne fait pas la pétasse, le baggy ne fait pas le mc, la calvitie ne fait pas la culture, la longueur du manche ne fait pas l’orgasme et le préjugé ne fait pas toujours l’erreur…

    « C’est un combat contre soi-même quand la tentation t’accroche, le mal frappe à ta porte fait des tentatives d’approche » Koma

    C’est vrai les préjugés c’est dans la nature humaine, et on ne chasse pas facilement le naturel[1]. On a besoin des préjugés pour comprendre, simplifier notre monde complexe et ses interactions infinies, le mettre à la hauteur de nos capacités mentales. OK. Super. Seulement moi j’ai développé des vices bizarres à cause de cette merde. Par exemple le vice du caméléon. Depuis l’adolescence je change de style régulièrement, je suis un savon glissant entre les mains crasseuses du préjugé.

    Sous les coups de fouet sadiques de mon déclassement social, c’est avec un plaisir non dissimulé, que mon exhibitionnisme latent prend les gens par derrière.

    Selon le style vestimentaire (poète maudit, cadre dynamique, racaille du 93, skateur funky, drogué anarchiste, clubber beaugosse, gendre parfait, cafard du bitume), différentes réactions sont prévisibles. On me craint, on baisse les yeux ou au contraire on essaye de me victimiser. On me tient les portes, on me drague, on m’appelle « Monsieur », ou on me demande de la drogue. On protège son sac, on change de trottoir et parfois on me demande de garder son enfant. Pire que ça , on ne me voit pas ou on ne voit que moi… Je pourrais écrire un dictionnaire là-dessus. J’ai l’impression de vivre la vie de plusieurs prototypes sociaux, et d’appréhender à travers leur yeux les regards et les jugements qu’ils vivent au quotidien.

    C’est incroyable le genre d’accès qu’on me refuse et le genre de sourire que l’on m’offre selon mes apparences. C’est très instructif et tellement prévisible. Ce qui est intéressant c’est d’inter-changer le comportement typique de chaque personnage et de voir les réactions étonnées des gens. On essayera par exemple dans le métro le jeune cadre en costard qui crache par terre et parle comme un voyou au téléphone. Ou encore la racaille destinée au BEP sidérurgie qui lit le Banquet de Platon, après avoir fini un essai sur la corrélation entre l’érotisme et la mort dans la littérature grecque. Les gens qui me fréquentent de loin, s’en prennent plein la gueule à tel point qu’ils ne savent plus où me classer, souvent ça les dérange et même mieux, ça les intrigue, parfois ça leur fait peur. Je suis un feu d’artifice de contradictions, un vieux prout plein de surprises olfactives. J’arrête d’accentuer mes contradictions si mon interlocuteur me prouve sa finesse d’esprit. Je l’humilie quand il me catalogue et me sous-estime en se basant sur les apparences modestes que je lui ai soumises pour le tester. Dans ce cas là je suis sans pitié, je lui laisse voir ce qu’il voudrait voir en moi, puis je le fume sur son propre terrain, devant son propre public, là où il ne m’attend pas. Je pensais que plus l’impact sur la personne était fort, plus la prise de conscience de sa propre connerie était possible. Une belle pathologie. J’ai mis du temps à m’en sortir, j’y ai laissé des plumes, de l’espoir, de la naïveté et beaucoup d’énergie. C’était un mélange de rage, de haine, d’empathie et de mission à accomplir. Une de mes missions secrètes et souvent inconscientes: repérer et conforter les préjugés, les détruire, puis revenir conforme à la norme pour briser à nouveau les préjugés que j’ai parfois moi-même incité à créer. Un truc de malade. RIDICULE.

    Je suis un déclassé jusque dans mes pathologies et j’essaye de m’en servir pour me guérir.

    On m’a trop catalogué, rabaissé, cantonné à un rôle dévalorisant ou parfois même valorisant mais niant une partie de moi-même, insultant l’humain qui se cache derrière tout membre d’une communauté. Il fallait que je me venge, l’ignorance et le mépris ne me suffisait pas pour punir la connerie de ces innocents imbéciles.

    Je ne voulais pas être celui qui confirme les préjugés et encore moins être l’exception qui confirme la règle triste, injuste, et irréelle de ce même préjugé.

