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	<title>On n&#039;est pas des chiffons! &#187; argent</title>
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	<description>Parole aux déclassés</description>
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		<title>Si j&#8217;étais riche..</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Nov 2007 00:47:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lashoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humanité]]></category>
		<category><![CDATA[argent]]></category>
		<category><![CDATA[bonheur]]></category>

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S’il était riche, le monde de Parasite serait plus petit. Les deux heures qu’il mettait pour aller au marché de Garges-Sarcelles à l’adolescence se sont déjà muées en Paris Lyon, et il sait très bien qu’avec de l’argent il en ferait un Paris-Stockholm. Mais la Suède n’intéresse pas le Parasite. En quelques années de percée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="/public/_parasite/__pasdesch_sea.jpg" alt="Ciel et Mer" /></p>
<p>S’il était riche, le monde de Parasite serait plus petit. Les deux heures qu’il mettait pour aller au marché de Garges-Sarcelles à l’adolescence se sont déjà muées en Paris Lyon, et il sait très bien qu’avec de l’argent il en ferait un Paris-Stockholm. Mais la Suède n’intéresse pas le Parasite. En quelques années de percée sociale, le Parasite a déjà fait parler sa boulimie de mouvement, lui qui a passé ses 15 premiers étés dans un F2 de l’est parisien avec son frère et sa sœur, à regarder<sup>[<a href="#pnote-92-1" id="rev-pnote-92-1">1</a>]</sup> le tour de France et des VHS poussiéreuses. Il peut maintenant se targuer de connaître la plupart des régions de France, peut parler sur la pureté de la plage de Rondinara, des restaurants étoilés à Paris, de la vue panoramique en haut de la paroisse du haut de la colline Saint-Clair de Sètes<sup>[<a href="#pnote-92-2" id="rev-pnote-92-2">2</a>]</sup>, des bouchons lyonnais, du charme d’Uzès, de la charcuterie de Bayonne, de la forêt d’Antibes, de l’air du Puy de Dôme ou des Pyrénnées, du Lac d’Annecy ou de Genève, des principales stations des Alpes, des pièges du GR 10 ou 20, mais aussi du moindre recoin de Stockholm, de New York, Hanoï, Phnom Penh, Rome, Barcelone, Bangkok ou Berlin, et parait de suite plus crédible qu’avant devant sa hantise, les bourgeois, et leur fameux «&nbsp;mépris d’avance ». Désormais, il se délecte du classique «&nbsp;ah bon tu connais, toi&nbsp;? ».</p>
<p>Décidemment, l’argent raccourcit les distances et chamboule le continuum espace-temps. Alors il se plait, quand il se retrouve à travailler au bord d’une piscine avec la mer en contrebas -grâce à sa chance provoquée-, à se dire que s’il était riche, loin des Maseratti de stars –incultes- du foot, il investirait dans un pied-à-terre au pays de Brassens, près du cimetière blanc où il aimerait être enterré, et n’achèterait l’ensemble que si sa chambre donne sur la grande Bleue. Le matin, il se lèverait avec le sourire, revigorré par les couleurs du bonheur (marron pour la roche et la terre, bleu pour le ciel et la mer) et sentirait les cheveux de la beauté qui l’accompagne. Son sourire éclairé par un rayon de soleil matinal le remplirait de joie. Il irait alors choisir ses légumes et son poisson frais un par un au marché, car il sait que le goût pour la bonne cuisine se développe à mesure qu’on s’enrichit, et que le souci de manger sainement et fraîchement est un luxe réservé aux nantis. Il passerait 3 heures à cuisiner pour lui et son amour, car prendre le temps de (se) faire plaisir est un luxe permis par l’argent. Il serait libre, car si l’argent raccourcit les distances, il permet également le don d’ubiquité. Etre à Paris trois jours pour remplir les caisses, et décompresser en bord de mer les 4 suivants deviendrait alors possible, l’amenant à l’équilibre parfait entre son hyperactivité et son besoin de silence et de nature. Il sait depuis quelques années déjà que l’équilibre est un sport de riche.</p>
