Explication du « on » et du « ils »
S’il y a une chose que les classes dirigeantes ont réussie, c’est d’ éliminer toutes les critiques constructives du système par la dénonciation systématique et hystérique de « la théorie du complot ». Au premier rang de ses critiques revient cette fameuse critique du « ils » et du « on ». Précisons donc un peu les choses…
Quand je dis ils, je parle de ceux qui ont développé une société du désir qui vise à nous rendre seuls et frustrés, pour qu’on jette notre dévolu dans la consommation déraisonnée et décorrellée des besoins réels. Quand je dis « ils », je parle de ceux qui décident à notre place, et font de nous les moutons que nous sommes devenus avec notre plus grand consentement.
Ce « ils », ce sont les tenanciers du capitalisme du désir, du capitalisme post-68, ceux qui tiennent par les couilles les deux piliers de la république actuelle, la politique et les medias, ceux qui ont le pouvoir de créer des élites de pacotilles chargées de prêcher la bonne parole, ou chargées de dire ce qui est subversif et rebelle et ce qui ne l’est pas. Ce « ils », ce sont ceux qui nous séparent en segments et en types d’acheteurs et créent des medias sur mesure en fonction de ces cibles, ceux qui ont tellement financé et corrompu la politique qu’ils ont réussi à cantonner le rôle des élus à un simple travail d’attaché de presse chargé de ne valider que des lois en faveur de la propagation du désir et de la frustration sexuelle, du développement de la déresponsabilisation, de la montée de l’individualisme et de la montée en puissance de la consommation, pétrole du moteur capitaliste. Ce « ils », ce sont ces élites qui verrouillent tous les postes clés en France, pays des élites et de la technocratie, où il est strictement impossible de prendre le pouvoir à moins d’être un produit de cette caste. Dans ce pays tenu par les polytechniciens, énarques, francs maçons et normaliens, les quelques « élites » élevées d’une de ces minorités qui font la majorité du peuple ne sont que des pions placés pour masquer un peu plus la réalité des choses. Des idiots utiles, imbéciles heureux à la Jamel Debbouze ou à la Diam’s, tout content d’être acceptés par ce milieu « pas si cruel » qu’est le monde du spectacle, alors qu’ils ne servent que la cause supérieure. Ce « ils », ce sont les propriétaires des 10 plus grosses entreprises françaises, cœur de toutes les décisions. Ce « ils » là n’a pour but que d’alimenter le système qu’il a mis en place, un système de vente permanente de biens de consommation inutiles, une production d’objets qu’il finance par le marché, lui-même très sensible à la progression constante et permanente des chiffres de vente. Un contresens interne, puisque chaque besoin créé est de fait comblé par l’acte d’achat, donc un système qui ne peut survivre qu’en renouvelant de façon indéfinie les besoins, et en en créant de nouveaux. Des besoins à renouveler constamment d’où nait la haute couture et les collections biannuelles, l’exportation du concept œnologique de « Millésime » pour les voitures[1], les modes vestimentaires, les événements commerciaux (soldes, fêtes de mères, fêtes des grands mère, bientôt fête du toutou ou fête du beau frère de la meilleure amie), et tous ces cycles artificiels qui rythment faussement la vie des français, mais qui assure définitivement des rentes régulières par toute saison pour les industriels. Des cycles auxquels viennent s’ajouter les tendances, dictées et édictées sous la houlette des marketeux des grandes sociétés qui décident de recréer une mode dès que le marché s’essouffle et la répandent sur leur cible préférée, les jeunes[2], avec l’aide de leur bras armé, les media, et des idiots utiles que sont les sportifs et les chanteurs. C’est de là que naît toute récupération d’un art à des fins marketings. Inutile de dire que la tendance actuelle décrétée « norme transgressive » par le pouvoir est le rap / hiphop depuis 1997 environ, et le virage surprise de Skyrock d’une programmation 100% rock à une programmation 100% rap du jour au lendemain.
