Humanité


16
mai 07

La réduction psychologiste

La réduction psychologiste est une notion développée par Alain Soral que nous avons déjà abordée, mais qui servira de référence d’analyse dans nos prochains articles.

Elle est étroitement liée à la notion de la dissymétrie de l’oedipe. Ainsi, l’homme nait de la femme, l’être aimé. Il naît donc dans l’amour pur et absolu, à l’heure où rien ni personne n’existe encore dans sa réalité. Un amour aussi vif qu’éphémère, puisque très vite anéanti par l’arrivée du premier autre, le père. Un amour acquis dès la naissance donc, qu’il ne sera plus la peine de chercher par la suite.

Chez la femme, l’amour absolu de la mère n’a pas le même effet, puisqu’elle est elle-même destinée à donner naissance. L’arrivée du premier autre a donc un effet radicalement différent. Le père deviendra pour la fille un être à séduire. Son amour n’est pas acquis, il est à conquérir, ce que la fille s’efforcera de faire consciemment et inconsciemment durant sa jeunesse. (voir les différents stades d’évolution de la femme, voir ce qu’on a dit sur La Séductrice).

La conséquence pour la femme est donc d’évoluer très tôt dans un univers de séduction, et de développer une forte disposition à comprendre les interactions émotives et sentimentales des êtres humains. A l’intérieur de cette bulle sentimentaliste, une absence de meurtre du père, élément indispensable à l’élévation vers l’autre, vers le monde, vers les interactions plus globales.

La réduction psychologiste sera donc définie comme le phénomène amenant les femmes à interpréter les choses de la vie à un niveau purement psychologico-affectif, sans prendre (autant) en considération les éléments sociaux, économiques, et politiques. C’est ce phénomène qui enferme les femmes dans une ultra-conscience d’elles-même, de leur plénitude (voire « leurs problèmes de remplissage »), leur sentiments, leur bien être, etc… C’est encore ce même phénomène qui confère aux femmes cet intérêt incompréhensible d’un être rationnel pour l’astrologie, les magazines féminins, les régimes, la psychanalyse, la mode, la comédie, la décoration d’intérieur (une fois passée la quarantaine), etc…

C’est ce qui explique que votre copine puisse dépenser son argent dans Closer et Glamour, le premier étant une suite de ragots la confortant dans son monde où seuls l’apprence et les sentiments jouent un rôle, le deuxieme étant une suite de publicités, déguisées ou non, ayant trait à l’apparence et à l’écoute de ses besoins. C’est ce qui explique, selon Soral, l’interêt croissant de la bourgeoisie (et de la « social démocratie ») pour la femme. Utilisation en publicité, puisque son psychologisme la fait se sentir concernée par la simple présentation d’autres femmes, pendant que l’homme est (comme d’habitude) titillé sexuellement, une nouvelle fois prisonnier de sa condition biologique[1]. Utilisation dans le monde du travail, via le travail de la femme, soit cette substitution de l’esclavage du foyer par l’esclavage salarial. Là, les capitalistes exploitent le caractère purement féminin qui consiste à consacrer une énergie et une dévotion folle à une tâche assez simple, qu’elles tiennent de leur conditonnement psychologique à materner. Leur psychologisme les faisant plus difficilement prendre conscience du jeu de rôle dans lequel elles sont utilisées, cela donne une part grandissante d’ »exective women ». Un article intitulé « pourquoi les RH sont-elles des femmes? » paraîtra très bientôt pour illustrer ce concept.

Evidemment, il n’y a pas de règles sans exception. L’oedipe est une vérité universelle qui peut évidemment varier selon le vécu. Cela s’appelle un « accident oedipien ». Mère abusive, père absent, l’inverse ou la combinaison des deux peuvent fondamentalement changer le destin d’une personne. C’est ainsi que Marie Curie ou Jeannie Longo peuvent tant différer d’une Victoria Silvstedt ou d’une Paris Hilton.

Notes

[1] une série de textes sur les hommes est en préparation, pour équilibrer la balance


9
mai 07

Les stades d’évolution de la Femme

La femme

Note : Cet article est volontairement plein de généralisation. Prenez celles qui vous intéressent, jetez les autres.

L’adolescente

Prise dans les tribulations de la séduction dès son plus jeune age, la jeune fille désormais assez mûre pour séduire (physiquement du moins) va dans les premières années rechercher une relation capable de la faire sentir plus vieille, plus mature qu’elle n’est vraiment. La séduction du père ayant échoué à cause de la concurrence de sa mère (voir « le séducteur, la séductrice »), la jeune fille concentre toute son énergie à « vieillir » le plus vite possible. C’est la raison psychologique qui détermine certainement la disposition du corps féminin, en âge de se reproduire plus vite que les garcons. De là vient le cliché de la maturité féminine plus précoce que les garcons, argument toujours drôle pour qui a enseigné à des collégiennes. La jeune fille va donc chercher à rattraper sa mère par deux moyens essentiels :

  • Sortir avec des hommes plus vieux. Le marché de la séduction étant profondément déséquilibré, l’offre d’hommes sans femme de 20 à 30 ans est assez important, des hommes qui vont alors se déverser dans la classe inférieure, comme un boxeur qui passerait en poids mouche parce que lassé de se faire tabasser en poids plume.
  • Sortir avec des garcons du même age, mais mentalement pas très stables. Enfin, l’instabilité masculine typique, à savoir l’instabilité régressive. Nostalgique de la période d’amour fusionnel avec sa mère, l’adolescent mâle a tendance à chercher chez la jeune fille un amour irraisonné, passionnel et incontrolé, seule solution pour lui pour retrouver l’Amour (avec un grand A) perdu. Avec chance pour lui, cela va correspondre à une partie des attentes de la jeune fille. En effet, cette relation complètement déséquilibrée (communément appelée « passion« ) permet à l’adolescente de se sentir mère. Devant protéger, materner, chouchouter, et ne faire qu’un avec son petit copain, la jeune fille se sent de plus en plus légitime et de plus en plus mûre pour prétendre à la séduction du père (c’est jouer à la poupée mais avec un vrai mec si vous préférez). Ceci montre un peu pourquoi la plupart des couples d’adultes qui sortent ensemble depuis qu’ils ont 15 ans sont si pathétiques.

