Humanité


6
août 07

Kesty l’homme Paradoxal Part 3

Réseau Parallèle

« Eh MEEEERRRDE! Putain de tuyauterie de meeeerde! » Les sourcils froncés, dégoulinant de sueur, Kesty explose de rage contre un minuscule joint en plastique.

Le joint ne rentre pas dans le tuyau, le tuyau ne rentre pas dans le siphon, et l’eau nauséabonde couleur caca des canalisations ménagères se verse abondamment sur la troisième et dernière serviette de bain qui n’était pas encore souillée. Demain Kesty et Lina se sécheront tout le corps au sèche-cheveux. Il y a toujours du bon dans le malheur.

Il imagine déjà le plombier lui dire:

 » Ouuuulaala c’est pas bon ça mon p’tit monsieur, c’est vraiment pas bon! ». Le fameux « ouuulaala » exagéré du spécialiste qui fait frémir tant de particuliers incompétents, et qui ne veut rien dire à part:  » Toi mon petit gars, je vais te faire raquer, et tu vas rien comprendre ».

Une piqure de stress pimente ses poumons. Dans 1H il doit se rendre à Gare du Nord pour réceptionner un colis hyper sexy et pas très encombrant : Lina, une beauté métisse Nigérienne-espagnole habitant à Amsterdam. Lina est une sirène pulpeuse qui adore le sport de chambre intensif. C’est une intarissable source de libido qui peut se nourrir uniquement de tomate, de chips, de bonbons à la cerise, et qui adore par dessus tout, le jus de vanille hormonal. Elle bénéficie d’une paire de seins encore plus moelleux que le plus moelleux des moelleux aux chocolat. Le meilleur oreiller du monde, capable de transformer un féroce rugbyman en gentil petit nounours. Quand il est allongé sur elle, Kesty ressent le sentiment que l’on devait sûrement ressentir quand on se baigne dans le liquide amniotique, dans la chaleur douce et réconfortante du ventre de maman. Le paradis. L’osmose des corps. A part se mélanger toute la journée [1], Lina et Kesty ne savaient rien faire d’autre. Pas trop de discussions, quelques balades, jouer aux cartes, regarder un DVD, c’était largement suffisant et épanouissant. Tout le monde était heureux.

Le tuyau de canalisation lâche un gros prout bien chaud dans les narines de Kesty et supprime immédiatement toute motivation ménagère. Pourtant il faut encore nettoyer la salle de bain, préparer une petite ambiance de bougie pour un bain digne des orgies de l’olympe, passer l’aspirateur dans la cuisine et ranger le linge sale qui jonche le sol de sa chambre-salon, véritable vestige d’un champ de bataille hebdomadaire. Kesty est un tourbillon de bordel qui brasse de l’air en faisant du surplace, chasse puis laisse sa trace, partout où il passe, l’ordre trépasse et la crasse s’amasse. Eternel enfant sans sa maman. Kesty est bien trop mature pour vouloir grandir et faire l’adulte.

Finalement Kesty arrive en Gare du Nord pile à l’heure de l’arrivée du train de Lina. Il a été encore plus efficace et rapide que Mary Poppins et Merlin l’enchanteur réunis. Le ménage c’est aussi une affaire d’homme, enfin surtout quand ça conditionne une soirée romantico-charnelle (un plan cul quoi).

« Mesdames, messieurs, le train Thalis en provenance d’Amsterdam arrivera en Gare du Nord avec un retard de 30 minutes. Veuillez nous excuser pour la gène occasionnée ».

Au moment où Kesty se dit qu’il a bien fait de prendre son walkman, et que de toute façon, il n’excuse rien du tout, ses piles s’épuisent et un grand noir baraqué habillé en sportwear se dirige tout droit vers lui.

-Ca va ou quoi ? Quoi de neuf ?

-Moi ca va, lui répond Kesty, mais je ne crois pas qu’on se connaisse, ou sinon c’est que tu ne m’as pas du tout marqué.

Kesty ne se doutait pas à cet instant à quel point cet homme allait le marquer. Le grand noir sportif le dévisage d’un air dubitatif, puis s’exclame:

-Haa putain c’est fou comme tu ressembles à un pote à moi! Excuse-moi! Le sosie quoi! Je m’appelle Stéphane, enchanté, tu fais quoi ici ? Tu fais du bizness ou bien?

-Non, c’est pas parce que j’ai une capuche et un survêt que je vends forcément du shit. J’attends ma copine, son train a du retard. Et toi tu fais quoi ici ?

-Moi je suis là pour faire des sous, ce soir je vais me faire des couilles en or mon frère.

-Ah ouais? Rassure-moi t’es pas un tueur à gage envoyé pas l’ex de ma copine?

-Ha Ha Ha, non je suis pas venu pour t’éliminer.

-Tu vends de la drogue ?

-Non moi c’est un truc qui rapporte beaucoup plus et qui est beaucoup moins risqué. La drogue c’est pour les mecs qui veulent aller en prison.

-Ca existe pas ton truc là.

-Si ça existe, et toi tu fais quoi dans la vie?

-Glandeur professionnel, je m’appelle Kesty, si tu as besoin d’un fainéant dans ta vie, n’hésite pas à me contacter, je ne ferai strictement rien.

-Ha ha ha j’aime bien ca ! T’es un marrant toi ! Moi je suis entrain de préparer mon mémoire d’histoire, je suis à la Sorbonne, tu viens d’où ?

- 93 Aubervilliers

-Ah ouais, je connais bien j’ai travaillé pour la mairie de la Courneuve, j’ai été éducateur pour jeunes en difficulté.

A peine après que Stéphane eût prononcé ces trois derniers mots, une bande de mecs de banlieue crient son nom, puis viennent lui parler, demander de ses nouvelles avec le respect que l’on doit à l’aîné avec qui on s’est lié d’amitié. Un des jeunes demande à Stéphane de prendre son CV et de le déposer à la mairie pour un stage. Kesty regarde la scène étonné, la réalité venait d’appuyer immédiatement le propos de Stéphane. C’était… surprenant. Une fois les jeunes partis, Kesty et Stéphane reprennent la discussion là ou ils l’avaient laissée.

Après dix minutes de bla bla très intéressant voir même passionant, Kesty relance, curieux:

-Bon alors c’est quoi ton eldorado là ?

-Je ne peux pas te dire, ça rapporte trop d’argent, et puis c’est compromettant.

-Vazy c’est bon dis le moi, je travaille pas pour la CIA, je vais pas donner ton nom au président, t’inquiètes pas.

- Bon ok, t’as l’air ouvert, je vais te le dire. En fait, je fais partie de certains réseaux de sexe, je prends des rendez-vous, je rencontre des gens et ils me payent pour pouvoir me sucer. Moi je fais rien.

-QUOI !!??? T’es entrain de me dire que tu fais le tapin là!!

-Non rien à voir, tu te trompes. Premièrement, les mecs sont tranquilles et blindés de tunes. Deuxièmement, les mecs sucent dix fois mieux que les meufs. Troisièmement, quand tu vas te taper une pipe sur l’autoroute tu crois vraiment que c’est une meuf qui te suce? Quatrièmement, c’est moi qui décide de tout.

-Combien ils te payent?

-Ca dépend, pour me faire sucer je prends 500 euros minimum.

