Posts Tagged: bonheur


6
déc 07

Le monde est à nous

D’un côté, les élites, leur bon goût supposé et leurs grands principes. Pour eux, la terre est petite, libre, et ils sont de petits citoyens du monde. Ils iront ainsi acheter des quotas de pollution au Bengladesh pour y implanter leur usine pétrochimique, puisque l’Union Européenne le leur interdit désormais. Une usine au Pakistan leur permettra quant à elle de faire travailler des enfants pour deux fois moins cher qu’ailleurs. Sur le plan personnel enfin, la Thaïlande représentera un vivier conséquent de femmes jeunes et vierges à baiser pour quelques Bat, sous le soleil et sur le sable fin.

De l’autre côté, le peuple de France, la masse des gens qui travaillent pour ces élites propriétaires des moyens de production. Ils sont la chair à canon de leur modèle, ces rouages mécaniques qu’on peut retirer et remplacer, sans que le système n’en souffre. La seule condition à la perpétuation de la bonne marche de ce dernier est que la masse de la chair à canon soit à peu près constante (ce qui rend impossible un exode massif). Les petites gens ayant également des aspirations à un train de vie meilleur, là où ils pourront aller à la mer après le travail, où il fait beau toute l’année, et où, comble du bonheur, ils ne passeront pas 6 mois sur 12 à travailler pour l’Etat ; le pouvoir doit alors user d’astuces pour les maintenir dans le rang. On use alors de critique acerbe du manque de civisme des « vedettes »[1] qui partent [2][3], et on valorise encore et toujours les crédits à la consommation, les emprunts de long terme, l’accession à la propriété comme finalité, tout en exagérant allégrement les conditions de vie dans les pays sous développés (essentiellement en dénonçant le manque d’assurances sociales[4]) Des stratagèmes bien pensés, comme autant de chaînes qui nous relient à ce quotidien qu’on voudrait fuir mais dont on est dépendant pour des futilités et des petites possessions minables.

Bizarrement, si on voit un nombre croissant de français renoncer chaque année à la retraite, à l’assurance maladie, à l’assurance chômage, au RMI et au SMIC pour de meilleures conditions de vies et une population moins pathétique, on en voit extrêmement peu faire le chemin inverse, et revenir vers la Mère Patrie. Et si la Vérité était ailleurs ?

 

Notes

[1] vedettes que ces mêmes critiques au sens si républicain ont eux-mêmes montés de toutes pièces

[2] et qu’en terme de civisme, ceux qui parlent sont les ¾ du temps loin d’être irréprochables

[3] le concept de citoyenneté est d’ailleurs réduit ici à une notion purement économique, ce qui est une belle preuve de ce qu’est devenue l’homme de l’idéologie libérale post-68

[4] ce qui nous renvoie au système des stock-options, où un système uniquement dédié à faire rester un employé qui présente un bon ratio de productivité est déguisé en cadeau généralisé qui permet de gagner de l’argent–ou ici d’en économiser sans rien faire.)…


5
nov 07

Si j’étais riche..

Ciel et Mer

S’il était riche, le monde de Parasite serait plus petit. Les deux heures qu’il mettait pour aller au marché de Garges-Sarcelles à l’adolescence se sont déjà muées en Paris Lyon, et il sait très bien qu’avec de l’argent il en ferait un Paris-Stockholm. Mais la Suède n’intéresse pas le Parasite. En quelques années de percée sociale, le Parasite a déjà fait parler sa boulimie de mouvement, lui qui a passé ses 15 premiers étés dans un F2 de l’est parisien avec son frère et sa sœur, à regarder[1] le tour de France et des VHS poussiéreuses. Il peut maintenant se targuer de connaître la plupart des régions de France, peut parler sur la pureté de la plage de Rondinara, des restaurants étoilés à Paris, de la vue panoramique en haut de la paroisse du haut de la colline Saint-Clair de Sètes[2], des bouchons lyonnais, du charme d’Uzès, de la charcuterie de Bayonne, de la forêt d’Antibes, de l’air du Puy de Dôme ou des Pyrénnées, du Lac d’Annecy ou de Genève, des principales stations des Alpes, des pièges du GR 10 ou 20, mais aussi du moindre recoin de Stockholm, de New York, Hanoï, Phnom Penh, Rome, Barcelone, Bangkok ou Berlin, et parait de suite plus crédible qu’avant devant sa hantise, les bourgeois, et leur fameux « mépris d’avance ». Désormais, il se délecte du classique « ah bon tu connais, toi ? ».