« On envie l’Amérique et sa victoire, mais à force de copier on ne ressemble qu’à sa province » (Rocé)
Aujourd’hui ces idiots utiles sont souvent des arabes[3] . Parce que, malgré la haine organisée des arabes à travers les media (pour des raisons géopolitiques et économiques que je prendrai le risque d’aborder plus tard), il faut dire qu’ils représentent quand même 6 millions de personnes, dont une part importante à moins de 30 ans. Ceux qui retournent souvent au « bled » savent aussi que dans cette région du monde, on aime bien se montrer et se comparer aux autres. Jeunes et flambeurs, les arabes sont des cibles idéales pour notre marionnettiste. Si on rajoute à cela le côté rebelle, cette fameuse rébellion qui fait que tant de jeunes français, italiens et portugais s’identifient depuis 15 ans aux arabes (Akhenaton l’italien, Kool Shen le portugais, Diam’s la maltaise en tête de groupe), on comprend mieux pourquoi on nous place ces pions là à cet endroit là. L’élève égale le maître. Parce qu’il faut dire que les inventeurs du concept sont quand mêmes les américains. Ce sont eux les professionnels du placement stratégique pour faire rentrer dans le rang de la consommation une communauté potentiellement influente et dangereuse. Et on a bien vu qu’il n’y a rien de mieux pour une société en crise que de rendre les éléments qui peuvent la faire imploser dépendants de petites appartenances matérielles (voir la meilleure des polices). La consommation, c’est le sédatif le plus puissant, le plus contagieux et le plus généralisé qui soit. Les ricains l’ont bien compris, et ils ont aussi compris qu’en instituant une élite noire, ils pouvaient donner l’illusion au reste du peuple qu’il est possible de grimper dans ce pays pour évacuer tout sentiment d’injustice, engrais de la rage. Ils ont alors promu cette élite, complètement acquise à la cause de l’intérêt supérieur (sinon elle n’existerait même pas), et a fait croire à tous les dommages collatéraux de la politique ultra libérale (99% des autres noirs) que le pays est tolérant et que seule la compétence permet de monter les échelons. Ce n’était pas si longtemps avant que Jordan devienne le deuxième logo de la société Nike, pas très longtemps après Watts. En France, j’entends de plus en plus souvent des intellectuels objectifs et doués réclamer la création d’une élite arabe pour désamorcer la haine qui monte. C’est aussi inquiétant que redoutable d’efficacité. Sarkozy l’a bien compris d’ailleurs, à voir l’habile composition du gouvernement et la baudruche Rachida Dati.
Résumons. Pour régler le problème des banlieues, nos chères élites dirigeantes (ceux qui sont au dessus des politiques et qui les contrôlent) ont décidé de mettre de la poudre aux yeux des banlieusards cultivés ayant un minimum de conscience politique en leur faisant croire, comme aux Etats-Unis, qu’ils peuvent accéder à des postes clés par le simple fruit de leur compétence. Et pour les plus jeunes, ils s’attaquent à la source en les dépolitisant complètement quitte à frôler la lobotomie généralisée qu’a réussit à créer Difool, MSN, le rap, le programme d’histoire lacunaire, le culte de l’apparence de la zoulette de banlieue à la bourgeoise du 16ème, Diam’s, et comparses, qui fait que les jeunes immigrés soient si peu soucieux de tout ce qui ne concerne pas la bonniche de 15 ans qu’ils veulent sauter ou leur crête Vivelle Dop. (voir la mode des cailleras)… Et quand bien même ces jeunes voudraient étudier, ils sont instrumentalisés une fois par an par les démagos gauchistes, meilleurs alliés du pouvoir (le vrai, pas celui qu’on élit), et les font descendre dans la rue pour leur faire rater un trimestre d’éducation.
Alors je fais partie de ceux qui, essayant d’avoir un brin de conscience politique pour protéger mon derrière (et pour le bien de ce pays, malgré mon absence totale d’attachement à lui), auraient tant voulu que les émeutes de 2005 soient d’une autre ampleur, d’un niveau quasi-révolutionnaire. Car ce pétard mouillé n’aura finalement servi qu’à faire prendre conscience nos fameuses élites dirigeantes, les « marionettistes » de la France, que ces gens sont effectivement potentiellement dangereux pour leurs intérêts, et qu’il faut donc passer à la phase 2 du plan.
