28
août 07

A quoi bon être roi, quand on est riche et triste?

Cambodia.... true people

Au milieu de nulle part, à 12 000 km de mon appart[1]. Des huttes de bois surélevées pour laisser passer la mousson sans dégâts; maisons de fortunes sans eau, sans électricité et sans meubles, juste un fil de lin de part et d’autre de la pièce principale pour étendre le linge humide. Dans le jardin, des bassines. Bassines pour faire le riz, bassines pour laver le linge, bassines pour se laver, bassines pour préparer le repas d’après. De la fumée aussi, puisqu’on vient de tuer un boeuf, une fumée épaisse qui enrobe des herbes, des épices. Dieu n’a pas attendu l’homme pour créer l’essentiel. Autour, il n’y a rien, à part une végétation luxuruante qui permet à tout le monde de manger à sa faim. Mais la bouffe ne tombe pas du ciel. Trainer la charette sur la route de terre[2], torrent de boue après la pluie, et pousser, toujours pousser, par 55° C, sans eau. Les enfants suivent, nus, en sueur, le plus grand de 6 ans s’occupe de sa soeur de 3 ans. Pas l’temps de jouer à la poupée.

J’aurais cru que cette scène eût fait émerger des sentiments très forts, mais pourtant, tout ce que j’arrive à ressentir, c’est l’étonnement quant à tous ces gens, ces paysans, ces intellectuels, ces travailleurs des PMA qui quittent leur pays pour venir dans le notre. Ils quittent un pays où la raison de vivre est le travail pour manger, travail sain qui laisse sa place au bonheur une fois l’assiette remplie, qui laisse sa place aux rires, à la solidarité, à l’amour de sa(de la) femme et ses enfants, ils quittent tout cela pour un pays au travail irraisonné, décorellé de toute raison objective. Le travail pour la gloire, le travail pour pouvoir acheter des choses fausses, juste le temps qu’elles nous fassent oublier qu’on est triste, le travail pour progresser, produire, aller vite, s’améliorer, gagner plus gagner plus plus plus…. Gagner plus et enrichir d’autres, gagner plus sans en avoir besoin, gagner plus alors qu’on a déja de quoi survivre, gagner plus et ne jamais être heureux…

Cher est le bonheur car pieuse est la piste
A quoi bon être roi quand on est riche et triste?
Les âmes s’évaporent loin de la terre
Le temps s’écoule, les palais s’écroulent, deviennent poussière (Akhenaton, Promethée, 1995)

Notes

[1] là d’où ces lignes sont écrites

[2] contrairement à ma photo, rares sont celles à moteur


10
août 07

Ma mairie

J’habite en face de la mairie de ma ville. C’est pratique pour les démarches administratives, mais aussi pour deux autres raisons. La première c’est que j’ai la meilleure pendule que je pouvais avoir, pas de tic tac d’insomniaque, pas de panne de batterie, pas de clou à planter. Il suffit de regarder par la fenêtre, et hop impossible d’être en retard, enfin théoriquement.

La seconde raison, c’est que je peux passer du temps à regarder les mariages chaque samedi, ce qui généralement me met de bonne humeur pour la journée. Les gens sont tous joyeux. C’est marrant d’analyser la population et les habitudes puis de les comparer aux autres mariages. J’arrive souvent à identifier les beaux-parents, les frères et sœurs, les neveux et nièces qui font des bêtises dans les jupes des mamans, les adolescents des deux familles qui se rencontrent et parfois commencent déjà à faire des tentatives de flirt. Il y a aussi l’aïeul entouré de tous, les couples d’amis qui se toisent, les hommes mariés qui matent les femmes des autres, les jets de riz et de confettis, les séances photos, les rires et les sourires. Il y a les mariages où l’ont sent une cohésion générale et ceux où l’on sent une tension familiale palpable et électrique. Il y a les mariages où l’on fait péter la cagnotte pour louer une limousine et les mariages à l’ancienne, avec les voitures de collections et la dentelle. Dans les deux cas, on a toujours droit aux mêmes coups de klaxons euphoriques. Les mariés ont souvent la même attitude dictée par la pression de l’événement, le bonheur du moment et la difficulté d’accorder du temps à tous le monde. Les maris sont calmes, sérieux, heureux, les épouses sont heureuses, belles et au centre des attentions. On sent chez elles un stress particulier surement imposé par ce jour qu’elles attendent et idéalisent généralement beaucoup plus que les hommes.

Et merde, encore une fois, je me suis un peu lâché, ce texte n’est pas sensé parler du mariage. On continuera une prochaine fois.

Revenons à nos haoulis.

Hier soir, je me pose à ma fenêtre, et je remarque un groupe sortir rapidement d’une voiture garée devant la mairie. Ils se mettent à installer un pied pour projecteur sur le trottoir. Ces enfoirés de marketeurs alternatifs n’ont aucune limite. Ils ont en effet projeté une énorme pub de merde pour une émission de merde d’une radio de merde sur le mur de la mairie, bâtiment républicain.

Franchement ça m’a choqué.

Si c’était sur mon mur, ils se seraient mangé des œufs pourris dans la gueule, voir même de l’huile bouillante de friture (non je ne suis pas un extrémiste, juste un mec efficace). J’aime bien la république, du moins le concept, mais pas au point de gâcher des œufs qui étaient destinés à une mouillette matinale succulente[1].

Le marketing disjoncte. Quand je vois les opérations de marketing alternatifs envahissantes (sous prétexte d’être sympathiques et innovantes) qui s’ajoutent à de la publicité classique déjà bien présente, je me dis qu’on devrait avoir droit à une tranquillité visuelle. C’est un droit fondamental. J’ai le droit de ne pas avoir envie qu’on me propose d’acheter tel ou tel produit. J’ai le droit de ne pas vouloir que mes sens soit sans cesse attirés par des choses qui me sont inutiles. On a le droit d’avoir ce droit non?