Décidemment, l’argent raccourcit les distances et chamboule le continuum espace-temps. Alors il se plait, quand il se retrouve à travailler au bord d’une piscine avec la mer en contrebas -grâce à sa chance provoquée-, à se dire que s’il était riche, loin des Maseratti de stars –incultes- du foot, il investirait dans un pied-à-terre au pays de Brassens, près du cimetière blanc où il aimerait être enterré, et n’achèterait l’ensemble que si sa chambre donne sur la grande Bleue. Le matin, il se lèverait avec le sourire, revigorré par les couleurs du bonheur (marron pour la roche et la terre, bleu pour le ciel et la mer) et sentirait les cheveux de la beauté qui l’accompagne. Son sourire éclairé par un rayon de soleil matinal le remplirait de joie. Il irait alors choisir ses légumes et son poisson frais un par un au marché, car il sait que le goût pour la bonne cuisine se développe à mesure qu’on s’enrichit, et que le souci de manger sainement et fraîchement est un luxe réservé aux nantis. Il passerait 3 heures à cuisiner pour lui et son amour, car prendre le temps de (se) faire plaisir est un luxe permis par l’argent. Il serait libre, car si l’argent raccourcit les distances, il permet également le don d’ubiquité. Etre à Paris trois jours pour remplir les caisses, et décompresser en bord de mer les 4 suivants deviendrait alors possible, l’amenant à l’équilibre parfait entre son hyperactivité et son besoin de silence et de nature. Il sait depuis quelques années déjà que l’équilibre est un sport de riche.

Comme il a toujours « niqué la France », que l’argent ne peut le changer, et qu’en échange on lui a fait comprendre qu’il doit dégager, Le Parasite s’entêterait à aller vers son deuxième amour, l’Asie du Sud-Est. Il y accomplirait son rêve, créer une université, car il sait que l’éducation des jeunes est le seul moyen sûr et pérenne de sortir une population de la misère, bien loin du misérabilisme des ONG (organisations de proxénètes et trafiquant utilisant le besoin de rachat de conscience des nantis des pays occidentaux par le biais de quelques bobos). Parallèlement, il favoriserait les créations d’entreprises (deuxième solution de sortir un peuple de sa misère: lui donner les moyens de ses ambitions), ferait travailler des dizaines d’employés en les payant comme il l’a toujours fait dans ses affaires, bien au dessus de la moyenne du marché, et investirait dans une maison de bord de mer. En été, il ferait livrer en main propre une convocation à l’aéroport pour ses meilleurs amis, ses anges gardiens qui lui ont permis tant de fois de renaître de ses cendres. Ils voyageraient alors en première classe, champagne et petits-fours à volonté et seraient conviés dans cette dernière demeure au bord de l’eau bleu turquoise transparente, le bateau de pêche à portée de tongs, entre deux îles paradisiaques, sans le moindre bâtiment à l’horizon. De là, c’est en Nissan Pajero (le seul 4×4 qui ne soit pas fait pour la flambe) qu’il les amènerait visiter les pays qu’il aime dans leurs coins les plus reculés, entre montagne, mer, lacs poissonneux, jungle, nature, végétation, habitants authentiquement hospitaliers et soleil. Car là aussi, dire à ses amis combien on les aime est beaucoup plus facile quand on a beaucoup d’argent.

Et puis plus les années passent, plus il se contenterait, entre lecture de l’Equipe et du Midi Libre à la terrasse du café du Soleil, oranges pressées et croissants pour petit dejeuner, de placer sa fortune dans la pierre ou dans des sociétés dont il connaît le potentiel, fort bien conseillé par son entourage, entourage lui-même toujours plus nombreux et toujours mieux disposé à aider quand on est riche. Il a bien compris à son jeune âge que faire de l’argent est beaucoup plus facile et demande beaucoup moins d’effort à mesure que tu en as. Il a toujours aimé faire le parallèle avec les femmes. Il se dit d’ailleurs qu’il ne fera pas au lecteur l’affront de connecter ces dernières au sujet principal de cet article, car tout le monde sait déjà ce qu’il en pense.