La très jeune fille se caractérise en outre par une immaturité totale : hystérie, exagération, hystrionie, fascination absolue pour les choses ayant trait à l’amour, elles contrôlent mal leurs sentiments et se donnent un faux air de détachement totalement paradoxal. Une attitude qui résume bien la situation de la jeune fille : plus un bébé, mais pas encore femme, elle voit la maturité comme salvatrice dans sa quête du père et de tout ce qu’il représente (accession à la vraie maturité, à l’age adulte lui permettant d’arriver au maternage), mais découvre son rythme biologique (règles) et vit une période d’instabilité profonde qui aboutit à une hystérie bien immature. La jeune adolescente est donc un entier paradoxe.

La jeune femme (jusqu’à 30 ans)

Si il y avait une courbe pour représenter l’évolution physique de la femme, ce serait une courbe de Gauss dont le sommet serait certainement entre 20 et 30 ans (35 avec les cosmétiques). C’est la période de tous les succès, la période où tout est facile et où elle a l’impression de dominer le monde uniquement par l’utilisation appopriée de ces charmes (ce qui est vrai). C’est donc la période où elle est la plus chiante, puisqu’en position de pleine-puissance sur le marché de la séduction. Grâce à la technique accumulée pendant l’enfance et l’adolescence (les règles de base de la séduction assimilées pour plaire au père), améliorées par la (vraie) maturité et donc un meilleur contrôle de ses émotions (bonne comédienne), la jeune femme s’en va à la quête d’un homme qui sera le modèle de virilité qui lui rappelle son père. Ayant vu chez l’adolescent la propension des hommes à se comporter comme des petites filles (besoin de tendresse, d’affection), elle va rechercher l’exact opposé, motivée par sa recherche inconsciente et biologique d’un fort taux d’androgène (comme on l’a vu dans cet article), indispensable pour l’emmener sur la voie de son bonheur, le maternage. C’est donc à cette période où elle fuira tout homme aux traits de gentillesse trop affirmés, et avec, la simplicité. Elle évolue dès lors dans un monde du non-dit, de l’énigme, de l’indicible, du sous-entendu. Univers pathétique où les hommes les plus cyniques et manipulateurs sortiront vainqueurs (voir Le Séducteur), et où les autres seront castrés et placés arbitrairement dans le purgatoire des sentiments, la friend zone (voir l’article sur L’amitié Homme-Femme). Dans la majorité des cas cependant, la femme de 20 à 30 ans connaît différentes expériences (la plupart du temps avec un homme pas aussi viril qu’elle aurait espéré, un peu trop gentil quoi), allant de l’amour fusionnel à la vie en couple, avant de se lasser de la « routine » (soit cette situation où le rapport de force laisse sa place au naturel, inacceptable pour la jeune femme), et de s’écarter de son compagnon pour se laisser tenter par un autre homme en représentation (plus viril, + d’androgènes), profitant là de son immense succès physique. (et subissant l’énorme pression sociétale au changement, au laisser aller, et à la perte de valeurs d’engagement, propédeutique au développement de la société de consommation). La jeune femme a une position tellement favorable sur le marché de la séduction, que certaines refusent même de céder à toutes ces avances, se placant définitivement sur un piédestal, dont il leur faudrait tomber pour se faire baiser, et jettent leur dévolu dans cette formidable invention : le travail de femmes (j’ai bien dit « de »). Soit le détournement d’une propriété biologique de la femme : éduquer un enfant avec beaucoup d’implication et d’investissement, pour une tache à moyenne valeur ajoutée ne nécessitant aucune créativité mais simplement de la rigueur, genre rentrer des chiffres dans Excel, commander des fournitures dans un bureau, communiquer, organiser les agendas, les interviews, etc… Bref tous les postes du tertiaire qui auraient un turnover colossal s’ils étaient occupés par des hommes, en plus de coûter plus cher. Cette jeune femme précieuse et hautaine devient donc executive woman, pensant que son succès est décuplé, elle qui refuse les hommes tellement elle a de propositions, et qui en plus connaît une gloire immense dans son travail, même si elle retrouve son pot de Nutella et ses séries quand elle rentre chez elle.

C’est également l’âge où la fille doit construire sa vie, quitter le domicile de ses parents, aller « en ville », faire une carrière, même si elle n’a pas fait beaucoup d’études. Bref, c’est l’âge où la femme commence à penser à son avenir matériel. C’est l’âge pour beaucoup de filles de la semi-prostitution. Soit cette capacité pour une fille bien disposée physiquement de s’échapper de sa condition sociale pour s’élever, en mettant son corps et sa capacité de séduction à disposition (vieux, mondains, businessmen)[1].

Mental note pour mon prochain article: contribuant ainsi à la misère sexuelle et sociale des hommes les bien moins lotis financièrement…

Et puis chez les bourgeoises et les bonniches, la vingtaine (surtout avant 25piges) c’est l’âge où on se marie, pétrit de certitudes, où l’on croit qu’on peut développer une vie à deux équilibrée et jouissive alors qu’on ne se connaît meme pas… en bref, c’est à cet age là que nombre de mariages foirés vont naître.