    Faire des centaines d’aller-retour dans une impasse relationnelle sombre où les murs se rapprochent, le sol s’effrite, et le ciel tombe sur ta tête, ça forme un homme ou ça le détruit.

    « Rien n’est jamais acquis à l’homme. Ni sa force
    Ni sa faiblesse ni son cœur. Et quand il croit
    Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
    Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
    Sa vie est un étrange et douloureux divorce. »

    Louis Aragon

    Aujourd’hui j’ai compris que mes contradictions naturelles sont largement suffisantes, et que toute cette obsession vengeresse, héroïque et perverse n’est qu’un grand coup d’épée dans l’eau, un souffle d’enfant se heurtant à un cyclone, un crachat dans la mer. Les jugements des gens, je les vois arriver à des kilomètres, parfois j’ai même l’impression de contrôler leur cerveau, mais je ne perds plus mon temps à essayer de les améliorer de façon violente, ou même intelligente. J’essaye de m’améliorer moi, et c’est déjà pas mal. Les gens sont comme des robots, une fois qu’on comprend les grands rouages, on peut voir apparaître un gros bouton rouge sur leurs têtes qui détermine leurs actions et réactions, il suffit de savoir appuyer dessus au bon moment, et si possible pour les bonnes raisons.

    La plupart des gens ne peuvent s’empêcher de mettre l’autre sur une échelle, de s’y mesurer pour se rassurer. Ils ont souvent le besoin de se rassurer en pensant qu’ils sont meilleurs dans tel ou tel domaine. Personnellement je préfère passer pour un imbécile et me satisfaire de ma médiocrité, c’est beaucoup plus simple. Pas de posture sociale à prendre, pas de remise en question interne à essuyer après chaque rencontre. Etre une merde c’est reposant, et puis pour prendre son envol mieux vaut partir du sol. Un faux diamant finira par décevoir, alors qu’une vulgaire perle dans une vielle huitre surprendra. Je suis trop conscient de mes minables défauts et de mes propres préjugés, je ne vois que ça et je me donne envie de gerber. Pas besoin de votre aide, merci pour l’attention.

    Tout cette névrose personnel prend racine dans le fait que j’ai toujours fais partie de tous les groupes sociaux, et donc finalement d’aucun. J’ai toujours été au milieu d’un champ de bataille de contradiction et de différences, je pourrais faire partie de tous les camps adverses, mais je refuse par principe. Non pas qu’ils ne veulent pas de moi, mais je refuse de dénigrer les uns pour les autres. J’aime toutes mes facettes. Elles sont magnifiques car complexes et diversifiées. Je suis convaincu que tout le monde à plusieurs facettes, on peut même les voir et les imaginer quand on refoule le reflexe humain du préjugé ou quand on connaît bien la personne.

    J’ai du mal à comprendre pourquoi on cherche ailleurs quand il existe tant de choses à découvrir dedans. Il faut du temps pour aller au fond de soi-même, et on y trouve souvent un grand bordel sans avoir besoin de creuser. Dans le cas d’un déclassé, la difficulté réside en partie dans ce rapport à l’autre. Quand l’autre décide de qui tu es à ta place, et refuse de voir ou de comprendre tes autres facettes, c’est un double combat. Un combat contre soi-même et contre tout le monde. Finalement on opte souvent pour la résignation car les gens sont cons, et ne comptez pas sur moi pour argumenter sur ce point.

    Après des années de zig-zag et de blessures contre les parois aiguisées du labyrinthe social, voilà ce que Madame Expérience m’a chuchoté à l’oreille, pendant une de ces nuits blanches où je me noyais dans mes larmes :

    «Montre leur ce qu’ils veulent voir, pour obtenir ce que tu veux. N’en abuse jamais, et garde pour les élus de ton cœur les trésors de ton âme».

    Lashoz

    P.S: En pièce jointe je ne résiste pas à partager avec vous ce texte « Seul » de Rocé extrait de son dernier album « identité en crescendo », album à se procurer de toute urgence, on ne le répètera jamais assez… (Et pour les énervés, les vrais, le dernier album de La Rumeur est une tuerie, mais ça c’est une autre histoire) c’est par ici que ça se passe…

    Notes

    [1] il revient en formule 1