Préjugés, et pathologie d’un déclassé

Durant ma courte vie j’ai trop été placé dans des cases. Les gens décident de qui je suis, à ma place. Les gens ont un besoin maladif et répugnant de catégoriser les gens. Pour ma part on m’a catalogué, soldé à moitié prix, avec code barre et antivol, pourtant dieu sait que je ne suis pas un vendu et encore moins un voleur. Les préjugés, c’est Le fléau. Des putains de raccourcis cognitifs automatiques qui confortent notre ignorance, et cajolent notre ridicule et minuscule intelligence.

Quand j’essaye d’imaginer le nombre de conflits, d’injustices et d’asservissements sociaux que l’ont peut mettre sur le dos du préjugé, j’en mourais presque de jalousie la bave aux lèvres! C’est le plus puissant des influenceur-engraineur, c’est le Maître du Monde, et nous sommes tous ses disciples. On se met tous à genoux et on lèche les verrues purulentes de ses pieds puants à chaque nouvelle aurore.

Le préjugé est une vérité particulière constatée et élargie par manque de connaissance, ce n’est ni un mensonge, ni une vérité assez grande pour être digne de ce nom. L’habit ne fait pas le moine, le string ne fait pas la pétasse, le baggy ne fait pas le mc, la calvitie ne fait pas la culture, la longueur du manche ne fait pas l’orgasme et le préjugé ne fait pas toujours l’erreur…

“C’est un combat contre soi-même quand la tentation t’accroche, le mal frappe à ta porte fait des tentatives d’approche” Koma

C’est vrai les préjugés c’est dans la nature humaine, et on ne chasse pas facilement le naturel[1]. On a besoin des préjugés pour comprendre, simplifier notre monde complexe et ses interactions infinies, le mettre à la hauteur de nos capacités mentales. OK. Super. Seulement moi j’ai développé des vices bizarres à cause de cette merde. Par exemple le vice du caméléon. Depuis l’adolescence je change de style régulièrement, je suis un savon glissant entre les mains crasseuses du préjugé.

Sous les coups de fouet sadiques de mon déclassement social, c’est avec un plaisir non dissimulé, que mon exhibitionnisme latent prend les gens par derrière.

Selon le style vestimentaire (poète maudit, cadre dynamique, racaille du 93, skateur funky, drogué anarchiste, clubber beaugosse, gendre parfait, cafard du bitume), différentes réactions sont prévisibles. On me craint, on baisse les yeux ou au contraire on essaye de me victimiser. On me tient les portes, on me drague, on m’appelle “Monsieur”, ou on me demande de la drogue. On protège son sac, on change de trottoir et parfois on me demande de garder son enfant. Pire que ça , on ne me voit pas ou on ne voit que moi… Je pourrais écrire un dictionnaire là-dessus. J’ai l’impression de vivre la vie de plusieurs prototypes sociaux, et d’appréhender à travers leur yeux les regards et les jugements qu’ils vivent au quotidien.

C’est incroyable le genre d’accès qu’on me refuse et le genre de sourire que l’on m’offre selon mes apparences. C’est très instructif et tellement prévisible. Ce qui est intéressant c’est d’inter-changer le comportement typique de chaque personnage et de voir les réactions étonnées des gens. On essayera par exemple dans le métro le jeune cadre en costard qui crache par terre et parle comme un voyou au téléphone. Ou encore la racaille destinée au BEP sidérurgie qui lit le Banquet de Platon, après avoir fini un essai sur la corrélation entre l’érotisme et la mort dans la littérature grecque. Les gens qui me fréquentent de loin, s’en prennent plein la gueule à tel point qu’ils ne savent plus où me classer, souvent ça les dérange et même mieux, ça les intrigue, parfois ça leur fait peur. Je suis un feu d’artifice de contradictions, un vieux prout plein de surprises olfactives. J’arrête d’accentuer mes contradictions si mon interlocuteur me prouve sa finesse d’esprit. Je l’humilie quand il me catalogue et me sous-estime en se basant sur les apparences modestes que je lui ai soumises pour le tester. Dans ce cas là je suis sans pitié, je lui laisse voir ce qu’il voudrait voir en moi, puis je le fume sur son propre terrain, devant son propre public, là où il ne m’attend pas. Je pensais que plus l’impact sur la personne était fort, plus la prise de conscience de sa propre connerie était possible. Une belle pathologie. J’ai mis du temps à m’en sortir, j’y ai laissé des plumes, de l’espoir, de la naïveté et beaucoup d’énergie. C’était un mélange de rage, de haine, d’empathie et de mission à accomplir. Une de mes missions secrètes et souvent inconscientes: repérer et conforter les préjugés, les détruire, puis revenir conforme à la norme pour briser à nouveau les préjugés que j’ai parfois moi-même incité à créer. Un truc de malade. RIDICULE.