La femme (30 – 40 ans)

La trentenaire est fatiguée. Blasée d’avoir jeté la plupart des mecs bien qu’elle a rencontré, de les avoir castré et placé en friend zone, et d’avoir préféré se faire troncher par des mecs genre « Eric » de Paris, fidèle du Man-Ray, carte gold et poils sur le torse à la place. Elle est blasée car ce con la trompe, ne veut pas lui faire de gosse, et se fout royalement de sa gueule (surtout depuis qu’il baise avec Corinne, une de ses meilleurs amies). Elle l’a quitté un peu avant ses trente ans, car ca y’est ; la femme est sous pression biologique forte. Plus le temps de débattre, plus le temps de rigoler, elle doit maintenant trouver le père de ses enfants, et, après toutes ces expériences ratées, autant prendre quelqu’un de bien (d’autant qu’elle se sait dépassée par la femme de 20 ans… déjà). C’est la période où la séduction est la plus naturelle, la plus franche, la plus aisée. Les deux sexes agissant enfin naturellement, donc comme deux êtres qui recherchent la même chose. C’est la période où, une fois en couple, tout va très vite. Mise en couple, fiancailles, un gosse, deux gosses, nouvelle Laguna, tout est rôdé… Elle apprécie alors pleinement son travail, et vivra ses plus belles années de mère et de femme (de vrai femme, pas de pouff séductrice).

Quarante ans et plus…

Déjà hors-circuit physiquement, elle tombe de son piédestal lorsqu’elle est mise au rebus des métiers de représentation (communication, etc…), remplacée par la chair fraiche (celle qui fait rêver les consommateurs, facon Victoria Silvstedt). Ses enfants arrivant à l’adloescence (donc à l’age ou le mimétisme social remplace progressivement l’éducation parentale), elle a du temps pour faire un bilan de sa vie, ce qui coïncide généralement avec ses premières psychanalyses (elle y a toujours été sensible, en bonne lectrice de Elle et de Femme actuelle). C’est le temps des regrets, surtout pour l’executive woman qui se rend compte qu’elle a sacrifié les plus belles années de sa vie pour un 3 pièces à République et un écran plasma. La semi prosituée, elle, est désormais hors course, vivant sa solitude dans un studio proche du périphérique. Dans l’alcool et/ou la drogue, elle se dit que le monde est injuste et que les hommes sont des porcs, qui crachent sur une femme dès qu’elle commence à vieillir. Elle se dit aussi qu’elle a été bête de dépenser tout son argent dans de la chirurgie esthétique qui n’a finalement servi qu’à retarder sa fin de carrière de 5 ans.

Plus la femme arrivera près de la mort, plus elle réalisera que sa vie est désormais finie, dans le sens où la folie n’existe plus, où tous les moments de bonheur sont ceux vécus pas procuration par sa descendance ou ses proches. Elle rêvera alors de s’envoler une dernière fois. Une dernière fois aller au septième ciel, rappel final d’une danse envoûtante dont elle aurait dû mieux profiter. Alors elle scrute, désormais directe et honnête quand elle séduit, comme un jeune mec en confiance, et elle cherche à s’inviter dans une dernière imprudence et oublier, l’espace d’un instant, que sa gloire aura duré 15 ans.

Notes

[1] Un article sur le sujet est en cours d’écriture à l’heure où ces lignes sont postées


4
mai 07

Kesty L’homme Paradoxal(Part 1)

Sortie de Noël

Samedi 16 décembre 2006, 20 degrés à Paris, les patinoires prennent la poussière.

Kesty attendait l’hiver, le vrai, celui qui transforme les gens en boules de tissus frileuses, qui recouvre la ville avec son ambiance glacée, calme, féerique. Bien évidement il y a ces capricieux de sdf qui cassent l‘ambiance, prêts à râler à la première occasion. Mais bon , tout le monde fait avec, et kesty aussi. Et puis c’est sur qu’à Aubervilliers il faut avoir une sacrée imagination pour trouver un semblant de féerie…

Il attendait la buée qui sort de la bouche quand on parle, le chocolat chaud qui réchauffe les mains et les entrailles. La couette épaisse et douce qui lance des appels irrésistibles chaque matin. Appels irrésistibles capables de déclencher des directs du gauche dans le cadran de cette machine maudite qu’est le réveil. Kesty attendait l’hiver depuis le 15 Août, date charnière où l’été commence à l‘énerver. Comme il aime à le dire « quand on a chaud on ne peut pas enlever sa peau, alors que quand on a froid, on est bien content de l’avoir ». Il avait conscience de son grand talent à formuler des vérités universelles capables de renverser la face du globe.

Avant que ces semblables mammifères éternels insatisfaits ne commencent à perturber la météo, c’était généralement vers le 10 janvier qu’il commençait à en avoir marre de l’hiver et s’impatientait de la venue du soleil. Il attendait l’odeur de la rosée des premiers jours du printemps, quand la nature s’excite et que le lever est facile. L’air parfumé, le pollen qui vole, et les allergiques qui font chier avec leurs éternuements baveux. Il est comme ça Kesty, il aime les saisons, enfin pas trop quand même, faut pas exagérer.

C’est bientôt noël et toute sa magie envahit la ville. Une crotte de nez le démange, il prend l’escalator, et se rend compte que la grande partouze consommatrice qui règne à châtelet lui donne envie d’habiter dans une grotte, loin de tous. Une grotte munie de l’adsl et avec si possible, une femme pas trop relou avec des gros seins qui aime bien faire des massages. Si possible.

Boom! Bousculade de transport en commun…

-Mais faites attention où vous marchez jeune homme!! mal élevé va !!

Une vieille bourgeoise des Trente Glorieuses qui n’a pas compris qu’à son âge le maquillage ne peut que l’enlaidir, le fusille du regard avec cette posture typique des gens peureux qui se croient supérieurs. Mettre en doute l’éducation de Kesty n’est pas la meilleure stratégie pour obtenir des excuses.

