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27
sept 07

La notion d’espérance

L’espérance nous fait courir, nous fait sourir et nous fait tenir, son absence nous fait douter et peut même nous faire mourir. Parce qu’être heureux n’est qu’une impression, une perception, un sentiment, comme celui d’exister, basé sur ce que nous pensons qui va nous arriver et pas sur ce que nous vivons effectivement.

L’espèce l’a bien compris, si bien que dans son lien le plus concret à l’être, la religion, elle a formé des structures entretenant l’espérance. C’est pourquoi, plus on approche de la désespérance, plus on s’accroche à Dieu, à un salut surhumain, au Paradis ou au pardon, comme pour donner un sens à notre existence, qui n’en a aucun sans perspective de futur heureuse.

L’espérance nous enveloppe, nous propulse autant qu’elle nous déprime, et celui qui ne croit pas en Dieu la cherche dans ses substituts : les autres humains, la télévision, etc…

La télévision depuis 7-8 ans est étroitement reliée à l’espérance. Après avoir promu et développé des modèles de rêve et de réussite à suivre pour toutes les jeunes âmes perdues (en fait pour développer des complexes d’infériorité visant à faire acheter les produits faits pour les gommer), elle a produit des émissions qui permettent à cette même victime d’espérer entrer dans cette caste secrète de l’apparence. Loft Story, Star Academy, Nouvelle star, etc… Toutes ces émissions n’existent et ne rencontrent du succès que grâce l’espérance de ces dizaines de milliers de personnes qui font la queue au casting dans le but de donner un sens à leur futur, parce que se penser dans 5 ans star jet-setteuse puante qui gagne des millions en trémoussant son derrière semble plus sexy que de se voir tel qu’on sera vraiment, toujours coiffeuse, toujours boucher, toujours caissière…

La télé utilise cette espérance en transformant la star accessible en destin atteignable, renforcant encore son respect et admiration pour la star accessible qui sort de ces sélections atteignables, un respect qui augmente son envie de s’en approcher, et qui développe donc 1/ sa réceptivité aux produits de consommation lés, et 2/ son parasitisme, soit cette glorification du vide existentiel sur lequel se fonde la société du spectacle. Un parasitisme qui mène encore et toujours à la réduction de pensée, qui fait que nos chers compatriotes soient si nombreux à aduler notre cher président, non pas parce qu’il a augmenté leur niveau de vie et sorti leur famille du chômage, mais parce qu’il fait des footings et affiche sa pétasse de femme fièrement, comme un acteur ou un chanteur américain. Entre Sarkozy, le footing, le rêve atteignable, la démystification, l’identification, et l’espérance, il y a définitivement ressemblance troublante de méthode entre Endemol et notre cher Président.

La télé ne marche cependant pas pour tout le monde. Pour un RMIste du nord de la France, pull Brice 1994 sur les épaules, Gitane maïs à la bouche et visage marqué, l’espérance de célébrité par le physique est un peu compromise. Alors il y a l’espérance de sortir de sa misère sociale par l’argent. D’où le PMU, d’où les jeux de grattage, d’où Euromillions, espérance de sortir de sa vie de merde qui fait se frotter les mains depuis plusieurs décennies du côté du ministère des Finances.

Et puis il y a l’espérance humaine, soit cette réaction mathématique de chaque humain vis-à-vis d’une potentielle amélioration de ses perspectives futures. On cherche tous à rencontrer des personnes qui nous changent de voie, nous propulsent, nous font sauter des échelons. S’il y a 48 lois du pouvoir selon Robert Greene, il n’y en a pour moi qu’une seule de valable. Si on connaît les motifs d’espérance d’une personne, on en fait à peu près ce que l’on veut.

La séduction est évidemment basée sur ce principe, puisqu’inconsciemment, si on arrive à déclencher le bon facteur d’espérance, on devient vite indispensable à la personne. Dans un pays sous-développé, l’espérance n’est pas à chercher loin, elle est même inscrite sur votre visage de blanc, c’est votre argent. Et pas besoin de chercher midi à quatorze heures, plus c’est gros et plus ca marche. En occident, c’est différent. On doit faire espérer subtilemet. Voyager régulierement entre New York et Paris pour la bonniche de Goussainville, avoir des amis hauts placés chez Jean-Paul Gauthier ou Zadig et Voltaire pour la bobo pétasse en devenir, être chef d’entreprise en croissance pour la jeune chômeuse, avoir son 50m² en plein Paris pour celle qui overdose de vivre chez papa-maman, etc… La, plus c’est fin plus ca marche. Le but étant de générer cette espérance pour avoir un passe VIP dans sa vie, et développer ensuite l’attraction nécessaire pour qu’elle soit heureuse non pas de ces potentialités, mais simplement de vous avoir dans sa vie. Comme pour les politiques, elle oubliera très vite les promesses non tenues.