J’ai été un enfant de la télé, j’ai baigné dans la pub comme tous ceux de ma génération. Quand j’étais petit je connaissais les publicités par cœur, voire même leur ordre de diffusion. Je me souviens d’un jour en classe de français en 6ième, la prof voulait nous montrer un documentaire sur l’affaire Drefus qu’elle avait enregistré la veille à la télé. Elle avait surement dû programmer l’enregistrement de son magnetoscope, et du coup elle avait enregistré les publicités. Elle fut choquée de voir que tous els elèves récitaient à l’unisson chaque message publicitaire. Je comprends seulement maintenant que ça puisse faire peur. Elle nous a passé un savon mémorable. Bref, tout ça pour dire que je suis un bon mouton du système, bien dans la moyenne, élevé aux bon grain télévisuel, mais franchement des fois je me dis que c’est abusé et oppressant, car même moi ça me choque.

Je connais l’efficacité d’un message subliminal ou d’un message à répétition. L’homme est réceptif, il est trés influençable et il s’adapte à son environnement sans même sans rendre compte. L’environnement en métropole est agressif. Nous recevons plus de 200 messages incitatifs à la consommation[2] par jour, au minimum. Et on s’habitue très vite, plus vite qu’il ne faut de temps pour s’en rendre compte, pour se plaindre et pour pouvoir refuser. Trop vite pour pouvoir maitriser les futures conséquences du changement et les variations de notre comportement, de notre bien être, de notre relation au besoin, et de notre constant endoctrinement.

Je suis curieux de voir l’évolution de la pub et du marketing d’ici 10 ans. Il y aura peut être des pubs dans les cimetières, les hôpitaux, les écoles, les maisons de retraites, les églises, qui sait ?

Lashoz

Notes

[1] En ce moment je mange des mouillettes, c’est une de mes nombreuses envies bizarres et tyranniques. Faudrait que je fasse un test de grossesse un de ces jours

[2] entre les affiches qu’on trouve partout, la télé, les enseignes, les tracts, la radio, les pop-up, bannières sur le net, le co-branding, la communication indirecte…etc. Amusez-vous à les compter vous verrez…


06
août 07

Kesty l’homme Paradoxal Part 3

Réseau Parallèle

« Eh MEEEERRRDE! Putain de tuyauterie de meeeerde! » Les sourcils froncés, dégoulinant de sueur, Kesty explose de rage contre un minuscule joint en plastique.

Le joint ne rentre pas dans le tuyau, le tuyau ne rentre pas dans le siphon, et l’eau nauséabonde couleur caca des canalisations ménagères se verse abondamment sur la troisième et dernière serviette de bain qui n’était pas encore souillée. Demain Kesty et Lina se sécheront tout le corps au sèche-cheveux. Il y a toujours du bon dans le malheur.

Il imagine déjà le plombier lui dire:

 » Ouuuulaala c’est pas bon ça mon p’tit monsieur, c’est vraiment pas bon! ». Le fameux « ouuulaala » exagéré du spécialiste qui fait frémir tant de particuliers incompétents, et qui ne veut rien dire à part:  » Toi mon petit gars, je vais te faire raquer, et tu vas rien comprendre ».

Une piqure de stress pimente ses poumons. Dans 1H il doit se rendre à Gare du Nord pour réceptionner un colis hyper sexy et pas très encombrant : Lina, une beauté métisse Nigérienne-espagnole habitant à Amsterdam. Lina est une sirène pulpeuse qui adore le sport de chambre intensif. C’est une intarissable source de libido qui peut se nourrir uniquement de tomate, de chips, de bonbons à la cerise, et qui adore par dessus tout, le jus de vanille hormonal. Elle bénéficie d’une paire de seins encore plus moelleux que le plus moelleux des moelleux aux chocolat. Le meilleur oreiller du monde, capable de transformer un féroce rugbyman en gentil petit nounours. Quand il est allongé sur elle, Kesty ressent le sentiment que l’on devait sûrement ressentir quand on se baigne dans le liquide amniotique, dans la chaleur douce et réconfortante du ventre de maman. Le paradis. L’osmose des corps. A part se mélanger toute la journée [1], Lina et Kesty ne savaient rien faire d’autre. Pas trop de discussions, quelques balades, jouer aux cartes, regarder un DVD, c’était largement suffisant et épanouissant. Tout le monde était heureux.

Le tuyau de canalisation lâche un gros prout bien chaud dans les narines de Kesty et supprime immédiatement toute motivation ménagère. Pourtant il faut encore nettoyer la salle de bain, préparer une petite ambiance de bougie pour un bain digne des orgies de l’olympe, passer l’aspirateur dans la cuisine et ranger le linge sale qui jonche le sol de sa chambre-salon, véritable vestige d’un champ de bataille hebdomadaire. Kesty est un tourbillon de bordel qui brasse de l’air en faisant du surplace, chasse puis laisse sa trace, partout où il passe, l’ordre trépasse et la crasse s’amasse. Eternel enfant sans sa maman. Kesty est bien trop mature pour vouloir grandir et faire l’adulte.

Finalement Kesty arrive en Gare du Nord pile à l’heure de l’arrivée du train de Lina. Il a été encore plus efficace et rapide que Mary Poppins et Merlin l’enchanteur réunis. Le ménage c’est aussi une affaire d’homme, enfin surtout quand ça conditionne une soirée romantico-charnelle (un plan cul quoi).

« Mesdames, messieurs, le train Thalis en provenance d’Amsterdam arrivera en Gare du Nord avec un retard de 30 minutes. Veuillez nous excuser pour la gène occasionnée ».

Au moment où Kesty se dit qu’il a bien fait de prendre son walkman, et que de toute façon, il n’excuse rien du tout, ses piles s’épuisent et un grand noir baraqué habillé en sportwear se dirige tout droit vers lui.

