Tout est Marketing!


10
août 07

Ma mairie

J’habite en face de la mairie de ma ville. C’est pratique pour les démarches administratives, mais aussi pour deux autres raisons. La première c’est que j’ai la meilleure pendule que je pouvais avoir, pas de tic tac d’insomniaque, pas de panne de batterie, pas de clou à planter. Il suffit de regarder par la fenêtre, et hop impossible d’être en retard, enfin théoriquement.

La seconde raison, c’est que je peux passer du temps à regarder les mariages chaque samedi, ce qui généralement me met de bonne humeur pour la journée. Les gens sont tous joyeux. C’est marrant d’analyser la population et les habitudes puis de les comparer aux autres mariages. J’arrive souvent à identifier les beaux-parents, les frères et sœurs, les neveux et nièces qui font des bêtises dans les jupes des mamans, les adolescents des deux familles qui se rencontrent et parfois commencent déjà à faire des tentatives de flirt. Il y a aussi l’aïeul entouré de tous, les couples d’amis qui se toisent, les hommes mariés qui matent les femmes des autres, les jets de riz et de confettis, les séances photos, les rires et les sourires. Il y a les mariages où l’ont sent une cohésion générale et ceux où l’on sent une tension familiale palpable et électrique. Il y a les mariages où l’on fait péter la cagnotte pour louer une limousine et les mariages à l’ancienne, avec les voitures de collections et la dentelle. Dans les deux cas, on a toujours droit aux mêmes coups de klaxons euphoriques. Les mariés ont souvent la même attitude dictée par la pression de l’événement, le bonheur du moment et la difficulté d’accorder du temps à tous le monde. Les maris sont calmes, sérieux, heureux, les épouses sont heureuses, belles et au centre des attentions. On sent chez elles un stress particulier surement imposé par ce jour qu’elles attendent et idéalisent généralement beaucoup plus que les hommes.

Et merde, encore une fois, je me suis un peu lâché, ce texte n’est pas sensé parler du mariage. On continuera une prochaine fois.

Revenons à nos haoulis.

Hier soir, je me pose à ma fenêtre, et je remarque un groupe sortir rapidement d’une voiture garée devant la mairie. Ils se mettent à installer un pied pour projecteur sur le trottoir. Ces enfoirés de marketeurs alternatifs n’ont aucune limite. Ils ont en effet projeté une énorme pub de merde pour une émission de merde d’une radio de merde sur le mur de la mairie, bâtiment républicain.

Franchement ça m’a choqué.

Si c’était sur mon mur, ils se seraient mangé des œufs pourris dans la gueule, voir même de l’huile bouillante de friture (non je ne suis pas un extrémiste, juste un mec efficace). J’aime bien la république, du moins le concept, mais pas au point de gâcher des œufs qui étaient destinés à une mouillette matinale succulente[1].

Le marketing disjoncte. Quand je vois les opérations de marketing alternatifs envahissantes (sous prétexte d’être sympathiques et innovantes) qui s’ajoutent à de la publicité classique déjà bien présente, je me dis qu’on devrait avoir droit à une tranquillité visuelle. C’est un droit fondamental. J’ai le droit de ne pas avoir envie qu’on me propose d’acheter tel ou tel produit. J’ai le droit de ne pas vouloir que mes sens soit sans cesse attirés par des choses qui me sont inutiles. On a le droit d’avoir ce droit non?

J’ai été un enfant de la télé, j’ai baigné dans la pub comme tous ceux de ma génération. Quand j’étais petit je connaissais les publicités par cœur, voire même leur ordre de diffusion. Je me souviens d’un jour en classe de français en 6ième, la prof voulait nous montrer un documentaire sur l’affaire Drefus qu’elle avait enregistré la veille à la télé. Elle avait surement dû programmer l’enregistrement de son magnetoscope, et du coup elle avait enregistré les publicités. Elle fut choquée de voir que tous els elèves récitaient à l’unisson chaque message publicitaire. Je comprends seulement maintenant que ça puisse faire peur. Elle nous a passé un savon mémorable. Bref, tout ça pour dire que je suis un bon mouton du système, bien dans la moyenne, élevé aux bon grain télévisuel, mais franchement des fois je me dis que c’est abusé et oppressant, car même moi ça me choque.