Et puis ce qu’il aimerait par-dessus tout, c’est de faire le tour du monde avec sa mère. Voir dans ses yeux l’émerveillement de celle qui n’a jamais voyagé, la propulser dans une vie qu’elle n’aurait jamais crû pouvoir mener autrement qu’en rêve. Lui faire comprendre l’essentiel par des choses simples, des attentions : son immense amour, respect, admiration et gratitude pour avoir fait de lui et de sa fratrie des gens simples et honnêtes, qui ont beaucoup souffert mais qui s’en sont sorti grâce à l’amour qu’elle et son mari leur ont donné pendant leur prime jeunesse, premières et déterminantes années… à défaut de pouvoir leur donner autre chose.

Alors le Parasite sait bien qu’on dit que l’argent ne fait pas le bonheur…. mais il pense que cette phrase a été inventée par un riche qui voulait rassurer le pauvre dont il venait de spolier les biens. Il se dit ca parce que curieusement, il n’a entendu cette phrase que de la bouche de pauvres qui avaient renoncé à tout et se rassuraient comme ils le pouvaient. Les riches que Le Parasite fréquente, envie et jalouse, ayant eux compris depuis longtemps que seul l’argent a le pouvoir de transformer une vie agréable et heureuse en une vie phénoménale. Un argent utilisé pour le véritable but de la vie, la découverte, loin de l’assouvissement aux désirs matériels ponctuels dictés par les media. Là encore, l’accès à la connaissance venant avec l’argent, il est plus facile de refuser d’être un esclave de la société de consommation quand on est riche. La liberté a un prix.

« Bénie soit celle qui me porta, Neuf mois, fit de moi ce que je suis, un monsieur, un roi… un demi-Dieu » (Oxmo Puccino)

Notes

[1] comprenez « dormir devant »

[2] colline d’où ces lignes sont écrites, mûries au soleil du mois de Juillet, au bonheur, et nourries à l’huile d’olive


28
août 07

A quoi bon être roi, quand on est riche et triste?

Cambodia.... true people

Au milieu de nulle part, à 12 000 km de mon appart[1]. Des huttes de bois surélevées pour laisser passer la mousson sans dégâts; maisons de fortunes sans eau, sans électricité et sans meubles, juste un fil de lin de part et d’autre de la pièce principale pour étendre le linge humide. Dans le jardin, des bassines. Bassines pour faire le riz, bassines pour laver le linge, bassines pour se laver, bassines pour préparer le repas d’après. De la fumée aussi, puisqu’on vient de tuer un boeuf, une fumée épaisse qui enrobe des herbes, des épices. Dieu n’a pas attendu l’homme pour créer l’essentiel. Autour, il n’y a rien, à part une végétation luxuruante qui permet à tout le monde de manger à sa faim. Mais la bouffe ne tombe pas du ciel. Trainer la charette sur la route de terre[2], torrent de boue après la pluie, et pousser, toujours pousser, par 55° C, sans eau. Les enfants suivent, nus, en sueur, le plus grand de 6 ans s’occupe de sa soeur de 3 ans. Pas l’temps de jouer à la poupée.

J’aurais cru que cette scène eût fait émerger des sentiments très forts, mais pourtant, tout ce que j’arrive à ressentir, c’est l’étonnement quant à tous ces gens, ces paysans, ces intellectuels, ces travailleurs des PMA qui quittent leur pays pour venir dans le notre. Ils quittent un pays où la raison de vivre est le travail pour manger, travail sain qui laisse sa place au bonheur une fois l’assiette remplie, qui laisse sa place aux rires, à la solidarité, à l’amour de sa(de la) femme et ses enfants, ils quittent tout cela pour un pays au travail irraisonné, décorellé de toute raison objective. Le travail pour la gloire, le travail pour pouvoir acheter des choses fausses, juste le temps qu’elles nous fassent oublier qu’on est triste, le travail pour progresser, produire, aller vite, s’améliorer, gagner plus gagner plus plus plus…. Gagner plus et enrichir d’autres, gagner plus sans en avoir besoin, gagner plus alors qu’on a déja de quoi survivre, gagner plus et ne jamais être heureux…

Cher est le bonheur car pieuse est la piste
A quoi bon être roi quand on est riche et triste?
Les âmes s’évaporent loin de la terre
Le temps s’écoule, les palais s’écroulent, deviennent poussière (Akhenaton, Promethée, 1995)

Notes

[1] là d’où ces lignes sont écrites

[2] contrairement à ma photo, rares sont celles à moteur


11
juin 07

Se sentir exister

sable

J’ai un scoop. Je ne suis rien. Un insignifiant être vivant sensible à chaque changement de température. Un amas de chair broyable sur un scooter, une masse de viande éternellement prisonnière de la gravité. J’ai la puissance d’une fourmi face à un raz de marrée, une minuscule cellule face à la grandeur des éléments qui m’entourent. Pire que ça, il suffit d’un simple microbe pour m’exterminer en quelques jours.