-Vous savez madame, ça m’amuse particulièrement de marcher sur le troisième doigt de pieds des résidus de plus de 80 ans. C’est un de mes hobbies favoris. J’aime aussi mettre des coups de genoux à la face des marmots de moins de trois ans. Ca dépend des jours…

-Goujat!

-Pfff je sais même pas ce que ça veut dire, vieille peau boutonneuse et purulente..euh je voulais dire puante, veuillez excuser mon articulation.

La méchanceté est un art qui demande un entraînement quotidien et une discipline stricte. Il est plus difficile d’être méchant intelligement que de s’engluer dans une gentillesse mièvreuse et dégoulinante de niaiseries rhétoriques et de mépris hypocrite. La gentillesse des sans-avis. Kesty pratique la méchanceté depuis l’école primaire, mais attention, il maitrise aussi la gentilesse de l’animal bien dréssé. Ce qu’il aime, c’est cette fraction de seconde durant laquelle le visage de la victime passe de l’étonnement, à l’indignation puis à la soumission ou la colère. Dans ses situations on peut juger d’un coup d’œil si la personne se respecte, si elle est intelligente, si elle a de l’humour, si elle sait se contrôler, ou si c’est un espèce de loque malléable et soumise. C’est une méthode de jugement courageuse et efficace, même si elle est à double tranchant.

Arrivé au forum des halles, un grand coton tige sur pattes, habillé comme un balai à chiotte brillant, tendance fashion-attitude-forever « je suis un Rebel qui ne vit que pour mon miroir », parle dans son téléphone à deux mètre de Kesty:

-Bon alors tu viens ce soir?

Kesty ne peut s’empêcher de lui répondre intérieurement :

-Non, désolé je peux pas, je dois aller désosser ta famille.

-Mais c’est génial!

-Ah bon tu trouves ? Bon bah dans ce cas si tu n’y vois pas d’inconvénient, je vais aussi t’emprunter la carcasse de ta sœur pour en faire un superbe xylophone que j’installerais dans mon salon.

-Trop cool! Donc en plus Sabrina sera là ! Ramène de la musique, ça va être trop mortel !

-Exactement…

Le forum des halles est bondé de fourmis pré-pubères. Toute la banlieue débarque et se mêle aux putes à frange parisiennes et aux pantalons slim et crête sur la tête. Impossible de faire un pas sans avoir cette envie tyranique de taper sur un connard innocent. Ils ne font que piailler pour se faire remarquer comme si leur T-shirt provoc et leur lunettes « œil de mouche » ne suffisait pas. Non, il faut qu’ils gâchent aussi l’environnement sonore en plus de l’environement visuel. Sans parler de la déferlante d’effluves de parfums vulgaires que l’on est obligé de subir le samedi à chatelêt, jour de Beaugosserie nationale.

Finalement Kesty ira acheter le DVD des épisodes de Candy et le troisième roman de Iceberg Slim, [1] « Black Mama Widow » quand il y aura moins de monde et qu’il sera d’une humeur un peu moins massacrante. Pour l’instant, il préfère retourner dans le RER, rentrer chez lui, manger des céréales et rencontrer des gens sur internet. La vrai vie quoi.

Notes

[1] célèbre proxénète qui s’est converti en écrivain à la fin de sa carrière, « Black mama widow » raconte la vie violente et hardcore d’un homosexuel noir, le genre de bouquin qui fout la gerbe tellement il prend au tripes… bref un bouquin qui s’enchaine trés bien apres plusieurs épisodes de Candy…


29
avr 07

L’anti-racisme de pacotille

nationalisme

On est tous un peu racistes, arrêtez de vous mentir.

Le racisme est naturel, il est présent chez toutes les personnes sans exception à des taux variants selon le vécu et l’éducation. Celui qui n’est pas raciste n’est pas humain ou plutôt, c’est un gros menteur incapable d’être honnête avec soi-même. Le racisme exprime deux instincts fondamentaux, la peur de l’inconnu et la protection des siens et de son territoire. Deux instincts qui sont amplifiés par la constante création du préjugé humain[1]. Ne fais pas cette mine douteuse, tu as surement eu des réactions ou des pensées racistes dans ta vie, et si tu ne le crois pas, c’est parce que depuis que tu es tout petit on te rabâche que le racisme c’est pôo bien. Je parle ici du racisme de culture qui se confond chez les ignorants et les fachos avec le racisme basé sur la supposée différence de races.

Oui, nous sommes différents. Ce n’est pas parce qu’on a le même sang, et la même condition génétique qu’on est apparement pareil. Les visions du monde sont différentes, les idéologies aussi, les coutumes et habitudes encore plus… Il paraît évident que nous avons tous les mêmes capacités. L’inégalité des races est une vaste connerie. Par contre il y a toujours eu une inégalité des civilisations, c’est chacun son tour, ce qui dans le fond constitue une preuve de l’égalité des hommes. De Clovis, à l’empire mongole ou égyptien, en passant par napoléon, et l’empire américain (qui montre déjà des signes de déclin), on constate que les civilisations dominent le monde puis se laissent la place à tour de rôle. Aujourd’hui avec le système capitaliste mondialisé et les rapports nord-sud biaisé, la roue de la fortune des civilisations est ralentie. Elle tourne encore certes, en tous cas je l’espère pour l’Afrique et l’Amérique Latine. J’ai bon espoir car l’Asie nous le prouve depuis plusieurs années.

