
On est tous un peu racistes, arrêtez de vous mentir.
Le racisme est naturel, il est présent chez toutes les personnes sans exception à des taux variants selon le vécu et l’éducation. Celui qui n’est pas raciste n’est pas humain ou plutôt, c’est un gros menteur incapable d’être honnête avec soi-même. Le racisme exprime deux instincts fondamentaux, la peur de l’inconnu et la protection des siens et de son territoire. Deux instincts qui sont amplifiés par la constante création du préjugé humain[1]. Ne fais pas cette mine douteuse, tu as surement eu des réactions ou des pensées racistes dans ta vie, et si tu ne le crois pas, c’est parce que depuis que tu es tout petit on te rabâche que le racisme c’est pôo bien. Je parle ici du racisme de culture qui se confond chez les ignorants et les fachos avec le racisme basé sur la supposée différence de races.
Oui, nous sommes différents. Ce n’est pas parce qu’on a le même sang, et la même condition génétique qu’on est apparement pareil. Les visions du monde sont différentes, les idéologies aussi, les coutumes et habitudes encore plus… Il paraît évident que nous avons tous les mêmes capacités. L’inégalité des races est une vaste connerie. Par contre il y a toujours eu une inégalité des civilisations, c’est chacun son tour, ce qui dans le fond constitue une preuve de l’égalité des hommes. De Clovis, à l’empire mongole ou égyptien, en passant par napoléon, et l’empire américain (qui montre déjà des signes de déclin), on constate que les civilisations dominent le monde puis se laissent la place à tour de rôle. Aujourd’hui avec le système capitaliste mondialisé et les rapports nord-sud biaisé, la roue de la fortune des civilisations est ralentie. Elle tourne encore certes, en tous cas je l’espère pour l’Afrique et l’Amérique Latine. J’ai bon espoir car l’Asie nous le prouve depuis plusieurs années.
Quand la grand mère de ma copine me fait remarquer qu’elle n’est pas raciste mais que « quand même les africains sont en retard », elle n’a malheureusement pas tort, et c’est généralement considéré comme du racisme alors que ni un fils d’immigré, ni même un bledard ne peut affirmer le contraire. Je ne peux que lui répondre que ce retard a bien servi à l’Europe et que si on remonte quelques siècles en arrière c’est plutôt l’inverse… Mais qu’en effet depuis quelques siècles l’Afrique est en retard, et on lui met des troncs d’arbre dans les roues, que ce soient ses propres dirigeants ou les pays importateurs. L’histoire des civilisations est un brassage permanent , le résultat de l’ intéraction entre d’innombrables paramètres [2]. Si on ne relativise pas l’actualité avec ce genre de reflexion, on obtient un merveilleux terrain de croissance pour le racisme . Les gens confondent souvent « être en retard » et « être inférieur ».
L’anti-racisme est une censure qui ne résout absolument rien, au contraire…
A cause de cet épouvantail qu’est le racisme, toute critique de peuple ou de coutume est immédiatement censurée par l’obligation de tolérance. Ce reflexe de tolérance forcée ne fait qu’interdire ce jugement « raciste » naturel sans annihiler ses fondements et sans l’empêcher de perdurer.
Evidement que le racisme c’est mal, la guerre ce n’est pas bien, la famine ca devrait pas exister et snif snif le monde est triste, passe moi un mouchoir, pour essorer ma (fausse) déprime et ma (réelle) culpabilité… Vite retournons nous changer les idées en jouant au golf ou devant une bonne daube hollywoodienne en sucant des chocolats achetés dans le rayon « commerce équitable ».
On utilise souvent la tolérance et l’empathie de bas étages pour se déculpabiliser de son inaction et de sa place de privilégié[3]. Oui le racisme c’est mauvais et dangereux, oui il faut le combattre, mais la façon dont il est combattu est complètement stérile.
