05
nov 07

Si j’étais riche..

Ciel et Mer

S’il était riche, le monde de Parasite serait plus petit. Les deux heures qu’il mettait pour aller au marché de Garges-Sarcelles à l’adolescence se sont déjà muées en Paris Lyon, et il sait très bien qu’avec de l’argent il en ferait un Paris-Stockholm. Mais la Suède n’intéresse pas le Parasite. En quelques années de percée sociale, le Parasite a déjà fait parler sa boulimie de mouvement, lui qui a passé ses 15 premiers étés dans un F2 de l’est parisien avec son frère et sa sœur, à regarder[1] le tour de France et des VHS poussiéreuses. Il peut maintenant se targuer de connaître la plupart des régions de France, peut parler sur la pureté de la plage de Rondinara, des restaurants étoilés à Paris, de la vue panoramique en haut de la paroisse du haut de la colline Saint-Clair de Sètes[2], des bouchons lyonnais, du charme d’Uzès, de la charcuterie de Bayonne, de la forêt d’Antibes, de l’air du Puy de Dôme ou des Pyrénnées, du Lac d’Annecy ou de Genève, des principales stations des Alpes, des pièges du GR 10 ou 20, mais aussi du moindre recoin de Stockholm, de New York, Hanoï, Phnom Penh, Rome, Barcelone, Bangkok ou Berlin, et parait de suite plus crédible qu’avant devant sa hantise, les bourgeois, et leur fameux « mépris d’avance ». Désormais, il se délecte du classique « ah bon tu connais, toi ? ».

Décidemment, l’argent raccourcit les distances et chamboule le continuum espace-temps. Alors il se plait, quand il se retrouve à travailler au bord d’une piscine avec la mer en contrebas -grâce à sa chance provoquée-, à se dire que s’il était riche, loin des Maseratti de stars –incultes- du foot, il investirait dans un pied-à-terre au pays de Brassens, près du cimetière blanc où il aimerait être enterré, et n’achèterait l’ensemble que si sa chambre donne sur la grande Bleue. Le matin, il se lèverait avec le sourire, revigorré par les couleurs du bonheur (marron pour la roche et la terre, bleu pour le ciel et la mer) et sentirait les cheveux de la beauté qui l’accompagne. Son sourire éclairé par un rayon de soleil matinal le remplirait de joie. Il irait alors choisir ses légumes et son poisson frais un par un au marché, car il sait que le goût pour la bonne cuisine se développe à mesure qu’on s’enrichit, et que le souci de manger sainement et fraîchement est un luxe réservé aux nantis. Il passerait 3 heures à cuisiner pour lui et son amour, car prendre le temps de (se) faire plaisir est un luxe permis par l’argent. Il serait libre, car si l’argent raccourcit les distances, il permet également le don d’ubiquité. Etre à Paris trois jours pour remplir les caisses, et décompresser en bord de mer les 4 suivants deviendrait alors possible, l’amenant à l’équilibre parfait entre son hyperactivité et son besoin de silence et de nature. Il sait depuis quelques années déjà que l’équilibre est un sport de riche.

Comme il a toujours « niqué la France », que l’argent ne peut le changer, et qu’en échange on lui a fait comprendre qu’il doit dégager, Le Parasite s’entêterait à aller vers son deuxième amour, l’Asie du Sud-Est. Il y accomplirait son rêve, créer une université, car il sait que l’éducation des jeunes est le seul moyen sûr et pérenne de sortir une population de la misère, bien loin du misérabilisme des ONG (organisations de proxénètes et trafiquant utilisant le besoin de rachat de conscience des nantis des pays occidentaux par le biais de quelques bobos). Parallèlement, il favoriserait les créations d’entreprises (deuxième solution de sortir un peuple de sa misère: lui donner les moyens de ses ambitions), ferait travailler des dizaines d’employés en les payant comme il l’a toujours fait dans ses affaires, bien au dessus de la moyenne du marché, et investirait dans une maison de bord de mer. En été, il ferait livrer en main propre une convocation à l’aéroport pour ses meilleurs amis, ses anges gardiens qui lui ont permis tant de fois de renaître de ses cendres. Ils voyageraient alors en première classe, champagne et petits-fours à volonté et seraient conviés dans cette dernière demeure au bord de l’eau bleu turquoise transparente, le bateau de pêche à portée de tongs, entre deux îles paradisiaques, sans le moindre bâtiment à l’horizon. De là, c’est en Nissan Pajero (le seul 4×4 qui ne soit pas fait pour la flambe) qu’il les amènerait visiter les pays qu’il aime dans leurs coins les plus reculés, entre montagne, mer, lacs poissonneux, jungle, nature, végétation, habitants authentiquement hospitaliers et soleil. Car là aussi, dire à ses amis combien on les aime est beaucoup plus facile quand on a beaucoup d’argent.

Et puis plus les années passent, plus il se contenterait, entre lecture de l’Equipe et du Midi Libre à la terrasse du café du Soleil, oranges pressées et croissants pour petit dejeuner, de placer sa fortune dans la pierre ou dans des sociétés dont il connaît le potentiel, fort bien conseillé par son entourage, entourage lui-même toujours plus nombreux et toujours mieux disposé à aider quand on est riche. Il a bien compris à son jeune âge que faire de l’argent est beaucoup plus facile et demande beaucoup moins d’effort à mesure que tu en as. Il a toujours aimé faire le parallèle avec les femmes. Il se dit d’ailleurs qu’il ne fera pas au lecteur l’affront de connecter ces dernières au sujet principal de cet article, car tout le monde sait déjà ce qu’il en pense.

Et puis ce qu’il aimerait par-dessus tout, c’est de faire le tour du monde avec sa mère. Voir dans ses yeux l’émerveillement de celle qui n’a jamais voyagé, la propulser dans une vie qu’elle n’aurait jamais crû pouvoir mener autrement qu’en rêve. Lui faire comprendre l’essentiel par des choses simples, des attentions : son immense amour, respect, admiration et gratitude pour avoir fait de lui et de sa fratrie des gens simples et honnêtes, qui ont beaucoup souffert mais qui s’en sont sorti grâce à l’amour qu’elle et son mari leur ont donné pendant leur prime jeunesse, premières et déterminantes années… à défaut de pouvoir leur donner autre chose.