Je suis un déclassé jusque dans mes pathologies et j’essaye de m’en servir pour me guérir.

On m’a trop catalogué, rabaissé, cantonné à un rôle dévalorisant ou parfois même valorisant mais niant une partie de moi-même, insultant l’humain qui se cache derrière tout membre d’une communauté. Il fallait que je me venge, l’ignorance et le mépris ne me suffisait pas pour punir la connerie de ces innocents imbéciles.

Je ne voulais pas être celui qui confirme les préjugés et encore moins être l’exception qui confirme la règle triste, injuste, et irréelle de ce même préjugé.

Faire des centaines d’aller-retour dans une impasse relationnelle sombre où les murs se rapprochent, le sol s’effrite, et le ciel tombe sur ta tête, ça forme un homme ou ça le détruit.

“Rien n’est jamais acquis à l’homme. Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur. Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce.”

Louis Aragon

Aujourd’hui j’ai compris que mes contradictions naturelles sont largement suffisantes, et que toute cette obsession vengeresse, héroïque et perverse n’est qu’un grand coup d’épée dans l’eau, un souffle d’enfant se heurtant à un cyclone, un crachat dans la mer. Les jugements des gens, je les vois arriver à des kilomètres, parfois j’ai même l’impression de contrôler leur cerveau, mais je ne perds plus mon temps à essayer de les améliorer de façon violente, ou même intelligente. J’essaye de m’améliorer moi, et c’est déjà pas mal. Les gens sont comme des robots, une fois qu’on comprend les grands rouages, on peut voir apparaître un gros bouton rouge sur leurs têtes qui détermine leurs actions et réactions, il suffit de savoir appuyer dessus au bon moment, et si possible pour les bonnes raisons.

La plupart des gens ne peuvent s’empêcher de mettre l’autre sur une échelle, de s’y mesurer pour se rassurer. Ils ont souvent le besoin de se rassurer en pensant qu’ils sont meilleurs dans tel ou tel domaine. Personnellement je préfère passer pour un imbécile et me satisfaire de ma médiocrité, c’est beaucoup plus simple. Pas de posture sociale à prendre, pas de remise en question interne à essuyer après chaque rencontre. Etre une merde c’est reposant, et puis pour prendre son envol mieux vaut partir du sol. Un faux diamant finira par décevoir, alors qu’une vulgaire perle dans une vielle huitre surprendra. Je suis trop conscient de mes minables défauts et de mes propres préjugés, je ne vois que ça et je me donne envie de gerber. Pas besoin de votre aide, merci pour l’attention.

Tout cette névrose personnel prend racine dans le fait que j’ai toujours fais partie de tous les groupes sociaux, et donc finalement d’aucun. J’ai toujours été au milieu d’un champ de bataille de contradiction et de différences, je pourrais faire partie de tous les camps adverses, mais je refuse par principe. Non pas qu’ils ne veulent pas de moi, mais je refuse de dénigrer les uns pour les autres. J’aime toutes mes facettes. Elles sont magnifiques car complexes et diversifiées. Je suis convaincu que tout le monde à plusieurs facettes, on peut même les voir et les imaginer quand on refoule le reflexe humain du préjugé ou quand on connaît bien la personne.

J’ai du mal à comprendre pourquoi on cherche ailleurs quand il existe tant de choses à découvrir dedans. Il faut du temps pour aller au fond de soi-même, et on y trouve souvent un grand bordel sans avoir besoin de creuser. Dans le cas d’un déclassé, la difficulté réside en partie dans ce rapport à l’autre. Quand l’autre décide de qui tu es à ta place, et refuse de voir ou de comprendre tes autres facettes, c’est un double combat. Un combat contre soi-même et contre tout le monde. Finalement on opte souvent pour la résignation car les gens sont cons, et ne comptez pas sur moi pour argumenter sur ce point.

