Vous vous rappelez de la réduction psychologiste ? Si, si, dans cet article. Voici pour moi, l’exemple même de la réduction psychologiste qui amène le système capitaliste à se servir de la femme pour le boulot de merde, avec son plus grand consentement. (et le soulagement des hommes)
Qui sont les RH ?
RH, ca veut dire ressources humaines. Pour quiconque a déjà travaillé dans sa vie, le premier réflexe lorsqu’on arrive dans une nouvelle entreprise, c’est de savoir qui et où sont les RH. Car on n’est dupe que la première fois. Les RH, c’est le service qui se fait passer pour ton ami mais qui t’arnaque à la première occasion.
Lors de ton embauche, c’est elles qui mettront la pression à la baisse sur ton salaire, en usant de chantage à la non-embaûche à mesure que tu seras vraiment en galère (d’où la déconcertante facilité des entretiens quand on a déja un poste). Une fois embauché, c’est elles qui surveilleront tes congés, la validité de ton coupon de carte orange (attention, tu pourrais leur carotte 5,20 euros.. Quand tu es payé 25K en dessous du prix du marché), c’est elles qui te feront croire qu’elles t’accordent des formations, qu’elles t’accordent un droit à la recherche d’un logement, et que c’est une chance, alors qu’il s’agit uniquement de dispositions légales obligatoires figurant dans le code du travail, et qu’au contraire c’est un scandale que l’entreprise ait violé la loi pendant 3 ans. C’est également les RH qui se chargent d’épier ta productivité, ton comportement, et qui décideront in fine si tu as droit ou pas à une augmentation cette année ou pas, même si tu t’es saigné et que les résultats sont là. Enfin, c’est évidemment elles qui te remettront ta lettre de licenciement le jour J.
Car les RH, contrairement à ce qu’on croit la première fois qu’on les voit, c’est un service du coté du patronat, et en aucun cas des salariés. Elles reportent directement au directeur général, et parlent du personnel avec tout un tas d’indicateurs financiers genre productivité par tête, productivité horaire, headcount, masse salariale… ce qui, avouons-le, est un langage bien obscur pour parler d’êtres humains.
La génèse de sa vocation
Je l’ai vu devant moi. Elle s’appelait Caroline. C’était l’année ou je n’avais tellement plus rien à foutre en école de commerce que je m’étais perdu en filière RH. On était tous en alternance (la filière des pauvres ou des acharnés du travail, voire les deux). Elle était assistante DRH dans une entreprise de maïs vers Lyon. Elle aimait son métier. Une boite purement industrielle, des employés très modestes et très mal payés. Elle me disait que ce qu’elle aimait, c’est le coté humain, le côté social. Elle avait l’impression de faire quelque chose pour les gens. Je l’aimais bien. Elle avait un cul très musclé, des seins en forme de pommes. Elle m’aimait beaucoup et faisait toujours ma partie pour les travaux de groupes. Un jour elle s’est lâchée, et m’a raconté une anecdote arrivée la semaine d’avant. Elle a reçu un budget de 100 euros de son patron. Objectif, inviter 10 personnes au restaurant… Faites vos calculs…. Bingo, c’était direction le MacDonalds (de Bron je crois, à coté d’Ikéa). Alors les gens mangent, se détendent, tout contents que la nouvelle des RH les invite à manger. Puis, avec l’argent restant, ils passent à un bar, où ils commandent du pinard. La, les instructions étaient claires : « ne buvez pas, laissez ces pochtrons se bourrer la gueule, surtout Dubreuil, et attendez, ils vont commencer à balancer, et là, essayez de vous rappeler de chaque phrase ». Chose qu’elle a faite, consciente « que c’est pas bien », mais sans le moindre regret.