Alors le Parasite sait bien qu’on dit que l’argent ne fait pas le bonheur…. mais il pense que cette phrase a été inventée par un riche qui voulait rassurer le pauvre dont il venait de spolier les biens. Il se dit ca parce que curieusement, il n’a entendu cette phrase que de la bouche de pauvres qui avaient renoncé à tout et se rassuraient comme ils le pouvaient. Les riches que Le Parasite fréquente, envie et jalouse, ayant eux compris depuis longtemps que seul l’argent a le pouvoir de transformer une vie agréable et heureuse en une vie phénoménale. Un argent utilisé pour le véritable but de la vie, la découverte, loin de l’assouvissement aux désirs matériels ponctuels dictés par les media. Là encore, l’accès à la connaissance venant avec l’argent, il est plus facile de refuser d’être un esclave de la société de consommation quand on est riche. La liberté a un prix.

« Bénie soit celle qui me porta, Neuf mois, fit de moi ce que je suis, un monsieur, un roi… un demi-Dieu » (Oxmo Puccino)

Notes

[1] comprenez « dormir devant »

[2] colline d’où ces lignes sont écrites, mûries au soleil du mois de Juillet, au bonheur, et nourries à l’huile d’olive


01
nov 07

L’incessant cycle humain

A chaque nouvelle naissance, l’humanité retombe à zéro, et sans l’éducation, et l’environnement développé de nos villes, nos gentils enfants seraient de vrais petits tarzans sauvages, voire même des petits Cro-Magnons barbares. Si nos enfants pouvait démarrer avec notre connaissance, notre mémoire, en plus du patrimoine génétique, alors nous serions déjà en train de surfer sur l’ anneau de saturne, en faisant des grosses soirées avec plein d’aliens ravissantes, sur les derniers sons spatio-galactiques des rappeurs du système solaire d’Andromède. Non, plus sérieusement notre compréhension du monde serait tout simplement beaucoup plus avancée. Ce n’est évidement pas le cas et à chaque génération il faut tout recommencer…

Imaginons qu’une catastrophe naturelle ravage toute la planète et ne laisse sur terre qu’une jungle, des animaux et Lashoz accompagné de Nathalie Imbruglia [1]. Et bien mis à part le plaisir que je trouverais à sauver l’espèce humaine, il faudra tout recommencer à zéro, à ZERO ! Et le pire c’est que l’humanité passera surement par les mêmes stades d’évolution, et répétera l’histoire à l’infini. L’organisation humaine suit les mêmes règles figées à travers le temps car elle dépend des mêmes paramètres.

Imaginons maintenant qu’un dictateur mondial prenne le pouvoir et décide d’exterminer tous les adultes et de supprimer tous les médias du savoir (livres, films documentaires, internet…). Imaginons qu’à la place il institue comme unique culture et savoir aux survivants qui sont les enfants : la corde à sauter et le « je te tiens par la barbichette ». Et bien cet homme là pourra à loisirs observer que l’avancée humaine ne tient à rien et peut facilement être plafonnée, que l’homme peut être modelable tout en restant dans le cadre de ses capacités d’évolution.

Imaginons maintenant le scénario le plus probable : La fin de notre civilisation par le progrès. Il est fort possible que l’on ne sache pas sauver notre planète, que le point de non retour soit dépassé, qu’on ne puisse pas aller sur une autre planète et que finalement l’homme se détruise par lui-même et sa soif de progrés[2]. Si une poignée d’hommes survivent, la société qu’il reconstituerait serait forcément identique aux anciennes mais avec une prudence face au progrès, une prudence qui durerait maximum 7, 8 génération sous condition d’un endoctrinement acharné sur les enfants. Nous retrouverons forcément les mêmes mécanismes issus de notre condition humaine et notre envie infinie de plaisirs.

L’univers c’est : « L’EQUATION ». Notre écosystème, la planète terre, est une petite équation dans la grande. Une équation figée par un nombre de paramètres certes innombrables mais finis et commandés par une logique bien précise (règles physiques et biologiques).

Sous l’hypothèse de ces conditions, il est donc probable que nous ne soyons que les acteurs d’un spectacle, celui de la vie, spectacle cyclique se répétant infiniment à une échelle trop élevée ou trop microscopique pour la compréhension humaine, spectacle captivant destiné à tourner en rond à chaque fois de façon sensiblement différente mais toujours identique dans son ensemble.

Seul Dieu connaît la réponse, seuls ceux qui y croient en sont satisfait, seule la mort nous mettra tous d’accord.

Pour les geeks, et les fans de Matrix, je finirais par dire que la vie pourrait très bien n’être qu’un programme tout comme Second Life, un énorme jeux vidéos virtuel ET biologique. Nous serions donc les personnages de ce jeu passionnant et imprévisible car prennant en compte notre libre arbitre et notre incidence sur l’environnement. Nos propres jeux vidéos, Nintendo et Sony, ne serait donc qu’une mise en abyme de nos vies et nos fantasmes, et les animaux de nos zoos un miroir terrifiant.

Lashoz

Notes

[1] c’est bon ne vous inquiétez pas, je me dévoue pour sauver l’humanité, je suis comme ça, un altruiste dans l’âme

[2] à ce propos je conseille à tous l’excellent livre de René Barjavel « Ravages », un pur chef d’œuvre littéraire humain et visionnaire, datant des années 60


29
oct 07

Qui tient la société française?

Explication du « on » et du « ils »

S’il y a une chose que les classes dirigeantes ont réussie, c’est d’ éliminer toutes les critiques constructives du système par la dénonciation systématique et hystérique de « la théorie du complot ». Au premier rang de ses critiques revient cette fameuse critique du « ils » et du « on ». Précisons donc un peu les choses…

Quand je dis ils, je parle de ceux qui ont développé une société du désir qui vise à nous rendre seuls et frustrés, pour qu’on jette notre dévolu dans la consommation déraisonnée et décorrellée des besoins réels. Quand je dis « ils », je parle de ceux qui décident à notre place, et font de nous les moutons que nous sommes devenus avec notre plus grand consentement.