Quand la grand mère de ma copine me fait remarquer qu’elle n’est pas raciste mais que « quand même les africains sont en retard », elle n’a malheureusement pas tort, et c’est généralement considéré comme du racisme alors que ni un fils d’immigré, ni même un bledard ne peut affirmer le contraire. Je ne peux que lui répondre que ce retard a bien servi à l’Europe et que si on remonte quelques siècles en arrière c’est plutôt l’inverse… Mais qu’en effet depuis quelques siècles l’Afrique est en retard, et on lui met des troncs d’arbre dans les roues, que ce soient ses propres dirigeants ou les pays importateurs. L’histoire des civilisations est un brassage permanent , le résultat de l’ intéraction entre d’innombrables paramètres [2]. Si on ne relativise pas l’actualité avec ce genre de reflexion, on obtient un merveilleux terrain de croissance pour le racisme . Les gens confondent souvent « être en retard » et « être inférieur ».

L’anti-racisme est une censure qui ne résout absolument rien, au contraire…

A cause de cet épouvantail qu’est le racisme, toute critique de peuple ou de coutume est immédiatement censurée par l’obligation de tolérance. Ce reflexe de tolérance forcée ne fait qu’interdire ce jugement « raciste » naturel sans annihiler ses fondements et sans l’empêcher de perdurer.

Evidement que le racisme c’est mal, la guerre ce n’est pas bien, la famine ca devrait pas exister et snif snif le monde est triste, passe moi un mouchoir, pour essorer ma (fausse) déprime et ma (réelle) culpabilité… Vite retournons nous changer les idées en jouant au golf ou devant une bonne daube hollywoodienne en sucant des chocolats achetés dans le rayon « commerce équitable ».

On utilise souvent la tolérance et l’empathie de bas étages pour se déculpabiliser de son inaction et de sa place de privilégié[3]. Oui le racisme c’est mauvais et dangereux, oui il faut le combattre, mais la façon dont il est combattu est complètement stérile.

Oui il faut être tolérant et gna gna gna, nous sommes tous d’accord. On juge l’autre selon ses propres valeurs, c’est donc relatif. Ainsi pour un français c’est cruel d’égorger un mouton en criant de joie, pour un arabe c’est cruel de mettre ses parents dans un hospice, pour un chinois le chien c’est succulent, pour un marocain le code de la route c’est GTA, pour un suisse la délation est une preuve de citoyenneté[4]. L’évolution des comportements est complexe, et aux vues de la variété des civilisations et des cultures, il est logique qu’on ne se comprenne pas entre humains. Donc on doit être tolérant, et le respect n’est possible qu’à une condition: il doit être mutuel. Bravo!!

Ok c’est cool, mais pourquoi se brusquer directement et interdire toute critique au lieu de débattre et d’éclaircir les confusions faciles ?

Il est capital de respecter la culture de l’autre, mais on peut quand même avoir un avis positif ou négatif, de la même manière qu’on peut avoir un avis négatif sur sa propre culture, ou encore comprendre sans se vexer l’avis négatif de l’étranger sur notre culture.

Quelles sont les limites qui font garde-fou à cette pente glissante qu’est le jugement de l’autre et qui peut muter en un racisme dangereux ?

Il nous arrive souvent avec le Parazite de faire des blagues sur les bicots, les fromages Blancs et les Mobutu, euh je voulais dire sur les arabes, les occidentaux, et les noirs. Parfois même sur les esquimaux et les pakistanais, c’est dire… Rares sont les personnes qui comprennent qu’il n’y a là aucun racisme mais plutôt de la rigolade qui tape sur tout le monde, et surtout sur l’humain, ses différences, et ses préjugés. Nombreuses sont les personnes qui nous prennent pour des racistes bizarres car immigrés[5] … Le blocage automatique issu de l’ endoctrinement stricte antiraciste fonctionne à merveille, les gens sont génés, il ont envie de rire mais se retiennent, et n’oublient jamais de nous mettre dans une case. S’ils savaient… Le racisme est ailleurs, et ils n’ont souvent rien à nous apprendre sur le sujet, on sait ce que c’est, merci.

La nécessité de la nation :

J’en suis le premier déçu, mais notre planète se divise en nations, et avant d’être tous humain, nous sommes tous d’une nationalité. C’est injuste et triste mais avant ta fécondation tu as eu la chance ou le malheur de naitre ici ou là… Quelle connerie ces frontières… Pourtant c’est la seule solution que l’homme a trouvé pour assurer sa sécurité.

On est comme ca, l’homme est mauvais. Même si on avait décidé de gambader à poil tous ensemble dans l’herbe en passant nos journée à procréer et en se nourrissant des fruits qui tombent des arbres, ça n’aurait malheureusement pas duré. Cela aurait fini en bagarre, puis en union et en combat de groupes belligérants pour la possession de tel ou tel source de nourriture ou de plaisir, puis finalement, cette situation aurait abouti à ce regroupement maximal qu’est la nation. Nous sommes né cupides, égoïstes et rusés, autant que généreux, altruiste et désintéressé… enfin presque. Il suffit de regarder les enfants jouer pour s’en rendre compte.

L’identité se résume à un bout de papier, et la naissance est injuste.

Le mélange des cultures est très délicat, et il ne faut pas confondre racisme et nationalisme. Le nationalisme, c’est ce reflexe de défense de son pays et des avantages d’y vivre par rapport à un étranger. C’est un choix idéologique qui accepte et se contente de l’organisation mondiale par la nation, et donc de l’inégalité des peuples. Je peux le comprendre mais pas le cautionner, à moins d’aduler la loi du plus fort et donc de cracher sur les droits de l’homme.

Par conséquent, même si je suis fils d’immigré, je peux donc comprendre le français smicard qui se plaint de ne pas passer avant la famille malienne fraichement arrivée, dans l’attribution de logement social. Je le comprends, je ne le condamne pas, mais je ne cautionne pas cette idéologie mondiale issue de la réalité des nations qui cache la loi du plus fort[6] et dans ce cas précis qui renie l’infamie des colonies. Evidement lui et sa famille n’ont rien à voir avec les colonies, ils veulent juste profiter de l’avantage d’être né dans un pays riche, c’est leur droit le plus stricte. Tant pis pour les autres, la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, c’est malheureusement vrai, mais c’est heureusement ce qui se passe avec l’immigration clandestine. C’est toujours mieux que rien. C’est très facile de prôner la préférence nationale quand on est né dans un pays riche qui a tiré sa richesse de l’exploitation d’autres nations[7].