Je connais l’efficacité d’un message subliminal ou d’un message à répétition. L’homme est réceptif, il est trés influençable et il s’adapte à son environnement sans même sans rendre compte. L’environnement en métropole est agressif. Nous recevons plus de 200 messages incitatifs à la consommation[2] par jour, au minimum. Et on s’habitue très vite, plus vite qu’il ne faut de temps pour s’en rendre compte, pour se plaindre et pour pouvoir refuser. Trop vite pour pouvoir maitriser les futures conséquences du changement et les variations de notre comportement, de notre bien être, de notre relation au besoin, et de notre constant endoctrinement.

Je suis curieux de voir l’évolution de la pub et du marketing d’ici 10 ans. Il y aura peut être des pubs dans les cimetières, les hôpitaux, les écoles, les maisons de retraites, les églises, qui sait ?

Lashoz

Notes

[1] En ce moment je mange des mouillettes, c’est une de mes nombreuses envies bizarres et tyranniques. Faudrait que je fasse un test de grossesse un de ces jours

[2] entre les affiches qu’on trouve partout, la télé, les enseignes, les tracts, la radio, les pop-up, bannières sur le net, le co-branding, la communication indirecte…etc. Amusez-vous à les compter vous verrez…


28
juin 07

Digestions pré-examinales

(Il y a un an déjà… humeurs textualisées en juin 2006 sur mon ancien blog. Parce que chaque mois de juin, j’ai l’impression que le temps a trop vite passé)

Maud et Éric, on vous avait prévenu, avant les exams vous mangez n’importe quoi. Mais grâce à Dieu et à Danone, la solution yaourto-médicale est là. Le yaourt médical c’est comme pour le yaourt anglais: vous utilisez des termes de médecin avec du yaourt dans la bouche afin de donner à votre discours une couleur plus authentique, tout en empêchant le commun des mortel de comprendre et donc éventuellement de vous démasquer (parce que si vous avez bien suivi, vous n’êtes pas médecin).

Oui Maud et Éric mangent mal. Mais en période d’ »exams » c’est normal, chaque minute de révisions (et de sorties aux Planches) compte et le temps disponible pour préparer de vrais repas (boeuf bourguignon, coquilles saint-jacques, choucroute provençale, …) s’amincit à mesure que leur cholestérol s’enflamme. D’autant plus que Maud et Éric vivent seuls (dans un loft de 150 m² avec terrasse en plein Paris) et révisent en même temps.
Du coup Éric a mal au ventre. Non pas que son futur recalage aux partiels l’angoisse (dans la vie Éric est au cours Florent) mais tout simplement qu’il est intestinalement désordonné (c’est là qu’intervient le yaourt dans la bouche): il faut dire qu’à midi, Éric s’est enfilé une demi-pizza de chez Garcia, une barquette de frites, et descendu la moitié d’une bouteille de soda, ce que ne manque pas de lui faire discrètement remarquer sa colloc’. Heureusement Maud, Dieu et Danone ont THE solution: « Prends un Bio de Danone, c’est carrément top bien contre le ventre qui fait du bruit« .

Du coup pourquoi se manger chaque jour les 10 fruits et légumes frais qu’ils ont la santé, de la pub d’avant ? Y’a bien assez de tomate sur la pizza, grâce à Bio de Danone tout va bien dans mon ventre. Bon ok, normalement il faut 15 jours pour que ça commence à faire ses effets (si si, c’est marqué sur la boîte), mais là Éric ça fait 15 seconde qu’il en mange du Bio et il se sent déjà d’attaque pour la dernière part de pizza.