-QUOI ?!!? Putain mais c’est des oufs les gens ! C’est même pas toi qui suce? Non mais franchement tu vends ton corps quand même. Tu fais ce que tu veux hein, et je ne me permettrais pas de te juger mais tu ne peux pas dire que tu ne vends pas ton corps.

-Je suis pas une pute. J’ai besoin de tunes, je peux me payer trop de truc avec ça, rendre service à mes proches, avoir les moyens pour étudier tranquille, donc pourquoi pas, je fais rien de mal, je les vole pas, je ne vends pas des produits nuisibles, je ne prends pas de risques, c’est un accord entre adultes consentants… D’ailleurs tu devrais essayer, t’aurais trop de succès, t’es jeune, t’es beau gosse comme tout, tu pourrais te faire un paquet de thunes.

-YA PAS MOYEN ! Encore si c’est que des femmes, j’avoue ça me dérangerait pas, mais là faut être homo sur les bords pour pouvoir faire ça, ce n’est pas mon cas.

-Ecoute Kesty, j’ai une meuf, je suis fiancé, et je suis bisexuel. Tiens regarde sa photo (Kesty constate que sa femme est une bombe atomique-inter-galactique). Tu peux pas connaître vraiment ton orientation sexuelle si tu ne testes pas, ya des réactions physiologiques qui sont mécaniques, et le désir est intarissable et sans limite chez les humains. Faut pas être fermé.

-Personnellement, quand je pense au sexe ou à la bouche d’un mec ça me fait gerber, donc tu vois, c’est tout aussi mécanique. De toute façon j’ai du mal à croire que tu te fasses des couilles en or avec ça. Ta femme est au courant ?

A ce moment là, un arabe obèse petit de taille et un grand blanc maigrichon habillés comme des ouvriers du bâtiment débarquent dans la gare. Ils interpèllent Stéphane et avancent vers lui. On aurait dit un remix ethnique de Laurel et hardi et de Mario et Luigi. Seul le grand blanc parle:

-Ca va Stéphane ? C’est bon, tout est OK, ils sont là, ils sont deux, tu vois dans le bar là-bas les deux mecs en costards. C’est eux. Par contre il y a un petit changement, ils ne veulent plus te sucer, ils aimeraient que tu leur gerbes dessus, et pour ça, ils sont prêts à tripler le tarif.

Kesty reste bouche bée, il a l’impression d’être dans une autre dimension. Tout est si bizarre et illogique. Stéphane répond nonchalamment:

-Mais non Cyril, t’es relou, je t’ai déjà dit que je ne faisais pas ça putain, 1500 euros pour gerber, ya pas moyen, va leur dire qu’à la limite je peux leur pisser dessus, mais pas le vomis, j’aime pas ça.

-Ok bouge pas j’y vais, mais je ne te garantis rien. T’es vraiment con, c’est 1500 euros mec, tu ne devrais pas refuser.

-Rien à foutre, j’ai pas envie de me faire vomir, répond Stéphane avec une grimace de dégoût sur le visage.

Kesty reste bloqué, tout vient de se passer devant lui comme si on parlait du beau temps ou du dernier match du PSG. Il observe l’étrange duo retourner dans le café de la gare, et parler avec les deux hommes d’affaires.

-Putain Stéphane t’es pas un mito! C’est quoi ce truc de malaaade, je pète un câble là!!

Kesty cherchait inconsciemment une caméra cachée dans toute la gare. C’était trop gros ! La gare du nord prenait soudain à ses yeux un aspect glauque et souterrain, ses préjugés sur la scatophilie altéraient sa réflexion. Plus jamais il ne verrait cette gare comme une simple gare ou les jeunes couples et les familles se retrouvent et s’embrassent pour soigner le manque engendré par la séparation géographique. C’était maintenant une plaque tournante d’un business de rencontre entre des jeunes mecs de cité et des bourgeois (ou pas) parisiens à la sexualité pour le moins originale !

-C’est un truc de fou, répétait Kesty inlassablement en observant les hommes d’affaires négocier du vomi ou de la pisse pour 1500 euros.

-C’est rien ça Kesty, dit Stéphane. C’est spécial, c’est pas toujours comme ça. J’habite maintenant dans le 15ieme, un appartement tranquille, je me suis acheté une voiture et ma vie est cool. Il y a des tonnes de gens qui fantasment sur les mecs de cité, tu vois. Ils nous kiffent. Pour eux on représente le mâle dominant et rebelle. Le mâle exotique et oriental. Le macho méditerranéen, le noir musclé et bestial. Socialement on a rien de dominant, ça c’est clair, on est en bas de l’échelle pour la plupart, et on est souvent considéré comme des retardés mentaux, mais dans la pensée populaire on est des hommes, des machos, des primitifs, des vrais mecs qui ont des couilles et savent manier leur bite. Pas des tafioles incapables de se battre ou de baiser une femme comme il se doit et comme elle le désire secrétement. Dans l’inconscient collectif nous sommes des hommes de la jungle occidentalisés. Et cette image dans le cadre du sexe est source de fantasmes, des fantasmes incroyables et puissants, crois-moi. Et c’est pareil pour la femelle immigrée, la beurette, la black, la femme asiatique soumise et malléable. Il y a toute une imagerie ancrée dans les esprits occidentaux. Autant que dans nos esprit d’ailleurs, on développe nous aussi des fantasmes sur la femme bourgeoise préservée, immaculée et inaccessible, sur le blanc sérieux voué à la réussite et cible des mariages de raison. Pour ma part, comme beaucoup d’autres, j’essaye d’en profiter, en me faisant plaisir. Regarde le nombre de couple mixtes qu’on voit dans les rues, il est croissant, et il y en a de toutes sortes. Ma femme est bretonne-finlandaise! Regarde, au hasard, ta meuf est de quelle origine?

-Espagnole-Nigérienne, dit Kesty en rigolant.

-Ah ouais carrément! Tu rigole pas toi! Tu vois, d’ici quelques décennies, on va tous se mélanger, je te le dis moi, c’est la seule solution pour guérir ce monde de merde.

-J’aimerais bien, mais j’en doute.

-Tu sais quoi ? Ce soir c’est la dernière fois que je fais ça. J’ai plusieurs plans avec des stars de la chanson et de la télé.

-Sérieux? Qui??

Kesty se rendait compte de l’ampleur du phénomène, l’analyse de Stéphane était plus que pertinente, mais la seule chose qu’il voulait savoir c’était les noms! Lui qui n’a jamais lu un magazine people, il sentait son voyeurisme humain le titiller, et… c’était trop bon.

-Bah ce week end je pars à Deauville avec *biiip* et sinon je sors sur paris avec *biiip* et *biiip*. Les stars c’est les pires pigeons, c’est comme du beurre. Mon pote Karim traine avec le chanteur *biiiiip* sans même avoir à se déshabiller. Garde le pour toi.

- Ouaaaah truc de dingue! J’aurais jamais cru que *biiiiip* faisait ce genre de truc.

-Pfff t’as rien vu, si tu savais comment les stars ont des trips bizarres, mais ça dépend, y en a qui sont carrément coincés du cul alors qu’ils passent pour des chauds-lapins à la télé…

Le duo des négociateurs maçons folkloriques revient vers Kesty et Stéphane.