L’espérance, celle qui nous fait tenir, celle qui nous fait faire des choses bien pour que la personne qu’on aime et qui nous regarde de haut soit fière, l’espérance de la rejoindre un jour la tête haute, l’espérance feu de paille des médecins avec les familles des malades, l’espérance foireuse des recherches médicales qui n’aboutissent sur rien (pas parce que les chercheurs sont mauvais, mais parce qu’un vaccin rapporte moins que les médicaments), l’espérance comme autant de raisons de ne pas voir la réalité en face, puisque nous sommes des autruches fuyantes et qu’une espérance en chasse une autre, notre bouclier à l’autodestruction, celle qui nous guette tous si on se rend compte de ce qu’on est vraiment.


24
sept 07

Le fonctionnement de l’espèce humaine

L’effort, la séparation, le manque, la maladie, la souffrance, la mort… L’être humain survit à tout. Toute créature est concue pour maximiser ses chances de survie et de réplication, pour perpétuer l’espèce et l’amener à perdurer à travers les époques. Alors les espèces s’adaptent. La mouche se déguise en abeille, le caméléon se déguise en plante, certains poissons en corail, les fourmis s’organisent en équipe, etc… L’homme a quant à lui presque tout essayé pour maximiser sa survie : chasse, combat, fabrication d’armes blanches, puis d’armes à feu, d’armes de guerre, bombe atomique, armes bactériologiques, etc…

Toutes ces recherches, ces évolutions ont progressivement amené l’homme à être l’unique espèce capable de dominer toutes les autres. Or, la Nature est construite comme un tout composé de différentes espèces, chacune disposées à aider une autre espèce à perdurer, et chacune chassée et détruite par une troisième espèce, dans le but de maintenir un équilibre logique entre ressources et population. En étant la seule espèce capable de maitriser toutes les autres existant sur la terre, l’homme a donc pu se répliquer de facon plus rapide que la croissance de son milieu naturel, l’amenant ainsi à le détruire pour continuer sa course effrénée. Continuant sa route vers le « progrès », l’homme gagne en années d’espérance de vie, devenant quasiment invincible, modifiant sa composition biologique avec des médicaments (DHEA, Viagra…), contourne les lois naturelles de fécondité équilibrées (fécondation in-vitro, etc…), une course lui permettant de quasi doubler sa population totale en 100 ans, et donc de devenir la seule espèce à croissance exponentielle.

Cette domination absolue, amenant une croissance déraisonnée de l’espèce, allait conduire progressivement l’homme à l’inéluctable : devenir son propre ennemi, seul moyen de réguler l’avancée de l’espèce humaine. Les guerres, les clans, le terrorisme, peu importe le but avoué, tous ces actes de barbarie ont cela en commun qu’ils freinent l’explosion de la population. Et plus l’avancée se poursuit, plus l’homme met au point des systèmes de destruction plus massifs, comme pour compenser la progression toujours plus importante. L’autre preuve que l’homme est devenu son propre ennemi est une étude basique des maladies humaines « récentes » : le cancer, soit un nombre de cellules rebelles qui se dérèglent pour attaquer toutes les cellules « sœurs » (comme une tribu qui en attaque une autre), le SIDA, qui vise précisément l’acte de reproduction, comme pour pousser l’humain à séparer ce fondement capital de l’espèce, à savoir l’absence de dissociation entre prise de plaisir et reproduction, absence de calcul et caractère magique de l’opération. La troisième preuve de se retournement de l’homme contre l’homme, c’est l’équilibre de l’espèce par le suicide. Ayant développé une vie sociale pour imposer une solidarité de fait entre les humains (objectif de survie de l’espèce), la pression biologique a pris une dimension nouvelle avec la pression sociale, avec la montée de l’individualisme, de la pression de l’excellence, et de tous les jeux de manipulations humains que cela implique, multipliant là les occasions pour un être humain de s’autodétruire.

C’est pour parer à cela que l’humain, par le principe de l’adaptation de l’espèce à travers le temps (pour se protéger d’un danger ) s’est bardé d’un artifice de protection à la dépression, de protection à l’autodestruction, capable d’augmenter encore un peu sa valeur survie, face à cet ennemi d’un genre nouveau. Il s’agit de l’espérance, que nous étudierons dans un article très bientôt.