Ce « ils », ce sont les tenanciers du capitalisme du désir, du capitalisme post-68, ceux qui tiennent par les couilles les deux piliers de la république actuelle, la politique et les medias, ceux qui ont le pouvoir de créer des élites de pacotilles chargées de prêcher la bonne parole, ou chargées de dire ce qui est subversif et rebelle et ce qui ne l’est pas. Ce « ils », ce sont ceux qui nous séparent en segments et en types d’acheteurs et créent des medias sur mesure en fonction de ces cibles, ceux qui ont tellement financé et corrompu la politique qu’ils ont réussi à cantonner le rôle des élus à un simple travail d’attaché de presse chargé de ne valider que des lois en faveur de la propagation du désir et de la frustration sexuelle, du développement de la déresponsabilisation, de la montée de l’individualisme et de la montée en puissance de la consommation, pétrole du moteur capitaliste. Ce « ils », ce sont ces élites qui verrouillent tous les postes clés en France, pays des élites et de la technocratie, où il est strictement impossible de prendre le pouvoir à moins d’être un produit de cette caste. Dans ce pays tenu par les polytechniciens, énarques, francs maçons et normaliens, les quelques « élites » élevées d’une de ces minorités qui font la majorité du peuple ne sont que des pions placés pour masquer un peu plus la réalité des choses. Des idiots utiles, imbéciles heureux à la Jamel Debbouze ou à la Diam’s, tout content d’être acceptés par ce milieu « pas si cruel » qu’est le monde du spectacle, alors qu’ils ne servent que la cause supérieure. Ce « ils », ce sont les propriétaires des 10 plus grosses entreprises françaises, cœur de toutes les décisions. Ce « ils » là n’a pour but que d’alimenter le système qu’il a mis en place, un système de vente permanente de biens de consommation inutiles, une production d’objets qu’il finance par le marché, lui-même très sensible à la progression constante et permanente des chiffres de vente. Un contresens interne, puisque chaque besoin créé est de fait comblé par l’acte d’achat, donc un système qui ne peut survivre qu’en renouvelant de façon indéfinie les besoins, et en en créant de nouveaux. Des besoins à renouveler constamment d’où nait la haute couture et les collections biannuelles, l’exportation du concept œnologique de « Millésime » pour les voitures[1], les modes vestimentaires, les événements commerciaux (soldes, fêtes de mères, fêtes des grands mère, bientôt fête du toutou ou fête du beau frère de la meilleure amie), et tous ces cycles artificiels qui rythment faussement la vie des français, mais qui assure définitivement des rentes régulières par toute saison pour les industriels. Des cycles auxquels viennent s’ajouter les tendances, dictées et édictées sous la houlette des marketeux des grandes sociétés qui décident de recréer une mode dès que le marché s’essouffle et la répandent sur leur cible préférée, les jeunes[2], avec l’aide de leur bras armé, les media, et des idiots utiles que sont les sportifs et les chanteurs. C’est de là que naît toute récupération d’un art à des fins marketings. Inutile de dire que la tendance actuelle décrétée « norme transgressive » par le pouvoir est le rap / hiphop depuis 1997 environ, et le virage surprise de Skyrock d’une programmation 100% rock à une programmation 100% rap du jour au lendemain.

« On envie l’Amérique et sa victoire, mais à force de copier on ne ressemble qu’à sa province » (Rocé)

Aujourd’hui ces idiots utiles sont souvent des arabes[3] . Parce que, malgré la haine organisée des arabes à travers les media (pour des raisons géopolitiques et économiques que je prendrai le risque d’aborder plus tard), il faut dire qu’ils représentent quand même 6 millions de personnes, dont une part importante à moins de 30 ans. Ceux qui retournent souvent au « bled » savent aussi que dans cette région du monde, on aime bien se montrer et se comparer aux autres. Jeunes et flambeurs, les arabes sont des cibles idéales pour notre marionnettiste. Si on rajoute à cela le côté rebelle, cette fameuse rébellion qui fait que tant de jeunes français, italiens et portugais s’identifient depuis 15 ans aux arabes (Akhenaton l’italien, Kool Shen le portugais, Diam’s la maltaise en tête de groupe), on comprend mieux pourquoi on nous place ces pions là à cet endroit là. L’élève égale le maître. Parce qu’il faut dire que les inventeurs du concept sont quand mêmes les américains. Ce sont eux les professionnels du placement stratégique pour faire rentrer dans le rang de la consommation une communauté potentiellement influente et dangereuse. Et on a bien vu qu’il n’y a rien de mieux pour une société en crise que de rendre les éléments qui peuvent la faire imploser dépendants de petites appartenances matérielles (voir la meilleure des polices). La consommation, c’est le sédatif le plus puissant, le plus contagieux et le plus généralisé qui soit. Les ricains l’ont bien compris, et ils ont aussi compris qu’en instituant une élite noire, ils pouvaient donner l’illusion au reste du peuple qu’il est possible de grimper dans ce pays pour évacuer tout sentiment d’injustice, engrais de la rage. Ils ont alors promu cette élite, complètement acquise à la cause de l’intérêt supérieur (sinon elle n’existerait même pas), et a fait croire à tous les dommages collatéraux de la politique ultra libérale (99% des autres noirs) que le pays est tolérant et que seule la compétence permet de monter les échelons. Ce n’était pas si longtemps avant que Jordan devienne le deuxième logo de la société Nike, pas très longtemps après Watts. En France, j’entends de plus en plus souvent des intellectuels objectifs et doués réclamer la création d’une élite arabe pour désamorcer la haine qui monte. C’est aussi inquiétant que redoutable d’efficacité. Sarkozy l’a bien compris d’ailleurs, à voir l’habile composition du gouvernement et la baudruche Rachida Dati.

Résumons. Pour régler le problème des banlieues, nos chères élites dirigeantes (ceux qui sont au dessus des politiques et qui les contrôlent) ont décidé de mettre de la poudre aux yeux des banlieusards cultivés ayant un minimum de conscience politique en leur faisant croire, comme aux Etats-Unis, qu’ils peuvent accéder à des postes clés par le simple fruit de leur compétence. Et pour les plus jeunes, ils s’attaquent à la source en les dépolitisant complètement quitte à frôler la lobotomie généralisée qu’a réussit à créer Difool, MSN, le rap, le programme d’histoire lacunaire, le culte de l’apparence de la zoulette de banlieue à la bourgeoise du 16ème, Diam’s, et comparses, qui fait que les jeunes immigrés soient si peu soucieux de tout ce qui ne concerne pas la bonniche de 15 ans qu’ils veulent sauter ou leur crête Vivelle Dop. (voir la mode des cailleras)… Et quand bien même ces jeunes voudraient étudier, ils sont instrumentalisés une fois par an par les démagos gauchistes, meilleurs alliés du pouvoir (le vrai, pas celui qu’on élit), et les font descendre dans la rue pour leur faire rater un trimestre d’éducation.

Alors je fais partie de ceux qui, essayant d’avoir un brin de conscience politique pour protéger mon derrière (et pour le bien de ce pays, malgré mon absence totale d’attachement à lui), auraient tant voulu que les émeutes de 2005 soient d’une autre ampleur, d’un niveau quasi-révolutionnaire. Car ce pétard mouillé n’aura finalement servi qu’à faire prendre conscience nos fameuses élites dirigeantes, les « marionettistes » de la France, que ces gens sont effectivement potentiellement dangereux pour leurs intérêts, et qu’il faut donc passer à la phase 2 du plan.