-Ca va ou quoi ? Quoi de neuf ?

-Moi ca va, lui répond Kesty, mais je ne crois pas qu’on se connaisse, ou sinon c’est que tu ne m’as pas du tout marqué.

Kesty ne se doutait pas à cet instant à quel point cet homme allait le marquer. Le grand noir sportif le dévisage d’un air dubitatif, puis s’exclame:

-Haa putain c’est fou comme tu ressembles à un pote à moi! Excuse-moi! Le sosie quoi! Je m’appelle Stéphane, enchanté, tu fais quoi ici ? Tu fais du bizness ou bien?

-Non, c’est pas parce que j’ai une capuche et un survêt que je vends forcément du shit. J’attends ma copine, son train a du retard. Et toi tu fais quoi ici ?

-Moi je suis là pour faire des sous, ce soir je vais me faire des couilles en or mon frère.

-Ah ouais? Rassure-moi t’es pas un tueur à gage envoyé pas l’ex de ma copine?

-Ha Ha Ha, non je suis pas venu pour t’éliminer.

-Tu vends de la drogue ?

-Non moi c’est un truc qui rapporte beaucoup plus et qui est beaucoup moins risqué. La drogue c’est pour les mecs qui veulent aller en prison.

-Ca existe pas ton truc là.

-Si ça existe, et toi tu fais quoi dans la vie?

-Glandeur professionnel, je m’appelle Kesty, si tu as besoin d’un fainéant dans ta vie, n’hésite pas à me contacter, je ne ferai strictement rien.

-Ha ha ha j’aime bien ca ! T’es un marrant toi ! Moi je suis entrain de préparer mon mémoire d’histoire, je suis à la Sorbonne, tu viens d’où ?

- 93 Aubervilliers

-Ah ouais, je connais bien j’ai travaillé pour la mairie de la Courneuve, j’ai été éducateur pour jeunes en difficulté.

A peine après que Stéphane eût prononcé ces trois derniers mots, une bande de mecs de banlieue crient son nom, puis viennent lui parler, demander de ses nouvelles avec le respect que l’on doit à l’aîné avec qui on s’est lié d’amitié. Un des jeunes demande à Stéphane de prendre son CV et de le déposer à la mairie pour un stage. Kesty regarde la scène étonné, la réalité venait d’appuyer immédiatement le propos de Stéphane. C’était… surprenant. Une fois les jeunes partis, Kesty et Stéphane reprennent la discussion là ou ils l’avaient laissée.

Après dix minutes de bla bla très intéressant voir même passionant, Kesty relance, curieux:

-Bon alors c’est quoi ton eldorado là ?

-Je ne peux pas te dire, ça rapporte trop d’argent, et puis c’est compromettant.

-Vazy c’est bon dis le moi, je travaille pas pour la CIA, je vais pas donner ton nom au président, t’inquiètes pas.

- Bon ok, t’as l’air ouvert, je vais te le dire. En fait, je fais partie de certains réseaux de sexe, je prends des rendez-vous, je rencontre des gens et ils me payent pour pouvoir me sucer. Moi je fais rien.

-QUOI !!??? T’es entrain de me dire que tu fais le tapin là!!

-Non rien à voir, tu te trompes. Premièrement, les mecs sont tranquilles et blindés de tunes. Deuxièmement, les mecs sucent dix fois mieux que les meufs. Troisièmement, quand tu vas te taper une pipe sur l’autoroute tu crois vraiment que c’est une meuf qui te suce? Quatrièmement, c’est moi qui décide de tout.

-Combien ils te payent?

-Ca dépend, pour me faire sucer je prends 500 euros minimum.

-QUOI ?!!? Putain mais c’est des oufs les gens ! C’est même pas toi qui suce? Non mais franchement tu vends ton corps quand même. Tu fais ce que tu veux hein, et je ne me permettrais pas de te juger mais tu ne peux pas dire que tu ne vends pas ton corps.

-Je suis pas une pute. J’ai besoin de tunes, je peux me payer trop de truc avec ça, rendre service à mes proches, avoir les moyens pour étudier tranquille, donc pourquoi pas, je fais rien de mal, je les vole pas, je ne vends pas des produits nuisibles, je ne prends pas de risques, c’est un accord entre adultes consentants… D’ailleurs tu devrais essayer, t’aurais trop de succès, t’es jeune, t’es beau gosse comme tout, tu pourrais te faire un paquet de thunes.

-YA PAS MOYEN ! Encore si c’est que des femmes, j’avoue ça me dérangerait pas, mais là faut être homo sur les bords pour pouvoir faire ça, ce n’est pas mon cas.

-Ecoute Kesty, j’ai une meuf, je suis fiancé, et je suis bisexuel. Tiens regarde sa photo (Kesty constate que sa femme est une bombe atomique-inter-galactique). Tu peux pas connaître vraiment ton orientation sexuelle si tu ne testes pas, ya des réactions physiologiques qui sont mécaniques, et le désir est intarissable et sans limite chez les humains. Faut pas être fermé.

-Personnellement, quand je pense au sexe ou à la bouche d’un mec ça me fait gerber, donc tu vois, c’est tout aussi mécanique. De toute façon j’ai du mal à croire que tu te fasses des couilles en or avec ça. Ta femme est au courant ?

A ce moment là, un arabe obèse petit de taille et un grand blanc maigrichon habillés comme des ouvriers du bâtiment débarquent dans la gare. Ils interpèllent Stéphane et avancent vers lui. On aurait dit un remix ethnique de Laurel et hardi et de Mario et Luigi. Seul le grand blanc parle:

-Ca va Stéphane ? C’est bon, tout est OK, ils sont là, ils sont deux, tu vois dans le bar là-bas les deux mecs en costards. C’est eux. Par contre il y a un petit changement, ils ne veulent plus te sucer, ils aimeraient que tu leur gerbes dessus, et pour ça, ils sont prêts à tripler le tarif.