<p>Comme il a toujours «&nbsp;niqué la France », que l’argent ne peut le changer, et qu’en échange on lui a fait comprendre qu’il doit dégager, Le Parasite s’entêterait à aller vers son deuxième amour, l’Asie du Sud-Est. Il y accomplirait son rêve, créer une université, car il sait que l&#8217;éducation des jeunes est le seul moyen sûr et pérenne de sortir une population de la misère, bien loin du misérabilisme des ONG (organisations de proxénètes et trafiquant utilisant le besoin de rachat de conscience des nantis des pays occidentaux par le biais de quelques bobos). Parallèlement, il favoriserait les créations d&#8217;entreprises (deuxième solution de sortir un peuple de sa misère: lui donner les moyens de ses ambitions), ferait travailler des dizaines d&#8217;employés en les payant comme il l’a toujours fait dans ses affaires, bien au dessus de la moyenne du marché, et investirait dans une maison de bord de mer. En été, il ferait livrer en main propre une convocation à l’aéroport pour ses meilleurs amis, ses anges gardiens qui lui ont permis tant de fois de renaître de ses cendres. Ils voyageraient alors en première classe, champagne et petits-fours à volonté et seraient conviés dans cette dernière demeure au bord de l’eau bleu turquoise transparente, le bateau de pêche à portée de tongs, entre deux îles paradisiaques, sans le moindre bâtiment à l’horizon. De là, c’est en Nissan Pajero (le seul 4&#215;4 qui ne soit pas fait pour la flambe) qu’il les amènerait visiter les pays qu’il aime dans leurs coins les plus reculés, entre montagne, mer, lacs poissonneux, jungle, nature, végétation, habitants authentiquement hospitaliers et soleil. Car là aussi, dire à ses amis combien on les aime est beaucoup plus facile quand on a beaucoup d’argent.</p>
<p>Et puis plus les années passent, plus il se contenterait, entre lecture de l’Equipe et du Midi Libre à la terrasse du café du Soleil, oranges pressées et croissants pour petit dejeuner, de placer sa fortune dans la pierre ou dans des sociétés dont il connaît le potentiel, fort bien conseillé par son entourage, entourage lui-même toujours plus nombreux et toujours mieux disposé à aider quand on est riche. Il a bien compris à son jeune âge que faire de l’argent est beaucoup plus facile et demande beaucoup moins d’effort à mesure que tu en as. Il a toujours aimé faire le parallèle avec les femmes. Il se dit d’ailleurs qu’il ne fera pas au lecteur l’affront de connecter ces dernières au sujet principal de cet article, car tout le monde sait déjà ce qu’il en pense.</p>
<p>Et puis ce qu’il aimerait par-dessus tout, c’est de faire le tour du monde avec sa mère. Voir dans ses yeux l’émerveillement de celle qui n’a jamais voyagé, la propulser dans une vie qu’elle n’aurait jamais crû pouvoir mener autrement qu’en rêve. Lui faire comprendre l’essentiel par des choses simples, des attentions&nbsp;: son immense amour, respect, admiration et gratitude pour avoir fait de lui et de sa fratrie des gens simples et honnêtes, qui ont beaucoup souffert mais qui s’en sont sorti grâce à l’amour qu’elle et son mari leur ont donné pendant leur prime jeunesse, premières et déterminantes années… à défaut de pouvoir leur donner autre chose.</p>
<p>Alors le Parasite sait bien qu’on dit que l’argent ne fait pas le bonheur…. mais il pense que cette phrase a été inventée par un riche qui voulait rassurer le pauvre dont il venait de spolier les biens. Il se dit ca parce que curieusement, il n’a entendu cette phrase que de la bouche de pauvres qui avaient renoncé à tout et se rassuraient comme ils le pouvaient. Les riches que Le Parasite fréquente, envie et jalouse, ayant eux compris depuis longtemps que seul l’argent a le pouvoir de transformer une vie agréable et heureuse en une vie phénoménale. Un argent utilisé pour le véritable but de la vie, la découverte, loin de l&#8217;assouvissement aux désirs matériels ponctuels dictés par les media. Là encore, l&#8217;accès à la connaissance venant avec l&#8217;argent, il est plus facile de refuser d&#8217;être un esclave de la société de consommation quand on est riche. La liberté a un prix.</p>
<p>«&nbsp;Bénie soit celle qui me porta, Neuf mois, fit de moi ce que je suis, un monsieur, un roi&#8230; un demi-Dieu&nbsp;» (Oxmo Puccino)</p>
<div class="footnotes">
<h4>Notes</h4>
<p>[<a href="#rev-pnote-92-1" id="pnote-92-1">1</a>] comprenez « dormir devant »</p>
<p>[<a href="#rev-pnote-92-2" id="pnote-92-2">2</a>] colline d’où ces lignes sont écrites, mûries au soleil du mois de Juillet, au bonheur, et nourries à l’huile d’olive</p>
</div>
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