Aussi ne devrait-on pas s’étonner dans les années qui viennent de voir de plus en plus de « banlieusards » promus « miracle social » par les médias, et coqueluche des français[4]. Cela commencera (et ca a déjà commencé) par le milieu du spectacle, avant de se répartir dans les affaires (dirigeants d’entreprises du CAC40) puis dans la politique. Car quand la politique d’un grand pays s’apparente en fait à être le cheval du grand Jockey Capitalisme, il n’y a plus aucune barrière à ce qu’un noir, ou un arabe, ou une femme au service de la « Cause » ne devienne président en France en 2017. Encore une fois, regardez les Etats-Unis…

Description du « on »

Le « On » c’est le reste aussi hétéroclite qu’il soit, c’est le peuple, moteur de la force productrice, créateur opérationnel de la valeur. Ce sont les anciens exploités qui le sont aujourd’hui avec plaisir et consentement. Le « on » c’est tous ces moutons humains que nous sommes, victimes de notre conscience limitée, de notre individualisme, de notre besoin de sécurité, et de nos dépendances matérielles si jouissives. Nous sommes la pièce s’emboitant parfaitement avec le « ils », la pièce qui n’attend rien, et qui est bien heureuse que les détenteurs du pouvoir fassent de nous ce dont ils ont besoin pour rester au pouvoir et toujours s’enrichir sur notre dos. L’illusion du confort minimal dans laquelle nous baignons masque les différences odieuses de richesses qui ne peuvent être justifiée par le travail et le mérite, elles sont justifiées par la naissance et son injustice. Cette illusion est garante de la paix civile. Il en faut peu pour nous calmer: un toit, un crédit, un salaire minable, deux jours sur sept pour pouvoir apprécier la vie, un gentil toutou, sans oublier les vacances tellement attendues que ça en devient stressant. La vie est belle hein?

D’ailleurs les « ils » sont comme nous, la seule chose qui les différencie de nous est la détention du pouvoir, et aux vues de l’histoire je serais tenté de dire que si on changeait les rôles, rien ne changerait, les « ils » sont tout aussi victimes de leur condition de leur subjectivité, et de leur intelligence. Ils sont seulement nés du bon coté la barrière, celui des privilégiés matériels et décisionnels, celui qui les place dans la vie quotidienne au dessus de leurs semblables. Les « ils » sont tout aussi faibles face à leurs vulgaires désirs et leur cupidité, mais à une échelle différente. Leur action doit être jugée plus durement car elle pèse lourd, tant au niveau humain qu’au niveau écologique et capitaliste, voila pourquoi Pasdeschiffons s’attaque à eux, même si à leur place nous ferions peut être la même chose. L’avenir nous le dira… Si oui alors nous sommes tous les mêmes, le vécu ne nous différencie pas, et l’organisation humaine en société ne peut se faire sans exploitation de l’autre, sans inégalités utilisées, et sans injustice inhérente et nécessaire. On pourra donc affirmer que la société dans laquelle on vit est la forme ultime et optimale de ce que peuvent faire les hommes. Quel gachis.

Le « on » représente donc les moutons que nous sommes, qui ne demandent qu’à être guidés, et ce même vers le précipice. La seule condition que l’on exige, c’est de garder nos illusions et de satisfaire nos pathétiques désirs. Il en faut peu pour nous asservir. ‘Ils’ l’ont bien compris.

Le parasite et Lashoz

Notes

[1] sans parler des « séries spéciales », comble de la connerie… je me rappelle même d’une Peugeot série spéciale Wanadoo…

[2] qui ont la plus forte propension à se copier les uns les autres

[3] désolé si je parle d’« arabes » et pas de « beurs », j’ai prêté serment de haine à l’égard de « Salamalekh Bounty » et comparses

[4] note : si les media voulaient faire passer Emile Louis pour le personnage préféré des français, je crois que par une série d’entourloupes dont ils ont l’habitude, ils le pourraient


25
oct 07

Mes potes

Parce qu’ils sont toujours prêts à lancer la corde avant que le trou ne se referme. Parce qu’au moment de ma vie où tout le monde m’hurlait de m’assimiler, ils m’ont conforté dans mes choix, d’être ouvertement déclassé et inclassable, ne pas rentrer dans les cases pour ne pas me réduire et me corrompre. Parce qu’ils ont su me montrer que leur intérêt est de nous séparer en petits groupes pour en extraire quelques uns, les afficher comme des betes de foires, pour dire aux autres, à tout ceux qui n’ont pas eu cette chance, combien ils sont merdiques et combien ils méritent le traitement qui leur est infligé. Parce qu’ils m’ont fait lire Iceberg Slim, et écouter Fabe. Parce qu’avec eux, on a développé l’humour comme bouclier et comme mode de vie, l’humour comme dernier rempart avant le cynisme. Parce qu’ils ont décroché le téléphone à 3h45 du matin et qu’ils ont donné un sens au proverbe de Goethe « parler est un besoin, écouter est un art ». Parce qu’ils ont été là pour déménager des meubles à 650 km de chez eux un jour de canicule. Parce que quand tu perds un proche et que tu les sens te soutenir à l’enterrement, ca te rend la douleur plus acceptable. Parce qu’ils sont devenus des hommes et des femmes, adultes magnifiques pleins de vie et d’énergie. Parce que leurs projets nous font vibrer et que leurs enfants seront forcément équilibrés et aimés, vu l’amour qu’ils ont donné à leurs proches. Parce qu’ils m’ont toujours soutenu dans mes choix, et le feront encore. Parce qu’ils m’inspirent, me donnent envie de parcourir la planète et de créer 15 boites par jour. Pour tout ca, et bien d’autres choses encore, je pourrais leur donner ma vie, et les ferai toujours passer devant les femmes. Bref, parce que je suis un homme je ne vous le dis pas, mais je ne fais plus de différence entre vous et ma famille. Je vous aime, bande de bâtards.


22
oct 07

La vérité sur les hommes

ou « L’amour est mort ».