Kesty reste bouche bée, il a l’impression d’être dans une autre dimension. Tout est si bizarre et illogique. Stéphane répond nonchalamment:

-Mais non Cyril, t’es relou, je t’ai déjà dit que je ne faisais pas ça putain, 1500 euros pour gerber, ya pas moyen, va leur dire qu’à la limite je peux leur pisser dessus, mais pas le vomis, j’aime pas ça.

-Ok bouge pas j’y vais, mais je ne te garantis rien. T’es vraiment con, c’est 1500 euros mec, tu ne devrais pas refuser.

-Rien à foutre, j’ai pas envie de me faire vomir, répond Stéphane avec une grimace de dégoût sur le visage.

Kesty reste bloqué, tout vient de se passer devant lui comme si on parlait du beau temps ou du dernier match du PSG. Il observe l’étrange duo retourner dans le café de la gare, et parler avec les deux hommes d’affaires.

-Putain Stéphane t’es pas un mito! C’est quoi ce truc de malaaade, je pète un câble là!!

Kesty cherchait inconsciemment une caméra cachée dans toute la gare. C’était trop gros ! La gare du nord prenait soudain à ses yeux un aspect glauque et souterrain, ses préjugés sur la scatophilie altéraient sa réflexion. Plus jamais il ne verrait cette gare comme une simple gare ou les jeunes couples et les familles se retrouvent et s’embrassent pour soigner le manque engendré par la séparation géographique. C’était maintenant une plaque tournante d’un business de rencontre entre des jeunes mecs de cité et des bourgeois (ou pas) parisiens à la sexualité pour le moins originale !

-C’est un truc de fou, répétait Kesty inlassablement en observant les hommes d’affaires négocier du vomi ou de la pisse pour 1500 euros.

-C’est rien ça Kesty, dit Stéphane. C’est spécial, c’est pas toujours comme ça. J’habite maintenant dans le 15ieme, un appartement tranquille, je me suis acheté une voiture et ma vie est cool. Il y a des tonnes de gens qui fantasment sur les mecs de cité, tu vois. Ils nous kiffent. Pour eux on représente le mâle dominant et rebelle. Le mâle exotique et oriental. Le macho méditerranéen, le noir musclé et bestial. Socialement on a rien de dominant, ça c’est clair, on est en bas de l’échelle pour la plupart, et on est souvent considéré comme des retardés mentaux, mais dans la pensée populaire on est des hommes, des machos, des primitifs, des vrais mecs qui ont des couilles et savent manier leur bite. Pas des tafioles incapables de se battre ou de baiser une femme comme il se doit et comme elle le désire secrétement. Dans l’inconscient collectif nous sommes des hommes de la jungle occidentalisés. Et cette image dans le cadre du sexe est source de fantasmes, des fantasmes incroyables et puissants, crois-moi. Et c’est pareil pour la femelle immigrée, la beurette, la black, la femme asiatique soumise et malléable. Il y a toute une imagerie ancrée dans les esprits occidentaux. Autant que dans nos esprit d’ailleurs, on développe nous aussi des fantasmes sur la femme bourgeoise préservée, immaculée et inaccessible, sur le blanc sérieux voué à la réussite et cible des mariages de raison. Pour ma part, comme beaucoup d’autres, j’essaye d’en profiter, en me faisant plaisir. Regarde le nombre de couple mixtes qu’on voit dans les rues, il est croissant, et il y en a de toutes sortes. Ma femme est bretonne-finlandaise! Regarde, au hasard, ta meuf est de quelle origine?

-Espagnole-Nigérienne, dit Kesty en rigolant.

-Ah ouais carrément! Tu rigole pas toi! Tu vois, d’ici quelques décennies, on va tous se mélanger, je te le dis moi, c’est la seule solution pour guérir ce monde de merde.

-J’aimerais bien, mais j’en doute.

-Tu sais quoi ? Ce soir c’est la dernière fois que je fais ça. J’ai plusieurs plans avec des stars de la chanson et de la télé.

-Sérieux? Qui??

Kesty se rendait compte de l’ampleur du phénomène, l’analyse de Stéphane était plus que pertinente, mais la seule chose qu’il voulait savoir c’était les noms! Lui qui n’a jamais lu un magazine people, il sentait son voyeurisme humain le titiller, et… c’était trop bon.

-Bah ce week end je pars à Deauville avec *biiip* et sinon je sors sur paris avec *biiip* et *biiip*. Les stars c’est les pires pigeons, c’est comme du beurre. Mon pote Karim traine avec le chanteur *biiiiip* sans même avoir à se déshabiller. Garde le pour toi.

- Ouaaaah truc de dingue! J’aurais jamais cru que *biiiiip* faisait ce genre de truc.

-Pfff t’as rien vu, si tu savais comment les stars ont des trips bizarres, mais ça dépend, y en a qui sont carrément coincés du cul alors qu’ils passent pour des chauds-lapins à la télé…

Le duo des négociateurs maçons folkloriques revient vers Kesty et Stéphane.

-C’est bon pour que tu leur pisses dessus, dit le grand Blanc, mais c’est 500 euros. Ils sont OK, mais un peu déçus quand même. Au fait c’est qui lui ? C’est un pote à toi ? Un des deux mecs est intéressé, il propose 1500 euros aussi pour le vomi.

-Ha ha ha, je te l’avais dit que t’aurais du succès Kesty. Stéphane est hilare en voyant le visage de Kesty décomposé.

-Non je peux pas ma copine arrive, mais euhh je ne suis pas dans votre délire moi j’ai rien à voir avec ça.