Nous n’avons aucun contrôle sur la postérité de nos actes… Qui dans 10 générations se souviendra des émeutes de banlieues ou de cette vulgaire bouillie de dégueulis qu’est Pascal Sevran ?

Je peux mourir demain en allant au travail, et tout ce qui m’entoure continuera à évoluer comme si rien ne c’était passé. Je ne sers à rien dans le fond. Je n’ai pas choisi de vivre et je ne peux même pas choisir de mourir car je veux vivre. Je ne connais que la vie, et je ne la comprends pas. Je ne sais pas ce qui se passera après. Le paradis, l’enfer, la résurrection, rien de rien? Il n’y a apparemment rien à comprendre dans ce monde absurde. Ou peut être qu’en fait, nous n’avons pas la capacité de comprendre. On a besoin d’une réponse qui n’existe pas ou qui nous est inaccessible, mais en attendant on est là.

Dieu est une explication partielle, une réponse qui peut être satisfaisante et suffisante mais qui cache d’autres questions. On est doté d’une capacité de réflexion évoluée et logique qui n’a pas d‘explication finale.

J’ai parfois l’impression que la vie est une grande illusion. Que tout est faux. J’ai l’impression que je n’existe pas. C’est surement de ce sentiment qu’est né mon besoin permanent de me sentir exister pour me rassurer. Je ne sais pas si c’est une maladie personnelle, mais putain ça m’obsède.

André Gide : « Je peux douter de la réalité de tout, mais pas de la réalité de mon doute »

Se sentir exister… comme c’est bizarre d’avoir besoin de le sentir pour en être sur alors que je suis matériellement bien présent, vivant, palpable, réceptif et réactif. Tous les jours je cours, chie, mange, dort, je vis mais ça ne suffit pas…

Se sentir exister, c’est tellement rare…

Je ressens la pleine puissance de ce sentiment, à travers différentes expériences et circonstances. Elles doivent sûrement varier selon les gens. Pour ma part en voici quelques exemples.

La création

Par la création je constate réellement ma production personnelle qui est unique et exprime le fond de mon âme. Elle matérialise une partie de moi devant mes yeux ou mes oreilles. Même si c’est souvent de la merde inutile comme peut l’être par exemple ce texte, ça fait toujours du bien.

L’échange

Quand je partage un peu de moi. Les discussions profondes entre amis, la communication pure et constructive, la confrontation d’idées. Quand j’analyse le monde avec des potes, et essaye naïvement de l’imaginer en mieux, j’ai l’impression de m’élever et d’avoir une portée plus longue que mon quotidien routinier. J’ai l’impression de prendre une certaine distance de conscience qui relativise mon existence et l’affirme. Ce sentiment est évidement accentué par le partage intéractif avec mes amis. Comme si on était branché sur la même onde et que nous engendrons simultanément nos propres signaux complémentaires.

Le plaisir hédoniste

Quand je suis dans un état de plaisir extrème, d’espérance satisfaite, ou de soulagement libérateur, je sens que toute ma personne, toute mes cellules, vivent, vibrent à l’unisson, et profitent de ce moment puissant et éphémère. La plénitude du bien être, complète, intense, assez longue pour en prendre conscience et l’apprécier, mais toujours trop courte pour pouvoir en être rassasié.

Dans cette vie ou je ne fais que courir[1], toujours courir, lorsque je m’arrête, je retrouve ce sentiment qui se construit ici par rapport aux autres gens pressés qui continuent à courir. Aussi dégeulasse que cela puisse paraître, j’ai toujours aimé être en vacances pendant que les autres travaillent[2]. J’ai un penchant pour la paresse, je suis une magnifique cigale refoulée. Je préférerais ne rien faire de constructif [3] se laisser vivre, rabaisser ses exigences, apprécier les choses simples, et tout faire pour le plaisir immédiat, celui des sens. Sans pour autant s’identifier à Dorian Gray, j’aime me noyer dans l’éphémère des sens, l’égocentrisme et la marginalité. Tout pour le bonheur dans le présent, et surtout pas le bonheur passé et nostalgique, ou encore moins le bonheur prochain espéré et idéalisé.