Après des années de zig-zag et de blessures contre les parois aiguisées du labyrinthe social, voilà ce que Madame Expérience m’a chuchoté à l’oreille, pendant une de ces nuits blanches où je me noyais dans mes larmes :

«Montre leur ce qu’ils veulent voir, pour obtenir ce que tu veux. N’en abuse jamais, et garde pour les élus de ton cœur les trésors de ton âme».

Lashoz

P.S: En pièce jointe je ne résiste pas à partager avec vous ce texte « Seul » de Rocé extrait de son dernier album « identité en crescendo », album à se procurer de toute urgence, on ne le répètera jamais assez… (Et pour les énervés, les vrais, le dernier album de La Rumeur est une tuerie, mais ça c’est une autre histoire) c’est par ici que ça se passe…

Notes

[1] il revient en formule 1

13 Responses to “Préjugés, et pathologie d’un déclassé”


  1. 1 Bonnie oct 1st, 2007 at 9:20

    Je ne suis pas un chiffon, j’ai même une haute opinion de moi même et pourtant, j’ai essuyé un paquet d’échecs, je me suis interdis pas mal d’opportunités et ce à cause d’un seul préjugé : le refus d’être formatée selon les préjugés des autres.
    Le chien qui se mord la queue; un poisson dans un bocal (rond le bocal).
    Je me suis fait piégée à mon propre jeu et pour être objective, je n’ai pas gagné grand-chose si ce n’est la maigre consolation de me dire : tu as tenu bon, tu es restée toi même, libre de tes propos et de tes pensées….
    Pas facile de se faire reconnaître lorsque l’on est caméléon; comme tu le dis, à la fois touche à tout et touche à rien, porté aux nues un jour, spolié celui d’après…
    Bref, l’expérience, les cassages de gueules à répétition nous offre une nouvelle possibilité jusqu’alors écartée : les concessions sans se renier, l’adaptation sans sucer ! et là, on est gagnant sur toute la ligne !

  2. 2 lashoz oct 1st, 2007 at 13:12

    il faut bien qu’on en retire quelque chose, il faut bien qu’on evite d’en être trop pénalisé. Ca peut vite se transformer en or tout ca…

    Merci pour ton com Bonnie.

  3. 3 parasite oct 1st, 2007 at 18:03

    La méfiance, les regards en coin, les mains sur le sac, les non-réponses à mon bonjour, le strapontin a coté de moi qui reste vide malgré un métro bondé, les regards des zoulettes, ca c’était hier en survetement, la barbe de 4 jours, casquette et capuche… pas pour le style mais pour me rendre au sport..
    *
    Le sourire et le bonjour du facteur, une discussion de 10mn avec la concierge, des coups d’oeil et des égards, des jeunes filles qui s’assoient a coté de moi dans le métro, des trentenaires qui me sourient, et un numéro de téléphone… ca c’était ce matin en costard et rasé de près… pas pour le style mais pour me rendre en rendez-vous.
    *
    le conflit interne entre fantasmagorie et inquiétudes artificielles me fait rire et vomir. Les gens n’aiment rien de plus qu’un “rebelle” reconverti en businessman, et ne craignent rien de plus qu’un immigré de cité. Un déclassé c’est quelqu’un qui peut incarner l’un ou l’autre de leur fantasme en un changement de costume.

    La comédie humaine.

  4. 4 Fleuriste oct 1st, 2007 at 20:09

    Il faut savoir se prostituer par moment. C’est malheureux mais c’est la vie.
    Il suffit juste se savoir capable de pouvoir, du jour au lendemain, tout envoyer en l’air et neanmoins s’en sortir. Avoir à tout moment un plan de secours, au cas ou la comedie deviendrait insupportable.