1500 euros pour gerber sur un homme d’affaire tout nu. Kesty ne peut pas s’empêcher d’y réfléchir. En y allant bourré ça pourrait même être marrant, et puis au moins le « oulalaaaa » du plombier n’inquiétera plus sa carte bleue. Il pourrait même partir en week end dans le sud avec sa sirène. Mais il sait très bien qu’on ne met pas un pied dans ce genre de milieu sans risquer de mettre l’autre pour finalement, devoir sauter à pieds joints. Le petit arabe Mario-bros insiste et Kesty résiste. Finalement Stéphane donne un point de rendez-vous aux hommes en costard puis reviens vers Kesty.

Ils continuent à discuter, Kesty bouillonne de curiosité sur ce système parallèle. Stéphane est vraiment sympa, il lui raconte tout. C’est un gars très intelligent. Ils se trouvent quelques points communs musicaux et sociaux, et finalement ils décident d’échanger leur numéros pour aller faire de la danse hip hop ensemble, car Stéphane a des bons plans un peu partout en banlieue parisienne. Puis ils se séparent quand le train d’Amsterdam arrive en gare.

Lina ne veut pas croire Kesty, elle pense que c’est encore une de ses blagues pas marrantes. Une fois arrivée à la maison de Mr Propre, elle a rapidement su mettre un terme aux réflexions de Kesty grâce à son super combo: string ficelle, bas, porte-jarretelle, botte en cuir, chignon bien serré, soutien-gorge push-up, rouge à lèvre rouge pétasse et pot de confiture à la myrtille. Ils passeront un week-end au lit sans voir la lumière du jour, se nourrissant de pates chinoises, de crème chantilly, de sueur, de bonbons, de chips et de bisous. Les petits-petits-petits futurs enfants des voisins entendront parler de ce fameux week-end, croyez-moi.

Kesty reverra plusieurs fois Stéphane. De grandes discussions sur l’homosexualité, l’anorexie, la cuisine épicée, l’action sociale et la coupe de l’uefa animeront leurs rencontres. Puis petit à petit, ils perdront le contact sans s’en rendre compte, de la même façon qu’ils ont fait connaissance. La vie est pleine de surprise.

Lashoz

Notes

[1] sauvagement, lentement, violemment, tendrement and do the gambit again.


02
août 07

Raz le blog

(excusez ce jeu de mot merdique, digne d’une Une de Libération)

Ca y’est, ça devait arriver. J’en ai officiellement marre de tous les blogs de merde que je me tape dans mon lecteur RSS. Tous les blogs de merde qui composent cette fameuse blogosphère sur laquelle tout le monde se branle mais qui ne brasse que le vide.

Au royaume des indépendants, puisqu’ils le sont tous à les écouter, au royaume des gens qui ne se soucient pas de leur lectorat, et écrivent au gré de leurs impulsions, on retrouve en fait des gens conditionnés par ce qu’ils savent que l’on attend d’eux.

Cela donne des femmes, (dont certaines sont sûrement intelligentes), qui bradent leur fierté et leur cerveau pour se cantonner à réciter leurs amourettes de comptoir dont tout le monde se fout, leur petit problème de remplissage de vagin ou de remplissage consumériste. S a acheté telle robe chez Paul & Joe, alors que R, qui baise la société de consommation et vaut bien plus que ces incitations au rabais dont seuls les faibles sont victimes, s’est procurée le dernier jean Temps des Cerises, et même que c’est trop ‘top’ parce qu’elle l’a eu 20% moins cher sur ventes-privees. Mais la meilleure, c’est sûrement C qui s’est faite enculer une quinzaine de fois la semaine dernière mais qui finalement préfère le meilleur ami de celui qui la pénètre car il sait la prendre comme il faut et puis il faut dire qu’il est indépendant[1], mais bon il abuse un peu parce que bon il prend beaucoup de drogue, mais moi le mur se rapproche je ne suis que dérive et gnagna… Et j’en rajoute à peine, l’écriture du vide, ni fond ni forme. Du vomi scriptural, sur millions de pixels.

Du côté des mecs, c’est pas bien mieux. Esclavage consumériste encore et toujours, avec leur iPhone de merde et leur dernier Blackberry dont il n’ont pas encore compris que la seule utilité était de pouvoir être exploité 24/7 en faisant passer ça pour un progrès technologique, tandis que sur d’autres sites on bave sur les dernières Air Max Jordan 3 chépakoi designé par un japonais dont le nom sort d’un manga ou d’un mauvais karaoké, qui est vendue en 400 exemplaires dans le monde, qui est objectivement affreuse mais qui semble tout de même justifier les 950$ demandés pour l’acquérir. Et ne comptez pas sur eux pour la mettre, non ! une paire de cette qualité ne se met pas, elle se possède !! Alors je me réfugie sur l’autre blog, celui où ces guignols du web continuent encore et encore de s’exciter sur des non-sites, des non-idées, du vide existentiel labellisé deux-point-zéro (donc financé à 5 zéros), à jouer à celui qu’a la plus grosse avec les rankings de blog, à sucer les gens dans les commentaires en annihilant toute notion de fierté pour obtenir quelques backlinks qui augmenteront leur classement comme si la valeur de leur personne en dépendait, symétrique comportement de tous ces rappeurs du dimanche qui sucent et resucent sur MySpace, se la jouent vrais avec leur bling bling sur la photo de leur profil, mais restent enfermés constamment dans la maison en préfabriquée de leur parents à Champs sur Marne, en écoutant ACDC et en balancant des « lol mdr » à qui mieux-mieux sur MSN… Monde glauque, sans tripes, sans couilles, sans âme, qui m’ennuie et que j’emmerde, que je voulais découvrir en faisant ce blog mais qui me conforte à rester dans la vie réelle à parler à des gens vrais (comme à l’apéro, big up à vous), à niquer des meufs en 3D et pas en smiley, à déconner ou à errer, à rigoler ou à pleurer, bref à vivre pour de vrai.

