Le 10 Mai dernier c’était le jour de la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Je n’ai jamais eu confiance en ces mesures politiques d’apparence qui consistent à instituer des jours officiels pour telle ou telle cause.
Quand on me caresse dans le sens du poil, mes poils s’hérissent. C’est plus fort que moi, c’est un vieux reflexe que je tiens de mon ami le corbeau fromager.
Si j’étais une femme, je ferais partie de celles qui crachent sur “la journée de la femme”. Ca part d’une bonne intention et ça devient une carotte empoisonnée et emballée dans un joli papier cadeau avec le ruban de la bonne conscience masculine. Il n’y a rien de plus insultant, que ces mecs qui offrent une rose à leur copine chaque 8 mars[1], si j’étais l’une d’elle, je crois bien que je lui ferais avaler les épines.
Pour l’esclavage c’est pareil, tout le monde s’en félicite, on veut nous faire croire à un rééquilibrage juste qui permet la reconnaissance officielle d’une réalité historique, alors que ce n’est que l’aveu facile et déculpabilisant des atrocités du passé. Une reconnaissance officielle évitant l’auto flagellation nécessaire et minimum requise. Je vois ça comme une illusion de justice en retard. Un coup d’éponge magique et inconscient. Vous savez, le fameux devoir de mémoire qui calme les esprits et qui ne change rien. Mais cette fois c’est encore plus absurde, le devoir de mémoire occulte le présent.
Aujourd’hui 10% de la population mondiale, c’est à dire 550 millions[2] de personnes sont des esclaves modernes. Et ça ne se passe pas que dans le tiers monde. Dans Paris on en trouve plein, des jeunes filles sans papiers vendue par leurs parents à des couples bourgeois ou même modestes, toutes les couches socioprofessionnelles en profitent. Le travail au noir [3] cache parfois d’obscures pratiques esclavagiste.
Les enfants qui travaillent dans les champs, mines, usines, décharges, distilleries, le tourisme sexuel en asie et en Afrique, les délocalisations abusives, toutes ces réalités, on s’y habitue, ce n’est que le résultat logique de notre système économique, le prolongement d’une réalité historique et humaine apparement perpétuelle. Disons que c’est “normal” car de toute façon on s’en fout, c’est trop loin et puis il y a pas marqué Superman non plus, faut pas déconner.
Voila donc ma demande: Cessons de commémorer une abolition datant de 1848 qui n’a jamais été respectée , et commémorons la survivance de l’esclavage, dans la joie et la bonne humeur.
Très bon texte, mais je crois que je vais rester dans la catégorie Amour et Séduction…
LOL
Décidement nous ne sommes pas soeurs pour rien