« Diplômé d’une ESC ou d’une formation structurante équivalente »
A la lecture de ce pied d’annonce hautement répandu dans les offres d’emplois à + de 30K, je ne peux cesser de me dire que l’élève (de parents riches, on comprendra pourquoi après, à distinguer du cafard intégral) parfaitement glandeur du fond de classe, commis aux blagues du collège à la terminale, au manteau toujours chaud (c’est un des avantages d’etre collé au radiateur) aux couilles toujours vides (le cocktail rebelle/parents riches plait déjà aux futures pétasses), qui se contente d’un 10 tout le long de ses études pour décrocher sans mal son IUT Tech de Co , qui décroche ensuite une ESC après les concours Passerelle, mérite 100 fois mieux le qualificatif de « braqueur » que Jacques Messerine. Non seulement il économise 8000 euros (le concours parallèle fait gagner un an), mais ces deux années d’ESC, en plus de lui ramener de la bourgeoise de droite à foison dans son lit [1], de l’alcool et du shit gratuit fourni par la même bourgeoise soucieuse de s’encanailler, va lui permettre, au nom de sa « formation structurante » [2], de gagner 2, 3, voire 10 fois plus qu’un ouvrier qui a ruiné sa jeunesse en commencant à bosser a 16 ans, qui a dû se résoudre à épouser l’idiote du service livraison à défaut d’avoir accès (temps/argent/manque de crédibilité sociale) aux soirées BCBG, et qui en + devra payer le tribu de ces sacrifices à coup de décennies d’espérance de vie en moins.
On notera ici que, contrairement à l’idée qu’on pourrait se faire, il existe un certain nombre d’étudiants légitimes en ESC, majoritairement ceux issus de classes prépa et d’un milieu modeste. Criblés de dettes dès leur entrée à l’école, ils ne perdent généralement pas leur précieux centimes en alcool et en 27 euros de soirées étudiante par semaine, et ont un sens des réalités et des priorités qui les conduisent naturellement loin des activités de nantis arrivistes que sont la baise et la fumette.
L’ESC, ou le système du parasitisme héréditaire auto-entretenu… Une barrière à l’entrée équivalente à une année de salaire au SMIC, puis une rente payée au système mafieux équivalente à 6 mois de SMIC chaque année. Ca c’est le travail en amont. En aval, on se charge coté RH de verrouiller les postes-clés à ceux qui auront donné cette caution (et prouvé un minimum d’appartenance sociale et financière, comme un fille qui contrôle le niveau social du dragueur par la marque de son costume), et le tour est joué. Rajoutez à cela l’endogamie ESC-ienne (40% des ESC se marient avec un/une ESC) qui rassure les ainés de la bourgeoisie, et vous comprendrez que ce système, universellement reconnu comme misérable au niveau de l’apprentissage (la classe prépa étant le pendant public de cette mascarade qui tend à lui donner le minimum de crédibilité qu’il lui faut pour perdurer), continue à être si prisé des entreprises.
Notes
[1] la bourgeoise de droite étant attirée par son semblable économique, contrairement à la bourgeoise de gauche qui veut faire de sa chatte un moyen de réparation des inégalités sociales
[2] Vu le nombre de chômeurs post-ESC que je connais, incapables de travailler et de se faire à une vie normale après la profonde destructuration que leur a causé ce passage en ESC, ou leur rapport au travail, à l’argent, au plaisir à été troublé (essentiellement par l’alcool et la drogue), je ne sais pas si je dois rire de cette appellation ou m’en inquiéter.
excellente analyse…
signé un ex ESC (version prêt étudiant)
Apres un DUT tec de co on rentre aussi en première année d’ESC (c’est après une licence que l’on gagne un an).
Après cette petite précision, j’aimerai nuancer ton propos plutot juste dans le fond. Prépa, une période où l’on apprend quelque chose? Pas vraiment, c’est surtout du bourrage de crane de savoir savant qui ne sert en rien par la suite à la poursuite des études puisque le programme ESC est plus “pratique”, par contre elle apprend à beaucoup travailler et à devoir s’organiser (idéal pour un futur cadre sup’ non?).
Concernant les admissions parallèles, il n’y a pas que des glandeurs, comme tu le dit, il y a aussi de bon éléments qui faute d’information au préalable se sont orientés comme tout bon gamin des classes populaires en fac, ce concours permet de se “rattrapper” en quelque sorte (n’empeche il y a quand même aussi bcp de boulets dans le lot). Issu de prépa ou du concours parallèle, les “étudiants légitimes” se reconnaissent facilement dans les écoles, sérieux, bosseurs, réalistes, on les appelle fréquemment les polard ou encore les “nobody” tout simplement parce qu’ils n’ont pas de temps à perdre dans une des nombreuses associations dérisoires de l’écoleou en soirée alcoolisées, ils n’iront pas glander un an en échange aux états unis parce qu’ils ne peuvent pas taxer leurs parents sans des remords qui leur empechera de dormir (ils se rabatteront sur un échange erasmus de 6mois dans un pays d’europe type Pologne ou Slovénie) ce sont aux aussi qui en général ont un(e) petit(e) ami(e) de longue date qui se trouve en dehors de l’ESC parce que un “escien” normal fille ou garçon n’a en général rien vu et rien vécu et est donc foncièrement inintéressant. Il bossent sérieusement parce qu’ils ont en tete leur pret de 31000 euros qu’ils auront a rembourser dès la sortie de l’école, mais dans ce monde bosser sérieusement ne suffit pas malheureusement, car on décroche un bon stage ou un bon poste grace au réseau de papa-maman. Alors en général ils accepteront un poste en dessous de leurs capacités parce que pas le temps ni le choix de glandouiller 6 à8 mois pour trouver un bon CDI. L’école comme ascenseur social ne suffit pas, car les valeurs hérités de sa classe sociale de naissance ne changent pas si vite et c’est bien la le gros du problème, les “étudiants légitimes” sont en général trop polis et trop honnetes pour réussir dans le milieu des affaires.
Par C. déclassée elle-aussi, endettée, jeune diplomée esc, issue de classe populaire (famille d’ouvriers et de paysans) en CDD.