PasDesChiffons n’appartient pas à ça, car on se tape éperdument de ce que les gens pensent de nous, de texte de caillera en analyse, de langage soutenu en verlan, de prose en vers, de politique en rap, de séduction en philosophie, le blog est comme on est, beaucoup trop complexe pour faire de nous ce qu’on attend. PasDesChiffons, c’est une grosse éjaculation sur le web, parce qu’on se vide de trop pleins d’analyses, que c’est 200% égoïste, et que plus les jours passent, plus les textes défilent, et plus on se sent vidés, zen, prêt à repartir sur des projets nouveaux. En laissant bien loin derrière nous les superstars du web, trop occupés à raconter leur dernière sodomie virtuelle sur MSN…

parasite

PS : Excusez mon langage châtié mais c’est l’été…. Septembre sera soutenu.

Notes

[1] comprenez qu’il a assez de maille pour m’entretenir, moi qui me dit féministe mais qui ne me nourrit que de l’effet que je fais aux hommes


30
juil 07

L’amour du sillon

La musique a rythmé ma vie. Quand j’ai mal au cœur, j’ai mal au mic. Je m’enivre sans alcool dans un océan de jazz, et quand j’ai le blues, c’est du rock que je croque. Bercé à Brassens, et fasciné par le personnage, chaque passage à Sètes est devenu un pèlerinage. Je deviens un ascète[1] du vinyl à chaque fois que je me trouve dans un garage. J’y déniche un Brel, un Arsonists ou un Pete Rock, entre deux J5, Minnie Ripperton ou Nina Simone. Le son me porte, me berce, me transporte et n’a de cesse de me ressusciter quand viennent les jours de détresse. Et quand ceux-ci s’annoncent, telle une onde immonde, je dénonce la violence du monde d’un détournement de son. Et c’est à fond la caisse… claire et le caisson au top, que je vadrouille vitres baissées, bercé par un morceau de pop… Et pour plaire, être populaire et voir la couleur du string ficelle d’une jolie demoiselle, je fredonne du Neil Young, sauf si elle dit que c’est naze, alors je lui rappe un Nas, un Del, sauf si je suis las… d’elle… Son string était pastel, j’allume ma télé pour voir le karaoké, mon ex était chanteuse… y passe t-elle ? Mais à terme je sais que tout devient poussière, sauf le sillon, Lashoz m’a appris que c’est grâce à lui que nous brillons, nous crions, nous vivons ce son sensass éloge des sens sans cesse… et les mots…. sensuelles caresses dont je ne me lasse… et grâce auxquels je mets un terme aux maux et aux dégueulasses démons de mon égo…

le parasite

Notes

[1] à multiples facettes quand je pique une nouvelle cassette


23
juil 07

L’art du live

live

Plus tôt dans la journée :

Réveil sucré et sexué, session skate, 30 minutes de queue à la caf pour obtenir le nouveau numéro surtaxé de la caf, une raclée au Pes 4, quelques divagations existentielles, freestyles et délire musical sur radio campus Rouen, échange de vinyles fructueux, petits larcins au Bricorama, pâtes à la sauce tomate-gruyère, petit pont massacreur, gribouillage de rimes embrassées sur un ticket de bus, lecture du dernier volume de One Piece devant un diabolo menthe en terrasse… la vie est belle.

Il est 18h00, je rejoins Fruty Franky place du Vieux Marché. Deux trois « Yeah Yaa! », puis place au récit habituel des anecdotes de la journée, on se balance quelques vannes, et on se tape quelques barres abdominales. Direction l’épicier du coin pour l’achat du pack de bière réglementaire, sans oublier la bouteille de martini pour Louna. Louna est toute en beauté ce soir, elle est fraîche, buena, ravissante, charmante, séduisante, bref, je fonds comme un glaçon quand elle m’embrasse et je me fais violence pour ne pas croquer le grain de beauté qui se balade au-dessus de ses lèvres. Autour de nous les regards des passants se liquéfient sur elle. Elle a le printemps dans les yeux, de la folie douce dans le sourire, elle dégage nonchalamment dans l’air chaud l’odeur du bonheur. On flâne de la place du vieux marché au théâtre des arts. Notre trio fait des zigzag d’escargot, des virages serpentins, nos savates suivent le rythme lent et paisible de l’humeur. On ne marche pas : ON PLANE. Notre peau absorbe les derniers rayons de soleil, et on respire chaque particule de vie qui flotte dans la ville. Le sourire scotché, on savoure le début de l’été.

Après un « pile ou face » arnaqueur, puis un « pierre-feuille-ciseaux » vengeur, on file direction place St Marc car « askiparait » y a un super festival avec des concerts qui défoncent tout…askiparait.

On connait Rouen, on se fait pas trop d’illusion.

On y va quand même joyeusement en espérant entendre du rock de qualité, ou de la chanson française sympathique, inutile d’espérer du rap, de la funk, ou de l’électro, en croisant bien les doigts on aura peu être une chance de voir de la musique Tsigane.

Déception. La musique du concert ressemble vaguement à du rock pseudo alternatif-variet-évolutif-subversif mais surtout vomitif. On finit les bières sur un banc en face d’une benne à ordure au fond de la place St Marre, et on se dit finalement qu’on va quand même tâter l’ambiance, histoire de… faire autre chose que de gâcher de la fonce-dé.

La place est blindé de jeunes normands alcoolisés « à la roots » avec djembé et boubou africain désaccordés, on y trouve aussi des familles sur leur 31 (voir même 51) pour la sortie du week-end, deux-trois groupes de cailleras venus draguer le vent rouennais, et une bande de vagabond-schlags tatoués et percés, accompagnés de leur vieux chiens qui puent mais qui ma foi, sont parfois plus sympathiques que la plupart des humains ici présents.