Etre un homme m’épuise. Elles avaient toutes raison. On ne s’en sortira jamais. On restera à jamais de pauvres esclaves de notre détermination biologique, de cette sempiternelle obligation de butiner. Cette interminable excitation à la vue de bouts de viande, où de rappels d’imageries publicitaires. La femme-objet fait acheter la femme, puisque la femme est la plus grande jalouse des femmes, mais elle pénètre aussi le cerveau masculin, en lui donnant l’envie de pénétrer l’inaccessible. On a tous nos fantasmes, les blondes suédoises, les asiats, les arabes pétasses teintes en blondes et la manucure américaine, moi c’est un peu tout ça, plus beaucoup d’autres choses, et en bourgeoise si possible. Ouais, on a tous nos complexes, certains même sont sociaux. On ne guérit jamais de son enfance. Ce que les femmes ignorent, c’est qu’elles y sont pour beaucoup dans tout ça… Leur faiblesse de résistance aux impératifs de consommation, leur assouvissement au diktat de l’apparence, etc… Du coup, la tentation est partout, notre sonar phallique en alerte permanente, même si la plus douce des jolies filles nous attend à la maison. Ce sonar sonne tout le temps, et son écho fait vriller mon cerveau. Entre la généralisation des vêtements moulants, des décolletés, des push-ups, des strings, des régimes amincissants (qui amincissent tout sauf les seins et le cul, à mon grand dam), du fond de teint, des lentilles de couleurs, des cils volumineux, de la bouche pulpeuse et brillante, je me demande s’il reste des filles moches à Paris, et avec leurs regards de princesse, je me demande si elles n’auraient pas mieux fait de commencer par un stage d’amabilité. Parce qu’être un homme à Paris, célibataire ou pas, c’est être en alerte constante pour pas grand-chose au final. Je connais des tonnes de filles célibataires complètement en manque de sexe qui ne se laissent même pas aborder dans la rue. Ca ne les empêche pas de s’habiller en pouffiasse aguicheuse (de leurs propres mots), comme autant de signaux de détresses lancés pour pas grand-chose. La parisienne est une conne, comme le serait une guenon en chaleur qui se laisserait chercher les poux avant de minauder trois heures pour finalement sortir un « non ».

Je ne veux même plus m’évertuer à savoir pourquoi. Je sais simplement par expérience qu’il y a des méthodes pour désamorcer ces boucliers, que c’est de la manipulation souvent outrancière, qu’en tant que mec « gentil » à la base, il faut se faire violence pour penser de manière aussi tordue, que cela se retourne souvent contre elle, mais qu’il ne faut pas qu’elles s’étonnent de ne rencontrer que des bâtards. En ayant excité toute la masse des mecs qui les respectent un minimum, pour finalement les renvoyer dans leur but lors de l’approche, ou, pire encore, juste avant le coït en ayant profité de tous les égards dont elles se nourrissent pendant la phase de séduction, elles créent des générations de castrés. Des castrés qui n’ont alors plus d’autres choix que de devenir pédé par confort ou de devenir un bâtard qui l’arrosera d’espérance avant de la tromper dès la première occasion.

Parce que tromper pour un homme, ce n’est pas que baiser. Si notre copine est un minimum attirante, on n’est pas tordu au point de vouloir systématiquement sauter vingt fille différentes par jour. 99,8% du temps, ça s’arrête au flash sexuel, fantasme express, puis plus rien. Non, tromper c’est aussi et surtout avoir le sentiment d’avoir une issue de secours, prendre du recul sur son couple puisque la parisienne du 21ème siècle, joliment engrainée par ces putes de féministes, ne supporte pas qu’un homme s’attache à elle. Ce serait ça, être efféminé. On a fustigé le macho de A à Z. Avant, laisser sa femme s’occuper de la gestion opérationnelle du foyer en lui ramenant de quoi bouffer et en l’aimant était suffisant. Aujourd’hui, sous la pression de ce mouvement socialement cancérigène, on n’a ni le droit de la protéger, ni le droit d’être jaloux, et plus vraiment le droit d’aimer. Il ne nous reste plus grand-chose, à part à faire plaisir à Clémentine Autain en faisant la vaisselle et en passant la shampouineuse. Combien d’amies m’ont dit qu’elles allaient ou avaient largué leur mec parce qu’il était « trop à fond dedans » ? C’est quoi l’amour du 21ème siècle ? Des fuck friends dans toutes la région, tchattées sur Meetic quelques heures avant, et des couples qui durent parce que le mec est constamment à deux doigts de tabasser la femme, qui elle, du coup, s’accroche comme une conne malgré ses complaintes permanentes au téléphone avec sa meilleure amie[1] ?

On peut me parler politique, institutions, ou hausse de la délinquance… je vois d’abord que la France va mal parce que l’amour est mort. L’amour charnel, celui qui nous est destiné biologiquement, celui qui est simple parce que le fait de deux êtres humains qui se complètent pour ne former qu’un. Celui que je retrouve quand je vais loin de la France, que les filles se baladent en pyjama et disent aux mecs qu’ils sont beaux en pleine rue s’ils leur plaisent. Celui où on a le droit de faire des projets ensemble avant la deuxième année, où on n’est pas obligé d’attendre le sixième mois pour dire « je t’aime », ou le dixième mois pour parler sans chercher à savoir si on perd ou non le rapport de force… Le désir nous a eu sans drague, et on était de dos quand il nous passait la bague. La social-démocratie nous a bien eu, en nous faisant passer des concepts sous le manteau qui n’ont servi à rien ni personne à part à renforcer notre solitude, notre individualisme, notre consommation… de LCD et d’LSD.

Je suis un homme, à part ma famille et mes amis proches, je ne suis heureux qu’avec des femmes. Et si les femmes sont comme ça, c’est qu’elles sont aussi détraquées que nous. Peut être un peu moins sur le sexe (avant de les avoir dans le lit du moins…) détraquées par leur besoin de plaire. Leur test permanent de leur capacité de séduction. Alors je suis de ceux qui savent que l’homme est une sale race, dirigée par un sexe qui peut obliger un Balkany a mettre un 357 sur la tempe de sa secrétaire pour une fellation, qui pousse un Emile Louis à violer des petites, un Jules César a faire tomber son Empire pour une cruche égyptienne de 21 ans, et qui fait globalement tourner le monde, mais si les femmes ne faisaient pas tout pour activer ce connecteur maudit chez l’homme, en vue d’en tirer un bénéfice immédiat ou futur (poste haut placé, un peu d’attention ou de validation, resto, voiture, etc…), si la séduction par les vêtements et l’attitude étaient simplement le fait de femmes désireuses de rencontrer un homme, si toutes celles qui se laissent draguer sont uniquement celles qui sont effectivement attirées, alors l’homme serait simplement un excellent copain ou mari, il assurerait au lit car il a beaucoup besoin de baiser, la respecterait beaucoup plus car elle n’irait pas arpenter les rues de Paris à moitié nue, et n’aurais pas besoin de la maltraiter pour qu’elle l’aime, etc… Bref, il faut de l’air et de l’eau pour que la vie se fasse. Il faut un ovule et un spermatozoïde pour qu’un bébé se fasse. Et il faut un obsédé sexuel et une attention sucker pour que la France de l’amour crève.

la parasite

Notes

[1] dont elle volerait bien le mec, au passage


18
oct 07

La giclée

On écrit tous notre livre, en fait, on le vit. Mais pour en faire un beau livre et ne pas répéter les fautes de frappes et d’orthographe, il faut se relire, et donc il faut s’écrire, ou du moins y réfléchir.