Le nationalisme africain existe aussi, et c’est toujours le même schéma, le pays le plus développé utilise cette idéologie nationaliste face au pays moins développés. Les pays puissants n’ont pas le monopole de la connerie et de l’injustice, ca serait trop beau, par contre ils sont sur le podium.

Choisis ta philosophie

J’ arrive donc à un point névralgique de reflexion sur le racisme, sur l’immigration et le choc de cultures communautaires. Il faut choisir son camp :

  • La préférence nationale, la sauvegarde de ses avantages et de son identité nationale, et donc la loi du plus fort.
  • L’humanisme, le mélange et la mixité, le partage réfléchit des richesses et l’effort de cohésion dans l’adversité capitaliste

Tous ceux qui font le choix de la préférence nationale se voilent la face et veulent préserver leur mode de vie et leurs avantages d’habitants de pays riches. C’est humainement compréhensible. Evidement c’est un choix facile, grâce au système mondiale capitaliste, ils peuvent utiliser les autres, les pauvres[8] comme main-d’œuvre bon marché et immigration contrôlée. Mais ils vont forcément en payer le prix, on ne peut pas avoir l’argent du beurre sans vouloir le beurre et toute sa famille si je puis dire…

Pour ma part je suis pour l’invasion de l’immigration de tout bord et du mélange total au risque de perdre certaines spécificités culturelles et nationales, et ce, même si je sais parfaitement que cela relève de l’impossible. Je l’envisage dans un cadre de réciprocité des nations basé sur le principe améliorable de la multi-nationalité … Le droit de migrer, c’est aussi celui de bouger. Les clandestins ne prennent plus le risque de repartir. Plus les frontières sont fermées, plus les gens s’installent; plus elles sont ouvertes, plus ils circulent. Cette vision des choses implique un savoir vivre que je n’ai que rarement retrouvé chez mes semblables français en afrique et mes semblables africains en France.

Les identités nationales sont déjà bien effacées par la mondialisation, et ce n’est que le début d’une tendance inéluctable, les disparitions de langues et de coutumes ne font qu’augmenter jours aprés jours[9]. L’avenir forcera les pays développés à revoir leur rapport à l’immigration et à l’intégration. D’ici 25 ans la population mondiale passera de 6.5 milliards à plus de 8 milliards d’habitants[10]. La chine et l’inde seront le moteur de la planète, leur puissance démographique va littéralement écraser l’occident qui ne cesse de vieillir.

L’identité d’un pays n’est jamais figée, elle se construit avec les arrivants et elle s’enrichit à travers les générations malgré les chocs culturels et le défaut d’intégration. L’Europe a peur de la jeunesse africaine, indienne et asiatique qui afflue à ces portes, la faim au ventre et du courage plein les mains. Elle développe des sentiments ultra sécuritaires qui sont accentués par le chômage, le racisme naturel et le conflit terroriste mondial. Il va falloir accepter et s’adapter à l’évidence, il n’est plus question de choisir.

En France, par exemple, c’est la politique de l’autruche face à ce tabou, et c’est ce qui joue en la faveur de l’extrème :

  • D’un côté le besoin de main-d’œuvre, de l’autre le chômage, le repli identitaire et communautaire, la ghettoïsation et l’insécurité.
  • D’un coté la prise de conscience que l’immigration est nécessaire pour payer les retraites, de l’autre la peur qu’elle pèse sur les charges sociales…

Continuons comme ça, continuons à simplement insulter le racisme montant, à se voiler la face sur l’immigration, à ne pas anticiper les grands changements démographiques en cours, et la seule certitude que l’on peut avoir c’est que ça ne fera qu’empirer.

Lashoz

Notes

[1] le préjugé est un raccourci cognitif qui remplit les trous de notre ignorance ou de notre incompréhension. On ne peut donc pas s’en passer, ni le combattre efficacement. On ne peut qu’avoir conscience de son influence sur notre jugement et agir en conséquence.

[2] paramètres économiques, démographiques, religieux, diplomatiques, politiques…bref tous les trucs en « ique »…

[3] Alors que dire ouvertement que c’est pas de chance pour eux, et que de toute façon on en a rien a foutre, serait plus honnête, je trouve. De plus on n’a pas à rougir de sa chance d’être né privilégié, on n’y peut rien

[4] dois-je préciser que je force les traits volontairement?

[5] comme si le racisme était une invention occidentale, les noirs, arabes et asiatiques le pratique aussi entre eux ne vous inquiètez pas.

[6] loi du plus fort tant au niveau militaire qu’au niveau économique qui pousse à la croissance effrénée et à la paix par l’armement et le nucléaire

[7] et la tire encore, demandez à l’industrie de l’armenement, par exemple

[8] Souvent des pays qui sont maintenus dans la misère par des relations nord-sud déséquilibrées, contaminés par la corruption de leurs élites et pillés de leurs matières premières à cause du rapport de force à l’achat

[9] Les linguistes s’accordent à dire que d’ici 2100, sur les 6000 langues recencées actuellement, 5500 seront mortes au même titre que le latin ou le grec. Aujourd’hui une langue meurt tous les 15 jours

[10] Ces projections reposent sur la poursuite d’une baisse du taux de fécondité dans les pays en développement, cette baisse sera encore plus forte dans les pays les moins développés


25
avr 07

On est tous des pigeons.

Tous des pigeons!