Oui il faut être tolérant et gna gna gna, nous sommes tous d’accord. On juge l’autre selon ses propres valeurs, c’est donc relatif. Ainsi pour un français c’est cruel d’égorger un mouton en criant de joie, pour un arabe c’est cruel de mettre ses parents dans un hospice, pour un chinois le chien c’est succulent, pour un marocain le code de la route c’est GTA, pour un suisse la délation est une preuve de citoyenneté[4]. L’évolution des comportements est complexe, et aux vues de la variété des civilisations et des cultures, il est logique qu’on ne se comprenne pas entre humains. Donc on doit être tolérant, et le respect n’est possible qu’à une condition: il doit être mutuel. Bravo!!
Ok c’est cool, mais pourquoi se brusquer directement et interdire toute critique au lieu de débattre et d’éclaircir les confusions faciles ?
Il est capital de respecter la culture de l’autre, mais on peut quand même avoir un avis positif ou négatif, de la même manière qu’on peut avoir un avis négatif sur sa propre culture, ou encore comprendre sans se vexer l’avis négatif de l’étranger sur notre culture.
Quelles sont les limites qui font garde-fou à cette pente glissante qu’est le jugement de l’autre et qui peut muter en un racisme dangereux ?
Il nous arrive souvent avec le Parazite de faire des blagues sur les bicots, les fromages Blancs et les Mobutu, euh je voulais dire sur les arabes, les occidentaux, et les noirs. Parfois même sur les esquimaux et les pakistanais, c’est dire… Rares sont les personnes qui comprennent qu’il n’y a là aucun racisme mais plutôt de la rigolade qui tape sur tout le monde, et surtout sur l’humain, ses différences, et ses préjugés. Nombreuses sont les personnes qui nous prennent pour des racistes bizarres car immigrés[5] … Le blocage automatique issu de l’ endoctrinement stricte antiraciste fonctionne à merveille, les gens sont génés, il ont envie de rire mais se retiennent, et n’oublient jamais de nous mettre dans une case. S’ils savaient… Le racisme est ailleurs, et ils n’ont souvent rien à nous apprendre sur le sujet, on sait ce que c’est, merci.
La nécessité de la nation :
J’en suis le premier déçu, mais notre planète se divise en nations, et avant d’être tous humain, nous sommes tous d’une nationalité. C’est injuste et triste mais avant ta fécondation tu as eu la chance ou le malheur de naitre ici ou là… Quelle connerie ces frontières… Pourtant c’est la seule solution que l’homme a trouvé pour assurer sa sécurité.
On est comme ca, l’homme est mauvais. Même si on avait décidé de gambader à poil tous ensemble dans l’herbe en passant nos journée à procréer et en se nourrissant des fruits qui tombent des arbres, ça n’aurait malheureusement pas duré. Cela aurait fini en bagarre, puis en union et en combat de groupes belligérants pour la possession de tel ou tel source de nourriture ou de plaisir, puis finalement, cette situation aurait abouti à ce regroupement maximal qu’est la nation. Nous sommes né cupides, égoïstes et rusés, autant que généreux, altruiste et désintéressé… enfin presque. Il suffit de regarder les enfants jouer pour s’en rendre compte.
L’identité se résume à un bout de papier, et la naissance est injuste.
Le mélange des cultures est très délicat, et il ne faut pas confondre racisme et nationalisme. Le nationalisme, c’est ce reflexe de défense de son pays et des avantages d’y vivre par rapport à un étranger. C’est un choix idéologique qui accepte et se contente de l’organisation mondiale par la nation, et donc de l’inégalité des peuples. Je peux le comprendre mais pas le cautionner, à moins d’aduler la loi du plus fort et donc de cracher sur les droits de l’homme.
Par conséquent, même si je suis fils d’immigré, je peux donc comprendre le français smicard qui se plaint de ne pas passer avant la famille malienne fraichement arrivée, dans l’attribution de logement social. Je le comprends, je ne le condamne pas, mais je ne cautionne pas cette idéologie mondiale issue de la réalité des nations qui cache la loi du plus fort[6] et dans ce cas précis qui renie l’infamie des colonies. Evidement lui et sa famille n’ont rien à voir avec les colonies, ils veulent juste profiter de l’avantage d’être né dans un pays riche, c’est leur droit le plus stricte. Tant pis pour les autres, la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, c’est malheureusement vrai, mais c’est heureusement ce qui se passe avec l’immigration clandestine. C’est toujours mieux que rien. C’est très facile de prôner la préférence nationale quand on est né dans un pays riche qui a tiré sa richesse de l’exploitation d’autres nations[7].
