L’élection présidentielle pour les nuls

Expliquer l’élection présidentielle revient à expliquer rapidement le principe du marketing. Au départ de toute communication marketing, on distingue les différents types d’acheteurs potentiels de nos produits (si je vends des yaourts, j’aurais « les femmes qui surveillent leur poids », « les gosses qui aiment le chocolat », et ainsi de suite…). Une fois qu’on a fait ce travail, on estime la « solvabilité du segment », ou en gros, qu’est ce qu’on a à gagner à faire de la publicité pour ces gens là. Combien sont-ils, quel est leur pouvoir d’achat yaourts, etc… Après, je choisis mes segments. C’est alors que je créé un discours spécifique pour chacun d’entre eux, avec un message publicitaire propre (choix du support de pub, choix de ton du message, éventuellement choix de la marque, du logo, etc…). Le but est simple : un message unique pour tout le monde ne vendrait pas, car les gens ne se sentiraient pas concernés. L’être humain est individualiste depuis 60 ans (en gros, depuis que l’Etat s’est substitué aux solidarités familiales). Il veut donc un message qui le concerne, qui lui rappelle qu’il existe en tant que membre d’un certain groupe social (un segment, donc), et ca lui fait plaisir, donc il y est réceptif.

La politique, c’est pareil. On a deux grandes forces en présence (UMP / PS), qui en gros se partagent la moitié des électeurs chacun. La bataille à chaque élection dépend donc en grosse partie de ces quelques voix qui peuvent faire la différence. Ces deux partis sont les seuls à pouvoir gagner, car les seuls bénéficiant d’accords de taille avec les plus grosses entreprises de France, accords en échange desquels elles renverront l’ascenseur une fois élues [1]. Cette connivence malsaine leur assure des financements suffisants pour faire une campagne de pub d’envergure.

Seulement voila, une publicité pour séduire 50% des français, c’est pas possible en yaourt, et encore moins possible en politique. D’autant qu’on les a bassiné toute l’année pour leur faire croire qu’ils appartiennent à une case bien précise pour mieux leur refourguer les fruits de nos surproductions (mais si !! tous les pédés mettent des strings !! or, t’es un pédé !! tu vas l’acheter mon string Dim oui ou merde !!), du coup, un message trop grossier ne satisferait aucune communauté d’acheteurs ! (un électeur étant un « acheteur de projet » en quelque sorte). Les deux mastodontes vont alors aller convaincre leurs adhérents les plus crédibles sur leur segment de marché [2] de créer des partis bidons (généralement ils s’y prennent une élection avant pour pas que ce soit trop gros, et encore), bien ciblés sur un type d’électorat que le message mainstream du mastodonte doit occulter pendant sa campagne de masse. En gros on a identifié des segments sur lequels il fallait un message publicitaire particulier, et le message publicitaire va être relayé par un candidat (une baudruche) et un parti (une baudruche) à part entière. Caricaturés à l’extrême, ces partis ne sont là que pour contenter les sensibilités communautaires et pour flatter le désir de reconnaissance de chacun… (on peut d’ailleurs s’attendre dans les prochaines élections à voir un parti des homosexuels, des noirs, ou des femmes).

Le but ? Rapatrier les voix de ces électeurs qui veulent se sentir exister, les centraliser sur un membre du parti, qui ne manquera pas (pour satisfaire à ses obligations contractuelles) de faire un report « républicain » de ses voix sur son employeur au deuxième tour. (donc le PS ou l’UMP)

Maintenant que vous avez compris ça, relisons la liste des candidats sous un angle nouveau :