Je suis content qu’une grande entreprise ait enfin décidé de tout miser sur de jeunes étudiants. Pour ce qui est de miser sur de jeunes diplômés, faudrait déjà que Maud et Éric les passent, leurs exams, depuis le temps qu’ils les préparent !

Nota (juin 2007) : On ne voit plus Maud et Éric. Peut-être ont-ils enfin eu leur bac ? Il est vrai que Bio est devenu Activia entre temps, et qu’il a fallut passer à autre chose. Maintenant, Danone donne aussi sa chance au quinqua pré-ANPE (il ne le sait pas encore), fringant malgré sa localisation dans une zone industrielle en déclin. Le quinqua de la publicité aime l’Activia à la mangue. Avec son prochain yaourt, Activia ét(h)iquetable, Danone donnera sa chance au jeune diplômé quinqua producteur de mangue équitable cubaine à écouler.


14
mai 07

Le progrès écologiquement correct

Hier soir, après un festin diététique au Macdonald, je file aux toilettes pour soulager ma vessie gonflée comme une baudruche par les cannettes que j’ai absorbé pendant cette journée caniculaire. J’ouvre ma braguette, dégaine le molosse, et dès la première goutte contre l’urinoir, j’ai eu l’honneur d’être le témoin d’un phénomène lumineux assez étrange. En effet, j’ai été un des cobayes privilégiés de l’urinoir du futur. Il s’agit d’un urinoir doté d’un mini écran plasma incorporé qui s’allume automatiquement après l’averse pour informer l’usager que l’urinoir qu’il est en train d’utiliser économise l’eau de la chasse d’eau afin de sauver la planète. Wouaaaou!

A vrai dire j’étais plutôt content de pisser sur cette entreprise de déculpabilisation sordide, sur ce nouveau marketing de l’écologie lucrative écœurant et sur ce progrès trisomique s’annulant lui même.

Ah ça oui j’ai pissé dessus de bon cœur. C’est désormais certain et officiel: ils nous prennent pour des cons et ils ont bien raison… Chaque urinoir doit coûter une petite fortune subventionnée, et en toute humilité, je crois pouvoir affirmer qu’il aurait été plus simple, moins couteux, et plus écologique de poser une affiche relayant l’information, plutôt que de consommer de l’électricité à la place de l’eau économisée. Applaudissons tous en chœur cette magnifique tentative de progrès écologique destiné à convaincre nos cerveaux d’ânes bâtés que le « monde bouge » même dans les fosses sceptiques…euh surtout dans les fosses sceptiques.

Après cette aventure aux reflets apocalyptiques, je prends le métro 1. Que de chance et de coïncidence, je tombe sur le nouveau prototype de wagon qui n’a de nouveau que ses écrans plasma diffusant de la pub et quelques minis documentaires économico-écologiques.

Je crois à une hallucination, provoquée par le choc post-traumatique de l’urinoir spatial. Je touche, observe, et remarque que mes compagnons de voyage (vous savez ces gens qui font toujours la gueule, un peu comme nous) trouvent ça parfaitement normal. J’aimerais bien voir les mêmes écrans designs dans les métros pourris que sont les lignes 5,2 ou 4, là où une simple rénovation serait vivement appréciée. Ah mais non, suis-je bête, les passagers de ses lignes n’ont pas le pouvoir d’achat réglementaire pour bénéficier de cette superbe avancée capitaliste, ils n’ont même pas de quoi se payer une boisson aux distributeurs ces cafards! Toujours est-il que ces écrans coûtent plus cher que mon salaire, sans compter le prix de l’incorporation au métro et le coût énergétique constant qu’ils engendrent. J’aimerais bien avoir le nez dans les finances de la RATP, pour analyser la gestion de leur trésorerie, leurs recettes en publicité, et plus précisément le process de détermination du prix du ticket.