Début Avril. Arrêté une semaine pour une entorse bénigne, je remercie la féminisation de la société. Je pense aussi à mon père, à ce qu’il a dû faire… je pense à tous ces artisans qui n’ont aucune protection sociale car ils ne déclarent rien de peur de ne plus pouvoir nourrir leur famille, et qui doivent aller se casser le dos à faire un travail bien plus inhumain que le mien dans un état bien plus déplorable que le mien. Salarié du tertiaire dans la nouvelle économie, le paradis si tu mets des œillères et que tu refoules ta culpabilité.

Semaine dans Paris, à l’air libre, comme la pub pour le poulet à la télé. L’air libre à paris, c’est un tunnel de métro, et un jardin dans un quartier riche. On va là où le rêve se trouve. C’est le début du printemps, les filles moches aux gros seins se dénudent outrageusement la poitrine, comme pour se venger de leur anonymat qui a duré 6 mois. Elles veulent récupérer leur quota de regards, et remonter une estime qui a touché le sol. Les bonnasses s’arment d’outils différenciant, car elles savent que leur tenue légère les expose plus à la réalité de leur corps. Alors c’est lunettes Dolce & Gabbana, ceinture à strass, couleurs vives et chaussures assorties.

De mon sémaphore j’observe, comme à la fontaine du Washington square Park de New-York, le va-et-vient permanent. Les filles à l’allure rapide, seules, iPod sur les oreilles, qui trouvent une chaise, la traînent par terre à cause de leur sac énorme dans l’autre main, puis s’assoient, concentrées sur leur sujet… un livre sur l’art Victorien ou la déco d’intérieur, un Glamour pour les moins calculatrices. Puis vient la 4ème minute, celle du tour d’horizon. Regard circulaire autour du bassin d’eau, pour jauger les forces en présence. Beaucoup de mamies, deux homos qui se draguent dans leur t-shirt moulant orange fluo, des mères seules et sexy, et un ou deux galérien, dont moi, venu observer ou chasser, selon l’humeur du moment. Revigorées par un coup d’œil, elle ferme son visage, énorgueillée par la validation, et replonge gentiment et scrupuleusement dans son livre…. dont elle ne tournera pas la moindre page en 20mn. Elle effectuera une vérification des regards toutes les deux minutes environ, puis lancera à son tour des signaux, avec des regards un peu plus insistants sur qui veut bien la regarder, à mesure que le temps passe. Attendant la réaction, elle passera sa main dans les cheveux, gesticulera. Elle est désormais en situation d’attente, et n’aime pas ca. La fille déteste quand elle n’a pas le contrôle. Sans approche dans les deux minutes, elle s’en va, range délicatement son livre dans un sac qui pourrait contenir un rayon de la BNF, et se lève doucement, en marchant à une allure de sénateur. Ca, c’est le signal de la dernière chance. Marcher lentement pour minimiser la gêne pré-approche de l’homme. L’accoster maintenant, l’air supérieur, se poser en sauveur de sa journée, ou la laisser partir, l’afflux permanent de chair fraiche ne laissant pas de temps pour les regrets. Passée la porte du parc, elle reprendra son allure vive et hautaine, regardant tout droit à travers ses lunettes fumées qui parcourent le tiers de son visage.

Alors je marche, je me surprend une fois encore à vouloir systématiquement accoster les filles qui me méprisent le plus ouvertement, qui me télégraphient le fameux « espèce de serpillière, tu t’es perdu dans mon quartier ? ne m’aborde même pas ou tu vas subir les affres de mon bouclier anti-blaireaux ». Envie de tester mes super-pouvoirs, résurgence d’un vieux complexe d’infériorité sociale.. « baiser la bourgeoise pour baiser la bourgeoisie »… ou plaisir masochiste que sais-je après tout… Moi aussi j’ai sorti les lunettes à 130$, je travaille mon allure, régulière, sûr de moi, garant pour les mesdames d’une bonne habilité à aller chasser le gibier pour le ramener à la grotte. L’évolution darwinienne est immensément plus lente que l’évolution sociale. Deux, trois, cinq filles me regardent avec insistance pendant mon parcours, voire me sourient, mais rien à faire, plus c’est facile moins ça m’intéresse. Alors je rationalise, m’enfuis dans une douteuse prospective, pour ignorer que leur intérêt me ramène certainement à ce que je suis vraiment, à ma propre médiocrité… « des bonniches de gauche, fascinées par le côté rebelle, émoustillées pour choquer papa.. mais une fois serrées, scotchées à leur portable pour t’appeler toutes les deux minutes en disant « T OU ?? », organisant des soirées avec toi pour moisir devant combien ça coûte ou sans aucun doute, refusant de sucer… t’appelant ‘mon chéri’ et t’embrassant avec la langue dans un bus bondé » bref, un de ces jours ou seul l’impossible m’excite.. et l’impossible c’est la pouffiasse bourgeoise de droite.

Alors je m’assois sur un banc, joue avec un bébé avant qu’il ne devienne adulte, et regarde les pigeons. Ce bal incessant du début du printemps… le roucoulement du mâle à l’approche de la femelle, cette dernière qui s’enfuit, l’excité qui la pourchasse, faisant fuir l’autre à mesure qu’il insiste. Un concurrent, des coups de becs, le plus faible change de route, à la recherche de miettes de pain perdues parmi le sable. Alors je prend mon crayon et note sur une page de mon livre : « on est ptet pas des chiffons, mais on est tous des geonpav ».


8
avr 07

Animal social bien dréssé

évolution humaine

L’homme moderne a craché sur l’intelligence et le combat d’idées humanistes. Il a renoncé à l’action qui devrait suivre un débat constructif. Il a finit par ressembler à une vache qui regarde passer les trains[1] heureuse pourvu que l’herbe soit abondante même s’il faut obeir au fermier qui est sur le plan biologique son égal.