  5. 5 parasite oct 1st, 2007 at 20:56

    Ton passage ici me fait plaisir fleuriste. Sache que ton blog est le seul que je lise assidument. Je recommande aux autres visiteurs de faire pareil.
    *
    Autrement, ton commentaire me rappelle la notion d’espérance, dans un niveau plus évolué. Certains se raccrochent à des petites occurences ou appartenances physiques ou matérielles pour rendre leur quotidien moins douloureux, mais se mettent des boulets à leurs pieds sans le savoir, car les appartenances et les occurences, c’est justement ce qui nous empeche de bouger. (au propre et au figuré).
    *
    Le stade ultime de l’espérance, c’est de préparer une autre vie, loin des siens et loin de ce qu’on a. Une fois qu’on y arrive, tout parait plus simple, les sourires, les poignées de mains et le climat pesant. Meme la médiocrité nous plait, car on sait que si tout tournait mal, le meilleur resterait à vivre.
    *
    Je crois qu’on a trouvé la même solution aux mêmes problemes..

  6. 6 Fleuriste oct 1st, 2007 at 22:01

    Merci Parasite. Ca me touche beaucoup venant de quelqu’un d’aussi reflechi et habile dans l’ecriture que toi.

    Ton dernier message decrit parfaitement ma pensée sur le sujet.
    C’est un peu le concept sous-jacent que l’on retrouve dans fight club. Le fait de ne pas etre dependant de son environnement. De ne plus rien avoir a perdre.
    C’est d’ailleurs toute la force du bouquin et du film.

  7. 7 Thom oct 1st, 2007 at 23:57

    Salut les déclassés !

    Complétement d’accord avec tout l’article… Comme souvent, vous mettez des mots sur des choses que j’ai simplement pensé ou ressenti. Ca fait plaisir.

    Seulement, un exemple: à propos de la personne qui va mettre la main sur son sac quand tu passes parce que t’es habilé en survet. Je comprends l’écoeurement. C’est gerbant.

    Mais utile malheuresement.

    Est-ce que ce serait très malin de s’assoir en costard, à côté d’une bande de potes qui fument leurs joints, au pied d’une tour de la Courneuve, à minuit, et de sortir son petit ordinateur portable, et de commencer à envoyer des mails?

    A près tout, c’est vrai, pas de préjugés. Vivre dans ce quartier ne fait pas de toi un voleur. Habillé en costard dans un cité ne fais pas de toi un connard provocateur. On est d’accord.

    Est si on faisait un test comparatif 93 / XIIème pour voir en combien de temps tu te le fais voler ton ordi?

    Vous voyez où je veux en venir? Vous voyez le côté utile du préjugé?
    A mon sens c’est un espèce de raccourci, qui t’aveugle certes, mais qui est utile, car construit par ton petit cerveau (dont le rôle est de faire des distinctions) pour faire face au flot d’informations à gérer.

    De même que pour aller au boulot, tu va prendre tout les jours le même chemin. Tout les jours, tu verras la même chose. Bref, ca va être la routine.

    Amuse toi à prendre un chemin différent tout les jours, tu découvriras toutes les richesses de ta ville certes, mais tu seras en retard à ton boulot !

  8. 8 charlie oct 2nd, 2007 at 11:25

    hey ! Will hunting ! il est comment robin williams en vrai ? :)

  9. 9 Lashoz oct 2nd, 2007 at 13:30

    Thom : loool Toutafait d’accord, c’est nécessaire et même utile… mais cela a des conséquences assez …euh conséquentes! :)

    Charlie: il est poilu, trés poilu…

  10. 10 Sebseb oct 5th, 2007 at 4:31

    Dommage, j’aime plutôt les textes ici, et je n’interviens que pour évoquer ma déception à la lecture de celui-ci. Pour aller à l’essentiel: caca nerveux.

    L’analyse est globalement juste, mais j’ai comme l’impression que tu reproches aux autres ce que tu ne trouves pas en toi. Il est clair que ce n’est pas en se déguisant pour coller aux préjugés les plus répandus que les gens vont se faire une juste opinion de ta personne!
    Pourquoi faudrait-il avoir un style? Déjà employer ce mot, c’est avoir un pied dans le monde de la mode. Si tu commençait par donner une image juste et honnête, peut-être que les préjugés tomberaient. Enfin, ce que j’en dis….
    D’autre part, tu sembles regretter de ne pas plaire (séduire?) à tout le monde. De l’instant où tu commences à te préoccupper de l’opinion que chaque être humain peut se faire de toi, tu n’existes plus.
    Pourquoi vouloir se faire remarquer à n’importe quel prix? Quelles réactions comptes-tu provoquer de cette façon?