C’est quand même assez triste de pouvoir admirer la beauté pixélisée de paysages bucoliques et printaniers dans les souterrains mécaniques, crasseux, monotones, et désormais marchands de mon quotidien morne. Avec en bonus à la fin du documentaire écologique, la jolie phrase de circonstance « avec l’entreprise X, préparons le monde demain ». Non merci le monde d’aujourd’hui me fait déjà regretter celui d’hier!

Tiens, voici une question bête, qui j’en suis sûr, fera plaisir à tous nos commerçants écolos :

Pourquoi les vitrines des magasins sont elles totalement éclairées 24heures sur 24?

On me répond que c’est pour le marketing. C’est évident ! Il faut être aveugle pour n’avoir jamais remarqué ces foules sauvages aux poches remplies de liasses de billets qui affluent la nuit et léchent les vitrines qu’elles voient très bien le jour. Plus sérieusement, je trouve ça scandaleux, et aucun argument de visibilité ne peut justifier un tel gaspillage.

Je dois être une espèce de « vieux jeune réactionnaire ».Vous voulez encore un exemple ? Des exemples?

Je trouve ça sidérant que l’on trouve de la publicité sur les tickets de caisse… C’est le comble du marketing! Et pourquoi pas la publicité sur la carte bleue et sur le PQ pendant qu’on y est…

Apres l’homme grenouille, l’homme orchestre, et l’homme spatial, on a fait un pas énorme en inventant l’homme sandwich qui compile toute ces fonctions en une seule. C’est un panneau publicitaire vivant qui distribue dans un espace des tracts pleins d’étoiles pour faire rêver et chanter en choeur la masse consommatrice qui vit en immersion dans l’océan de la connerie humaine en respirant des bouteilles d’oxygène aromatisées aux pétrodollars…

Que pensez-vous de cette mesure recommandée par un de mes amis cowboys au coin d’un bon feu (de voiture) dans le far ouest de la banlieue nord :

« Tu sais Lashoz, je pense qu’il serait plus efficace de revenir aux bonnes vieilles méthodes pour éduquer cette saloperie qu’est l’homme moderne. Il faudrait réinstaurer le bain de goudron obligatoire suivi du recouvrement de plumes à chaque plein d’essence. Puis ensuite il faudrait les obliger à battre des ailes avec conviction , et faire « coin coin » en attendant la marée haute assis sur un galet».

Intelligent non ?

Vous trouvez ça normal qu’un produit chimique « anti-mauvaise herbe » puisse se targuer d’être écologique? Un écrivain célèbre disait que les mauvaises herbes sont des herbes dont on n’a pas encore compris l’utilité. Enfin peu importe, on peut quand même se marrer devant la publicité de ce produit humainement bizarroïde car anti-écologique par nature. Après avoir été un grand débat de façade pour la campagne électorale, l’écologie c’est maintenant l’argument capitaliste par excellence. Un véritable business dans lequel on investit massivement dans la communication et trés peu dans les actes.

Bon aller, un petit contre exemple de l’utilisation positive du marketing par la WWF.

blackcloud

Un énorme ballon de baudruche noir accroché à un pot d’échappement du matin au soir, nous montrant la quantité journalière de gaz produit par nos indispensables voitures.

Multipliez-le mentalement par le nombre de voitures que compte notre petite planète, puis par le nombre de jours déja passés depuis l’utilisation massive de l’auto. Vous obtiendrez une prise de conscience assez violente ! Avant de vous quitter je vous laisse imaginer la même expèrience avec une cheminée d’usine chimique.

Lashoz


9
mar 07

Robin des bois et impostures

« Modern day robin hood » est un collectif de trois guignols qui lancent de l’argent dans la rue et se prennent pour des révolutionnaires.

