L’effort, la séparation, le manque, la maladie, la souffrance, la mort… L’être humain survit à tout. Toute créature est concue pour maximiser ses chances de survie et de réplication, pour perpétuer l’espèce et l’amener à perdurer à travers les époques. Alors les espèces s’adaptent. La mouche se déguise en abeille, le caméléon se déguise en plante, certains poissons en corail, les fourmis s’organisent en équipe, etc… L’homme a quant à lui presque tout essayé pour maximiser sa survie : chasse, combat, fabrication d’armes blanches, puis d’armes à feu, d’armes de guerre, bombe atomique, armes bactériologiques, etc…
Toutes ces recherches, ces évolutions ont progressivement amené l’homme à être l’unique espèce capable de dominer toutes les autres. Or, la Nature est construite comme un tout composé de différentes espèces, chacune disposées à aider une autre espèce à perdurer, et chacune chassée et détruite par une troisième espèce, dans le but de maintenir un équilibre logique entre ressources et population. En étant la seule espèce capable de maitriser toutes les autres existant sur la terre, l’homme a donc pu se répliquer de facon plus rapide que la croissance de son milieu naturel, l’amenant ainsi à le détruire pour continuer sa course effrénée. Continuant sa route vers le « progrès », l’homme gagne en années d’espérance de vie, devenant quasiment invincible, modifiant sa composition biologique avec des médicaments (DHEA, Viagra…), contourne les lois naturelles de fécondité équilibrées (fécondation in-vitro, etc…), une course lui permettant de quasi doubler sa population totale en 100 ans, et donc de devenir la seule espèce à croissance exponentielle.
Cette domination absolue, amenant une croissance déraisonnée de l’espèce, allait conduire progressivement l’homme à l’inéluctable : devenir son propre ennemi, seul moyen de réguler l’avancée de l’espèce humaine. Les guerres, les clans, le terrorisme, peu importe le but avoué, tous ces actes de barbarie ont cela en commun qu’ils freinent l’explosion de la population. Et plus l’avancée se poursuit, plus l’homme met au point des systèmes de destruction plus massifs, comme pour compenser la progression toujours plus importante. L’autre preuve que l’homme est devenu son propre ennemi est une étude basique des maladies humaines « récentes » : le cancer, soit un nombre de cellules rebelles qui se dérèglent pour attaquer toutes les cellules « sœurs » (comme une tribu qui en attaque une autre), le SIDA, qui vise précisément l’acte de reproduction, comme pour pousser l’humain à séparer ce fondement capital de l’espèce, à savoir l’absence de dissociation entre prise de plaisir et reproduction, absence de calcul et caractère magique de l’opération. La troisième preuve de se retournement de l’homme contre l’homme, c’est l’équilibre de l’espèce par le suicide. Ayant développé une vie sociale pour imposer une solidarité de fait entre les humains (objectif de survie de l’espèce), la pression biologique a pris une dimension nouvelle avec la pression sociale, avec la montée de l’individualisme, de la pression de l’excellence, et de tous les jeux de manipulations humains que cela implique, multipliant là les occasions pour un être humain de s’autodétruire.
C’est pour parer à cela que l’humain, par le principe de l’adaptation de l’espèce à travers le temps (pour se protéger d’un danger ) s’est bardé d’un artifice de protection à la dépression, de protection à l’autodestruction, capable d’augmenter encore un peu sa valeur survie, face à cet ennemi d’un genre nouveau. Il s’agit de l’espérance, que nous étudierons dans un article très bientôt.
La nature se rebelle contre l’Homme et fera bientôt plus de morts que toutes les guerres de religion ou pétrole réunies ! L’espérance est le propre de l’homme libre. Qu’en est-il des autres ?
Salut Bonnie
L’espérance est le propre de l’homme quel qu’il soit… et encore plus de l’homme pauvre. C’est l’espérance qui le maintien et l’empêche de se tirer une balle ou de prendre les armes. La croyance en une justice dans l’audela, donc en la religion est beaucoup répandue chez les populations pauvres… L’homme libre espère pour des raisons différentes, mais il espère tout comme le prisionnier.
Clyde
C’est curieux, je suis allé voir “28 semaines plus tard” samedi soir au cinéma et cet article que je lis ce matin résonne de façon assez incongrue avec le sujet du film… Bonnie nous dit que la nature va se charger d’apporter des solutions - ce dont je doute beaucoup. Pour ma part, j’ai le sentiment que nous seuls sommes en mesure d’apporter des solutions au problème que nous représentons, et on peut se demander si certains plans ne sont pas déjà à l’étude, voire même déjà engagés…
Lashoz : Tout à fait d’accord. Les pauvres espèrent toujours que leur condition s’amèliore un jour, ( loto, a qui le tour ?)…
Maintenant, reste à définir “l’Espérance” car les hommes riches espèrent tout autant que les autres mais ne partagent pas les mêmes rêves !