    Sur ce, je te souhaite te trouver ton chemin, voire même de le construire toi-même.

    p.s. :heureusement, la deuxième moitié rattrape légèrement, car je ne peux qu’être d’accord. Des passages restent intéressants.

  11. 11 parasite oct 5th, 2007 at 11:44

    Mort de rire…
    “Pourquoi faudrait-il avoir un style? Déjà employer ce mot, c’est avoir un pied dans le monde de la mode. Si tu commençait par donner une image juste et honnête, peut-être que les préjugés tomberaient. Enfin, ce que j’en dis..”

    Hum hum, comprends tu que pour certaines personnes, c’est justement quand elles sont naturelles que les préjugés commencent?

    Sans vouloir t’offenser, tu n’as rien compris au texte et tire des conjectures erronées, à huit mille lieues de l’auteur. Certes, tu ne peux pas le connaitre, mais si tu es vraiment un lecteur fidèle (ce dont je doute, ou alors on s’exprime sacrément mal), tu devrais en savoir suffisamment sur lui (et sur moi) pour savoir que l’apparence est la dernière de nos priorités, tout comme le besoin de plaire, et que le souci du déclassé n’est pas de plaire mais simplement de s’échapper des cases dans lequel on veut l’enfermer.

  12. 12 Sebseb oct 7th, 2007 at 0:08

    Oui je comprends surtout que les gens qui ne te flattent pas n’ont rien compris. Coup classique. Pas grave.
    Et en effet, je ne te connais pas. C’est un peu le problème d’internet…Si on part de là, alors tout commentaire est inutile.
    Ensuite, effectivement je suis incapable de comprendre comment des gens peuvent avoir des préjugés à propos de quelqu’un qui est naturel. Comme si tout le monde devait/pouvait s’entendre. Même en étant tous “naturels”, cela ne pourrait pas arriver. Question d’affinités dirais-je. Utiliser le mot préjugé, c’est vouloir attribuer des responsabilités sur le dos de tel ou telle, chercher des coupables.
    Enfin, ne le prend mal, c’est le texte, à la limite l’analyse que j’appréhendais. Rien de personnel. Je comprends plutôt bien votre façon de voir les choses et je la soutiens.

  13. 13 lashoz oct 8th, 2007 at 0:08

    Salut seb,

    je ne reproche rien aux autres, je ne cherche pas de coupable, je décrit juste l’effet du jugement humain sur ma personne. Et si je me “déguise” c’est par pur plaisir. Je parle de facette, je parle conséquences, je parle d’aventure…

    Je me fous de plaire au gens dans une certaine mesure, comme tout le monde, là n’est pas le problème, par contre, je regrette qu’ils aient besoin d’être séduit ou dominé pour pouvoir respecter l’autre et s’ouvrir. Et quand je dis « ils », c’est aussi « nous » et « moi ». Si tu as bien lu mon texte, Je n’en veux plus à personne, on est tous innocents de par notre nature, le préjugé est humain et bla bla bla, mais à 12 ans c’est difficile de le comprendre, on fait comme on peut. J’ai 20 ans maintenant, je suis fort, je suis un homme, un dur (dit il en frappant fort son buste, et en empoignant son entre-jambe avec la virilité d’un taureau chabalien)

    Personnellement j’ai eu quelques petits soucis interne que je gère très bien maintenant, c’est ce que j’explique dans ce texte, ces soucis sont spécifiques à mon vécu, à ma position dans mes milieux sociaux. Le fait est que le préjugé dans le sens ou je le définis au dessus, est un reflexe complexe et lourd de conséquence, et précisément, il a des effets particuliers chez les déclassés, voila l’idée. Le jeu du caméléon, est ludique, drôle, divertissant et enrichissant, pas besoin de vouloir se faire remarquer pour qu’on te remarque tu sais.

    Je me construit tranquillement, ca avance bien, y a toujours un paquet de chose à apprendre, et après les fondation, il faut sculpter tout ça avec finesse et précision , je me construit donc moi- même face à moi-même, mais aussi au contact des autres, et si possibles de plein d’autres différents, c’est kiffant, et important je trouve,… et puis… ca occupe.

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