-C’est bon pour que tu leur pisses dessus, dit le grand Blanc, mais c’est 500 euros. Ils sont OK, mais un peu déçus quand même. Au fait c’est qui lui ? C’est un pote à toi ? Un des deux mecs est intéressé, il propose 1500 euros aussi pour le vomi.

-Ha ha ha, je te l’avais dit que t’aurais du succès Kesty. Stéphane est hilare en voyant le visage de Kesty décomposé.

-Non je peux pas ma copine arrive, mais euhh je ne suis pas dans votre délire moi j’ai rien à voir avec ça.

1500 euros pour gerber sur un homme d’affaire tout nu. Kesty ne peut pas s’empêcher d’y réfléchir. En y allant bourré ça pourrait même être marrant, et puis au moins le « oulalaaaa » du plombier n’inquiétera plus sa carte bleue. Il pourrait même partir en week end dans le sud avec sa sirène. Mais il sait très bien qu’on ne met pas un pied dans ce genre de milieu sans risquer de mettre l’autre pour finalement, devoir sauter à pieds joints. Le petit arabe Mario-bros insiste et Kesty résiste. Finalement Stéphane donne un point de rendez-vous aux hommes en costard puis reviens vers Kesty.

Ils continuent à discuter, Kesty bouillonne de curiosité sur ce système parallèle. Stéphane est vraiment sympa, il lui raconte tout. C’est un gars très intelligent. Ils se trouvent quelques points communs musicaux et sociaux, et finalement ils décident d’échanger leur numéros pour aller faire de la danse hip hop ensemble, car Stéphane a des bons plans un peu partout en banlieue parisienne. Puis ils se séparent quand le train d’Amsterdam arrive en gare.

Lina ne veut pas croire Kesty, elle pense que c’est encore une de ses blagues pas marrantes. Une fois arrivée à la maison de Mr Propre, elle a rapidement su mettre un terme aux réflexions de Kesty grâce à son super combo: string ficelle, bas, porte-jarretelle, botte en cuir, chignon bien serré, soutien-gorge push-up, rouge à lèvre rouge pétasse et pot de confiture à la myrtille. Ils passeront un week-end au lit sans voir la lumière du jour, se nourrissant de pates chinoises, de crème chantilly, de sueur, de bonbons, de chips et de bisous. Les petits-petits-petits futurs enfants des voisins entendront parler de ce fameux week-end, croyez-moi.

Kesty reverra plusieurs fois Stéphane. De grandes discussions sur l’homosexualité, l’anorexie, la cuisine épicée, l’action sociale et la coupe de l’uefa animeront leurs rencontres. Puis petit à petit, ils perdront le contact sans s’en rendre compte, de la même façon qu’ils ont fait connaissance. La vie est pleine de surprise.

Lashoz

Notes

[1] sauvagement, lentement, violemment, tendrement and do the gambit again.


30
juil 07

L’amour du sillon

La musique a rythmé ma vie. Quand j’ai mal au cœur, j’ai mal au mic. Je m’enivre sans alcool dans un océan de jazz, et quand j’ai le blues, c’est du rock que je croque. Bercé à Brassens, et fasciné par le personnage, chaque passage à Sètes est devenu un pèlerinage. Je deviens un ascète[1] du vinyl à chaque fois que je me trouve dans un garage. J’y déniche un Brel, un Arsonists ou un Pete Rock, entre deux J5, Minnie Ripperton ou Nina Simone. Le son me porte, me berce, me transporte et n’a de cesse de me ressusciter quand viennent les jours de détresse. Et quand ceux-ci s’annoncent, telle une onde immonde, je dénonce la violence du monde d’un détournement de son. Et c’est à fond la caisse… claire et le caisson au top, que je vadrouille vitres baissées, bercé par un morceau de pop… Et pour plaire, être populaire et voir la couleur du string ficelle d’une jolie demoiselle, je fredonne du Neil Young, sauf si elle dit que c’est naze, alors je lui rappe un Nas, un Del, sauf si je suis las… d’elle… Son string était pastel, j’allume ma télé pour voir le karaoké, mon ex était chanteuse… y passe t-elle ? Mais à terme je sais que tout devient poussière, sauf le sillon, Lashoz m’a appris que c’est grâce à lui que nous brillons, nous crions, nous vivons ce son sensass éloge des sens sans cesse… et les mots…. sensuelles caresses dont je ne me lasse… et grâce auxquels je mets un terme aux maux et aux dégueulasses démons de mon égo…

le parasite

Notes

[1] à multiples facettes quand je pique une nouvelle cassette


11
juil 07

Cendrine Dominguez, ou le parcours type de la pétasse

En voiture dans la banlieue est, je me laisse distraire sur une route nationale par un panneau publicitaire (de ces panneaux ultra glauques le long des zones industrielles où il fait toujours gris). J’y reconnais Cendrine Dominguez, ex présentatrice de Fort Boyard et de différentes émissions de seconde zone. Il s’agit en fait d’une publicité pour Domus, le grand centre commercial dédié à la maison. C’est marrant ca, Domus. Quand on regarde la télé, on a toujours l’impression que les gens passent leur vie dehors, mais quand on regarde ce qui se vend, on se rend compte que y’en a plus d’un qui moisit chez lui. D’ailleurs, quand j’ai vu Domus arriver en même temps que ces conneries d’émission de déco, je me suis demandé si l’un entraînait l’autre ou vice et versa…. Les investisseurs de Domus ont-ils créé de toute pièce un programme télévisé pour générer de la demande ou ont-ils répondu à une demande créée par la télé ? Permettez moi de privilégier l’option 1. Nous laisserons aux journalistes qui s’ennuient le soin de vérifier. Bref. Cendrine Dominguez présente donc une animation commerciale liée à la décoration d’intérieur.

Voici un bel exemple de mise au rebus d’un ex-canon de beauté une fois passée la quarantaine ! La carrière typique serait donc d’être mannequin, d’épouser un sportif célèbre et s’approprier sa renommée via son nom, comme lors d’une fusion-acquisition, entrer facilement dans le milieu du spectacle, et atteindre son sommet en présentatrice télé. Une fois la déchéance atteinte, se recycler dans la décoration d’intérieur (prisonnière de son psychologisme réducteur) et dans les animations commerciales où les beaufs rêvent devant ce qui était à l’intérieur de leur petit écran il y a quelques années, quand Virginie Efira sucait encore son pouce (s’entrainant déjà à son cœur de métier).

La fraicheur a une fin, l’esprit n’en a pas. Quelle belle lecon de morale !


9
juil 07

L’évolution des cailleras

Avant, les hiérarchies étaient simples. La caillera portait un survêtement Lacoste, couleur flashy si possible, genre jaune poussin ou vert grenouille, avec une casquette assortie de la même marque vissée sur la tête. Il y avait aussi la banane en cuir, tantôt vissée classiquement autour de la taille (jamais serrée au maximum, aspect « cool » oblige), tantôt posée en bandoulière. C’était simple et facilement identifiable. De l’autre côté, il y avait tout ce qui n’était pas caillera. Pour prendre l’exemple inverse, on va prendre les bourgeois, qu’on va subdiviser en deux sous catégories, les chalalas et les Charles-Henri (qu’on appelle désormais communément les « adhérents UMP » avec Lashoz, après les images de la victoire de Sarkozy parmi les jeunes militants). Chez les chalalas, déja le souci de la marque de luxe, du moulant, de la gomina, de la déchirure de jean, etc… Pendant que du côté des Charles-Henri, c’était déjà polo avec pull col en V par-dessus, ou chemise sortie nonchalamment du pantalon, lui-même à pinces avec les mocassins qui vont bien.