Ce qui me dérange dans “l’au-delà” religieux, c’est la passivité de l’espérance, comme une sorte de fatalité, un acte de Dieu. J’ai du mal…
Emmanuel : Je me suis mal exprimée (c’est lundi, j’ai mal aux cheveux et comme qui dirait un peu de mal à écrire mes pensées:) Je ne dis pas que la nature va se charger de trouver une solution, je dis simplement que les catastrophes naturelles dues aux excés de l’Homme se multiplient et nous invitent à nous interroger sur notre devenir.
Salut
Intéressante ta théorie Le Parasite qui dit si j’ai ben compris que la guerre, la maladie et autres autodestructions (suicide etc.…) sont un moyen pour l’espèce humaine d’équilibré sa population.
Cependant, je n’en suis pas tout à fais convaincu, d’après moi les quelques dizaines de milliers voir quelques centaines de milliers (peut être quelques millions) de morts provoqués par les guerres, suicides et autres catastrophes ne sont que des gouttes d’eau dans la mer quand on prend en compte les plus de 7 milliards d’être humains présents sur terre et qui ne cessent de se multiplier.
Hélas pour l’équilibrage de la population, il ne faudra pas trop compter sur la nature mais plutôt peut être sur des prises de décision politique à grande échelle.
Une petite remarque (peut être hors sujet) sur l’espérance, je ne suis pas persuadé que ce soit toujours une bonne chose, je pense que l’espérance nous bloque, je m’explique : on espère toujours que notre situation s’arrangera dans un futur hypothétique et du coup, on ne fait rien pour remédier à notre situation au moment présent. Je crois donc que l’espoir immobilise plus qu’il aide.
“Je ne dis pas que la nature va se charger de trouver une solution, je dis simplement que les catastrophes naturelles dues aux excés de l’Homme se multiplient et nous invitent à nous interroger sur notre devenir.”
Le tsunami de 2003 n’a t-il pas fait plus de 500 000 morts, soit infiniment plus que bien des guerres réunies (et presque 500 000 fois plus que le world trade center)? C’est de toute facon elle qui aura le dernier mot.
Intéressant cet article… Intéressant et “répercutant”…
C’est une pensée qui passionne et qui divise. Que la nature ait le dernier mot, cela ne fait pas de doute, mais qu’elle ait le choix, c’est une autre histoire… L’homme pousse à l’autodestruction, malheureusement, pas de lui même, il affecte toutes les formes de vie autours de lui. Il ne se contente pas de maitriser, il supprime, éradique, détruit.
On nous annonce depuis quelques decennies une pandémie, certains s’y préparent même, croyant l’avoir apperçue sous le nom “grippe aviaire” ou encore “H5N1″, sans compter effectivement le nombre exponentiel de maladies auto-immunes, cancers, virus et autre maladies qui reviennent alors qu’on les pensaient “éteintes”…
On pourrait parfois se comparer au cancer de la Terre… sourire…
On attend la suite !
Ceci dit, Le Parasite, je parle de toi chez moi.
Gratuitement.
Si.
De rien.
La régulation de la population mondiale par la guerre, les pandémies et les catastrophes naturelles, c’est bizarrement très continent-dépendant.
http://www.vhemt.org/
C’est une opération sans douleur, cette hausse du suicide, une opération qui se fait tranquillement, à coup de montée d’individualisme et de pression à l’excellence, l’excellence qui n’a jamais mené quiconque quelque part (pr reprendre le dicton, “on part tous les pieds devant”).
L’espèce qui s’autorégule par le suicide, c’est inévitable quand on observe notre situation: une couche sociale qui éloigne l’homme de sa nature, une nature à peu près identique à ce qu’elle était il y a 500 ans. Une nature habituée donc à vivre en groupe, habituée à suivre ses pulsions et à rester proche de la nature. Plus on s’éloigne de ces fondamentaux (par la substitution d’intéret secondaires inutiles aux nécessaires intérets primaires que sont la survie et la réplication), plus on a du mal à se sentir heureux (pas du bonheur d’espérance positive, le vrai bonheur, celui de l’harmonie intérieure), sans forcément comprendre pourquoi. La couche des soigneurs d’âmes produites par la société de consommation n’y fera rien, ce phénomène continuera de s’empirer tant qu’on restera esclaves d’une vie pour laquelle on n’est pas fait anthropologiquement. Aucune détermination du corps ne nous pousse à l’excellence, à l’accumulation de profits à passer 3h chaque jour ds un tunnel et avoir un horizon bouché par des barres de béton, ni à se satisfaire de vivre plus ou moins isolé. Le prochain article (Jeudi, “La notion d’espérance”) observe simplement les petits bonheurs artificiels que l’être humain “civilisé” s’est construit pour ne pas s’autodétruire… un destin inéluctable si on se rend compte de notre situation objective, par opposition aux aspirations réelles de notre composition biologique.