L’écriture et la drogue sont mes seuls médicaments, des médicaments à double tranchant. La drogue, tout le monde sait que c’est pas bon pour la santé, donc il va falloir arrêter. L’écriture c’est dangereux car la lucidité introspective ça fait mal, très mal, et c’est définitif, presque autant qu’un coup de feu dans la tempe. Je me suis guéris grâce à elle, mais elle a aussi brisé des parties de moi à jamais, il est désormais impossible de recoller les morceaux, je ne peux plus me mentir, pourtant parfois j’aimerais bien.

Pour ne pas être déçu, j’ai fait de la déception mon idéal. L’espérance n’est plus qu’un outil chirurgical. Et je veux inonder le monde entier de ma gerbe, il faut que tout le monde se noie dedans et l’avale jusqu’à se bruler les poumons. Ca ne changera pas grand-chose, mais ça fait toujours plaisir…

Ouais j’ai la haine, et je t’emmerde, je t’emmerde, toi aussi je t’emmerde et toute ta putain de famille avec et tes potes de merde aussi, Je vous emmerde tous et j’aime ça.

Quand cessera-t-on de fermer les yeux en croyant les ouvrir? Quand le meilleur sera à venir ou quand le pire sera là?

Pour moi le pire est déjà là et c’est la meilleure chose qui pouvait arriver, et en ce qui concerne cette carotte qu’est l’avenir, je citerais simplement Ekoué: « l’avenir ne me dit rien, et c’est réciproque ». Il flippe, l’avenir je vais le foutre sur le trottoir, et il va tapiner bien fort pour moi jusqu’à épuisement, il va frotter son cul sur le bitume et me ramener des gros sous à chacune de mes respirations.

Il n’y a rien à comprendre, ce n’est pas pour vous que j’écris, vous n’êtes pas le centre du monde. JE SUIS le centre du monde. JE suis le centre de MON monde, et personne ne prendra mon trône, ni un salaud d’ami, ni une pute de femme, et encore moins ces sous-merdes que sont les enfants.

Il y a un alligator dans mes chiottes, une abeille dans mon thé, des échardes dans mes pieds et de la lave dans mon nez… j’adore vivre… et je compte bien en profiter.

Comme vous tous, humains de merde, je joue un rôle et à force de le jouer j’en suis prisonnier. Le syndrome de Lorenzaccio, quelle magnifique preuve de la complexité et de la faiblesse humaine… Dans la vie il y a les premiers rôles et les rôles de séries B. Mais il y a aussi le rôle qu’on veut se donner que l’on aimerait bien incarner, et celui qu’on nous impose… Après l’avoir combattu je l’ai trouvé, puis je l’ai choisi, et je suis heureux de m’y perdre et d’en souffrir pour le plus grand bonheur de moi, de je, et de ma propre personne.

« Tu veux une corde? » m’a demandé La Mort.
Le visage fendu par un sourire vicieux, j’ai répondu:
« Avec plaisir, j’attrapperais ton malheur au lasso, et j’en ferais mon bonheur vieille pute! »

Lashoz


15
oct 07

Touche pas à mon ADN, L’opposition du 21ème siècle

Sarko peut dormir tranquille. La gauche est morte, et continue de creuser son trou. La gauche d’aujourd’hui, c’est la gauche bobo, cette gauche show-biz qui ne joue pas son rôle d’opposition. Et pour cause, comment s’opposer quand on est d’accord sur tout ? La gauche du 21ème siècle ne peut pas s’opposer à la droite, puisqu’elle suit une ligne politique parfaitement similaire : entre renforcement du rôle régalien de l’état, hyper-libéralisation des échanges de marchandises et de capitaux, valorisation des communautarismes et de l’Union Européenne, rien ne différencie plus la gauche de la droite. Rien, à part que la gauche bobo, c’est la droite sans les valeurs historiques de la bourgeoisie conservatrice française[1]. Cette gauche qui se focalise donc sur les petits problèmes sociétaux pour garder une présence médiatique sans pour autant risquer de froisser le gouvernement qui lui donne à boire et à manger.

Dernière mascarade en date, Touche pas à mon ADN, sans doute une des plus grosses foutaises de l’histoire politique française, à l’heure où le scandale des délits d’initiés de Lagardère dans l’affaire EADS prouve à qui l’ignorait encore que Sarkozy, ami intime de Lagardère, trempe de façon évidente dans des malversations financières tout en continuant de tabasser au sol Villepin le mourant. Une initiative risible sur un sujet parfaitement inutile, mais qui présente l’avantage d’être totalement inoffensif pour le gouvernement en place, une fausse révolte de plus dans laquelle les marionnettes sont toujours les mêmes : les jeunes et le show-biz, des marionnettes qui mettent tout ça en musique.

Car, comme à chaque fois dans ces cas là, la gauche nous sert sa recette habituelle : un concert géant facon kermesse saucisse-merguez-moutarde, des interventions d’acteurs de seconde zone la larme à l’œil, saupoudrées de bonnes paroles issus des chiottes de la culture, facon BHL, le caméléon permanent dont le but est de maximiser ses apparitions télévisuelles à chaque sorti d’une nouvelle fiente écrite par un de ses nègres sous-payés. Et comme il faut toujours un enculeur et un enculé, ces rebelles sans cause se produisent devant un public symbole de la dépolitisation absolue des classes moyennes françaises : les jeunes et les bobos, dont les seules préoccupations d’ensemble concernent les choses très concrètes, ce qui constitue un prolongement politique logique de la réduction psychologiste qui a envahit toute la société du tertiaire, elle même conséquence de la féminisation globale des esprit (largement renforcée par les media). Dans cette orgie malsaine, on utilise les associations satellitaires du PS en guise de vaseline, puisqu’il y a encore des gens assez stupides pour penser que Touche pas à mon Pote ou Mi pute Mi soumise sont des mouvements qui représentent les intérêt d’une quelconque classe défavorisée[2].