Aujourd’hui, quand j’observe les ados, je réalise que tout a changé. Si je décrypte bien, ça donne ca : Ce qui aurait été une caillera dans les années 90 a opéré aujourd’hui une fusion improbable entre le chalala et le bourgeois de l’UMP, avec une coupe aussi ridicule que répandue composée d’une crête infâme formée au gel, réplique symétrique de la frange chez la pétasse, avec des vêtements plutôt moulants, plutôt déchirés, toujours de marque (RJ512, Diesel, etc…), et un outil de peacocking genre chaîne en argent Tati Or ou sacoche en bandoulière Manhattan Portage (marque dont ils ne doivent pas connaître l’origine). Plus de casquette, c’est passé de mode (d’ailleurs j’ai remarqué une invasion des casquettes de Baseball américaines et des maillots de basket NBA chez les maliens du foyer Robespierre). Plus de marques classiques comme les nôtres, genre Adidas, Nike, etc… Plus de vêtements de sport. La mode, c’est de s’habiller en permanence comme si on allait en soirée, donc avec un faux style élaboré mais négligé, donc cool. Enfin, dernier élément distinctif, le portable (dernier cri, genre Motorola RAZR, à croire qu’ils changent d’abonnement tous les 3 mois, pendant que je me traîne encore mon ericsson de 2003) toujours à la main, genre toujours à l’affût d’un de mes 23 appels quotidiens (note mentale : préciser que s’il sort avec une bonniche de banlieue, y’a des chances que 22 des 23 appels soient d’elle, avec le fameux « T OUUUU ? », voire le « ouaich vazy T OU là ? », et que ce phénomène peut également arriver même s’il ne sort pas encore avec elle).

J’ai également remarqué que ce changement de style en cache un autre : la distinction entre une caillera et une non-caillera est plus difficile à faire, et ce pour deux raisons. La première c’est que la catégorie chalala et la catégorie caillera est fusionnée (chez les filles comme les garçons). Les chal, toujours au contact de la mode et du sentier, sont vraiment les innovateurs, suivis par les cailleras. La deuxième raison, c’est qu’une catégorie du milieu a pris une place considérable. Ce sont des enfants d’immigrés, mais encore plus blancs à l’intérieur que les militants UMP. Genre une génération qui n’existait pas à l’époque, complètement lavés de toute conscience dissidente « grâce » à l’abrutissement de MSN, Skyblog, MySpace et Difool, un quartet qui représente 95% de leur vie. Ils semblent vouloir éviter le conflit à tout prix et n’avoir aucune autre préoccupations que les fausses zoulettes (leur exact opposé : les filles françaises qui forcent l’accent arabe pour plaire aux pseudo-racailles : deux escroqueries symétriques qui s’attirent) qui animent leur quotidien (virtuel).

Une chose est sure, au royaume des jeans slim Kaporal 5, du Vivelle Dop gel fixation extra forte, du t-shirts à manche longue « FBI » ou « Special Agent », des Converses et du boxer Dim, les « vrais » cailleras doivent se prendre la tête pour savoir qui taper dorénavant…

note : si je suis déjà passé de mode le jour où cet article paraît, donnez nous les dernières marques et les dernières tendances dans les commentaires !


2
juil 07

En soirée 2.0

Les aventures d’un mec 2.0, un vrai !

Parfois, entre deux journées de boulot aux yeux rivés sur un écran d’ordinateur, j’ai envie de me détendre les pupilles. Elles sont déjà dilatées, pas besoin de boire ou de prendre des pilules bizarres et pas nettes. Donc ce soir je sors. Enfin, j’ai décidé de sortir. Le plus dur étant de trouver le moyen de rentrer autre part. J’ai un bon ami qui connaît une bonne amie qui est bonne. Et dans certains milieux, plus t’es bonne, plus t’es invitée aux soirées sélectives. Je dis sélectives parce que pour rentrer il faut d’abord s’essuyer les pieds sur le paillasson. Je m’acquitte. Après tout, ça ne risque rien, je sors si peu que mes chaussures neuves n’ont pas encore eu le temps de se salir avant moi. Mon jean et mon t-shirt sont propres. Mes cheveux aussi.

La musique n’est pas mauvaise, le buffet non plus. Et comme beaucoup de bons mecs ont ramené plusieurs de leurs amies bonnes, j’ai moi aussi décidé d’être bon ce soir. Un tour d’horizon, le seul 360° que j’arrive encore à faire. Ca piaille beaucoup, ça fait les folles, ça lance des regards d’allumeuses. Moyenne d’âge 17 ou 19, pas plus. Pas moins. Quoique. Ca porte des slims taille basse, des débardeurs taille haute et des décolletés que pas une hormone mâle n’a su rater. À franges ça c’est sûr, mais putes ça reste à voir. Minute ! qui vous dit que je cherche une pute ce soir, moi ? j’ai pas le droit d’être sentimental et de rêver d’une promenade romantique le long du jardin du Luxembourg ? En fait non, pas ce soir.
Et puis cette jolie fille qui me jette quelques regards perdus entre son verre de schweppes et ses deux copines, pourquoi pourrais-je la traiter de pute ? Elle couche si elle veut, et moi maintenant je veux, parce que son regard insiste drôlement sur moi. Alors bien sûr y’a pas que le sexe, et moi aussi je veux qu’on aille au théâtre ensemble, qu’on regarde Match Point ensemble et qu’on danse le tango ensemble. Ce soir je ne veux pas une pute à frange, je veux une meuf à frange. Oui, mais une qui couche.

De toute façon, elle n’a pas l’air assez habillée pour aller au théâtre, et maintenant que ses deux copines se sont un peu éloignées en pouffant[1] pour me laisser le champ libre sur ordre discret de cette demoiselle qui se rafraîchit au tonic indien, je sens que je vais pouvoir lui passer le bonjour.

Non attends. Bonjour c’est trop commun. C’est même hyper aristo. C’est pas une de Quelque Part c’est une fille de. Il m’faut un truc mieux. Un truc jeune. Hello. Ouai Hello c’est bien.
Je lui demande quoi ? Hello ça va c’est minable, et puis ça marche jamais. Hello, sympa ton slim ! . Trop direct, le sien est tellement slim qu’elle va croire que je lui parle déjà de ses fesses. Hello, sympa ta frange ! , ouai c’est bon ça ! Allez go go go deux point zéro.

Salut ça va ? euh… tu m’prêtes ton schweppes ? Elle rit. J’ai changé de plan mais ça marche quand même. On parle. De rien. Même pas de théâtre, même pas de tennis, même pas de tango. Elle s’appelle Laeti’, elle aime les franges, les macarons, et puis la musique hip-heup. Enfin nan, pas trop hip-heup, un peu électro quoi ! Je vois. En fait elle est sneub et maintenant vu comme ça, c’est absolument pas le genre de pute meuf à frange que je fréquente(rais).