Le nationalisme africain existe aussi, et c’est toujours le même schéma, le pays le plus développé utilise cette idéologie nationaliste face au pays moins développés. Les pays puissants n’ont pas le monopole de la connerie et de l’injustice, ca serait trop beau, par contre ils sont sur le podium.
Choisis ta philosophie
J’ arrive donc à un point névralgique de reflexion sur le racisme, sur l’immigration et le choc de cultures communautaires. Il faut choisir son camp :
- La préférence nationale, la sauvegarde de ses avantages et de son identité nationale, et donc la loi du plus fort.
- L’humanisme, le mélange et la mixité, le partage réfléchit des richesses et l’effort de cohésion dans l’adversité capitaliste
Tous ceux qui font le choix de la préférence nationale se voilent la face et veulent préserver leur mode de vie et leurs avantages d’habitants de pays riches. C’est humainement compréhensible. Evidement c’est un choix facile, grâce au système mondiale capitaliste, ils peuvent utiliser les autres, les pauvres[8] comme main-d’œuvre bon marché et immigration contrôlée. Mais ils vont forcément en payer le prix, on ne peut pas avoir l’argent du beurre sans vouloir le beurre et toute sa famille si je puis dire…
Pour ma part je suis pour l’invasion de l’immigration de tout bord et du mélange total au risque de perdre certaines spécificités culturelles et nationales, et ce, même si je sais parfaitement que cela relève de l’impossible. Je l’envisage dans un cadre de réciprocité des nations basé sur le principe améliorable de la multi-nationalité … Le droit de migrer, c’est aussi celui de bouger. Les clandestins ne prennent plus le risque de repartir. Plus les frontières sont fermées, plus les gens s’installent; plus elles sont ouvertes, plus ils circulent. Cette vision des choses implique un savoir vivre que je n’ai que rarement retrouvé chez mes semblables français en afrique et mes semblables africains en France.
Les identités nationales sont déjà bien effacées par la mondialisation, et ce n’est que le début d’une tendance inéluctable, les disparitions de langues et de coutumes ne font qu’augmenter jours aprés jours[9]. L’avenir forcera les pays développés à revoir leur rapport à l’immigration et à l’intégration. D’ici 25 ans la population mondiale passera de 6.5 milliards à plus de 8 milliards d’habitants[10]. La chine et l’inde seront le moteur de la planète, leur puissance démographique va littéralement écraser l’occident qui ne cesse de vieillir.
L’identité d’un pays n’est jamais figée, elle se construit avec les arrivants et elle s’enrichit à travers les générations malgré les chocs culturels et le défaut d’intégration. L’Europe a peur de la jeunesse africaine, indienne et asiatique qui afflue à ces portes, la faim au ventre et du courage plein les mains. Elle développe des sentiments ultra sécuritaires qui sont accentués par le chômage, le racisme naturel et le conflit terroriste mondial. Il va falloir accepter et s’adapter à l’évidence, il n’est plus question de choisir.
En France, par exemple, c’est la politique de l’autruche face à ce tabou, et c’est ce qui joue en la faveur de l’extrème :
- D’un côté le besoin de main-d’œuvre, de l’autre le chômage, le repli identitaire et communautaire, la ghettoïsation et l’insécurité.
- D’un coté la prise de conscience que l’immigration est nécessaire pour payer les retraites, de l’autre la peur qu’elle pèse sur les charges sociales…
Continuons comme ça, continuons à simplement insulter le racisme montant, à se voiler la face sur l’immigration, à ne pas anticiper les grands changements démographiques en cours, et la seule certitude que l’on peut avoir c’est que ça ne fera qu’empirer.
Lashoz