Donne à l’homme l’intelligence et ce dernier te fera un calibre (Karlito, mafia Kainfri)

Donne à l’homme de la bouffe, un semblant de divertissement, et l’illusion du progrès et ce dernier te foutra la paix.

Notes

[1] ou les journaux télévisés


3
avr 07

Constatation vestimentaire

L'embrigadement du costume

  • Quand je vois le profil des gens qui vont en tribune présidentielle pour les matchs de football professionnel,
  • quand je vois la tenue des petits assureurs nerveux, smicards, méprisés mais zélés, ou la tenue des agents immobiliers, investis du pouvoir de dire non, du pouvoir de mettre dans la merde sur des critères subjectifs sans rien avoir à justifier,
  • quand je vois la tenue des gens du hiphop lors des soirées de récompenses internes à ce milieu, et quand je vois la tenue des décideurs des maisons de disque,
  • quand je vois que moins une entreprise/institution créé de la valeur, plus son port a tendance à être obligatoire,
  • quand je vois la tenue des politiciens,
  • quand je vois la tenue des animateurs télé,
  • quand je vois la tenue des huissiers,

Je suis tenté de penser que le taux de pénétration du costard dans un milieu ou une profession est un bon indicateur de son niveau de pourrissement.


30
mar 07

Absence

Absence à soit et absence aux autres. Même entouré tu te sens tout seul, même seul tu ne te vois pas.

Quand ta presence est aussi transparente que ton absence, tu sais ce qu’il te reste à faire… Pourtant c’est quand le soleil s’éclipse, qu’on en voit la grandeur… faut croire que tu n’es qu’une ampoule, un petit néon remplaçable.

Les absents ont toujours tort, mais certains absents laissent un trou eternel.

Lashoz


12
mar 07

Amitié Unilatérale

Rencontrer des gens et construire une amitié fait partie des rares actions humaines passionnantes. Passionante car elle nous permet de se sentir vivre, d’échanger, de partager, de s’entraider, de débattre, de se reconnaître en l’autre, de grandir ensemble, de monter des projets … C’est le deuxième niveau d’humanité après la famille.

Or dans la vie, il n’existe pas 200 moyens de rencontrer des gens. Il y a trop d’obstacles à la communication[1]. En gros c’est soit par le biais du travail, soit par le biais d’activités extérieures limitées, soit par les amis des amis. Ce faire des amis c’est en réalité un vrai périple qui peut souvent nous décourager dés les premières tentatives.

La plupart des gens ont déjà leur cercle d’amis, et n’ont pas le temps de faire connaissance. Si on n’est pas curieux, spontané et culotté, il est impossible d’accélérer la progression dans l’intimité de l’autre, cette progression qui fait de nous un ami plutôt qu’une vague connaissance. Ca ne dépend pas que de nous, il faut qu’en face il y est du répondant et une motivation semblable…. C’est là que le bât blesse.

Il est très fréquent de rencontrer des gens qui nous intrigue, avec qui on veut aller plus loin, mais malheureusement on se heurte à un manque de volonté de leur part. Ce manque de volonté n’est pas forcément méchant , il dépend souvent de circonstances extérieures. Ainsi, je suis passé à coté d’amitiés formidables à des moments où je n’étais pas réceptif et inversement.

J’ai donc depuis inventé le concept d’amitié unilatérale. Cette amitié n’existe que par notre motivation. Si on appelle pas notre « pseudo » ami régulièrement, on a jamais de nouvelles de sa part. Si on ne propose pas des sorties, on ne se voit jamais. En réalité on garde cette personne comme ami uniquement par notre action. C’est le genre d’ami que vous aimez bien mais dont vous savez pertinemment que de son coté il en a plus ou moins rien à foutre de votre gueule et pourrait se passer de vous comme si de rien était. Mais voilà vous appréciez sa compagnie, il a plein de défauts bien chiants, mais ses qualités les compensent.

Il est donc capital de savoir :

  • quels sont vos amis unilatéraux,
  • quels sont les gens pour qui vous êtes un ami unilatéral.
  • quels sont aussi les gens à qui vous servez de kleenex à usage multiple.

Ainsi vous pourrez mieux gérer vos relations humaines, recevoir et donner de l‘amour plus justement:

  • Approfondir les relations avec les gens pour qui vous êtes un unilatéral ou chez qui vous aller pleurer et vous défouler, car vous êtes injuste avec eux, parcequ’ils ont une grande capacité d’amour à votre égard, et parcequ’ils l’ont déjà prouvé.
  • Réajuster à la baisse vos efforts envers vos amis unilatéraux car ils ne vous méritent manifestement pas, et ne donnent que très peu en retour.
  • Et enfin chérir de tout votre cœur, les autres , les vrais amis, les frères et sœurs que la vie vous a fait adopter, les gens qui vous aiment et que vous aimez. Il se comptent généralement sur les doigts de la mains et ils partiront peut être les premiers alors ne vous trompez pas.

Lashoz


6
mar 07

Immobilisme

Il n’y a rien de plus illogique et exaspérant que le stade où l’évolution de la vie nous a porté. Nous sommes capables de réfléchir, de prouver et de déterminer les maux de notre monde et les solutions[1], mais nous sommes incapables de les mettre en œuvre pour de nombreuses raisons souvent liées à la volonté et l’union humaine. Moi qui déteste le mot « utopie », ça me dégoûte de voir que je l’utilise de plus en plus souvent.

Veuillez excuser mon pessimisme mais on est bien forcé de constater que les hommes s’unissent et réagissent quand ils sont au pied du mur et clairement menacés. Il n’y a que la peur qui nous réveille.

Notes

[1] nous sommes même capables de les anticiper avec certitude