On parle de rien puis de tout.

Elle est pas si mal sa frange.

Mince elle doit y aller. Je fais quoi là ? elle me prend au dépourvu. Ses deux copines à franges[2] l’entourent à nouveau. Faut que je fasse le mec classe, charmeur, qui fait aussi craquer les deux bonnes amies bonnes. Sinon c’est foutu. Je lui dis quoi ? Nan rien rien, le mec classe un peu timide. Elles adorent. J’ai qu’à faire comme ça. De toute façon je suis timide alors que je le veuille ou pas, je suis déjà en train de faire comme ça. Et puis on dit que c’est mignon pour rassurer les mecs comme moi, mais parfois je me demande si elles aiment ce qui est mignon. Bon. J’ouvre la bouche… Mais elle me devance et murmure :

Faudrait ab-so-lu-ment qu’on se revoit, c’était chou comme discussion ! dis moi t’as pas un maille spèce ?

‘Tain, j’ai rien vu venir. En fait tout les hommes 2.0 et même 0.0 de la soirée ont dû lui faire des commentaires, lui dire qu’elle était gorgeous, et elle leur a sûrement dit qu’ils avaient un regard so sexy. À tous, même les moches 5.0. Imagine qu’elle les ajoute aussi, mes concurrents 2.0 ??? Ah la pute… à frange !

Elle se fait tirailler la bretelle de soutif par la copine de droite. Son autre copine (qui est de droite aussi) s’impatiente. Et elle au milieu qui me laisse un dernier sourire. MySpace ? (« Voir : + de photos » !). Ca y est, le mateur charmeur 2.0 qui est en moi refait enfin surface. Elle a un papier, j’ai un stylo, et je lui caresse sauvagement mon pseudo de la manière la plus lisible possible.

Ce soir j’ai flirté avec une MySpace girl… En vrai. Moi qui pensait qu’elles n’existaient que sur msn !

(À suivre…)

Notes

[1] Non ce n’est pas le bruit que fait une pouffiasse qui rit.

[2] Une frange chacune.


20
juin 07

On court tous après les bus !

On préférerait sûrement marcher mais au final on court tous après le bus. Peu importe sa destination, on ne la connaît pas et l’on sait à peine d’où il vient. C’est juste que dans ce bus il y a tout ce dont on pense avoir besoin et qui nous tire vers l’avant. Ce besoin d’être à l’heure, de faire bonne figure, de tout faire dans les temps parce que les autres le font eux aussi ou, pire, nous demandent de le faire.
Bien sûr je métaphorise: être à l’heure dans une relation sociale, c’est l’anti-égoïsme, c’est penser à l’autre qui attend [1]. Mais dans une vie ? Pourquoi ai-je l’impression qu’on me demande régulièrement de courir après les bus comme si les panneaux d’affichage allaient bientôt claironner « service terminé » ?

Faire des études vite. Trouver un boulot vite. Postuler à mon premier job avec déjà en poche le pack « diplôme + expérience pro + année à l’étranger« . Quitter le cocon familial avant 25 ans pour ne pas se faire traiter de « Tanguy« . Avoir moins de 27 ans et se fiancer, se marier, faire des enfants et leur demander de se dépêcher à leur tour. On se dépêche parce que dans l’abribus tout le monde pousse pour passer devant. On se dépêche parce qu’on sait tous que dans le bus, il n’y aura pas de place pour tout le monde.

Le bus passe devant moi, l’arrêt est loin et je ne cours pas. J’arriverai en retard aujourd’hui et je laisserai les autres prendre ma place. Je finirai mes études hier, je trouverai un boulot plus tard, j’irai à l’étranger demain et quitterai Maman à 40 printemps, célibataire et sans enfants.

Vraiment ? Moi qui n’ai même pas la force de lancer un pavé dans l’abribus…

BusRun.jpg

« Donc de plus en plus je rate mes bus
Mais pas ma vie quand je donne mon avis« 
(Fabe in IAM feat. Fabe & East, « L’enfer », L’école du micro d’argent)

Notes

[1] Note pour moi-même: penser à être à l’heure.


14
juin 07

Non-sens humain

vaaache

Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie:

« Prenez l’exemple d’une vache en Europe : elle est subventionnée en moyenne à hauteur de 2 dollars par jour. La Banque Mondiale définit la pauvreté comme étant le fait de vivre avec moins de 2 dollars par jour. 40% de la population mondiale vit avec moins de 2 dollars par jour. Il vaut donc mieux être une vache européenne qu’une personne, dans la moyenne, vivant dans un pays en développement »

Ca laisse rêveur!


11
juin 07

Se sentir exister

sable

J’ai un scoop. Je ne suis rien. Un insignifiant être vivant sensible à chaque changement de température. Un amas de chair broyable sur un scooter, une masse de viande éternellement prisonnière de la gravité. J’ai la puissance d’une fourmi face à un raz de marrée, une minuscule cellule face à la grandeur des éléments qui m’entourent. Pire que ça, il suffit d’un simple microbe pour m’exterminer en quelques jours.

Nous n’avons aucun contrôle sur la postérité de nos actes… Qui dans 10 générations se souviendra des émeutes de banlieues ou de cette vulgaire bouillie de dégueulis qu’est Pascal Sevran ?

Je peux mourir demain en allant au travail, et tout ce qui m’entoure continuera à évoluer comme si rien ne c’était passé. Je ne sers à rien dans le fond. Je n’ai pas choisi de vivre et je ne peux même pas choisir de mourir car je veux vivre. Je ne connais que la vie, et je ne la comprends pas. Je ne sais pas ce qui se passera après. Le paradis, l’enfer, la résurrection, rien de rien? Il n’y a apparemment rien à comprendre dans ce monde absurde. Ou peut être qu’en fait, nous n’avons pas la capacité de comprendre. On a besoin d’une réponse qui n’existe pas ou qui nous est inaccessible, mais en attendant on est là.

Dieu est une explication partielle, une réponse qui peut être satisfaisante et suffisante mais qui cache d’autres questions. On est doté d’une capacité de réflexion évoluée et logique qui n’a pas d‘explication finale.

J’ai parfois l’impression que la vie est une grande illusion. Que tout est faux. J’ai l’impression que je n’existe pas. C’est surement de ce sentiment qu’est né mon besoin permanent de me sentir exister pour me rassurer. Je ne sais pas si c’est une maladie personnelle, mais putain ça m’obsède.

André Gide : « Je peux douter de la réalité de tout, mais pas de la réalité de mon doute »

Se sentir exister… comme c’est bizarre d’avoir besoin de le sentir pour en être sur alors que je suis matériellement bien présent, vivant, palpable, réceptif et réactif. Tous les jours je cours, chie, mange, dort, je vis mais ça ne suffit pas…

Se sentir exister, c’est tellement rare…

Je ressens la pleine puissance de ce sentiment, à travers différentes expériences et circonstances. Elles doivent sûrement varier selon les gens. Pour ma part en voici quelques exemples.

La création

Par la création je constate réellement ma production personnelle qui est unique et exprime le fond de mon âme. Elle matérialise une partie de moi devant mes yeux ou mes oreilles. Même si c’est souvent de la merde inutile comme peut l’être par exemple ce texte, ça fait toujours du bien.