Ces trois Robins des bois capitalistes (cherchez l’erreur) ont fait une première vidéo dans laquelle ils jettent de l’argent en l’air en pleine place publique. Dans un deuxième temps ils ont fait tourner cette vidéo sur le net, montent leur propre site internet et lancent une grande campagne de communication digne de professionnels de la publicité alternative[1]. Enfin, sur leur site internet, ils font monter le suspens et dévoilent au dernier moment l’endroit et l’heure du prochain lancer publique de billets (de 1$ bien sur) que tout le monde attend pour arrondir ces fins de mois.

Evidement le trafic du site explose, le prix des bannières publicitaires du site explose tout autant, et nos trois ingénieux entrepreneurs encaissent et redistribuent leur pécule (à quelle hauteur ça on ne le sait pas… bien sûr).

Ca paraît à première vue incroyable de gagner de l’argent en le jetant dans la rue, mais c’est vrai, et contrairement à ce que l’on peut croire c’est moche….

Outre leur amusement méprisable à voir des gens se battre pour attraper les billets, c’est l’utilisation de leur concept et l’hypocrisie de leur ambition « changer le monde » qui donne envie de les baffer.

Si telle est leur réelle ambition, ils ne s’y prennent pas de la meilleure manière, une telle redistribution ne change absolument rien à part leur nouvelle condition de stars.

L’argent redistribué est certes soutiré à de grandes entreprises mais en échange d’un trafic véritable et fructueux pour ces mêmes entreprises. On appelle ça de la collaboration et la redistribution des richesses dans ce cas précis, est encore moins juste que le salariat. En s’appuyant sur le besoin d’argent « gratuit » des gens, sur le système de la rémunération publicitaire et surtout sur une pseudo-éthique populaire et révolutionnaire, ils ont monté un bizness plus que profitable.

Ces trois voleurs se feraient égorger par Robin des bois ou embaucher par le crapuleux Prince Jean à l’époque de la forêt de Sherwood.

Tout est marketing…

Lashoz

La vidéo de distribution de billets par les petits profiteurs

Notes

[1] bien évidement, en fouillant on apprend que l’un d’entre eux est justement un publicitaire professionnel qui fantasme sur la célébrité


7
mar 07

Publicité dans un tunnel de métro – New York

Voici un exemple de plus de récupération d’un espace exploité premièrement par le graffiti pour faire de la publicité: Ce « film » est en fait composé d’affiches disposées à la suite, qui, selon le même principe que le cinéma ou le dessin animé, devient un vrai spot télé sous l’effet de la vitesse du métro, constituant une agression de plus, un viol de plus dans l’intimité de l’individu.


Tout semble avoir une limite (légale ou morale), sauf le marketing..


2
mar 07

La publicité

La place de la publicité dans nos sociétés occidentales est un indicateur indiscutable du degré de développement, ce magnifique développement que le tiers monde nous envie tant. Mais en réalité, l’omniprésence de la publicité nous montre surtout le degré de pathologie consumériste de nos vies.

Pendant le dernier siècle la condition de la vie humaine s’est stabilisée, il n’y a plus de guerre mondiale (seulement chez les pauvres qui ne dépensent pas de toute façon donc on s’en fout), la grande majorité mange à sa faim, l’espérance de vie ne cesse d’augmenter, bref tous les besoins vitaux sont satisfaits (besoin de sécurité, de nourriture, de santé…). Il ne nous reste donc qu’à satisfaire des besoins futiles et superficiels qui nous apportent un bonheur relatif qui est immédiatement gâché par l’arrivée d’un nouveau manque. C’est la logique du fameux et détestable « on en veut toujours plus et on désire ce que l’on n’a pas ».