Pour être tout à fait clair, la gauche n’a aujourd’hui plus aucun intérêt idéologique ni stratégique à s’opposer à la droite dans les mesures qui font de la France ce qu’elle sera demain, et ce, d’autant moins que ‘grâce’ à Machiavel-Sarkozy, ils sont eux-mêmes les responsables directs de cette politique, puisque eux-mêmes au gouvernement. Coincés de tous les côtés, ils se retrouvent comme deux bandes rivales qui n’ont plus de points réels de discorde mais qui doivent tenir leur réputation et trouver des excuses pour se taper dessus : ils se rebellent faussement contre des mesures de pacotille médiatiquement symboliques[3]. Et pour donner une ampleur médiatique maximale à cette supercherie, ces rebelles du Dimanche jouent avec l’allié typique de celui qui n’a plus d’idées : le show biz, toute cette vase puante culturo-mondaine qui pollue l’intégralité des plateaux de télévision et radio sous couvert de débat afin de vendre du sous-produit bâclé. Et, chance pour eux, les culturo-mondains en galère, il y en a un paquet. De quoi ravir des jeunes désespérés de trouver une cause avec laquelle parfumer leur vie de bourgeois nanti à l’assiette pleine.

Nous arrivons donc à une démocratie de façade sans aucun garde fou, sans régulateur, où tout le monde copule avec tout le monde, ne conteste plus rien, s’engouffre tous dans le trou du cul du capitalisme, pour faire jouir ses tenanciers, ses propriétaires fonciers qui lui font la pluie et le beau temps, un système permissif et laxiste que les bobos incultes et les jeunes dépolitisés trouvent ‘super cool’, arrivant même à citer un salopard comme Pasqua en modèle moral, bien loin de se rappeler les trafics d’armes vers l’Angola et la carrière de ce bandit psychopathe qui a tenu si longtemps le RPR par les couilles. Bref, une amnésie généralisée permise par la lobotomie de la politique-showbiz, qui correspond parfaitement à la soupe que sont prête à recevoir chaque jour les français, bien préparés en cela par les media décadents. Des centaines de milliers de personnes qui s’emmerdent suffisamment dans cette vie sans morale et sans but pour passer leur Dimanche à croire que d’aller voir un concert en mangeant un sandwich constitue une véritable action de résistance. Une génération dans le coma.

Parasite

ps: la liste des culturo-mondains décadents sur le site de la mascarade

Notes

[1] une droite des valeurs qui elle-même n’existe plus depuis la perte de morale déguisée sous le nom de « droite décomplexée », soit le droit de jouir du libéralisme capitaliste sans en assumer les inconvénients

[2] il n’y a qu’un bobo pour croire que l’entrée en boite de nuit est une préoccupation importante pour un jeune de cité qui n’a de toute facon pas 15 euros à mettre pour se prendre des vents méprisants par une pouffiasse bourgeoise

[3] les contrôles ADN sont en place dans un nombre incalculable de pays, et la disposition française prévoit qu’elle ne s’applique que pour les volontaires. En bref, ne croyez-vous pas que l’opposition devrait avoir d’autres priorités ?


13
oct 07

La vie cachée d’Isabelle Alonso

Martine

récupéré aux universités d’été des chiennes de garde…


11
oct 07

La meilleure des polices

Pour maintenir des aspirations révolutionnaires, rebelles ou contestataires, les gouvernements d’avant Mai 81 réprimaient férocement les dissidents, les faisaient tabasser ou abattre, essayaient d’éteindre les foyers de rébellion, souvent en s’attaquant aux communistes d’ailleurs. Mais après 1981, une fois la société de consommation de masse bien en place, les ménages ont commencé à s’équiper, à progressivement vivre pour avoir accès à cette reconnaissance sociale qu’est la capacité de consommer.

C’est ainsi qu’on est passé de répressions outrancière à l’inverse, une apparente liberté essentiellement véhiculée par la pseudo liberté de ton des médias. Une liberté de ton qui se limite en fait au droit de parler de sodomie et de fellation 29 fois par jour. Le discours dangereux car argumenté et subversif, sera alors abandonné aux bons soldats du système que sont les Karl Zéro et autre Ardisson. Magnifique stratégie que de distribuer sous forme de divertissement ce fameux sentiment de subversion qui permet aux gens de se croire dans une démocratie toujours remise en question et qui annihile par là même tout besoin humain de se battre pour ses idées. Mais la plus efficace des répressions est devenue plus subtile. C’est celle des petites appartenances matérielles, qui, grâce à l’individualisme et la conclusion de 3 mariages sur 4 en divorce dans les 7 ans, représentent aujourd’hui à peu près toute l’existence de la plupart des individus. Une vie individualisée qui nous incite pour garder le moral à meubler notre vie d’activités et de possessions pas toujours utiles. Plein de petites dépendances auxquelles on tient, puisqu’elles nous rendent plus heureux (concept même de l’espérance). Et plus on tient à ces petits rien, plus on a peur du changement et de bousculer ce fragile équilibre confortable et idéalisé à tort sous l’influence des média. Alors l’attachement à sa télévision et à ses séries du vendredi soir, l’attachement à ce travail merdique qui permet de se payer un cours de gym suédoise le mardi soir, et de jouer au PMU le Jeudi nous empêche de trop vouloir contester, de la même manière qu’ils nous empêche de quitter sa ville même quand elle nous excède, par peur de perte de confort, crainte du risque excessive.

Or la crainte, c’est précisément ce que cherchent à générer ceux qui tiennent le pouvoir. Hier par des coups de bâtons et des exécutions sommaires (comme aujourd’hui en Chine, qu’on se permet en bons moralisateurs de critiquer), aujourd’hui sans rien faire, en faisant croire à la liberté alors qu’il ne s’agit que d’une liberté de consommer. En attendant, cela créé des économies puisque l’armée n’a plus à réprimer quoique ce soit, que la police n’est désormais occupée qu’à mettre des PV pour excès de vitesse, des économies qui ne se voient pas au bilan du budget de l’Etat, mais qui bénéficient sans doute à ceux là mêmes qui ont créé ce tour de passe-passe admirable. Ces petites appartenances, c’est la meilleure des polices. Quand un rappeur réalise cela, et le met en forme avec une maîtrise du verbe et du phrasé inouïe, ca n’inspire que respect et éloges. La rumeur (et ce texte d’Hamé) est de ces groupes survivant du vrai rap, celui qui met la forme au service du fond. Ce rap qu’on croyait mort avec le départ de Fabe.

  • La meilleure des polices, Hamé, La Rumeur « Du coeur à l’outrage », 2007, La Rumeur Records
  • La meilleure des polices, c’est tout ce que tu bectes pour garder le goût de moisir à crédit dans un putain de trou. (Hamé)


    08
    oct 07

    Police par ci, justice par là… et ailleurs ?

    S’il est une institution parmi les plus polémiques de nos jours, il pourrait bien s’agir de la Police. Décriée pour son obéissance au pouvoir en place, engluée dans le maintien de l’ordre, coupable de bavures abusives et protégée face à la justice. Mais aussi garante de l’ordre public, aide et appui pour les victimes. À des degrés divers, avec une répartition des rôles jugée bien inégale, tendant vers le « tout répression » quand certains attendent la prévention. Déjà me rit-on au nez quand je parle de police aide et appui, mais ne serait-ce pas son labeur initial ? Envers qui ? La question se pose peut-être en ce point.