Mon mode de vie de cigale me permet de m’hypnotiser moi-même, de fouiller mon inconscient, de m’apprendre. De lire le livre de ma vie. Ecouter mes organes fonctionner et dépoussiérer les dédales sombres de mon cerveau. Trouver puis écouter sa propre mélodie intérieure. Rares sont les gens qui sont curieux d’eux-mêmes, je suis l’un d’eux.

L‘agitation permanente comme fuite de l‘ennui et comme persuasion de son existence est un mode de vie à double tranchant. Ça peut être dans certains cas une belle arnaque moderne, et dans d’autre un tourbillon de vie joussif autant qu’épuisant. J’en use sans en abuser. J’ai besoin parfois de me jeter dans un cyclone de plaisirs, ou me laisser aller à une noyade dans des courants mouvementés, du danger et du risque. Mais seulement ponctuellement. Ce qui est certain, c’est que l’ennui me pose face à moi-même, il est important de réoxigéné sa vie, ses idées et son parcours. Un peu d’agitation et un peu de son inverse, la «cigalité»[4] et le tour est joué pour être sûr d’exister.

Monter un projet

L’organisation événementielle, le développement d’un projet, la participation associative, me procurent l‘impression d‘exister par mes actes. Il y a dans certains événements une dimension multilatérale qui nous force à sortir de notre centrisme individualiste inconscient dans lequel on se construit et se complait depuis la naissance. L’exercice du pouvoir sur son environnement, l’action d’entreprendre [5], mener des projets, offrir son aide, atteindre des buts, laisser une trace… rendre évidente son existence.

La drague

Draguer une inconnue, la séduire et faire naître chez elle des sentiments fougueux à partir de rien[6], c’est plus que jouissif, ça peut même devenir une drogue. Réussir à faire en sorte qu’une femme t’offre son corps, voire même son coeur en un temps record produit un sentiment masculin de bonheur. Ce sont les restes ataviques de l’obligation biologique masculine. On y peut rien!

La beauté d’une rencontre, le romantisme ou l’audace masculine, la découverte attractive d’un autre humain, le défi de la conquête, l’échange enrichissant et vibrant, le jeu de séduction, le flirt à fleur de peau, l’imprévu et l’exitation croissante… C’est toujours nouveau, créateur de sensations fortes et d’adrénaline sans parler de l’effet sur la libido et sur l’égo.

La douleur

L‘extrême douleur qui donne envie de mourir. Quand je souffre physiquement ou quand j’ai mal à l’âme, je me sens exister par ma douleur et par ma misère du moment. Quand je me déteste à en vomir. Quand je veux m’anéantir et emmener tout le monde avec moi. Tout devient clair, je suis certain de mon existence et je comprends enfin les adeptes de la scarification.

La drogue

La prise de drogue euphorique fournit aussi se genre d’émotions, même si elles sont provoquées et qu‘elles ne sont que l‘expression d’une illusion cérébrale, qui peut vite devenir une machine à oubli, une magie destructrice et vicieuse. Les effets de la drogue son tangibles, jouissifs, ils amplifient nos sens[7], et c’est cette amplification qui donne ce sentiment d’exister d’avantage.

Un besoin répandu et souvent masqué

Ce besoin constant de sentir exister détermine de nombreux comportements et postures sociales. De nombreuses frustrations conscientes et inconscientes. Il est aussi la cause de plusieurs pathologies et névroses courantes.

C’est comme quand on parle, on n’entend pas sa voix. Quand on vit on ne sent pas toujours vivre. Je pense qu’il est important de déterminer les causes et les conséquences de ce sentiment purement humain, ça peut permettre de comprendre énormément de choses sur soi. Encore faut-il le vouloir. Encore faut-il le pouvoir. Cette grille de lecture me permet en tous cas de voir un monde aux nouvelles dimensions, de comprendre les attitudes et humeurs de beaucoup de gens et le déterminisme psychologique qui se cache derrière tous ces agissements incompréhensibles en apparence.

Notes

[1] On court tous aprés le bus

[2] si possible pas mes potes, bien entendu!

[3] à part peut être lire et essayer de se cultiver, mais au fond qu‘est-ce qui est constructif ? Construire quoi ?

[4] j’ai déposé un copyright sur ce terme, alors pas d’abus les enfants…

[5] (ici entreprendre est au sens pur, entreprendre des choses qui ne sont pas forcément lucratives)

[6] ou pire, à partir de préjugés négatifs

[7] c’est une illusion cérébrale, c’est une arnaque appréciable et coûteuse en quelque sorte