La réduction psychologiste

La réduction psychologiste est une notion développée par Alain Soral que nous avons déjà abordée, mais qui servira de référence d’analyse dans nos prochains articles.

Elle est étroitement liée à la notion de la dissymétrie de l’oedipe. Ainsi, l’homme nait de la femme, l’être aimé. Il naît donc dans l’amour pur et absolu, à l’heure où rien ni personne n’existe encore dans sa réalité. Un amour aussi vif qu’éphémère, puisque très vite anéanti par l’arrivée du premier autre, le père. Un amour acquis dès la naissance donc, qu’il ne sera plus la peine de chercher par la suite.

Chez la femme, l’amour absolu de la mère n’a pas le même effet, puisqu’elle est elle-même destinée à donner naissance. L’arrivée du premier autre a donc un effet radicalement différent. Le père deviendra pour la fille un être à séduire. Son amour n’est pas acquis, il est à conquérir, ce que la fille s’efforcera de faire consciemment et inconsciemment durant sa jeunesse. (voir les différents stades d’évolution de la femme, voir ce qu’on a dit sur La Séductrice).

La conséquence pour la femme est donc d’évoluer très tôt dans un univers de séduction, et de développer une forte disposition à comprendre les interactions émotives et sentimentales des êtres humains. A l’intérieur de cette bulle sentimentaliste, une absence de meurtre du père, élément indispensable à l’élévation vers l’autre, vers le monde, vers les interactions plus globales.

La réduction psychologiste sera donc définie comme le phénomène amenant les femmes à interpréter les choses de la vie à un niveau purement psychologico-affectif, sans prendre (autant) en considération les éléments sociaux, économiques, et politiques. C’est ce phénomène qui enferme les femmes dans une ultra-conscience d’elles-même, de leur plénitude (voire « leurs problèmes de remplissage »), leur sentiments, leur bien être, etc… C’est encore ce même phénomène qui confère aux femmes cet intérêt incompréhensible d’un être rationnel pour l’astrologie, les magazines féminins, les régimes, la psychanalyse, la mode, la comédie, la décoration d’intérieur (une fois passée la quarantaine), etc…

C’est ce qui explique que votre copine puisse dépenser son argent dans Closer et Glamour, le premier étant une suite de ragots la confortant dans son monde où seuls l’apprence et les sentiments jouent un rôle, le deuxieme étant une suite de publicités, déguisées ou non, ayant trait à l’apparence et à l’écoute de ses besoins. C’est ce qui explique, selon Soral, l’interêt croissant de la bourgeoisie (et de la “social démocratie”) pour la femme. Utilisation en publicité, puisque son psychologisme la fait se sentir concernée par la simple présentation d’autres femmes, pendant que l’homme est (comme d’habitude) titillé sexuellement, une nouvelle fois prisonnier de sa condition biologique[1]. Utilisation dans le monde du travail, via le travail de la femme, soit cette substitution de l’esclavage du foyer par l’esclavage salarial. Là, les capitalistes exploitent le caractère purement féminin qui consiste à consacrer une énergie et une dévotion folle à une tâche assez simple, qu’elles tiennent de leur conditonnement psychologique à materner. Leur psychologisme les faisant plus difficilement prendre conscience du jeu de rôle dans lequel elles sont utilisées, cela donne une part grandissante d’”exective women”. Un article intitulé “pourquoi les RH sont-elles des femmes?” paraîtra très bientôt pour illustrer ce concept.

Evidemment, il n’y a pas de règles sans exception. L’oedipe est une vérité universelle qui peut évidemment varier selon le vécu. Cela s’appelle un « accident oedipien ». Mère abusive, père absent, l’inverse ou la combinaison des deux peuvent fondamentalement changer le destin d’une personne. C’est ainsi que Marie Curie ou Jeannie Longo peuvent tant différer d’une Victoria Silvstedt ou d’une Paris Hilton.

Notes

[1] une série de textes sur les hommes est en préparation, pour équilibrer la balance

4 Responses to “La réduction psychologiste”


  1. 1 Denis L. mai 16th, 2007 at 18:45

    Je ne veux pas faire de vague, mais cette notion n’explique pas l’homosexualité. Ou plutôt l’explique indirectement, mais de façon un peu dangereuse.

  2. 2 BenP mai 16th, 2007 at 18:48

    Je comprend le concept de dyssymétrie de l’Oedipe. toutefois dans ce que j’ai lu, il ne prend pas racine dans la naissance mais plutôt dans le revirement attachement de l’enfance. La fille étant comme le garçon indifférencié de l’objet maternelle à la naissance, l’amour envers celle-ci est fort dans les deux cas. C’est plutôt avec la socialisation et la différenciation des sexes (événement génital) qu’elle doit faire un renversement de l’investissement vers le père ce que le garçon n’a pas a faire. Que penses-tu de cette interprétation ?

