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15
nov 07

Internet, le royaume des schizophrènes

No Life

Internet part en vrille. Une bulle inutile se créé depuis 2004, où tout semblant de service communautaire basé sur du vide technique et sans création de valeur parvient à se faire financer en quelques mois, et racheter dans la foulée, sans même encore avoir eu le temps d’être rentable. L’exemple de Youtube est criant, puisque racheté 1 milliard de dollar sans en avoir jamais gagné un. Une lecture de The Alarm Clock ou de TechCrunch vous fera prendre conscience de l’ampleur du phénomène.

Cette bulle est celle du 2.0, comme l’appellent les guignols du milieu dont nous avons déjà dressé le portrait, celle du communautaire… Ces sites sont tous basés sur une constante humaine : l’envie éperdue de raconter sa vie pour lui donner un sens. Alors les repères sont perdus, on confond sa vie privée et sa vie publique, on a un rapport social biaisé, on fréquente 20 réseaux « sociaux » différents, mais aucun dans la vie réelle, on passe pour la salope de service sur son Skyblog mais est célibataire depuis 15 mois, on se targue d’avoir 300 amis sur FaceBook mais se pavane seul avec son ordinateur portable dans sa chambre en sautant des repas et en déprimant… On va en soirée non plus pour rencontrer des gens ou s’amuser mais pour faire des photos et crédibiliser le rôle qu’on s’est donné sur son profil MySpace, et on créé son blog pour embellir les choses normales qu’on vit, et inventer le reste pour masquer la misère de notre réalité.

Alors les blogs pullulent, où chacun se donne un rôle, s’invente un personnage et s’efforce de lui donner vie, comme un dessinateur qui met en mouvement un dessin animé, scène par scène, action par action. Progressivement, on se glisse dans la peau du personnage, jongle avec les identités, multiplie les profils différents sur les réseaux différents, histoire d’aller au fond de chacun de ses moi qu’on aimerait être.

Puisqu’on a que ca à faire, on connaît les derniers services à la mode, et en bon « early-adopter » (traduisez « microbe oisif cobaye de la société de consommation »), on a son profil sur Twitter, le degré ultime de la connerie dans lequel le web s’est fourré. Sur Twitter, les gens écrivent ce qu’ils sont en train de faire. Il semble intéressant pour les investisseurs (puisqu’intéressant pour les annonceurs, puisqu’intéressant pour les internautes) de savoir que X est en train de chier, pendant que Y le bourgeois est en vacances en Thaïlande et Z en train d’essayer le nouvel iPhone qu’il s’est empressé d’acheter à New York car il ne pouvait rater une telle occasion d’augmenter son bien être par l’achat d’un objet inutile.

Le web est un magnifique miroir de la misère existentielle des pays développés. Des populations tellement nanties que le temps s’allonge, un temps qu’il faut combler de sentiment d’exister dans une société qui méprise le oisif. Alors on le comble… certains dévouent leur vie au travail et ont l’impression d’exister quand ils font 8h 23h, d’autres achètent toutes sortes d’objets inutiles pour se créer un statut social par le mode de consommation, leurs voisins s’inventent obsédés sexuels alors qu’ils se masturbent sous la couette, on s’invente des soirées, des amis, des exploits sportifs, des albums, des concerts, alors qu’au final, une fois le PC éteint, c’est la soupe de légumes surgelée dans l’assiette et la déprime dans la tête.

Certains imbéciles acteurs de cette tendance de merde comme Loïc Le Meur prévoient même que les communautés virtuelles remplaceront un jour les pays. Quand je vois ce merdier, je me dis que la fin du monde, c’est peut-être simplement le moment où les gens ne sauront plus qui ils sont, identité perdue, schizophrénie généralisée, pour le plus grand bonheur du business de la psychanalyse.

Le Parasite


2
août 07

Raz le blog

(excusez ce jeu de mot merdique, digne d’une Une de Libération)

Ca y’est, ça devait arriver. J’en ai officiellement marre de tous les blogs de merde que je me tape dans mon lecteur RSS. Tous les blogs de merde qui composent cette fameuse blogosphère sur laquelle tout le monde se branle mais qui ne brasse que le vide.

