« Le quotidien de ceux qui rêvent du quotidien de ceux qui sont payés pour faire oublier le quotidien de ceux qui payent pour les voir simuler ce quotidien idéal. Un quotidien idéal qu’eux meme ne vivent pas, en dehors des scènes qu’ils tournent et des soirées mondaines où ils sont vus et aimés pour ce qu’ils ne sont pas. Misère morale. » (Fabe)
La société de consommation, comme la nature, ne fait rien au hasard. Le rôle de cette caste d’acteurs pathétiques, tous beaux et tous riches parce qu’au sommet de leur âge et dégagés dès les premières rides, est précisément déterminé. Faire rêver les autres, ces 98% de gens qui n’ont aucun accès aux media, donc qui n’y figurent pas, mais qui en sont les uniques consommateurs. Des gens pauvres, sans rêve et sans strass, dont la société veut nourrir l’espérance par le rêve, le rêve d’un jour peut etre pouvoir s’extraire de sa misère et vivre sans bosser. D’où Loft Story, d’où la Star Academy, d’où Capital, d’où l’invention de la Jet Set, qui n’est pas là par hasard dans un système économique complexe. Historiquement, c’est la religion qui était chargée de donner aux âmes suicidaires une raison artificielle de vivre.Ca s’appelle l’espérance ; et je vous renvoie à cet article (edit: il n’est pas fini et paraitra en Juillet). Il faut 20 secondes de recherche pour voir que les plus forts foyers d’implantation de la religion (hors religion juive) sont les régions qui concentrent le plus de gens pauvres. La télé, c’est la nouvelle religion. Celle qui s’invite directement chez les gens déprimés pour leur donner ce faux espoir que quelque chose de magnifique peut leur arriver. Sinon, ca ferait longtemps que Omar Harfouch serait incarcéré et que Paris Hilton serait déshéritée, reniée et surtout boycottée par les média. La télé vend du rêve, puis entrecoupe ce rêve de morceaux de rêve achetable. C’est la publicité, soit l’art de faire passer un produit de merde pour un morceau de bonheur. Alors lassés d’attendre le miracle du Dieu télévision (d’être recu à Qui veut Gagner des Millions, d’avoir les 3 télés etc…), on se réfugie sur le rêve atteignable, celui qui se paye cash. Lui, au moins, on est sûr de l’avoir.
Le plus triste dans tous ca, c’est que cette caste de branleurs se complait dans son rôle. Se complait à « être vus et aimés pour ce qu’ils ne sont pas ». Ils pensent dominer le monde par leur « succès » (le succès c’est comme le visage, « on le voit par les yeux des autres mais sans eux on ne l’a pas, on ne l’a plus » comme dirait Rocé) et l’arrogance de certains de ces pantins (visibles dans certains blogs) est à vomir ou à mourir de rire, selon l’humeur. Un monde dans lequel évoluent tant de femmes, heureuses gagnantes du concours biologique, et décidées à compenser leur évidente lenteur intellectuelle par une utilisation absolue de leurs charmes (pas seulement pour se faire baiser mais surtout pour baiser le peuple). C’est le pic de carrière dont je parlais dans « les différents stades d’évolution de la femme ». C’est l’état qui trahit -à qui en doutait- l’ampleur de la réduction psycholigiste féminine. On ressent alors un sentiment de grand vide, vide de l’écriture et vide des idées, totalement égo-centrées, autisme intellectuel sans la moindre prise de recul sur ce qui les a amenées là, sur le rôle qu’elles jouent dans ce Sim City réel, et sur leur fin de carrière à venir, aussi brutale que leur ascension.
Elles (les femmes et les homos qui travaillent dans les métiers de la représentation) se complaisent à executer ce qu’on leur demande, et à relater le tout avec un faux détachement et un dégoût surfait qui ne sert à rien à part à montrer à quel point elles ne sont pas conscientes du niveau de manipulations dans lequel elles se sont embarquées. Alors elles se présentent à ces soirées mondaines d’inauguration d’une collection ou d’une nouvelle marque, d’un lancement de CD ou de DVD, en clamant être dégoûtées par tous ces rails de coke enfilés, tout cet alcool qui coule à flot, toute cette hypocrisie et toute cette superficialité. Une soirée mondaine qui vise avant tout celui qui est de l’autre côté de la vitrine, dans le froid, buvant son verre de rêve comme devant sa télé, et inconsciemment castré par cette barrière invisible. Une castration qu’il voudra rétablir le lendemain, quand l’entrée sera permise et le choix facturé.