    La police, instrument du pouvoir

    La société est en attente d’une police citoyenne, qui défende, au sens allégorique, la veuve et l’orphelin, qui protège les faibles contre les dangers. Mais la police est inévitablement un instrument de pouvoir, car elle se vautre aux mains de dirigeants à qui elle assure protection. Elle en dépend au niveau humain, et financier. Elle gravit les échelons des plans de carrière, appâtée par les avancements. Elle n’est pas défense citoyenne car elle carbure au productivisme, à la pression du chiffre pour les élections, à l’huile de palmes du mérite quand ce n’est pas la loi du silence qui fissure rapidement la volonté de ceux qui veulent la changer de l’intérieur. Passée au travers d’un tel prisme, la fonction policière est biaisée, elle devient protectrice des « faibles dirigeants » contre le « peuple par nature émeutier ». Elle défend le défendable et opprime l’indésirable tels qu’on les lui décrit. Tout dépend donc de qui les décrit. Vous l’aurez compris c’est bien souvent le Pouvoir (dont le but principal est de garder le pouvoir) qui dicte ces actions, et qui peut en abuser tant que les médias ne le dénoncent pas trop fort, et que l’opinion sociale ne se brusque pas[1].

    Un moindre mal encore trop éloigné du bien

    Si on me cambriole, que je tape le 17 ou que je retrouve moi-même les coupables, j’aurai au final choisi la même solution: faire appel à une forme de police, qu’elle soit officielle ou non. Et ma police personnelle aura-t-elle suffisamment de déontologie et de justice pour faire mieux que la police institutionnelle ? Tantôt oui, tantôt non probablement. La subjectivité personnelle et la réaction face à l’injustice mène directement à la guerre sociale, être juste et impartial c’est exactement ce que l’homme par nature ne pourra jamais être, il ne pourra que « tendre vers la justice ». Trop de paramètres en compte, sûrement. Dans un cadre étatique, faire la police n’est à mon sens pas un plaisir, car elle se confond avec une conception unilatérale et figée de ce qui est bon pour la société, une conception idéalement juste et objective, mais qui en réalité défend des intérêts bien trop distants du bonheur d’une société dans son ensemble. La société est un être vivant tellement complexe et hétéroclite que face à elle, la police n’a pas d’autre choix que d’être figée et d’essayer d’être la même pour tous. Tout système humain ne peut qu’être limité et imparfait, la police en est un bel exemple. Pour l’avoir côtoyé de prés, je peux vous assurer que c’est un des systèmes humains les plus gerbant et nécessaire qui existe dans notre société.

    Par conséquent, on ne peut nier que l’injuste n’est pas uniquement logé dans la police mais aussi dans nos actes. Parce que nous vivons en communauté mais ne sommes pas capables d’y parvenir sans heurts, sans comprendre que tous n’ont pas la même possibilité de défense face aux attaques. J’envisage le terme d’ attaques au sens large : coup, meurtre, vol et viol sont ainsi des classiques dans notre vision formatée de la violence, mais le racisme sous toutes ces formes mêmes déguisées, l’oppression économique, l’exploitation par le travail, l’appropriation des richesses naturelles, le sexisme familial, le maintien volontaire de l’inégalité des chances sont d’autres exemples d’attaques et de violences, pas toujours considérées comme telles, du moins d’un point de vue judiciaire. Il est plus facile et naturel de trouver son bonheur en pillant (même involontairement) le bonheur du voisin. Comme il est plus facile de faire le mal que le bien. La police n’est que le piètre moyen que la société a trouvé pour réguler ces tendances inhérentes à l’espèce vivante, ces tendances qui nous conduirait à l’anarchie,[2], à la loi du plus fort et du plus méchant, et finalement à la destruction ou au recommencement des société humaine[3].

    Au delà de l’inévitable police politique, la police quotidienne est-elle un corps impopulaire ou bien n’est-elle pas à sa façon le fruit de l’inconstance populaire, du fait que nos sociétés ne protègent pas toutes d’elles-mêmes les veuves et orphelins ? Parce que nos sociétés ne sont pas idéales, et que les travers de l’un accaparent l’esprit de l’autre qui en vient à convoiter les richesses de l’un. Parce que tout fait que nous avons besoin de régulateurs, et qu’incapables de nous réguler nous-mêmes nous en appelons aux autorités. Et plus les sociétés deviennent individualistes plus le fossé entre la police idéale et la police réelles se creusent car la police n’est pas une fée à la baguette magique [4], ses capacités restent limitées et ne peuvent combler le manque de protection et de sécurité crée par l’absence de lien social. Et pour finir, plus la caste au pouvoir reste la même, plus la police sera partiale et figée. Là où la police pourrait combattre avec égal intérêt toute gêne à la vie commune, elle n’est en fait que partiale autant que partielle: telle qu’elle est conçue idéologiquement, telle qu’elle se perpétue dans les esprits, la police arrête le voleur, qu’il vole par faim ou par convoitise. Qu’il soit sans espoir ou crapuleux: un vol est un vol. La police est ancrée dans le réel, le proche, le quasi tactile. A mille lieues des vols d’argent public, des exploitations odieuses du travail humain, des inégalités sociales qu’aucune ne police ne vient autant criminaliser.

    On s’en prend à la police, car on ne veut pas envisager la demi-mesure quand il s’agit de la sécurité de tous, quand il s’agit de la vie de tous; et l’on s’en prend à la police car la bavure n’est pas acceptable (et avec elle toutes les formes d’action policière nuisibles). Celles-ci descendent d’un système (légitimité supposée de la police) que l’on critique parfois vivement, mais qu’en rêvant meilleur et idéal l’on se borne souvent à ne dénoncer qu’à moitié : car le système idéal ne profite pas de l’absence de police, comme certains pourraient le laisser croire. Il jouit de l’absence de besoin de police, dans tout domaine.

    L’Ego(se)ïsme et Lashoz

    « Un flic est un sale flic car il fait un boulot de salaud, salauds sont les hommes d’avoir besoin de flics de maîtres et de guides… » Rocé

    Notes

    [1] on connaît les liaisons entre le pouvoir et les médias, pourquoi ai-je l’impression de nager dans un jeu de dupe ?

    [2] dans le sens cliché du terme, car la philosophie anarchiste est une des seules à avoir essayé de penser des systèmes de société et de police alternatifs

    [3] cf« l’incessant cycle humain », texte a venir…

    [4] c’est plutôt un ogre à la matraque rapide