Au royaume des indépendants, puisqu’ils le sont tous à les écouter, au royaume des gens qui ne se soucient pas de leur lectorat, et écrivent au gré de leurs impulsions, on retrouve en fait des gens conditionnés par ce qu’ils savent que l’on attend d’eux.

Cela donne des femmes, (dont certaines sont sûrement intelligentes), qui bradent leur fierté et leur cerveau pour se cantonner à réciter leurs amourettes de comptoir dont tout le monde se fout, leur petit problème de remplissage de vagin ou de remplissage consumériste. S a acheté telle robe chez Paul & Joe, alors que R, qui baise la société de consommation et vaut bien plus que ces incitations au rabais dont seuls les faibles sont victimes, s’est procurée le dernier jean Temps des Cerises, et même que c’est trop ‘top’ parce qu’elle l’a eu 20% moins cher sur ventes-privees. Mais la meilleure, c’est sûrement C qui s’est faite enculer une quinzaine de fois la semaine dernière mais qui finalement préfère le meilleur ami de celui qui la pénètre car il sait la prendre comme il faut et puis il faut dire qu’il est indépendant[1], mais bon il abuse un peu parce que bon il prend beaucoup de drogue, mais moi le mur se rapproche je ne suis que dérive et gnagna… Et j’en rajoute à peine, l’écriture du vide, ni fond ni forme. Du vomi scriptural, sur millions de pixels.

Du côté des mecs, c’est pas bien mieux. Esclavage consumériste encore et toujours, avec leur iPhone de merde et leur dernier Blackberry dont il n’ont pas encore compris que la seule utilité était de pouvoir être exploité 24/7 en faisant passer ça pour un progrès technologique, tandis que sur d’autres sites on bave sur les dernières Air Max Jordan 3 chépakoi designé par un japonais dont le nom sort d’un manga ou d’un mauvais karaoké, qui est vendue en 400 exemplaires dans le monde, qui est objectivement affreuse mais qui semble tout de même justifier les 950$ demandés pour l’acquérir. Et ne comptez pas sur eux pour la mettre, non ! une paire de cette qualité ne se met pas, elle se possède !! Alors je me réfugie sur l’autre blog, celui où ces guignols du web continuent encore et encore de s’exciter sur des non-sites, des non-idées, du vide existentiel labellisé deux-point-zéro (donc financé à 5 zéros), à jouer à celui qu’a la plus grosse avec les rankings de blog, à sucer les gens dans les commentaires en annihilant toute notion de fierté pour obtenir quelques backlinks qui augmenteront leur classement comme si la valeur de leur personne en dépendait, symétrique comportement de tous ces rappeurs du dimanche qui sucent et resucent sur MySpace, se la jouent vrais avec leur bling bling sur la photo de leur profil, mais restent enfermés constamment dans la maison en préfabriquée de leur parents à Champs sur Marne, en écoutant ACDC et en balancant des « lol mdr » à qui mieux-mieux sur MSN… Monde glauque, sans tripes, sans couilles, sans âme, qui m’ennuie et que j’emmerde, que je voulais découvrir en faisant ce blog mais qui me conforte à rester dans la vie réelle à parler à des gens vrais (comme à l’apéro, big up à vous), à niquer des meufs en 3D et pas en smiley, à déconner ou à errer, à rigoler ou à pleurer, bref à vivre pour de vrai.

PasDesChiffons n’appartient pas à ça, car on se tape éperdument de ce que les gens pensent de nous, de texte de caillera en analyse, de langage soutenu en verlan, de prose en vers, de politique en rap, de séduction en philosophie, le blog est comme on est, beaucoup trop complexe pour faire de nous ce qu’on attend. PasDesChiffons, c’est une grosse éjaculation sur le web, parce qu’on se vide de trop pleins d’analyses, que c’est 200% égoïste, et que plus les jours passent, plus les textes défilent, et plus on se sent vidés, zen, prêt à repartir sur des projets nouveaux. En laissant bien loin derrière nous les superstars du web, trop occupés à raconter leur dernière sodomie virtuelle sur MSN…

parasite

PS : Excusez mon langage châtié mais c’est l’été…. Septembre sera soutenu.

Notes

[1] comprenez qu’il a assez de maille pour m’entretenir, moi qui me dit féministe mais qui ne me nourrit que de l’effet que je fais aux hommes