Aussi ne devrait-on pas s’étonner dans les années qui viennent de voir de plus en plus de « banlieusards » promus « miracle social » par les médias, et coqueluche des français[4]. Cela commencera (et ca a déjà commencé) par le milieu du spectacle, avant de se répartir dans les affaires (dirigeants d’entreprises du CAC40) puis dans la politique. Car quand la politique d’un grand pays s’apparente en fait à être le cheval du grand Jockey Capitalisme, il n’y a plus aucune barrière à ce qu’un noir, ou un arabe, ou une femme au service de la « Cause » ne devienne président en France en 2017. Encore une fois, regardez les Etats-Unis…
Description du « on »
Le « On » c’est le reste aussi hétéroclite qu’il soit, c’est le peuple, moteur de la force productrice, créateur opérationnel de la valeur. Ce sont les anciens exploités qui le sont aujourd’hui avec plaisir et consentement. Le « on » c’est tous ces moutons humains que nous sommes, victimes de notre conscience limitée, de notre individualisme, de notre besoin de sécurité, et de nos dépendances matérielles si jouissives. Nous sommes la pièce s’emboitant parfaitement avec le « ils », la pièce qui n’attend rien, et qui est bien heureuse que les détenteurs du pouvoir fassent de nous ce dont ils ont besoin pour rester au pouvoir et toujours s’enrichir sur notre dos. L’illusion du confort minimal dans laquelle nous baignons masque les différences odieuses de richesses qui ne peuvent être justifiée par le travail et le mérite, elles sont justifiées par la naissance et son injustice. Cette illusion est garante de la paix civile. Il en faut peu pour nous calmer: un toit, un crédit, un salaire minable, deux jours sur sept pour pouvoir apprécier la vie, un gentil toutou, sans oublier les vacances tellement attendues que ça en devient stressant. La vie est belle hein?
D’ailleurs les « ils » sont comme nous, la seule chose qui les différencie de nous est la détention du pouvoir, et aux vues de l’histoire je serais tenté de dire que si on changeait les rôles, rien ne changerait, les « ils » sont tout aussi victimes de leur condition de leur subjectivité, et de leur intelligence. Ils sont seulement nés du bon coté la barrière, celui des privilégiés matériels et décisionnels, celui qui les place dans la vie quotidienne au dessus de leurs semblables. Les « ils » sont tout aussi faibles face à leurs vulgaires désirs et leur cupidité, mais à une échelle différente. Leur action doit être jugée plus durement car elle pèse lourd, tant au niveau humain qu’au niveau écologique et capitaliste, voila pourquoi Pasdeschiffons s’attaque à eux, même si à leur place nous ferions peut être la même chose. L’avenir nous le dira… Si oui alors nous sommes tous les mêmes, le vécu ne nous différencie pas, et l’organisation humaine en société ne peut se faire sans exploitation de l’autre, sans inégalités utilisées, et sans injustice inhérente et nécessaire. On pourra donc affirmer que la société dans laquelle on vit est la forme ultime et optimale de ce que peuvent faire les hommes. Quel gachis.
Le « on » représente donc les moutons que nous sommes, qui ne demandent qu’à être guidés, et ce même vers le précipice. La seule condition que l’on exige, c’est de garder nos illusions et de satisfaire nos pathétiques désirs. Il en faut peu pour nous asservir. ‘Ils’ l’ont bien compris.
Le parasite et Lashoz
Notes
[1] sans parler des « séries spéciales », comble de la connerie… je me rappelle même d’une Peugeot série spéciale Wanadoo…
[2] qui ont la plus forte propension à se copier les uns les autres
[3] désolé si je parle d’« arabes » et pas de « beurs », j’ai prêté serment de haine à l’égard de « Salamalekh Bounty » et comparses
[4] note : si les media voulaient faire passer Emile Louis pour le personnage préféré des français, je crois que par une série d’entourloupes dont ils ont l’habitude, ils le pourraient