Que l’on soit riche ou pas, on subit la publicité de plein fouet et l’envie inutile qu’elle crée en nous. Elle stimule et déforme continuellement notre relation au désir. En plus franchement la pub c’est moche et même quand c’est beau et artistique, c’est moche car monétaire, ça sert une mentalité de rapace économique et ca fout sur le tapin capitaliste toute forme d’art et de création libre. Quand on sait prendre un minimum de recul ca devient vite exaspérant, et puis souvent les publicitaires nous prennent pour des gros cons, des moutons stupides, des dépensiers névrosés, des pollueurs inconscients, des égocentriques égoïstes, des portefeuilles sans cervelle… Ont-ils vraiment tort? Je ne crois pas, je crois plutôt qu’ils ont raison, ils ont très bien compris comment exploiter les vices et les faiblesses humaines.

La dernière publicité de FillesTV exprime un négationnisme de l’existence de l’intelligence féminine assez affligeant. Selon ces affiches destinées à la gente féminine, les femmes sont matérialistes, futiles, et elles misent tout sur l’apparence, ( ce qui n’est pas complètement faux chez certaines femmes, il faut bien l’avouer). Mais ça me donne quand même envie de mordre dans le tas sans pour autant être une chienne de garde. Si être une vraie femme moderne c’est ça, on n’est pas dans la merde…


Les publicités pour hommes vont dans le même sens, on nous montre « qu’est-ce qu’un vrai homme ». Il est viril et métro-sexuel, beau gosse à la mâchoire carré, imberbe mais pourtant adepte du Gillette… Et évidement c’est un blanc au social proof affirmé, on n’oserait pas douter de la capacité de son cerveau, de sa carte de crédit, ni de la taille de son sexe. La dernière publicité pour coca cola zéro (le coca light pour les hommes ha ha ha) est à vomir, autant que le produit d’ailleurs. Les pubs pour déodorants sont toutes aussi ridicules.

Tout ce lavage de cerveau manque de finesse et de réalisme, c’est ouvertement du foutage de gueule et pourtant ça marche. Pourquoi lorsque l’on nous vend du rêve débile et machiavélique on y croit et on finit par vouloir faire partie de la communauté qui va adhérer au nouveau produit par le biais du porte-monnaie? On veut le Ipod et son casque distinctif parce que les gens « in » le possèdent tous (d’ailleurs maintenant il y a même le badge Ipod c’est assez débile). On veut gouter au dernier soda pour savoir « comment c’est et si c’est cool tu vois ». Beurk. On veut la dernière paire de sneakers air force one vintage parce que ceux qui « savent » nous remarquerons et nous identifierons comme puriste de la basket… super !

Combien coûte une publicité de Nike, Chanel, Citroën ? Je préfèrerais ne pas le savoir, ça me dégoute et c’est indécent par rapport à la situation mondiale de la majorité des peuples, mais bon ca fait tourner notre monde et apparemment et ce n’est pas prêt de s’arrêter.

Même ce texte est une pub à la pub, car même des critiques négatives sont un moyen de faire parler du produit.

A la télé on n’adapte pas les pubs par rapport aux types de programmes et d’émissions, c’est l’inverse qui se passe, aussi effrayant que cela puisse paraître. Aprés reflexion ça paraît complètement logique quand on sait que la pub est la première source de revenu des chaines. Les espaces entre les programmes télévisés sont des instants de cerveaux réceptifs car formatés par le programme qu’ils sont en train de suivre. On construit des programmes autour des créneaux de pubs, et on vend des audiences ciblées et des cerveaux en état de réception optimale au message publicitaire. D’ailleurs une étude montre que le volume de notre télévision augment de 30% automatiquement quand la plage de publicité commence.

Mais en fait quel est le problème ? Quel est le mal si tout le monde y adhère et rêve de faire partie de ceux qui en sont ? Le tiers-monde qui vit encore dans un type de société traditionnelle ne demande qu’à sucer le capitalisme… C’est moi qui doit être con de refuser toute cette offre… enfin refuser, intellectuellement seulement, parce que personnellement j’ai un Ipod, j’ai déjà gouté le coca zéro et même le Schweppes coconuts, et je kif grave quand j’enfile des air max toute neuve même si elle me foutent à découvert…

Lashoz