Pendant notre ascension vers le centre de la scène, on s’enfonce dans une ambiance qui oscille entre la mort et le coma. Bizarrement, plus on pénétrait cette masse de zombies sous somnifères, plus on entendait des cris de public en folie. Pourtant personne ne criait, et quand je dis « personne », je pèse mes mots. Je décide donc de me rapprocher en espérant trouver devant la scène un groupe de fanfarons qui expliquerait cette ambiance euphorique. Tout ce que je trouve c’est toujours ce public passif, qui balance son corps tout doucement en affichant un sourire d’imbécile satisfait par le goût de la merde.

Je me rapproche de la scène, et là, mes oreilles n’en croient pas leurs yeux. Je fixe les enceintes et constate écœuré que c’est un public enregistré, un public de folie, mais factice, comme les faux rires dans les séries télévisées pas marrantes. Le chanteur du groupe se croit au Madison Square Garden ou à Woodstock, il est complètement déchainé, c’est le concert de sa vie, et franchement, il fait vraiment pitié. L’ambiance paraît délirante, mais juste sur la bande audio ou à la limite sur son visage. Le public à l’air d’apprécier mais reste sage comme une limace image.

Je baignais donc dans une superbe arnaque apparemment kiffante, personne n’avait l’air de trouver ça scandaleux, pire que ça, personne n’a rien remarqué.

Je profite de ce blog pour demander solennellement le bon vieux châtiment de la guillotine mal aiguisée ou de l’écartèlement moyenâgeux pour ce genre de guignols qui insultent et pissent sur l’art du live.

En ce qui concerne les autres, chanteurs, rappeurs, variéteurs qui font du play back sur scène, à la télé, ou pendant la cérémonie des Défaites de la Musique, j’exige qu’on rétablisse immédiatement le lynchage à coup de caillasses sur la place publique et les 100 coups de bâtons cloutés (avec des clous rouillés, cela va de soi, on ne détruit pas des squelettes sans casser des pieux).

Fatigué par ces moutons, écœuré par ce chanteur-bourricot et sa technique de fouine, on s’est enfui plus vite que le guépard vers un bar qui servait des girafes de bière, afin d’apercevoir des éléphants roses dans les rues. On a finit dans un état pitoyable à 4 heures du matin dans la boite la plus pourrie de Rouen à rigoler comme des débiles pour n’importe quoi. « Le Bidule » c’est la boîte où tu ne peux pas te faire recaler, où il faut minimum 4 grammes dans le sang pour vouloir y rentrer, où le vigile est moins costaud que mon auriculaire, où le dj c’est le barman, où la musique varie entre techno d’Ibiza des années 80, Dalida, Britney Spears, Telephone, et Ace of Base[1], où des gens de trente ans et plus se galochent comme dans les booms du collège, bref la boîte où on finit nos soirées quand la ville ne veut plus de nous et que c’est réciproque.

Personne ne peut nous empêcher de kiffer. La vie est belle.

Lashoz

Notes

[1] et souvent on a droit a la compile « Hit machine volume 18 », un superbe cru des années 90 à savourer avec déléctation: « i like to move it move it! »


18
juil 07

Save the cheerleader, save New-York

New York ain't the world, baby.

Bel exemple de mégalomanie américaine, la série Heroes est basée sur la fameuse phrase « Save the cheerleader, save the world » (sauve la pom-pom girl, sauve le monde). Or, il est simplement question d’empêcher un méchant doté de super pouvoirs (Gabriel Sylar) de faire exploser un gentil (Peter Petrelli) dôté d’un pouvoir dangereux (générer de l’énergie nucléaire, donc se transformer en bombe atomique s’il en perd le contrôle). La scène se passant à New York, il s’agit donc de sauver New York. Quand Nagasaki a pété sous une bombe de l’oncle Sam, les américains dormaient tranquille. Je doute fort que les asiatiques (et le reste du monde) en aient quelque chose à foutre que New York explose, en tout cas surement pas au risque d’être en péril. C’est par des amalgames sournois glissés habilement dans des séries mainstream que la manipulation se fait, doucement mais sûrement…


16
juil 07

Velib’, ou l’escroquerie écologique

Velib L’écologie, c’est un truc dont les politiciens se foutent complètement, mais très pratique pour faire passer des mesures perverses.

Cette idée se confirme un peu plus depuis que les candidats à la Présidentielle ont axé le débat sur l’écologie, à défaut d’avoir les idées suffisamment étoffées pour pouvoir l’axer sur les vrais problèmes. Le dernier truc en date, c’est les travaux un peu partout dans Paris pour installer les fameuses bornes « Vélib », les vélos libre-service pour les parisiens[1]. Ce truc est une escroquerie à différents niveaux.

Déjà, Vélib, c’est l’occasion pour Delanoë de flamber en une de tous les magazines en désespérance éditoriale, alors que concrètement, sa gestion de l’attribution du contrat est loin de valoir des éloges. C’est JC Decaux qui construit les emplacements et fournit les vélos, entreprise choisie au terme d’un pseudo appel d’offres. En échange, le publicitaire se voit rétribuer du prix des abonnements[2]. En apparence, ce n’est que justice. Seulement, JC Decaux n’a rien installé gratuitement. La condition a été l’attribution du marché publicitaire de la ville de Paris à JC Decaux, en échange de ces -coûteuses- installations (concessions qui dure une vingtaine d’années et qui menaçait de passer dans les mains du concurrent ClearChannel). Un marché de plusieurs milliards d’euros, puisque l’intégralité des recettes publicitaires présentes sur les abribus et autres supports arrivent dans les caisses de JC Decaux. Je n’ai pas vu de document là dessus, mais il y a fort à penser qu’un encart publicitaire sera placé à terme soit sur le cadran des vélos, soit sur les stations d’accueil. Un tel support mobile et multiple est un régal pour un annonceur. (Surtout sur ceux qui voudront se positionner sur du très à la mode « écologiquement correct »). Parce que les milliards d’agressions visuelles et sonores que l’on subit chaque jour ne semble pas être assez.