  • Marie Georges Buffet & Arlette Laguiller : usent et abusent du rôle historique du PCF (qui n’a strictement plus rien à voir avec ce qu’il est aujourd’hui), pour capturer les votes de tous ceux qui ne croient pas au capitalisme pour finalement les tromper en les redirigeant vers un parti aussi peu marxiste que Georges Bush. Dans le cas de Laguiller, les pseudos-solutions apportées frôlent la caricature tant elle ignore les réalités de la mondialisation et de l’internationalisation de l’économie. (comme dirait Lashoz, Laguiller c’est une marxiste qui n’a pas lu Marx)
  • Olivier Besancenot : baudruche stupide et misérable travaillant à séduire le segment des gens plutôt très jeunes, plutôt très pauvres, plutôt immigrés (il nous fait croire qu’il écoute NTM), desquels la gauche à dû sensiblement s’écarter pour aller séduire la folle du Marais. On notera que pour séduire un tel segment, ils auraient quand même pu nous sortir un arabe, pas une pareille tête de victime !
  • Frédéric Nihouls : Segment du chasseur, beauf, amoureux de la terre et de la bonne chair, que l’UMP a dû laisser de coté pour éviter de passer pour nationaliste et rétrograde auprès de la bourgeoisie urbaine. 2ème effet Kiss Cool, récupérer une partie des votes de Le Pen.
  • Philippe de Villiers : émissaire chargé de récupérer le maximum de voix de Le Pen pour l’UMP en chassant sur le terrain historique du FN à savoir la haine de l’étranger. Sans subtilité d’ailleurs, car de Villiers c’est quand même l’escroquerie démocratique absolue : il obtient ses 500 signatures sans effort alors qu’il est encore plus caricatural que Le Pen (qui, soi disant du reste, aurait du mal à les avoir), et alors surtout qu’il n’est crédité que de 1% des suffrages. Si la démocratie était un minimum mieux qu’un article d’encyclopédie, ce type là n’aurait non seulement pas le droit de se présenter à l’election (et donc pas le droit de s’exprimer), mais on retirerait aussi 5% à Sarkozy, pour avoir créer son rabatteur de façon aussi vulgaire.
  • José Bové : Clown, pitre chargé de rameuter les voix des plus puants des bobos : les alter mondialistes. Ces gens qui s’arment de boubous et de foulards palestiniens pour défiler dans les rues de Porto-Alegre, à 950 euros d’avion de Paris.

On remarquera que les rabatteurs sont plus nombreux à gauche qu’à droite, la gauche s’étant toujours inscrite dans une logique réductrice de contentement des individualités, et donc dans l’évitement soigné des problèmes d’ensemble. (voir l’article sur les minorités visibles)

Donc en gros, nous qui critiquons tant les américains, avons un système qui n’en est finalement pas éloigné du tout car le « choix », une fois dépecé de ses subtilités marketing, est très binaire: UMP ou PS?

Election à l'américaine

Notes

[1] inclusion dans les appels d’offre, voire attribution directe de marché public, subventions, emplois d’appoint en cabinet ministériel ou même poste de ministre façon Thierry Breton, commande d’études bidon, etc…

[2] ou les plus télégéniques, pour Besancenot

3 Responses to “L’élection présidentielle pour les nuls”


  1. 1 dilgo mar 28th, 2007 at 1:41

    Merci, c’est de la bonne analyse pour le prétendant à la dilgosphère.

    Mais Dilgo Baudruche de qui?

    PS, UMP?

    J’attends les propositions!

  2. 2 Deep juil 6th, 2007 at 17:22

    Bonjour Le parasite,
    L’analyse (presque vraie que tu fais) manque cruellement de subtilité.En effet l’existence de ces “baudruches” n’est pas toujours du fait des deux gros mastodontes (UMP/PS) mais il est vrai qu’ils les laissent vivoter pour pouvoir les récupérer et ainsi donner a cette bi-polarisation politique,le gout et la couleur de la diversité ,parce que le Francais,il veut avoir l’impression d’avoir eu le choix contrairement aux anglo-saxons qui assument mieux cette particularité.Mais la ou tu passes a coté dans ton analyse,c’est dans le financement de la vie politique qui permet de donner de l’argent a partir du moment ou tu existes auprés d’un électorat.La vérité se situe probablement plus la.Difficile dans un com de détailler et d’alimenter la polémique avec toi,alors ,je le ferai peut etre a votre apero des chiffons.
    Dernier petit point…Tu donnes l’impression d’etre “homo-irritable” pour ne pas dire plus…Zen…ne fais pas autri ce que tu n’aimes pas qu’on te fasse…J’espère juste me tromper.
    Message a Lashoz->Arlette n’est pas marxiste,elle est trotskiste.La nuance est de taille.
    Au plaisir de te lire…

  3. 3 Parasite-pasdeschiffons juil 9th, 2007 at 0:45

    Hello,

    Merci pr ton commentaire. Je ne comprends pas bien ton idée en rapport avec le financement, je doute que la naissance de ces partis soit née d’une motivation financière, vu que le financement (américain entre autres) de l’UMP (pour ne citer que lui) pour cette campagne est quasi illimité.

    Pour l’homophobie, puisqu’il faut appeler un chat un chat, je répondrais qu’il faut définir tous les types d’homosexuels, et que si on distingue bien tous ces types de la folle du Marais qui revendique et obtient au détriment des principes basiques d’équité, sous couvert de fashionerie malsaine et de victimisation puante, alors je suis d’accord… anti “folle” plutot… Je sais que c’est très tendance de les aimer mais je ne trouve pas de raison valable de mépriser les gens au nom de la liberté de se faire enculer.

    Honneur à ceux (l’immense majorité silencieuse) qui vivent leur sexualité, quelle qu’elle soit, dans la dignité et la modestie.

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