La déception

L’espérance est mère des déceptions. Ce surplus de bonheur par anticipation que nous confère le fait de croire en quelqu’un ou en quelque chose se termine forcément. Ca s’appelle le retour à la réalité. Fin de prospective, perspective rétive, potentiel répit mais probable précipice. Le retour est hard, et va de pair avec le niveau d’idéalisation qui s’est formé dans notre tête. On fonde notre espérance sur nos manques, et nos manques nous rendent faibles, serviles, soumis à cette volute de fumée construite par le fruit de l’imaginaire. Manque de chance, les trous étaient carrés, et le jeu du réel ne contenait que des ronds. Rien ne rentre, rien ne se comble et c’est déroutant. C’est dégoûtant de devoir jeter les pièces encore censées compléter le puzzle quelques heures avant. Alors on s’y accroche, pour un tour de manège additionnel, histoire de voir, on ne sait jamais. Mais comme un rond ne devient pas un carré, rien ne change et on se retrouve là au milieu de nulle part avec ce fameux choix. Le choix de la détresse qui nous tend les bras, bouteille de rhum, de Gin ou de vodka. Flash ou spliff pour les novices, larmes, armes ou crime pour les sensibles. Chacun sa méthode, mais une seule solution, combler ses manques par soi même, car un pansement ça se décolle, ça craint l’eau et ça se barre à la première occasion. Une fois coagulée, la plaie n’a plus besoin de son pansement, et bizarrement, c’est toujours là que ce connard colle le mieux.

2 Responses to “La déception”


  1. 1 charlie sept 14th, 2007 at 14:11

    Un com afin de vous féliciter pour vos très bons posts de manière générale (suis particulièrement friand de la catégorie relations humaines, tromperies, etc). D’ailleurs chauffez égos et chevilles, un article en votre honneur http://www.stereotype.fr/ :)
    Bonne continuation !
    Charlie

  2. 2 parasite sept 14th, 2007 at 15:11

    Merci Charlie! Ca fait bien plaisir ;)
    J’ai bien aimé votre blog aussi!

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