Débauche morale faite de drogue, d’alcool, de danse et de sexe, un cocktail détonnant prêt à faire bander les intérimaires, les bonniches et les bouseux, coktail toujours présenté avantageusement par les Ardisson, les Castaldi et les Fogiel, et bien sûr, jamais dans ses côtés puants (partouzes d’industriels francais et de politiques avec des adolescent(e)s arabes de 15 ans, mise au rebus de dizaines de milliers de femmes à 30 ans chômeuses qui deviendront gogo-danceuses ou prostituées, payées désormais pour se prendre les coups des bites qu’elle aura savamment castré durant sa précédente carrière).
Cocktail pathétique toujours présenté avantageusement par les media, à l’instar de toutes ces caissières, ces chercheuses, ces institutrices, ces boulangères, ces puéricultrices, ces médecins qui permettent au pays de tenir debout, bien loin des frasques de la poudre blanche dans le nez et des bites dans le cul.
Une mise en avant des media responsable des principaux maux de la société ; les femmes s’identifiant à ces putes, elles ont une forte tendance à monétiser leurs ébats d’une facon ou d’une autre, laissant choir ces millions de mecs pauvres qui jetteront leur dévolu dans une prostituée ou dans les films de cul, pendant que certains autres iront violer une innocente dans une cave pour enfin connaître ce qu’on voit partout mais qu’on n’arrive pas à avoir. Et ainsi de suite. Des medias responsables pour la cause supérieure, celle du profit, qui fera encore sortir gagnant le riche, qui pourra se barder d’artifices (montre, voiture de luxe, etc…), puisque la femme ne veut plus de rêve par l’esprit, mais du rêve par l’avoir, et qui fera languir le pauvre ou la bonniche de banlieue, dans sa frustration et son complexe, indispensables ingrédients des achats d’impulsions… par pur mimétisme de ces pantins malsains.
Parasite
Tags: jetset, manipulation, media, monde du spectacle, social-democratie
Je sens pas mal de défaitisme dans ce post…
Tu regardes quelle chaînes et vit dans quel monde? Parce que les putes, les bites dans le cul, la coke, les PD (dans le sens méprisable de ce que peuvent être une minorité d’homos, ce rôle de pute au masculin) et les golden boys au sourir freedent, OK, je le connais, il suffit de sortir sur certains endroits de Paris pour le rencontrer et en gerber.
Tout le monde sait que la religion est un lieu de refuge et de lien communautaire, comme le communisme l’a été. Avec la chute de l’URSS, le délitement du lien social, le chômage, et un certain racisme, dans bon nombre de pays occidentaux la religion à occupé plus de place dans les couches défavorisées (l’Islam en France), et l’individualisme forcené à remplacer le petit père du peuple. Et pour ce deuxième caractère, l’individualisme, majoritairement répendu, la télévision a fait oeuvre de caisse de résonnance, orchestrant la non culture, et la connerie crasse… Les jeux du cirque, en somme.
Daccord, tout cela est vrai.
Mais il ne tient qu’à nous d’éviter que cette société du spectacle ne devienne LA société. Or cet article ne fait que prêcher les convertis, les aficionados de TF1 ne sont pas ici. Tu as des idées, ça se voit, alors plutôt que maugréer dans ton coin avec défaitisme engage toi de manière éfficace.
« engage toi de manière éfficace. »
Que me proposes tu? SOS Racisme? Ni putes ni soumises?
Ou des associations altermondialistes pour la régularisation des sans papiers, dont les fonds issus des subventions (elles mêmes issues de nos impôts) serviront à faire des barbecues festifs, et à payer le cachet de Youssou’n'dour et Diams?
Le seul fait de remonter aux causes, d’expliquer pourquoi une telle dérive morale existe, qu’elle remplit une fonction précise dans la bio-organisation sociale et capitaliste est un acte de lutte en lui-même.