L’échange

Quand je partage un peu de moi. Les discussions profondes entre amis, la communication pure et constructive, la confrontation d’idées. Quand j’analyse le monde avec des potes, et essaye naïvement de l’imaginer en mieux, j’ai l’impression de m’élever et d’avoir une portée plus longue que mon quotidien routinier. J’ai l’impression de prendre une certaine distance de conscience qui relativise mon existence et l’affirme. Ce sentiment est évidement accentué par le partage intéractif avec mes amis. Comme si on était branché sur la même onde et que nous engendrons simultanément nos propres signaux complémentaires.

Le plaisir hédoniste

Quand je suis dans un état de plaisir extrème, d’espérance satisfaite, ou de soulagement libérateur, je sens que toute ma personne, toute mes cellules, vivent, vibrent à l’unisson, et profitent de ce moment puissant et éphémère. La plénitude du bien être, complète, intense, assez longue pour en prendre conscience et l’apprécier, mais toujours trop courte pour pouvoir en être rassasié.

Dans cette vie ou je ne fais que courir[1], toujours courir, lorsque je m’arrête, je retrouve ce sentiment qui se construit ici par rapport aux autres gens pressés qui continuent à courir. Aussi dégeulasse que cela puisse paraître, j’ai toujours aimé être en vacances pendant que les autres travaillent[2]. J’ai un penchant pour la paresse, je suis une magnifique cigale refoulée. Je préférerais ne rien faire de constructif [3] se laisser vivre, rabaisser ses exigences, apprécier les choses simples, et tout faire pour le plaisir immédiat, celui des sens. Sans pour autant s’identifier à Dorian Gray, j’aime me noyer dans l’éphémère des sens, l’égocentrisme et la marginalité. Tout pour le bonheur dans le présent, et surtout pas le bonheur passé et nostalgique, ou encore moins le bonheur prochain espéré et idéalisé.

Mon mode de vie de cigale me permet de m’hypnotiser moi-même, de fouiller mon inconscient, de m’apprendre. De lire le livre de ma vie. Ecouter mes organes fonctionner et dépoussiérer les dédales sombres de mon cerveau. Trouver puis écouter sa propre mélodie intérieure. Rares sont les gens qui sont curieux d’eux-mêmes, je suis l’un d’eux.

L‘agitation permanente comme fuite de l‘ennui et comme persuasion de son existence est un mode de vie à double tranchant. Ça peut être dans certains cas une belle arnaque moderne, et dans d’autre un tourbillon de vie joussif autant qu’épuisant. J’en use sans en abuser. J’ai besoin parfois de me jeter dans un cyclone de plaisirs, ou me laisser aller à une noyade dans des courants mouvementés, du danger et du risque. Mais seulement ponctuellement. Ce qui est certain, c’est que l’ennui me pose face à moi-même, il est important de réoxigéné sa vie, ses idées et son parcours. Un peu d’agitation et un peu de son inverse, la «cigalité»[4] et le tour est joué pour être sûr d’exister.

Monter un projet

L’organisation événementielle, le développement d’un projet, la participation associative, me procurent l‘impression d‘exister par mes actes. Il y a dans certains événements une dimension multilatérale qui nous force à sortir de notre centrisme individualiste inconscient dans lequel on se construit et se complait depuis la naissance. L’exercice du pouvoir sur son environnement, l’action d’entreprendre [5], mener des projets, offrir son aide, atteindre des buts, laisser une trace… rendre évidente son existence.

La drague

Draguer une inconnue, la séduire et faire naître chez elle des sentiments fougueux à partir de rien[6], c’est plus que jouissif, ça peut même devenir une drogue. Réussir à faire en sorte qu’une femme t’offre son corps, voire même son coeur en un temps record produit un sentiment masculin de bonheur. Ce sont les restes ataviques de l’obligation biologique masculine. On y peut rien!

La beauté d’une rencontre, le romantisme ou l’audace masculine, la découverte attractive d’un autre humain, le défi de la conquête, l’échange enrichissant et vibrant, le jeu de séduction, le flirt à fleur de peau, l’imprévu et l’exitation croissante… C’est toujours nouveau, créateur de sensations fortes et d’adrénaline sans parler de l’effet sur la libido et sur l’égo.

La douleur

L‘extrême douleur qui donne envie de mourir. Quand je souffre physiquement ou quand j’ai mal à l’âme, je me sens exister par ma douleur et par ma misère du moment. Quand je me déteste à en vomir. Quand je veux m’anéantir et emmener tout le monde avec moi. Tout devient clair, je suis certain de mon existence et je comprends enfin les adeptes de la scarification.

La drogue

La prise de drogue euphorique fournit aussi se genre d’émotions, même si elles sont provoquées et qu‘elles ne sont que l‘expression d’une illusion cérébrale, qui peut vite devenir une machine à oubli, une magie destructrice et vicieuse. Les effets de la drogue son tangibles, jouissifs, ils amplifient nos sens[7], et c’est cette amplification qui donne ce sentiment d’exister d’avantage.

Un besoin répandu et souvent masqué

Ce besoin constant de sentir exister détermine de nombreux comportements et postures sociales. De nombreuses frustrations conscientes et inconscientes. Il est aussi la cause de plusieurs pathologies et névroses courantes.

C’est comme quand on parle, on n’entend pas sa voix. Quand on vit on ne sent pas toujours vivre. Je pense qu’il est important de déterminer les causes et les conséquences de ce sentiment purement humain, ça peut permettre de comprendre énormément de choses sur soi. Encore faut-il le vouloir. Encore faut-il le pouvoir. Cette grille de lecture me permet en tous cas de voir un monde aux nouvelles dimensions, de comprendre les attitudes et humeurs de beaucoup de gens et le déterminisme psychologique qui se cache derrière tous ces agissements incompréhensibles en apparence.

Notes

[1] On court tous aprés le bus

[2] si possible pas mes potes, bien entendu!

[3] à part peut être lire et essayer de se cultiver, mais au fond qu‘est-ce qui est constructif ? Construire quoi ?

[4] j’ai déposé un copyright sur ce terme, alors pas d’abus les enfants…

[5] (ici entreprendre est au sens pur, entreprendre des choses qui ne sont pas forcément lucratives)

[6] ou pire, à partir de préjugés négatifs

[7] c’est une illusion cérébrale, c’est une arnaque appréciable et coûteuse en quelque sorte


25
mai 07

Kesty, L’homme paradoxal(Part 2)

Lendemain de soirée

Assis sur les quais de seine, il observait les mouettes voler et flirter avec les vents ascendants. Kesty planait lui aussi à sa manière en imaginant tout ce qu’elles voyaient du haut de leurs plumes. Il imaginait tout ce qu’elles voyaient, mais avec en plus un radar incorporé dans la rétine de la mouette. Ce radar lui permettait de larguer des bombes de fientes acides et dégoulinantes sur les crânes chevelus et les sièges en cuir des voitures décapotables. Dans la jungle urbaine, il en faut peu pour être heureux.