Quel est donc l’intérêt de la Mairie de Paris à vouer tant d’énergie à introduire les vélos à Paris? L’assainissement de l’environnement ? N’importe quelle personne qui conduit dans Paris sait pertinemment deux choses : 1/ aucun automobiliste ne peut laisser sa voiture pour un vélo (donc les cyclistes ne sont que des piétons reconvertis, d’où une absence totale d’économie de pollution), 2/ que les pistes cyclables ont considérablement rétréci la chaussée, d’où des embouteillages énormes qui n’existaient pas il y a quelques années, qui créent incontestablement des pics de pollution dans Paris. Il suffit pour cela de comparer la circulation rue de Magenta entre République et Gare du Nord avant la piste cyclable, et après.

L’intérêt de Delanoë et comparses est double.

  • Les pistes cyclables sont un véritable fiasco dont même les écolos critiquent le déploiement outrancier. Il était donc indispensable de les crédibiliser un peu en augmentant artificiellement leur fréquentation.
  • La construction des pistes cyclables, de même que la généralisation des places de stationnement payantes a toujours eu pour but de décourager les automobilistes. Mais pas n’importe lesquels : ceux qui ne peuvent se payer un box ou un parking privé, ceux qui sont obligés de transporter des éléments lourds pour aller travailler (donc les travailleurs manuels, les artisans, etc.…), et plus généralement, ceux qui ne peuvent se payer le luxe d’habiter près de leur travail. Le but de la mairie est donc de continuer le nettoyage de la ville, le déplacement massif des pauvres vers les banlieues pour libérer les appartement pour les riches, ce qui rend une balade à Paris aussi chiante, entre bourgeois méprisant à la terrasse de leur bar « lounge » et touristes moutonniers qui se ruent sur des casquettes « Paris » made in China à 20 euros (bien que produite pour 0,2 cents).

J’ai tort ? Regardez donc qui se balade à vélo à Paris… Le même public qui va voir les soirées Slam à Bastille (et qui achète l’album de grand corps malade), les mêmes que dans les manifs pour la régularisation des sans-papiers. Les bobos. Je n’ai jamais vu de caillera en vélo dans Paris en dehors des mini-rodéos sur les vélos de la Poste volés pendant la tournée du facteur. Je n’ai jamais vu un ouvrier du bâtiment sur un vélo, ni un Malien du foyer. Etudiants en sociologie, vous qui vous ennuyez, allez donc faire un sondage en Septembre près des bornes Vélib, ça intéresserait du monde, et ca vous changera d’un énième éloge de Pierre Bourdieu. Parce qu’il est bon de rappeler que ces bornes actuellement en construction sont systématiquement installées sur des places de stationnement payantes. Déjà qu’il faut environ 40 mn pour trouver une place dans n’importe quel coin de Paris et que l’engorgement est connu et calamiteux, on installe ces escroqueries qui ne plairont qu’aux bobos sur des places qui font déjà défaut. Et encore une fois, je vois peu de Bugatti, de CLS et de Série 7 sur les places de stationnement payantes.

Le Parasite..

…..(En attendant j’empile mes PV, j’enrage dans les files, je tournois dans le quartier, et je crache sur cette ville.)

Notes

[1] cet article fut écrit en Mai, les Vélib’ sont sortis officiellement hier

[2] vantés pour son faible prix, l’abonnement Vélib’ reste 30 fois plus cher qu’à Lyon


13
juil 07

Bob Dob

airman bwoyyy L’artiste se nomme Bob Dob. C’est mortel. Merci Ramirezooo ;)

Un pur style, qui me fait penser aux dessins des Crados, vignettes pour enfants qui ont été interdites pour leur violences quand j’étais à l’école, j’étais trop dégouté! Pour ceux qui s’en souviennent on peut les retrouver ici!! Merci Le Parasite ;)

Pour en voir plus sur Bob Dob

Bonne dégustation.

P.S: la deuxième illustration me donne bien envie d’écrire un texte! Vaste sujet!


11
juil 07

Cendrine Dominguez, ou le parcours type de la pétasse

En voiture dans la banlieue est, je me laisse distraire sur une route nationale par un panneau publicitaire (de ces panneaux ultra glauques le long des zones industrielles où il fait toujours gris). J’y reconnais Cendrine Dominguez, ex présentatrice de Fort Boyard et de différentes émissions de seconde zone. Il s’agit en fait d’une publicité pour Domus, le grand centre commercial dédié à la maison. C’est marrant ca, Domus. Quand on regarde la télé, on a toujours l’impression que les gens passent leur vie dehors, mais quand on regarde ce qui se vend, on se rend compte que y’en a plus d’un qui moisit chez lui. D’ailleurs, quand j’ai vu Domus arriver en même temps que ces conneries d’émission de déco, je me suis demandé si l’un entraînait l’autre ou vice et versa…. Les investisseurs de Domus ont-ils créé de toute pièce un programme télévisé pour générer de la demande ou ont-ils répondu à une demande créée par la télé ? Permettez moi de privilégier l’option 1. Nous laisserons aux journalistes qui s’ennuient le soin de vérifier. Bref. Cendrine Dominguez présente donc une animation commerciale liée à la décoration d’intérieur.

Voici un bel exemple de mise au rebus d’un ex-canon de beauté une fois passée la quarantaine ! La carrière typique serait donc d’être mannequin, d’épouser un sportif célèbre et s’approprier sa renommée via son nom, comme lors d’une fusion-acquisition, entrer facilement dans le milieu du spectacle, et atteindre son sommet en présentatrice télé. Une fois la déchéance atteinte, se recycler dans la décoration d’intérieur (prisonnière de son psychologisme réducteur) et dans les animations commerciales où les beaufs rêvent devant ce qui était à l’intérieur de leur petit écran il y a quelques années, quand Virginie Efira sucait encore son pouce (s’entrainant déjà à son cœur de métier).

La fraicheur a une fin, l’esprit n’en a pas. Quelle belle lecon de morale !