Dans quel monde je vis? Dans celui où je vois des bonniches reconverties en pétasses tous les jours, de Chatelêt à St Lazare, de Paris à New-York calquer leur style et leur existence sur ces modèles de déchéance, toutes fières d’exhiber leurs vêtements de marque et de se perturlurer le corps avec des cosmétiques à 100 euros la boite. Le monde dans lequel je vis, c’est celui où les RMIstes, les smicards et les étudiants font la queue par milliers pour aller au casting de la nouvelle star, dans le but de gagner des millions en trémoussant leur derrière.
Le monde où je vis, c’est un monde où le spectacle commence à rentrer en politique, car ce qui a marché pour le capitalisme sera désormais reproduit à l’infini, comme c’est le cas aux Etats Unis. Un monde où l’entrée du show biz en politique conduit à la simplification des esprits, puisqu’on est plus soucieux de savoir à quelle heure Sarkozy a fait son footing que de savoir quelles mesures ultra-libérales il a prises. C’est la généralisation de la réduction psychologiste.
Le monde du spectacle est peuplé de pantins mis en scène par les medias, eux même possédés par des groupes industriels. Or, qui finance les partis politiques?
Bon, maintenant si tu veux que j’aille faire des caméras cachées d’entrée de boite de nuit avec SOS Racisme, pourquoi pas…
on dirait Guy Debord apres 10 schnaps.
Magré sa dimension alcoolisée, je vous remercie pour ce compliment
analyse froide et aiguisée, j’apprécie les idées et la contestation permanente.
Derriere toutes ces strass se cache de nombreux mécanismes que vous eclairez avec clairvoyance.
Je pense que c’est une erreur d’y voir un pessimisme, j’y vois plutot du réalisme lucide, certes hargneux, mais n’est-ce pas normal?
Bravo!
P.S: le blog de cette bianca est incroyable… c’est un cas d’école de psychanalyse! Ca conscience d’elle même fait froid dans le dos autant que son personnage.
@Emmanuel
>>> »Tu regardes quelle chaînes et vit dans quel monde? »
Je pense que les jugements de valeurs véhiculés par la société de consommation (et de son bras armé : le monde du spectacle) « font » notre monde actuel, et ne peuvent pas être restreints à telle ou telle catégorie socio-professionnelle.
Le fait est que les « bonniches reconverties en pétasses tous les jours », ou les « RMIstes, les smicards et les étudiants font la queue par milliers pour aller au casting de la nouvelle star, dans le but de gagner des millions en trémoussant leur derrière », ont toujours éxisté. En ce sens, les gens superficiels et les gens simples ne sont pas apparus avec le 20ème siècle et la société de consommation. Donc pas la peine de te taper la tête sur les murs à cause de ça, c’est un phénomène quasi inhérant à l’éxistence humaine.
« engage toi de manière éfficace », c’est vrai que c’était assez naïf de ma part comme conclusion, et vrai aussi que prendre acte, comme tu le fais, des ratés de nos sociétés est déjà un engagement en soi.
Pour autant pouvons nous nous en tenir là? Black Renega de Sniper (oui, c’est moins sérieux que Fabe comme référence, mais on fera avec) disait « c’est pas mon texte qui changera les choses, c’est juste un brin de conscience avant que tout n’explose », ce que je juge faux.
D’abord parce que la société ne se résumme pas à ce que l’on en perçoit au premier abord. À ce titre, quelqu’un qui se serait pencher sur l’actualité française pendant les mois d’émeutes en 2005 aurait cru avoir affaire à un pays en guerre civile, et aurait tourné les talons aussi sec. Sommes nous en guerre civile? Bien, maintenant la population française est-elle composée à 100% de lecteurs de Closer, de fans de Johny Halliday, et d’amateurs de notre Président? Toi comme moi savons bien que non.