Deux asiatiques étaient postés à quelques mètres de Kesty. Ils pêchaient tranquillement les poissons mutants de la seine, plus précisément des anguilles radioactives, sortes de « vers solidaires » qui s’épanouissent dans l’immense fosse sceptique de « Paris Miami Seine Beach ». Le succulent restaurant japonais de la veille lui laissait soudainement une impression de nausée des goûts. Une nausée d’égouts, c’était le cas de le dire. Il comprit alors, dans un de ses éclairs de lucidité inutile, que les poissons qui survivent dans l’eau contaminée de la seine sont surement les êtres élus. Une des rares espèces qui survivra au prochain cataclysme météorologique ou même à la prochaine guerre mondiale bactérialo-atomico-chimico shimy shimmy yo.

Hier c’était la pendaison de crémaillère d’une amie de l’ex du meilleur ami du cousin de Kesty. C’était le plan B salvateur de la soirée[1], le plan A s’étant heurté à un vigile mongolien, une espèce d’agrégation de morceaux de viandes musclés et compressés dans un tissu qui ressemble vaguement à une chemise des années 60. Bien evidement, ce tas de viande était incapable de communiquer dans une langue qui compte plus de 2 mots. Pas de verbe, pas de complément et encore moins d’adjectif : « Pas possible ».

La soirée de pendaison de crémaillère était potable… mais surtout alcoolisée. Kesty et son groupe était arrivé à ce moment décisif où la drogue déclenche l’euphorie et rend la fête moins ennuyeuse même pour ceux qui ne boivent pas. Avant ce moment les petits clans se toisent, personne ne se s’amuse vraiment de peur de s’afficher, les filles font les « belles distantes » et les mecs bombent leurs torses poilus. Bilan de la soirée: 3 Rhums, deux fous rires, un pillage de frigo, un baiser volé dans les toilettes, puis un râteau dans la chambre, et finalement une nuit toride avec la copine de la cible initiale. Merci le vigile, merci l’allumeuse, merci l’alcool.

Au réveil, Eva l’avait gratifié d’un petit bisou timide puis d’un « non j’ai pas envie ».

-Pourquoi?

- Je ne suis pas du matin, ca t’as pas suffit hier, gros cochon? On peut parler, non?

-Euh ouais d’accord, mais après manger, parce que là tu as une haleine…euh comment dire… particulière.

-T’es vraiment con, ça t’empêche pas de vouloir me baiser!

- bah non… (Sourire mi-beau gosse, mi- »petit garçon endormi »)

-T’es bête!!

Elle accompagna cette cruelle insulte avec la fameuse tape féminine sur l’épaule masculine qui veut dire dans leur langage codé :  » t’es bête, mais j’adore ça ».

Il était de bonne humeur ce matin mais pas au point de passer la journée avec une fille qui se prendrait immédiatement pour sa petite amie. Kesty a toujours préféré les grandes amies aux petites, même s’il aimerait bien que sa grande amie préférée devienne sa petite amie adorée. L’amitié c’est bien, mais quand on peut, l’amour c’est mieux…

Dans ce cas précis, il valait mieux en rester là, c’était cool, mais déjà trop rapide pour Kesty. Il ne pouvait pas tomber amoureux d’une fille conquise trop facilement et qui accepte tout le premier soir sous prétexte d’une envie orgasmique. C’était totalement con et pathologique, il en avait pleinement conscience, mais rien à faire c’était incontrôlable. Pire que ça, il reproduisait toujours le même schéma: des filles faciles, entreprenantes, qui n’attendent rien ou presque, et qui ne sont pas là pour jouer au Monopoly ou pour débattre sur les différents mouvements de la pensée mésopotamienne.

On ne peut poursuivre que ce qui nous fuit.

Kesty fuyait pour être poursuivit et s’interdisait de poursuivre par instinct de protection sentimentale, mais aussi par besoin d’indépendance et de domination. Il ne voulait plus jamais être ce pathétique marathonien essoufflé qui cours après une rose qui le pique, fait saigner ses sentiments pour s’arroser de compliments, se fane quand enfin il la cueille, brule son amour meurtri, réduit son égo en fumée et ne laisse que des cendres de haine pour les prochaines. Cela faisait longtemps que Kesty n’avait plus connu l’amour passionné, la dépression sentimentale, et la frustration sexuelle. Il en était plutôt satisfait. Son cœur de velours et les rapports de domination homme-femme ne lui laissait malheureusement pas d’autre choix.

Le cousin de Kesty, était quelqu’un de bien, un « pur » gars, mais un dangereux alcolo. Il avait le cœur sur la main, le bras valeureux et serviable, une parole de fer, et l’amitié fraternelle. Par contre, s’il buvait un peu trop, il devenait lourd, violent, et encore plus paranoïaque qu’un repenti de la mafia perdu en Sicile. Une fois passé un certain degré élevé d’alcoolémie, le cousin se battait avec n’importe qui, pour n’importe quoi. Ce changement de personnalité était rapide comme un coup de feu, seul Kesty et quelques potes le voyait venir. La veille, alors que Kesty était en pleine tentative de drague, il avait remarqué la mutation schizophrénique juste à temps. Un coup de tête, la spécialité du cousin, allait partir d’un moment à l’autre pour s’écraser sur le nez du premier venu :

-Putain mais t’as craqué?? Calme-toi et arrête de l’insulter! Il veut juste t’offrir un bière!

-Non non, c’est chelou Kesty, je suis sur que cet enculé est pédé et qu’il a mis dans mon verre la drogue du violeur. Lâche-moi ! Je vais lui cassé la gueule avant qu’il essaye de t’offrir une cigarette roulée avec de la poudre de verre ».

-Mais merde… t’es complètement malade, va boire de l’eau, vazy vite! OH! Regarde moi dans les yeux, t’as entendu? Je t’ai dis : « VA BOIRE DE L’EAU »

« Va boire de l’eau » était le code secret entre les cousins qui signifiait grosso modo : »Là t’abuse! Arrêtes toi maintenant, sinon demain tu va t’en vouloir à mort et peut être même que je te pardonnerais pas ». Ils avaient décidé de cette technique discrète après une soirée qui s’était encore terminée en garde à vue pour trouble de l’ordre publique. Les deux cousins avaient déclenché une baston générale dans une petite boite de nuit provinciale après avoir tapé le DJ. Une fois dehors ils s’étaient battus comme des chiens enragés l’un contre l’autre jusqu’à se trainer dans le caniveau. Et tout ça pour une meuf qui n’existait même pas[2]. Hier soir le code secret avait fait son effet, heureusement pour Kesty et son envie animale de se vider les corones.

La pêche à été bonne, deux anguilles et un poisson vert fluo à deux têtes. Les deux asiatiques à vélo (excusez le pléonasme) quittent les quais et laissent Kesty seul avec son imagination. Après avoir pensé à la détermination indiscutable du vécu, au terrorisme du rire, au gobage de Flambi, au championnat du monde de curling, au clip « drop » de Pharcyde, aux tomates farcies à la mozzarella fumées au four qu’il allait se faire ce soir, à l’hermaphrodisme, et à la musique Gnawa et ses similitude avec la techno et l’électro, Kesty en était à se demander pourquoi l’amitié homme-femme est elle si difficile à gérer. Dommage pour lui, il ne connait pas pasdechiffons.com, il n’est pas prêt de trouver une réponse à sa question.