  3. 3 alex mai 17th, 2007 at 4:12

    Education (on engeule le gamin qui pleure, on caline la fille), coutume (on offre un poupée à la fille, un GI Joe au fils), imaginaire collectif (une fille doit s’occuper de ses frères, pas l’inverse, ou encore la fille ne sort pas de peur qu’elle se fasse violer, le gamin fait ce qu’il veut dès 14 ans)… cela peut jouer.

    Mais surtout la différence ne se situe-t-elle pas tout simplement entre les jambes du sexe masculin, qui ne s’intéresse très majoritairement qu’à l’apparence du sexe opposé? Cela n’induit-il as une proportion à développer chez la fille le besoin de se regarder devant le miroir, de se comparer entre elle, avec les stars dans les magazines, de perdre du temps dans les magasins de fringue ou de déco…

    Après, il y a sans doute une prédisposition génétique à l’émotion chez la fille, mais avec l’égalité des sexes, narcisse se masculinise, ces hétéros deviennent des métrosexuels abonnés au Club Med Gym, se rasant le torse et lisant FHM ou Choc, même si c’est encore une minorité, je que le seul complexe d’oedipe, ne répond pas à la question.

  4. 4 Parasite-pasdeschiffons mai 18th, 2007 at 5:13

    Merci pour vos commentaires. Avant de commencer ce blog, quand on discutait avec Lashoz, on se disait que c’était certes un moyen d’exprimer nos idées et d’enfin partager ces années de réflexion sur les choses de la vie, mais on se disait aussi que c’était le meilleur moyen de compléter nos points de vue, de les confronter… et idéalement, dans les rêves les plus fous, de rencontrer des gens intéressants.

    Denis, j’apprécie ton commentaire, par contre je ne vois pas où je parle d’homosexualité ;-). J’ai un projet de texte la dessus, mais puisque tu en parles je pense personnellement qu’un accident oedipien peut expliquer *une forme* d’homosexualité (il conviendrait dans mon texte de développer les différentes formes). Dans ce que j’ai pu lire, c’est souvent le cas de la mère abusive et du père soumis/absent qui favorise l’homosexualité, bien souvent par fratrie dans ce cas.

    BenP, ton commentaire est très intéressant. Dans cette théorie, tout se passe à un niveau extrêmement inconscient. On considère que le contact à la mère est un sentiment extrêmement profond qui sera marqué à vie dans notre cerveau. On va alors se référer à ce sentiment. Le garcon aura alors un ressenti de bien être supérieur à la fille. La fille garde en revanche un souvenir impérissable de son père qui lui saisit sa main d’enfant, qui la coiffe, ou lui achete une robe. Le garcon aura une mémoire plus friable des détails du quotidien, mais aura une tendance très forte à idéaliser la relation avec une femme, très profond dans son inconscient, en la voyant comme un moyen d’atteindre un stade de bien être incroyable. D’où son instabilité régressive à l’adolescence et à l’enfance, car s’éloignant de ce paradis perdu (l’incontinence adolescente est surtout masculine par exemple), d’où une tendance à la recherche d’une copine maternisante jusqu’à la 20aine, d’où une lassitude assez récurrente pour pas mal de mecs (quand on se rend compte que la femme ne peut pas nous apporter cette situation indéfiniement), et d’où, chez le séducteur, une indispensable démystification de la femme et une déconnexion de l’image de la mère pour pouvoir abattre les barrières sociales et la peur de la femme qui hante 95% des hommes, même ceux qui jouent les gorilles au Cab le week end. Une démystification du séducteur qui n’est que de facade, puisqu’il multiplie les conquêtes et vis dans l’instabilité amoureuse pour reproduire artificiellement un moment d’amour passionné de nombreuses fois (d’où une nostalgie de la mère plus forte que la moyenne, souvent dû une absence relative de celle ci pendant son enfance)

    Très intéressant Alex! J’aime bien ce genre de commentaire.
    Pour te répondre, je me réfère à la sociobiologie. J’y apprends que la femme possède en moyenne 10% de plus de graisse que l’homme, graisse censée attirer le mâle car preuve de bonne fécondité. L’homme est donc biologiquement constitué pour être attirée par la femme qui lui assure le maximum de chance de perpétrer ses gênes. Je ne pense donc pas que ce soit la société qui soit responsable du goût des hommes pour l’esthétique (esthétique=fécondabilité). D’ailleurs, dans les pays qui glorifient et idéalisent les femmes, comme dans les pays ou il n’y a ni barbie ni GI-Joe, les hommes pensent quand meme avec leur sexe, et recherchent la femme la plus belle du village (maximiser sa fonction réplication), et la femme cherche l’homme le plus fort du village (maximiser sa fonction survie). Dans les provinces les plus reculées d’Asie, la où la femme est vénérée, les hommes gèrent la politique et les femmes dévouent énormément d’énergie dans les rizières, tâche peu ambitieuse mais déterminente pour la survie du groupe. (parallèle à faire avec le maternage).

    En bref, c’est un débat très très récurrent de connaitre ce qui est “hardwired” dans nos cerveaux et ce qui est social, pure conséquence du vécu…

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