Une fois en poste
Une Stéphanie maintenant. Cette fois-ci elle est blonde, un peu grosse, et de très jolis yeux bleus. En langage de drague, c’est une LSE$$low self-esteem$ extravertie, ce qui veut dire qu’elle donne une impression très ouverte, sympathique voire enjouée et limite hystérique (elle théâtralise les ¾ de ses actes) mais qu’elle a subit un traumatisme grave qui la déstructure en fait profondément dans ses rapports avec les hommes, et qu’elle est un problème à elle seule, donc plein de solitude et de tristesse quand on creuse, mais une vulnérabilité qu’elle utilise à des fins de manipulation exclusivement. Bref, qu’elle est « in-gamable », au risque d’y laisser des plumes. Trêve de digression (je ferai un texte sur ce genre de filles), nous étions dans le train, en route pour un salon, auquel elle m’a certainement amené avec le vague espoir que je tente de la séduire, pour avoir l’impression d’avoir cette emprise qui lui donne ce sentiment d’existance. Chose que je n’ai évidemment pas fait. Mais c’était l’occasion pour moi de prendre des infos. Ainsi, quand je lui demande ce qu’elle aime dans ce métier (en préparant soigneusement le jour ou j’écrirai ces lignes) là encore la réponse est éloquente « j’aime le coté relationnel, tu es près des gens, de leurs besoins, tu es près des managers, tu vois différentes sensibilités, etc… ». Alors je lui demande « et si on te demande de licencier quelqu’un, tu le ferais? », et elle : « bah oui, sans hésitation, c’est mon métier ».
Il y avait aussi Pétra, la suédoise. Qui est venue de Stockholm pour faire son numéro d’actrice à chaque employé, en meeting one-to-one avec chacun d’entre eux, même les stagiaires. Sa technique était toujours la même: laisser l’employé parler librement, de sa vie pro mais surtout de son ressenti personnel, de sa vie personnelle, pour l’amener progressivement vers ses failles. Là, elle tapait son numéro de charme et de chien battu (sur les mecs ou les femmes, les deux marchent), elle faisait semblant de raconter ses problèmes, les larmes aux yeux (une fois c’est crédible mais 25 ca l’est moins), avant de demander: « et sinon, Jean-Pierre, il est comment dans le travail? » ou « Lolita, elle est peu distraite non? » etc… Bref, de l’extorsion d’information par les sentiments..
Ce qui m’amène à penser :
Les femmes ont de plus grandes chances de réussir dans un métier comme la RH, car leur réduction psychologiste tend à leur faire exagérer l’importance des implications sentimentales et « humaines », et à leur faire minimiser les considérations socio-économiques. Consciente de recevoir les ordres du patron (donc d’un individu qui, les 9/10 du temps, est fort d’une formation financière, et pas d’une formation d’assitante social ou de psychologue), elle minimise les impacts des impératifs économiques sur son travail, en refusant de voir l’évidence, donc en refusant de voir qu’elle n’est qu’une petite main à bas prix pour executer le sale boulot du capitalisme.
Les réseaux de racailles (les vrais, ceux dont Sheryo disait « je sais qu’les vrais cailleras n’ont pas l’temps d’péra ») disposent de « nettoyeurs ». C’est les mecs qui vont faire le sale boulot, séquestrer, tabasser, voire plus. Les animaux ont les charognards. Le capitalisme a aussi ses nettoyeurs, ses charognards. Et ces salariés qui executent cette basse besogne sont forcément partie de ces salariés qui, sous couvert d’humanité se laissent à faire les pires ignominies. C’est le cœur même de l’utilisation des femmes par le capitalisme[1]. C’est une des raisons du développement du travail des femmes (et de son appui dans les medias), et de l’immense chance que cela a représenté pour le Capital, alors même que les féministes des medias bernaient tout le monde en parlant de « libération sexuelle ». Une libération du mari pour trouver l’esclavage au patron, qui a servi avant tout à concurrencer les hommes et donc faire une pression GLOBALE des salaires à la baisse. Des entreprises qui ont donc gardé un effectif constant tout en réduisant leurs coûts, dispensées d’embaûcher grâce à la productivité gagnée grâce à ces nouvelles salariées, déterminées, engagées et motivées… bref, une belle opération financière.
Le Parasite