Pourquoi c’est toujours aussi compliqué bordel de merde? Pourquoi il y a toujours trop d’huile dans les boîtes de thons? Pourquoi ? Pourquoi le feu ça mouille ? Pourquoi on est toujours insatisfait de son bonheur ? Pourquoi on veut toujours ce qu’on ne peut pas avoir? Eva était pas mal, même jolie, sympathique, elle savait se servir de son corps, elle n’était pas farouche, et elle avait même une lueur d’humour. Que demande le peuple!… Lui, ce gros con blasé, il ne lui avait même pas laissé son numéro et était partit ce matin sans l’embrasser en étant franc et honnête. Toute la journée il n’avait pas eu une seule pensée pour elle, et maintenant qu’il se faisait un peu chier et qu’il envisageait sa soirée de célibataire (branlette ou Playstation? les deux!), elle apparaissait à son esprit sous son meilleur jour comme par magie ironique…. quel bouffon!

Notes

[1] nom de code : « incrustation ».

[2] l’histoire est bien trop longue à raconter, peut être une autre fois… si vous êtes sages


23
mai 07

Le monde du spectacle et ses pantins, ou la Misère Morale

« Le quotidien de ceux qui rêvent du quotidien de ceux qui sont payés pour faire oublier le quotidien de ceux qui payent pour les voir simuler ce quotidien idéal. Un quotidien idéal qu’eux meme ne vivent pas, en dehors des scènes qu’ils tournent et des soirées mondaines où ils sont vus et aimés pour ce qu’ils ne sont pas. Misère morale. » (Fabe)

La société de consommation, comme la nature, ne fait rien au hasard. Le rôle de cette caste d’acteurs pathétiques, tous beaux et tous riches parce qu’au sommet de leur âge et dégagés dès les premières rides, est précisément déterminé. Faire rêver les autres, ces 98% de gens qui n’ont aucun accès aux media, donc qui n’y figurent pas, mais qui en sont les uniques consommateurs. Des gens pauvres, sans rêve et sans strass, dont la société veut nourrir l’espérance par le rêve, le rêve d’un jour peut etre pouvoir s’extraire de sa misère et vivre sans bosser. D’où Loft Story, d’où la Star Academy, d’où Capital, d’où l’invention de la Jet Set, qui n’est pas là par hasard dans un système économique complexe. Historiquement, c’est la religion qui était chargée de donner aux âmes suicidaires une raison artificielle de vivre.Ca s’appelle l’espérance ; et je vous renvoie à cet article (edit: il n’est pas fini et paraitra en Juillet). Il faut 20 secondes de recherche pour voir que les plus forts foyers d’implantation de la religion (hors religion juive) sont les régions qui concentrent le plus de gens pauvres. La télé, c’est la nouvelle religion. Celle qui s’invite directement chez les gens déprimés pour leur donner ce faux espoir que quelque chose de magnifique peut leur arriver. Sinon, ca ferait longtemps que Omar Harfouch serait incarcéré et que Paris Hilton serait déshéritée, reniée et surtout boycottée par les média. La télé vend du rêve, puis entrecoupe ce rêve de morceaux de rêve achetable. C’est la publicité, soit l’art de faire passer un produit de merde pour un morceau de bonheur. Alors lassés d’attendre le miracle du Dieu télévision (d’être recu à Qui veut Gagner des Millions, d’avoir les 3 télés etc…), on se réfugie sur le rêve atteignable, celui qui se paye cash. Lui, au moins, on est sûr de l’avoir.

Le plus triste dans tous ca, c’est que cette caste de branleurs se complait dans son rôle. Se complait à « être vus et aimés pour ce qu’ils ne sont pas ». Ils pensent dominer le monde par leur « succès » (le succès c’est comme le visage, « on le voit par les yeux des autres mais sans eux on ne l’a pas, on ne l’a plus » comme dirait Rocé) et l’arrogance de certains de ces pantins (visibles dans certains blogs) est à vomir ou à mourir de rire, selon l’humeur. Un monde dans lequel évoluent tant de femmes, heureuses gagnantes du concours biologique, et décidées à compenser leur évidente lenteur intellectuelle par une utilisation absolue de leurs charmes (pas seulement pour se faire baiser mais surtout pour baiser le peuple). C’est le pic de carrière dont je parlais dans « les différents stades d’évolution de la femme ». C’est l’état qui trahit -à qui en doutait- l’ampleur de la réduction psycholigiste féminine. On ressent alors un sentiment de grand vide, vide de l’écriture et vide des idées, totalement égo-centrées, autisme intellectuel sans la moindre prise de recul sur ce qui les a amenées là, sur le rôle qu’elles jouent dans ce Sim City réel, et sur leur fin de carrière à venir, aussi brutale que leur ascension.

Elles (les femmes et les homos qui travaillent dans les métiers de la représentation) se complaisent à executer ce qu’on leur demande, et à relater le tout avec un faux détachement et un dégoût surfait qui ne sert à rien à part à montrer à quel point elles ne sont pas conscientes du niveau de manipulations dans lequel elles se sont embarquées. Alors elles se présentent à ces soirées mondaines d’inauguration d’une collection ou d’une nouvelle marque, d’un lancement de CD ou de DVD, en clamant être dégoûtées par tous ces rails de coke enfilés, tout cet alcool qui coule à flot, toute cette hypocrisie et toute cette superficialité. Une soirée mondaine qui vise avant tout celui qui est de l’autre côté de la vitrine, dans le froid, buvant son verre de rêve comme devant sa télé, et inconsciemment castré par cette barrière invisible. Une castration qu’il voudra rétablir le lendemain, quand l’entrée sera permise et le choix facturé.

Débauche morale faite de drogue, d’alcool, de danse et de sexe, un cocktail détonnant prêt à faire bander les intérimaires, les bonniches et les bouseux, coktail toujours présenté avantageusement par les Ardisson, les Castaldi et les Fogiel, et bien sûr, jamais dans ses côtés puants (partouzes d’industriels francais et de politiques avec des adolescent(e)s arabes de 15 ans, mise au rebus de dizaines de milliers de femmes à 30 ans chômeuses qui deviendront gogo-danceuses ou prostituées, payées désormais pour se prendre les coups des bites qu’elle aura savamment castré durant sa précédente carrière).

Cocktail pathétique toujours présenté avantageusement par les media, à l’instar de toutes ces caissières, ces chercheuses, ces institutrices, ces boulangères, ces puéricultrices, ces médecins qui permettent au pays de tenir debout, bien loin des frasques de la poudre blanche dans le nez et des bites dans le cul.

Une mise en avant des media responsable des principaux maux de la société ; les femmes s’identifiant à ces putes, elles ont une forte tendance à monétiser leurs ébats d’une facon ou d’une autre, laissant choir ces millions de mecs pauvres qui jetteront leur dévolu dans une prostituée ou dans les films de cul, pendant que certains autres iront violer une innocente dans une cave pour enfin connaître ce qu’on voit partout mais qu’on n’arrive pas à avoir. Et ainsi de suite. Des medias responsables pour la cause supérieure, celle du profit, qui fera encore sortir gagnant le riche, qui pourra se barder d’artifices (montre, voiture de luxe, etc…), puisque la femme ne veut plus de rêve par l’esprit, mais du rêve par l’avoir, et qui fera languir le pauvre ou la bonniche de banlieue, dans sa frustration et son complexe, indispensables ingrédients des achats d’impulsions… par pur mimétisme de ces pantins malsains.

Parasite