Ensuite parce que être désapointé par certaines facettes de notre société ne devrait pas amené à ce démoralisme ambiant, qui te fait dire à toi que la société française est 100% pure beauf, et à d’autre que la société française à 100% pure gauchos refusant toute évolution. Maintenant peut-être que je me trompe sur ton état moral, mais c’est ce qui m’a semblé percevoir en te lisant…
Et en réfléchissant, le seul engagement avec des effets immédiats serait d’aller dynamiter la tour de TF1. Mais il faudra nous rendre à l’évidence, nos connaissances en explosif sont encore bien trop limitées!
Salut,
Merci pour ton commentaire.
Oui, je pense que tu as mal compris.. Ce n’est pas parce que je parle de bonniches que je pense que toutes les filles sont des bonniches et tous les mâles des beaufs.
Bonne journée
touchant.
Tout est vrai dans ce texte même si cela peut choquer certains, c’est une analyse malheureusement très réaliste et demain sera encore pire….
Je suis vraiment triste de ne pas avoir lu ces articles un an plus tôt… Le jour où j’en aurai quelque chose à foutre que 6 milliards de personnes s’en tapent de savoir si j’existe j’écrirai peut-être un web logg moi aussi…
Mon satané esprit de contradiction me titille mais globalement je suis à peu près dans le même état d’esprit. D’ailleurs votre article m’inspire la citation suivante, du critique Neil Postman à propos de « 1984″ et « Brave New World » :
What Orwell feared were those who would ban books. What Huxley feared was that there would be no reason to ban a book, for there would be no one who wanted to read one. Orwell feared those who would deprive us of information. Huxley feared those who would give us so much that we would be reduced to passivity and egoism. Orwell feared that the truth would be concealed from us. Huxley feared the truth would be drowned in a sea of irrelevance. Orwell feared we would become a captive culture. Huxley feared we would become a trivial culture, preoccupied with some equivalent of the feelies, the orgy porgy, and the centrifugal bumblepuppy. As Huxley remarked in « Brave New World Revisited », the civil libertarians and rationalists who are ever on the alert to oppose tyranny « failed to take into account man’s almost infinite appetite for distractions ». In « 1984″, Orwell added, people are controlled by inflicting pain. In « Brave New World », they are controlled by inflicting pleasure. In short, Orwell feared that what we fear will ruin us. Huxley feared that what we desire will ruin us. »
Malheureusement on ne vit ni dans le monde d’Orwell, ni dans celui d’Huxley, mais dans un mélange des deux à la fois…
« les femmes s’identifiant à ces putes, elles ont une forte tendance à monétiser leurs ébats d’une facon ou d’une autre, laissant choir ces millions de mecs pauvres qui jetteront leur dévolu dans une prostituée ou dans les films de cul, pendant que certains autres iront violer une innocente dans une cave pour enfin connaître ce qu’on voit partout mais qu’on n’arrive pas à avoir. »
Ca rejoint une réflexion que j’avais ado sur les réelles raisons du traitement médiatique et politique de la question des voleurs.
Le violeur, comme l’amoureux sincère, fait peur aux dominants. Il représente une menace face au conditionnement des hommes et des femmes dont j’avais parlé dans une autre reply. Le désir n’induit pas un acte d’achat pour la possession de la femme/objet/clochette. Le désir induit tout simplement la réalisation de l’objet du désir : la possession (sans passer par la case « ouvre ton porte-monnaie »).
C’est pourquoi il représente une menace (pas dans le sens qu’ils voudraient nous faire croire : le violeur ne respecte pas la dignité humaine et féminine), et que les médias et les politiques éduquent les hommes à haïr et rejeter le violeur, et à « respecter » la femme (faire chauffer la CB dans l’espoir de la réalisation du désir créé artificiellement par la société de consommation).
Quand j’y pense, je me dis que la solution (puisque vous m’en demandiez une) serait un suicide collectif généralisé et mondial.
ps : je tiens à préciser que je ne fais absolument pas l’apologie du viol, et que je ne cherche pas à le justifier ou à l’expliquer. J’ai juste eu à un moment la désagréable sensation que le traitement médiatique de la question du viol reflète plus la volonté de faire rentrer les toutous, tout en maintenant ceux qui y sont déjà, dans la cage pavlovienne, plutôt que de préserver la dignité et l’intégrité physique des femmes. Comme dirait J-P Sartre, j’ai la nausée.